LBF 2026

Primitive man + Kollaps

(Rock & Pop)

Pionniers du doom et du sludge, Primitive man déabrquent au Rock'n Eat pour venir à la rencontre du public lyonnais, un an après la sortie de leur cinquième album Observance. La première partie sera assurée par Kollaps et leur post-indus.

Notre avis : Laisser tourner un disque du trio étatsunien n'évoque en rien les gestes vortiqueuses d'une danse, mais plutôt l'attraction tragique d'un tourbillon marin. Observance, dernier opus d'un des groupes les plus massifs du panorama contemporain, ne déroge pas à la règle : sept pièces étirées, parfois jusqu'à quatorze minutes, qui s'imposent comme de véritables expériences nocturnes. S'en approcher, c'est accepter d'être mis à vif, de traverser la nuit sachant ne jamais pouvoir revenir en arrière. Ici, nul espoir, nulle lumière, aucune catharsis : la musique creuse et engloutit.

Doppler + Dirty Harry

(Rock & Pop)

Après quinze ans de silence discographique, le groupe Doppler est de retour avec un nouvel album, Pourquoi ce disque ?, dont ils célèbreront la sortie sir la scène du Périscope, accompagnés d'un DJ set par Dirty Harry.

Notre avis : On croyait leur trajectoire figée dans une archive, mais certaines forces ne se rangent jamais : elles se tassent, se minéralisent, pour resurgir ensuite sous une nouvelle forme, irréductible. La release party au Périscope, coup d'envoi du nouveau tour, est l'occasion pour le trio culte lyonnais de dévoiler des nouvelles stratégies de tension sonore marquées par la nécessité d'apparaître. Ce qui, pour nous toutes et tous, relève d'une heureuse - et bruyante - fortune.

Max Cooper

(Musique Electronique)

À l'origine chercheur en biologie, Max Cooper créé une musique gravitant autour de l'electronica, de l'ambient et de la techno, qu'il utilise comme toile de fond pour des live AV explorant les points de rencontres entre la science et la musique. Le voici au sucre pour un show de trois heures en lien avec son dernier album,  Feeling is structure, à sortir en mai prochain.

Notre avis : Issu d'un dialogue avec l'échelle monumentale du Royal Albert Hall, le projet autour du nouvel album Feeling Is Structure investit la scène comme un champ de forces, articulant rigueur compositionnelle et vertige perceptif. Si dans les notes d'intentions le musicien affirme que « Nous avons cette capacité remarquable de nous projeter dans le monde à travers les formes », ce nouveau live 3D/AV de trois heures apparait de ce fait comme une invitation à se dissoudre dans une topologie habitable, traversée de modulations sensibles et d'architectures sonores puissantes.

Nicolas de Flüe

(Classique et Lyrique)

Direction musicale de Philippe Forget, par le Chœur d'Oratorio de Lyon, 1h30. Crée pour l'Exposition Nationale de 1939 à Zurich, cette partition retrace en trois actes la vie du saint suisse Nicolas de Flüe et la quête de l’unité de la Confédération Helvétique.

Notre avis : Il y a chez Honegger une gravité qui ne relève ni du pathos ni de la dévotion convenue, mais d'une tension éthique. Nicolas de Flüe, oratorio retraçant la vie de l'ascète et saint patron de la Suisse, en donne la mesure : une fresque où l'élan collectif se heurte à l'exigence du retrait, et la parole chorale, héritière d'une tradition contrapuntique, se resserre jusqu'à frôler le silence. Loin de tout pittoresque, cette « légende dramatique » (selon les mots de son librettiste Denis de Rougemont) grave les contours d'une idée radicale : celle d'une paix conquise par renoncement.

Quatuor Belcea

(Classique et Lyrique)

Composé de Corina Belcea, Suyeon Kang violon, Krzysztof Chorzelski et Antoine Lederlin, le quatuor Belcea montera sur la scène de l'Auditorium de Lyon pour un récital mettant à l'honneur les dissonances viennoises avec des airs d'Anton Webern, Brett Dean et Mozart.

Notre avis : La musique contemporaine est tellement rare dans la programmation de l'Auditorium qu'on se réjouit de la venue du Quatuor à cordes Belcea, spécialiste de la musique du 20e Siècle. On pourra ainsi découvrir les Cinq mouvements pour quatuor à cordes d'Anton Webern datant de 1909. Le compositeur y déploie les possibilités nouvelles de la musique atonale et n'hésite pas à créer les sonorités les plus étranges. Cerise sur le gâteau : notre compositeur australien fétiche, Brett Dean, dévoilera avec le Quatuor Belcea une nouvelle création !

High-lo présente : Dakeez

(Rap)

Anciennement champion de France de hip-hop, le Lyonnais Dakeez a sorti l'année dernière son second EP intitulé Brutal. À la croisée du RnB, du trapsoul et des influences hip-hop, le voici sur le rooftop du Sucre.

Notre avis : Quadruple champion de France de hip-hop, champion d'Europe de street dance... Le Lyonnais Dakeez arrive dans la musique fort de talents déjà reconnus. Il insuffle une irrésistible fraîcheur au RnB hexagonal en assumant des références anglo-saxonnes (The Weeknd et Partynextdoor pour les plus connues) dopées par de puissantes nappes électroniques. Surtout, à la faveur de singles comme Shine ou Superstar, il dégage une aisance contagieuse derrière le micro : les gimmicks et les mélodies accrochent tandis que la sensation d'une couleur sonore inexplorée en France afflue.

Nuit blanche minimaliste

(Classique et Lyrique)

De Philip Glass à Moondog en passant par Aphex Twin et Brian Eno, le pianiste François Mardirossian proposera un marathon de douze heures dédié à la musique minimaliste, avec des œuvres de compositeurs connus ou non.

Notre avis : La nuit du 7 mai à la chapelle de la Trinité se propose comme un rite minimaliste, une traversée de douze heures orchestrée par François Mardirossian, où le tempus nocturnum cesse d'être simple absence de lumière pour devenir l'espace même de l'écoute. Ce temps étendu, à la fois collectif et singulier, devient le refuge des gestes en spirale de Glass et des miniatures disloquées d'Aphex Twin, du lyrisme contemplatif de Hovhaness et du folklore urbain de Moondog. Pour se conclure avec les frémissements sonores de Lawalrée, dernier geste de sensibilité discrète.

Club

(Musique Electronique)

Triple set pour cette nouvelle soirée club au Sucre, avec à l'affiche Daniel Avery, figure incontournable de la scène électronique qui prendra le contrôle du rooftop avec ses textures hypnotiques et percutantes. Il sera accompagné d'Anomalie Magnétique pour un set en live, sans oublier Neskeh pour compléter ce lineup entre Londres et Lyon.

Notre avis : Conjonction visionnaire entre trip-hop et shoegaze, Tremor, le dernier opus de Daniel Avery, déploie des sensations vaporeuses qui s'insinuent sous des couches abrasives héritées des années 90. Arpenteur aguerri de l'espace sonore, il façonne depuis Drone logic des volumes qui transforment non seulement l'écoute, mais aussi la manière dont on circule à l'intérieur même du son, jusqu'à redéfinir l'idée d'espace musical. Tremor, ainsi que sa relecture nocturne Midnight Versions, s'imposent comme des œuvres nécessaires, dont l'urgence paraît aujourd'hui plus essentielle que jamais.

Tricky

(Musique Electronique)

Apparu pour la première fois en tant que MC sur le premier album de Massive Attack, Tricky est reconnu comme un membre fondateur de la scène trip hop de Bristol. Le voici maintenant sur la scène du Radiant-Bellevue, plus de trente ans après ses débuts.

Notre avis : Issu des marges de Bristol, nourri des sound systems, des fractures familiales et des nuits enfumées forgeant une voix chuchotée et tenue au bord de la rupture, Tricky a transfiguré le trip-hop en un art d'ombres et de vertiges. Entre mémoire heurtée et visions obliques, sa musique demeure constamment comme un territoire hanté, donnant lieu à des live redessinant chaque soir ses propres fantômes. Avertissement nécessaire : assister à ce concert, c'est accepter l'inattendu.

Jazzy Bazz

(Rap)

Après avoir fait ses armes au sein de la Cool Connexion et du collectif L'Entourage, Jazzy Bazz a entamé une carrière solo dont le sixième opus, Nirvana, est sorti en mars 2025. En pleine préparation de son prochain projet, intitulé Ivan, le voici sur la scène du Transbordeur.

Notre avis : Valeur sûre du rap francophone, Jazzy Bazz honore la discipline depuis près de vingt ans, d'abord en groupe puis en solo. Il est l'un des garants d'une exigence technique et lyricale jamais prise à défaut. Son dernier opus, Nirvana, disque planant aux airs de balade nocturne, le rapproche de l'univers de Laylow et de son esthétique virtuelle. Son introspection à cœur ouvert s'étoffe à travers des sonorités contradictoires, dessinant le chemin tracé par un artiste évoluant entre l'avant-garde et les racines du genre.

Honda Romance

(Classique et Lyrique)

Mise en scène de Vimala Pons, 1h15, dès 14 ans. Après Le Périmètre de Denver, spectacle en forme de Cluedo grinçant, Vimala Pons revient à Lyon avec sa première pièce de groupe, regroupant dix performeurs et performeuses qui sillonnent le plateau dans un mouvement perpétuel, précis, féroce, fragile et drôle.

Notre avis : Une première image saisissante : une femme, écrasée par un satellite, tente de se relever. Cette femme, c'est la circassienne, metteuse en scène et comédienne Vimala Pons. Après son très remarqué Périmètre de Denver, elle a livré il y a quelques mois le spectacle-performance Honda Romance dans lequel elle secoue son corps, livré au tourbillon des émotions, avant d'être rejointe par neuf chanteuses et chanteurs. Et, comme Joris Lacoste, de diviser le public avec cette proposition radicale.

Patrick Watson + Gildaa

(Rock & Pop)

Connu pour son titre Je te laisserai des mots, le Québécois Patrick Watson monte sur la scène du grand théâtre de Fourvière armé de son piano, afin d'interpréter ses ballades mêlant sons organiques et textures électroniques dans le sillage de son dernier album Uh Oh, sorti en septembre dernier. Gildaa s'occupera de la première partie, avec son mélange de chanson, de latin jazz, de samba et de RnB.

Notre avis : Les compositions du musicien québécois semblent jaillir d'un lieu de mémoire niché quelque part dans l'imaginaire, plus que dans la réalité immédiate du présent. Son timbre, voilé d'une nostalgie réparatrice, s'entrelace aux cordes vibrantes d'une musique où se rencontrent Beatles et Satie, donnant naissance à des idylles sonores minimalistes et orchestrales. Son nouvel opus, Uh oh - à paraître fin septembre - prolonge cette exploration des territoires de la mélancolie atmosphérique. Conçu comme une œuvre collaborative, le disque confirme Patrick Watson dans son rôle d'artisan sonore.