Avec "Negotium", le numérique se donne en spectacle

Événement | Après une première édition réussie en 2020, la soirée "Negotium", consacrée à l’art numérique dans le spectacle vivant, investit à nouveau le Marché d’intérêt national ce samedi 28 août avec, notamment, une tête d’affiche européenne de la discipline : Robert Henke.

Hugo Verit | Mardi 24 août 2021

Photo : Odalie / Alma Alta


Une nuit entière (huit heures de programmation !) dédiée à la création numérique dans le spectacle vivant, sous les voûtes alvéolées du gigantesque Marché d'intérêt national (MIN)… On ne va pas tergiverser : la soirée Negotium, organisée par l'insatiable collectif ARCAN (Association ressource pour la création artistique numérique) s'annonce comme l'un des événements les plus excitants de cette fin d'été. Mêlant le plus souvent musique et image – et quelques incursions théâtrales et chorégraphiques dans une moindre mesure –, cette seconde édition voit plus grand, plus fort, plus vertigineux que la première avec, notamment, la venue d'une star allemande de l'art numérique : un certain Robert Henke que l'équipe d'ARCAN n'a pas eu trop de mal à convaincre.

« Dès qu'il a vu le lieu, son architecture, il l'a tout de suite intégré comme un terrain de jeu et a décidé d'adapter sa création. En fait, la programmation de Negotium, c'est aussi une grande part d'improvisation », se réjouit Jérôme Villeneuve, président de l'association.

Pour tous les publics

Outre les lasers monumentaux de Henke, les spectateurs pourront, ce soir-là, découvrir la performance pour électronique, violoncelle et vidéo de la compagnie Odalie x Alma Alta, le live audio-visuel de l'artiste électro Ttristana ou encore, à des heures moins tardives, le spectacle Orbis qui met la harpe à l'honneur : « En début de soirée, on proposera des choses qui conviennent tout à fait un public familial puis on basculera vers de la musique actuelle avant de finir sur les musiques électroniques et expérimentales. L'objectif est d'attirer des publics différents et de trouver des points d'accroche, de créer des ponts entre culture populaire et création contemporaine. »

L'année dernière, l'événement avait déjà rencontré le succès avec 650 personnes sur l'ensemble de la soirée. « Cette fois, on espère s'approcher des 2000 spectateurs. On a franchi une étape et fait évoluer cette proposition avec le MIN. La dernière édition avait été montée en un mois alors que celle-ci représente le travail d'une année », estime Jérôme Villeneuve qui – ça ne fait aucun doute – ne compte pas s'arrêter là.

Negotium, samedi 28 août de 19h à 3h au Marché d'intérêt national

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

DN[A], un festival pour « décloisonner l’art numérique » (et le présenter dans l’espace public)

CONNAITRE | Après l’annulation de la dernière édition pour cause de Covid, le festival d’art numérique DN[A] revient fin mai et s’installe dans le quartier Saint-Laurent pendant deux jours.

Hugo Verit | Mercredi 19 mai 2021

DN[A], un festival pour « décloisonner l’art numérique » (et le présenter dans l’espace public)

« Il y a quelques semaines encore, on pensait organiser un événement réservé aux professionnels et mettre l’accent sur de la captation vidéo. » Jérôme Villeneuve, président de l’Association ressource pour la création artistique numérique (ARCAN), a le sourire – et la pêche ! La troisième édition du festival DN[A], dédié aux arts numériques et plus spécifiquement « aux arts visuels, petites formes et jeunes œuvres », pourra finalement accueillir du public. Grâce à une énergie débordante et une rare force de persuasion, l’équipe est parvenue à établir une programmation plutôt riche en un temps record. Un festival court et efficace : deux jours, une dizaine de lieux et une quinzaine d’œuvres à voir sur quelques centaines de mètres le long de la rue Saint-Laurent (Grenoble), très fréquentée par temps printanier. « Notre objectif est de décloisonner l’art numérique qui est souvent enfermé dans des boîtes, plus rarement présenté dans l’espace public et patrimonial. On fait le choix d’exposer des propositions plus plastiques, sensibles, interactives qui permettent

Continuer à lire

Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

CONNAITRE | Déjà à l’origine de plusieurs évènements de grande ampleur dédiés à la découverte des arts numériques dans des cadres insolites, la jeune association ARCAN remet le couvert samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre avec l’intrigante proposition "Rituels + Machines + Fossiles" au Musée archéologique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 20 octobre 2020

Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

"Arts numériques" : comme beaucoup de termes dans l’air du temps, l’expression peut sembler un peu vague pour le commun des mortels, simple à définir mais nettement plus complexe à décrire et encore plus à circonscrire. Contre toute attente, pourtant, cette dimension un peu floue, un peu flottante, l’Association Ressource pour la Création Artistique Numérique (ARCAN) s’en accommode très bien, comme l’expliquent sans ambages Jérôme Villeneuve, James Leonard et Clara Girousse. « Dans les arts numériques, le pluriel est très important : on a souvent tendance à réduire ça une scénographie mêlant VJ et DJ alors que le terme recouvre des approches artistiques très diverses qui vont de la musique au spectacle vivant en passant par les arts visuels. Et ce qui est intéressant, c’est de confronter des formes qui ne sont justement pas forcément cohérentes entre elles. » Paradoxalement, pourtant, si l’adjonction d’une dimension technologique ouvre de nouvelles perspectives excitantes à chacune de ces disciplines, elle restreint aussi souvent leur portée à un public particulier dans des lieux très spécifiques, créant

Continuer à lire

Vie et mort de l'ère américaine avec Denys Arcand

ECRANS | Jeudi 2 et vendredi 3 mai, la Cinémathèque de Grenoble diffuse les deux films cultes du réalisateur québécois : "Le Déclin de l’Empire américain" et "Les Invasions barbares".

Élise Lemelle | Mardi 30 avril 2019

Vie et mort de l'ère américaine avec Denys Arcand

La sortie en février dernier de La Chute de l’Empire américain de Denys Arcand a eu plusieurs vertus. D’abord celle de nous présenter un état de notre société asservie par l’argent – constat guère euphorisant, on vous l'accorde. Mais aussi celle de clore une trilogie consacrée à l’effondrement de notre monde contemporain – oui, ça n’est pas plus réjouissant. Surtout, ce polar mâtiné de philo nous a permis de reprendre des nouvelles du cinéaste québécois à qui la Cinémathèque de Grenoble rend hommage en programmant justement les deux premiers volets de la trilogie dans le cadre du Mois du Canada organisé à Grenoble. Deux opus qui se suivent, où gravite le même groupe de personnages, rejoints toutefois par de nouvelles têtes dans le second volume. Des hommes et des femmes interprétés par les comédiens fétiches du cinéaste, volontiers bavards, vidant leur sac et leur conscience, rendant compte des travers de leur époque et des inflexions du temps sur leur caractère. Dans Le Décli

Continuer à lire

Denys Arcand : « Le cadre du thriller est comme celui de la tragédie »

ECRANS | Conteur jovial à la vue perçante, Denys Arcand analyse la société avec une précision clinique et livre des constats doux-amers sur son évolution. Entre polar et comédie, "La Chute de l'Empire américain", nouvel opus de sa trilogie (après "Le Déclin de l'Empire américain" et "Les Invasions barbares") teinté de philosophie, fait mal à la conscience. Rencontre.

Vincent Raymond | Jeudi 21 février 2019

Denys Arcand : « Le cadre du thriller est comme celui de la tragédie »

À quel moment avez-vous choisi la tonalité de votre nouveau film La Chute de l'Empire américain ? Denys Arcand : Je ne sais jamais quel film je vais commencer quand j’en termine un ! Là, il s’était produit une espèce de règlement de comptes à Montréal : un chef de gang noir avait été abattu pour avoir prêté allégeance au "mauvais" leader de la mafia calabraise. Ce chef de gang avait une fausse boutique de mode dans le centre de Montréal, qui en fait était une banque : rien que dans la section ouest de Montréal, son commerce récoltait cinq millions de dollars par mois et lessivait l’argent. Dans mon film, on a la récolte de deux mois. Le patron de la mafia calabraise a décidé de l’exécuter, et il y a plusieurs morts. Ça a été extrêmement violent, d’autant que ça s’est passé à midi et demi en plein milieu de rues passantes. J’ai pris des notes, j’ai rencontré un inspecteur de police mêlé à l’histoire et j’ai commencé à m’intéresser à la manière dont on pouvait fa

Continuer à lire

"La Chute de l’Empire américain" : Denys Arcand, troisième claque

ECRANS | de Denys Arcand (Qué, 2h09) avec Alexandre Landry, Maripier Morin, Rémy Girard…

Vincent Raymond | Lundi 18 février 2019

Docteur en philosophie, Pierre-Paul est accablé par la conscience de son savoir comme par l’état du monde. Bénévole auprès de nécessiteux, il livre des colis pour subsister. Son existence va changer quand, témoin d’un hold-up, il récupère une énorme somme appartenant à un gang… Annoncé comme le troisième opus complétant Le Déclin de l’Empire américain (1987) et Les Invasions barbares (2003), ce film boucle une manière de trilogie où la continuité s’effectuerait non dans la poursuite des aventures des personnages des épisodes précédents, mais à travers une analyse de l’air du temps. Comme si le réalisateur Denys Arcand carottait tous les quinze ans l’atmosphère québécoise et l’interprétait en une pièce cinématographique. Seule constante : des héros déboussolés, déphasés par rapport au cours de l’époque. Cette Chute… pourrait bien être l’apogée de la trilogie. Car elle combine une intrigue de polar solidement ficelée à des paradoxes d’éthique à tiroirs (un bien illégal mal acquis peut-il profiter si les intentions sont louables ? des voleurs de voleurs méritent-ils d'échappe

Continuer à lire

Digital N[Art]atives, un nouveau festival pour « soutenir les arts numériques »

Festival | Du jeudi 24 au samedi 26 mai, on a rendez-vous dans plusieurs lieux grenoblois pour découvrir la première édition de ce festival consacré aux arts numériques qui « vise à promouvoir les jeunes créateurs auprès des publics de la métropole ».

Aurélien Martinez | Vendredi 18 mai 2018

Digital N[Art]atives, un nouveau festival pour « soutenir les arts numériques »

Oh, un nouveau festival à Grenoble, centré lui sur les arts numériques. Son petit nom ? DN[A], pour Digital N[Art]atives. Aux commandes, une équipe de passionnés (« jeunes artistes, ingénieur.e.s, bricoleur.se.s, chercheur.se.s » comme écrit dans le dossier de présentation) qui s’est réunie pour « soutenir la création et les créateurs en arts numériques en leur proposant une belle vitrine » dixit le coordinateur Jérôme Villeneuve. « Vous souhaitez créer ou développer un événement à caractère innovant et fédérateur, sur le territoire de Grenoble-Alpes Métropole, en rapport avec le thème "art et sciences" ? La Métropole vous accompagne pendant 3 ans. » Voilà l’annonce à laquelle tout ce petit monde a répondu l’an passé. Avec succès donc, et 10 000 euros à la clé pour cette première édition – la subvention sera dégressive sur les trois ans. Concrètement, pendant trois jours, le public pourra découvrir diverses performances et installations en accès libre proposées par 35 créateurs et créatrices (principalement du coin) dans plusieurs lieux – des places du centre-ville, à la Belle électrique, la Bifurk,

Continuer à lire

Philippe Lioret : « J’avais besoin de faire un film solaire »

Interview | Apaisé et souriant, le réalisateur aborde avec confiance la sortie de son film franco-québécois "Le Fils de Jean".

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Philippe Lioret : « J’avais besoin de faire un film solaire »

Comment vous-êtes vous libéré du livre original de Jean-Paul Dubois ? Philippe Lioret : Cela m’a pris beaucoup de temps de réflexion, de maturation… Je l’ai lu il y a une dizaine d'années : je l’ai trouvé formidable. C’est un grand livre habité. En cinéaste, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander comment "l’emmener" au cinéma, mais il me semblait qu’il n’y avait rien à faire avec ses voix intérieures permanentes. J’ai fait d’autres films sans jamais l’oublier et, doucement, je me suis mis à me re-raconter l’histoire, bizarrement devenue très personnelle. En le relisant, j’ai constaté qu’il n’avait plus rien à voir avec ce que je pensais en faire : des mots-clés restaient (Canada, père, fratrie), mais tout avait changé. J’ai racheté les droits du livre (même si je n’en avais plus besoin légalement) parce qu’il m’avait inspiré, et j’ai envoyé mon scénario à Jean-Paul Dubois. Il m’a répondu ce truc très rigolo : « Ah oui, c’est bien… Fai

Continuer à lire

"Le Fils de Jean" : Philippe Lioret va bien, ne vous en faites pas

ECRANS | Philippe Lioret renoue ici avec le drame sensible en milieu familial qui lui avait fait signer sa plus grande réussite, "Je vais bien ne t’en fais pas". Une heureuse décision, soutenue par une paire d’acteurs qu’il ferait bien d’adopter : Pierre Deladonchamps et Gabriel Arcand.

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Dire que Philippe Lioret s’offre une manière de résurrection avec ce film où un fils part à la rencontre du fantôme de son père naturel ne manque pas de sel. Le réalisateur a surtout clos une parenthèse engagée ouverte par Welcome et devenue franchement boiteuse avec Toutes nos envies, l’adaptation démembrée du récit d’Emmanuel Carrère. Quittant la chronique de la misère sociale et le mélo-chimio, il a isolé dans un roman de Jean-Paul Dubois une graine que son inspiration a su faire joliment germer. L’histoire d’un secret de naissance qu’il a eu la décence d’aborder avec tact, plutôt qu’en visant l’œil de cette pleurnicharde de Margot. Ainsi, dans Le Fils de Jean, il place ses personnage à la lisière des émotions et des mots supe

Continuer à lire