La Fille de nulle part

ECRANS | De et avec Jean-Claude Brisseau (Fr, 1h31) avec Virginie Legeay…

Christophe Chabert | Mercredi 30 janvier 2013

Visiblement brisé par ses démêlées judiciaires et abandonné par ses producteurs, Jean-Claude Brisseau adopte une posture radicale : un film tourné entièrement chez lui, avec une actrice principale, deux trois acteurs secondaires et lui-même dans le premier rôle masculin. Il en assure par ailleurs les prises de son « sauvages » et les effets sonores fantastiques.

Si le Brisseau période "je filme la jouissance des jeunes filles" évoquait un Bénazéraf auteurisant, cette Fille de nulle part fait penser à du Jean Rollin. Mêmes percées ésotériques cheaps, même dissertations pénétrées sur le Diable, Dieu, la philosophie… Et même amateurisme dans le jeu, puisque Brisseau est de loin le plus mauvais acteur qu'on ait vu sur un écran. Difficile du coup de ne pas exploser de rire à chacune de ses répliques, tout comme il n'est pas évident de le suivre dans ses délires mystiques.

Parfois, quelque chose d'authentique et de touchant traverse l'écran, et on a même un bref instant les cheveux qui se dressent sur la tête… Mais Brisseau est rattrapé par l'inconséquence de son scénario (une scène hilarante le montre haranguant la mort dans son salon !) qui fait de La Fille de nulle part un nanar d'auteur – donc sympathique au trentième degré.

Christophe Chabert


La Fille de nulle part

De Jean-Claude Brisseau (Fr, 1h31) avec Virginie Legeay, Jean-Claude Brisseau...

De Jean-Claude Brisseau (Fr, 1h31) avec Virginie Legeay, Jean-Claude Brisseau...

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Michel, professeur de mathématiques à la retraite, vit seul depuis la mort de sa femme. Un jour, il recueille Dora, une jeune femme sans domicile fixe. Sa présence ramène un peu de fraîcheur dans la vie de Michel, mais peu à peu, l’appartement devient le théâtre de phénomènes mystérieux.


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"Que le diable nous emporte" : le diable se déshabille en bla-bla

ECRANS | de Jean-Claude Brisseau (Fr., 1h37) avec Fabienne Babe, Isabelle Prim, Anna Sigalevitch…

Vincent Raymond | Lundi 8 janvier 2018

Vu le contexte actuel, il est à redouter que ce nouveau film de Jean-Claude Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, pour certain·e·s, jamais vu une traître image de ses longs-métrages. Depuis sa condamnation devant les tribunaux pour harcèlement et agression sexuelle dans le cadre de son activité de cinéaste, ses opus anciens et récents sont tous entachés de suspicion ; d’autant que l’homme n’a pas renoncé à filmer des femmes se dévêtant et s’aimant dans de vastes appartements : Que le diable nous emporte en témoigne. Et sa confidentialité, comme sa fragilité économique, en font une bien commode cible expiatoire : lorsque l’affaire Weinstein a enfin éclaté (et qu’il fallut faire choir des têtes), quelques heures suffirent pour que sa rétrospective prévue pour janvier à la Cinémathèque soit reportée sine die. Ce malus post-tribunaux a dû en arranger d’autres : pendant qu’on se braquait sur le vieux Brisseau, on ne regardait pas ailleurs… Que le diable nous emporte creuse donc un sillon de chairs et d’esprits connu : une donzelle élancée s’invite par accident da

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