Casa Grande

Casa Grande

Un premier long qui illustre à merveille le renouveau du cinéma brésilien, social et décontracté.

Après Les Bruits de Recife et quelques semaines avant l’excellent Une seconde mère, le nouveau cinéma brésilien démontre qu’il est en pleine effervescence avec ce premier long-métrage de Fellipe Barbosa. Sur le papier, il s’agit d’un classique film d’apprentissage adolescent, où un jeune garçon de 17 ans, que sa francophile de mère a baptisé Jean, rencontre une jolie métisse, Luiza, avec laquelle il entend bien assouvir sa libido débordante. Mais cette trame-là se joue sur fond de choc entre classes sociales, la famille bourgeoise de Jean faisant tout pour dissimuler sa banqueroute financière, tandis que Luiza, elle, entend bien profiter de la nouvelle loi sur les quotas décrétée par Lula pour s’offrir un futur que ses origines modestes lui interdisaient jusqu’alors.

à lire aussi : Les Bruits de Recife

C’est la constante de cette Nouvelle Vague brésilienne : parvenir à être des deux côtés de la barrière, des nantis comme des défavorisés, et filmer les frictions qui les opposent comme des éléments de thriller, de mélodrame ou ici, de comédie matinée d’érotisme. Barbosa parvient ainsi à donner de la consistance à tous ses personnages, tout en adoptant un trait vif où la critique ne vire jamais au cynisme. L’écriture comme la mise en scène savent se tenir à la juste distance de leur sujet, produisant un récit plein qui monte crescendo au double rythme du désir érotique et de la peur du déclassement.

Christophe Chabert

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