Spring breakers

ECRANS | On le croyait égaré dans les paradis artificiels, mais Harmony Korine était en train de les filmer : avec "Spring Breakers", il envoie quatre bimbos vivre le « rêve américain » en Floride, pour un aller sans retour où expérimentations furieuses, visions élégiaques et distance ironique composent une sorte de "Magicien d’Oz" à l’ère du dubstep et de l’ecstasy. Une claque ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 28 février 2013

« Spring break, bitches ! » : c'est le slogan lancé sur une plage à l'attention de centaines d'étudiants américains ivres de bière et avides de sexe, en maillots de bain ou topless, saisis sur fond de dubstep dans un ralenti qui vient souligner les défauts de leurs corps pas si parfaits. Ici, de la cellulite sur les fesses et les cuisses ; là, une trop visible marque de bronzage une fois le bikini tombé. « Spring break, bitches ! » : c'est aussi un mot de passe qui ouvre sur une autre planète, soudain libérée de cette gravité qui pèse sur l'adolescence. Les parents, les cours, la morale, les interdits, tout cela disparaît quand ce nouveau magicien d'Oz qu'est le rappeur-gangsta James Franco, qui se fait appeler Alien, prononce la formule magique.

Le magicien des doses

L'apesanteur, Harmony Korine en fait le motif principal de sa mise en scène. Spring breakers se maintient une heure trente durant dans un flottement permanent, le cinéaste prélevant de brefs instants à l'intérieur des scènes pour construire une temporalité irréelle où le passé, le présent et le futur se télescopent sans cesse. L'expérience, hautement narcotique, provoque une sidération permanente, renforcée par l'incroyable travail du chef opérateur Benoît Debie, déjà responsable de l'image chez Gaspar Noé ou Fabrice Du Welz. Spring breakers cherche donc à s'élever de l'autre côté de l'arc-en-ciel. Mais auparavant, il doit montrer le monde terne et tristement quotidien d'un campus américain. On y découvre quatre très jolies demoiselles, trop pauvres pour se payer cette fameuse virée au soleil (la fameuse "pause du printemps"). Alors, elles traînent leur ennui, font des acrobaties dans les couloirs et, en fin de compte, décident de braquer un restaurant pour vivre ce qu'elles appellent « le rêve américain ».

La scène du casse est un superbe exemple de la virtuosité de Korine : elle est filmée entièrement du point de vue de celle qui attend dans la voiture, ce qui déréalise la violence de l'acte, réduit à un ballet lointain et muet. Virtuosité qui ne va pas sans quelques questions : jusqu'à quel point Korine est-il fasciné par ce qu'il montre, au point d'en oublier une élémentaire distance critique et morale ? La réponse ne tarde pas. Arrivées en Floride, les filles revivent devant un supermarché leur exploit de braqueuses. Korine revient en arrière et montre cette fois la violence qui se déchaîne à l'intérieur du restaurant. Puis il revient au présent où l'une des filles a pris la place d'un client pour cette "reconstitution", subissant à son tour les insultes et les menaces de ses copines. Dans Spring breakers, chaque événement vécu dans le monde "normal" est rejoué en toute inconscience, travesti et grotesque, dans le monde "magique".

Jusqu'au bout du rêve

L'important, donc, est que rien ne vienne briser leur rêve, sous peine de l'arrêter brusquement. Alors que l'alcool, le sexe et la drogue emportent peu à peu les filles dans un tourbillon de jouissance, la police intervient et les embarque. Au terme d'une nuit dans une cellule glauque, Alien paie leur caution et les prend sous son aile, les emmenant dans son lupanar décoré d'armes à feu. James Franco, avec ses dents en or, son slang improbable et son aura de prédateur sexuel, compose un personnage génialement outrancier. Il offre aux filles la réalisation de leur fantasme : une fête ininterrompue et transgressive basée sur la libération de toutes leurs pulsions. Korine prend alors une décision forte : ce voyage-là sera sans retour, et toute intrusion de la réalité provoquera l'expulsion d'une des filles hors du rêve, mais surtout hors du film. Faith (Selena Gomez) ne pourra supporter de se retrouver entourée de blacks défoncés et libidineux et Brit (Rachel Korine) se retrouvera avec une balle dans le bras. Korine préfère donc rester avec les deux autres, Brit (Ashley Benson), la plus sexy, et Candy (Vanessa Hudgens), la plus dangereuse. Elles accomplissent ensemble le dernier mouvement du film, sa « route de briques jaunes » à lui.

Comme dans la chanson des Cramps, Korine montre des « bikinis girls with machine guns », naïades sublimes brandissant des revolvers et des mitraillettes tout en arborant des cagoules de ski roses sur la tête. Un peu Pussy Riot, un peu Antonia Montana, elles avancent sans se retourner, sans même que le cinéaste ne leur réserve le moindre châtiment à l'arrivée, sinon celui d'avoir pour de bon la tête à l'envers. D'ailleurs, dans ce dernier tiers, le code a changé, et c'est désormais elles qui le prononcent : « Spring break forever, bitches ! » Ce « forever » est un souhait, un appel à ne jamais sortir du rêve ; grâce à la mise en scène de Korine, elle devient une réalité ambivalente, à la fois aliénation ultime et jouissance absolue.


Spring Breakers

De Harmony Korine (ÉU, 1h32) avec James Franco, Vanessa Hudgens...

De Harmony Korine (ÉU, 1h32) avec James Franco, Vanessa Hudgens...

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Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police.


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"The Dead Don't Die" : comme un petit goût de reviens-y-pas pour Jim Jarmusch

ECRANS | Quelle mouche a piqué Jim Jarmusch (ou quel zombie l’a mordu) pour qu’il signe ce film ni série B, ni parodique, ni sérieux ; ni rien, en fait. Prétexte pour retrouver ses copains dans une tentative de cinéma de genre, ce nanar de compétition figure dans celle de Cannes 2019 dont il a effectué en sus l’ouverture.

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Centerville, États-Unis. Depuis la fracturation des Pôles, la terre est sortie de son axe et de drôles de phénomènes se produisent : la disparition des animaux ou l‘éveil des macchabées qui attaquent la ville. Au bureau du shérif Robertson, on commence à lutter contre les zombies… Certes oui, l’affiche de The Dead Don’t Die vantant son « casting à réveiller les morts » a de la gueule. Mais empiler des tombereaux de noms prestigieux (Bill Murray, Tilda Swinton, Adam Driver, Selena Gomez, Steve Buscemi, Chloë Sevigny, Danny Glover...) n’a jamais constitué un gage de qualité, ni garanti de provoquer le tsunami de spectateurs escompté par les producteurs. Voyez les cimetières, où l’on trouve pourtant la plus forte concentration de génies au mètre carré (et une proportion non négligeables de sinistres abrutis) : outre les taphophiles, ils ne rameutent guère les foules. Blague à part, cette affiche reproduisant luxueusement celle plus brute de décoffrage de La Nuit des Morts-Vivants (1968) annonce d’emblée la couleur : Jim Jarmusch vient rejouer la partition du classique horrifique de Geor

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"The Disaster Artist" : le fort minable James Franco

ECRANS | de et avec James Franco (ÉU, 1h44) avec également Dave Franco, Seth Rogen…

Vincent Raymond | Lundi 5 mars 2018

Narré du point de vue de Greg Sestero, apprenti acteur fasciné par l’excentrique Tommy Wiseau, son condisciple en cours de théâtre, The Disaster Artist raconte comment ce dernier écrivit, produisit et dirigea The Room (2003), un drame si mauvais qu’il fut sacré nanar culte. Hollywood suit à sa façon le dicton "léché, lâché, lynché" : à l’envers. En clair, une personnalité qui se ridiculise ou déchaîne la vindicte populaire devient, après une nécessaire phase de purgatoire, le substrat idéal pour un film – l’alchimie des studios transformant le vil plomb du réel en or au box-office. Souvent réservés aux politiques (Nixon, Bush), récemment à la patineuse Tonya Harding, ces biopics volontiers endogènes puisent ainsi dans la masse insondable des casseroles californiennes. On se souvient que Ed Wood (1994) avait permis à Burton non seulement payer un tribut sincère au roi de la série Z, mais de participer à sa postérité. The Disaster Artist ne pe

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Every thing will be fine

ECRANS | À partir d’un matériau ouvertement intimiste et psychologique, Wim Wenders réaffirme la puissance de la mise en scène en tournant son film en 3D, donnant à cette chronique d’un écrivain tourmenté des allures de prototype audacieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 avril 2015

Every thing will be fine

On le croyait engoncé dans sa stature d’icône "has been", contrebalançant la médiocrité de ses films de fiction par des documentaires consacrés à des "stars" culturelles (Pina Bausch, Sebastiao Salgado)… Mais Wim Wenders a encore la gnaque, et c’est ce que prouve Every thing will be fine. Le réalisateur de Paris, Texas est allé dégotter le scénario d’un Norvégien, Bjorn Olaf Johannessen ; l’a transposé dans une autre contrée enneigée mais anglophone, le Canada ; l’a revêtu d’un casting international et sexy (James Franco, Charlotte Gainsbourg, Marie-Josée Croze, Rachel MacAdams) et, surtout, l’a réalisé en 3D. Mais pas pour lancer des objets à la figure du spectateur – il aurait de toute façon du mal puisque l’histoire est du genre intimiste de chez intimiste. On y suit sur une douzaine d’années les vicissitudes d’un écrivain (Franco) en panne et en bisbille avec sa compagne (MacAdams). Après une énième dispute, il écrase par accident l’enfant d’une jeune femme sec

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Palo Alto

ECRANS | Dans la famille Coppola, je demande la petite-fille, Gia, qui s’inscrit dans la lignée de Sofia en regardant l’ennui d’une poignée d’adolescents californiens friqués et à la dérive. Ça pourrait être agaçant, c’est étrangement séduisant et troublant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 juin 2014

Palo Alto

Peut-on imaginer projet plus hype que ce premier film de Gia Coppola, petite-fille de Francis et nièce de Sofia et Roman, adapté des nouvelles autobiographiques écrites par James Franco, ici en professeur d’éducation physique qui prend son métier au pied de la lettre, au lycée comme en dehors ? Palo Alto traîne ce côté branché et chic jusque dans la matière de ses images, nimbées d’une légère brume à la mélancolie très arty (le chef opérateur s’appelle Autumn Duram et ça mériterait d’appeler Jacques Lacan), ne lésinant ni sur les ralentis, ni sur la pop et l’électro ambiant. Gia reconduit ainsi en mode mineur le grand thème de Sofia : le spleen adolescent né d’une rumination existentielle teintée d’ennui. On ne sait pas pourquoi April et Teddy, pourtant attirés l’un vers l’autre, se ratent et préfèrent se perdre dans des aventures sans issue, l’une avec son prof de sport donc, l’autre avec l’alcool et la drogue. Il y a bien chez April une famille manifestement à l’ouest (notamment un beau-père vraiment largué, incarné par un Val Kilmer poursuivant le numéro d’autodérision entamé dans

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As I lay dying

ECRANS | De et avec James Franco (ÉU, 1h49) avec Tim Blake Nelson, Danny MacBride…

Christophe Chabert | Mardi 1 octobre 2013

As I lay dying

Qui est James Franco ? Un dandy ? Un intellectuel ? Un phénomène branchouille ? Ainsi, la même semaine, il s’affiche devant la caméra déconnante de son pote Seth Rogen dans C’est la fin et fait ses débuts en tant que réalisateur. Enfin, ses débuts, pas vraiment, car si As I lay dying est son premier film à connaître une distribution sur les écrans français, il en a déjà tourné une quinzaine d’autres à un rythme fassbinderien, courts, moyens et longs, tous restés confidentiels. Cette adaptation de Tandis que j’agonise de Faulkner est en soi une énigme : s’agit-il d’une œuvre culottée, portée par un vrai regard de cinéaste, cherchant l’expérimentation plutôt que le conformisme, ou est-ce seulement le caprice arty d’un comédien à la mode qui se fait mousser en transposant à l’écran ses bouquins de chevet  – aujourd’hui Faulkner, demain Cormac MacCarthy ? La première partie, où Franco utilise avec une certaine audace le split screen pour retranscrire à la fois les actions et les monologues intérieurs des personnages, le tout dans une reconstitution minimale mais crédible, est assez fascinante, fidèle à la lettre du livre et à sa v

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Le Monde fantastique d’Oz

ECRANS | La rencontre entre Disney et Sam Raimi autour d’une ingénieuse genèse au "Magicien d’Oz" débouche sur un film schizo, où la déclaration d’amour au cinéma du metteur en scène doit cohabiter avec un discours de croisade post-Narnia. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

Le Monde fantastique d’Oz

En écrivant la semaine dernière que Spring Breakers était une variation autour du Magicien d’Oz où James Franco serait une version gangsta dudit magicien, on ne savait pas encore que celui-ci l’incarnait pour de bon dans cette version signée Sam Raimi. Il faut dire que le titre français est trompeur : il laisse entendre que l’on est face à un remake du classique de Victor Fleming, alors qu’il en écrit en fait la genèse. Il s’agit donc de raconter comment un prestidigitateur minable et très porté sur la gent féminine, qui se rêve en Thomas Edison mais se contente de tours à deux sous dans une roulotte du Kansas, va passer de l’autre côté de l’arc-en-ciel et découvrir le monde d’Oz, ses vilaines sorcières et son chemin de briques jaunes. Sam Raimi rend avant tout un hommage esthétique à l’original : il débute par trente minutes en noir et blanc, son mono et format carré, avant de laisser exploser couleurs, effets sonores et 3D débridée. Il y a là une jolie déclaration d’amour au cinéma comme illusion permanente et nécessaire, un peu à la

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One dubstep beyond

ECRANS | Bande originale /Harmony Korine a le sens du contre-emploi. Caster de jeunes égéries Disney en bimbos assoiffées d'alcool fort, de semence masculine et (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 6 mars 2013

One dubstep beyond

Bande originale /Harmony Korine a le sens du contre-emploi. Caster de jeunes égéries Disney en bimbos assoiffées d'alcool fort, de semence masculine et d'argent liquide, il fallait oser (son film Spring breakers). En revanche, confier la mise en musique de leur virée hédoniste à Skrillex – et au pauvre Cliff Martinez qui, deux ans après avoir tracé son sillon au cul de la Ferrari Testarossa de Kavinsky pour Drive, se retrouve de nouveau sur le bas-côté médiatique – relève du perfect match. Parce que ce cyber goth de 25 ans est, qu'on le veuille ou non, l'un des musiciens les plus emblématiques de la jeunesse d'aujourd'hui, cette fameuse Génération Y, aussi connectée et désinvolte que la précédente, subordonnée à Nirvana, était repliée et angoissée. Comment en est-il arrivé là ? En hissant le dubstep, musique urbaine et physique née au début du siècle à Londres

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Harmony retrouvé

ECRANS | Qu’est-il arrivé à Harmony Korine ? On l’avait découvert en auteur précoce (19 ans !) du premier film de Larry Clark, Kids, choc instantané qui remettait à plat (...)

Christophe Chabert | Mardi 5 mars 2013

Harmony retrouvé

Qu’est-il arrivé à Harmony Korine ? On l’avait découvert en auteur précoce (19 ans !) du premier film de Larry Clark, Kids, choc instantané qui remettait à plat la mythologie des teenagers américains en la baignant dans un seau de réalisme morbide — comme une répétition générale de ce Spring breakers. Puis on l’avait retrouvé réalisateur du formidable Gummo, où il filmait sans pince-nez l’Amérique, inventant un cinéma du fragment cauchemardesque et rempli d’humour très noir. On se disait alors qu’on tenait un cinéaste majeur. Puis vint son étrange incursion du côté du Dogme danois inventé par Von Trier et Vinterberg pour un Julien Donkey Boy qui ressemblait à une caricature autiste de Gummo. Ensuite, ce sont les tabloïds qui nous apportaient des nouvelles d’Harmony Korine ; celles d’un garçon perdu dans la drogue et les excès, loin du cinéma, bousillé par sa sacralisation prématurée. Mister Lonely, son troisième film, en roue libre, ne rassurait pas sur son état de santé psychique. Pendant les cinq années sui

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Votre majesté

ECRANS | De David Gordon Green (EU, 1h42) avec Danny McBride, James Franco…

François Cau | Mercredi 31 août 2011

Votre majesté

La fine équipe de Délire Express remet le couvert dans ce film ouvertement régressif, entièrement dicté par l’envie juvénile de s’embarquer dans une aventure chevaleresque gorgée de bestioles magiques crapuleuses, de décolletés plongeants, et d’humour en dessous de la ceinture. Votre majesté a beau bénéficier de la compétence de David Gordon Green à la mise en scène et de l’abattage de Danny McBride, cette sympathique pantalonnade accuse de fâcheux problèmes de rythme, ce qu’on aurait à la limite pu lui pardonner si sa valeur comique avait été à la hauteur de ses ambitions – malheureusement, c’est très loin d’être le cas. Dans le même registre de loser imbécilement arrogant, McBride a déjà tout donné dans l’hallucinante série Eastbound & Down, et le caractère franchement anodin de la filmo récente de Gordon Green nous fait toujours regretter le cinéaste brillant de L’Autre rive. Après, si vous êtes disposés à payer 10 euros pour voir un abruti parader avec une bite de minotaure autour du cou, on ne va pas vous en empêcher. FC

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Sortilège

ECRANS | De Daniel Barnz (Eu, 1h23) avec Alex Pettyfer, Vanessa Hudgens…

François Cau | Jeudi 30 juin 2011

Sortilège

Le beau gosse arrogant n’aurait pas dû embêter la goth du lycée (jouée par Mary-Kate Olsen, c’était un signe). Car en fait, c’est une sorcière (comme toutes les goths), et elle va l’enlaidir jusqu’à ce qu’il ait compris que la beauté intérieure, c’est vachement important. Dans cette relecture contemporaine de La Belle et la Bête aussi crédible qu’un porno mormon, on souffre dans des lofts trop grands, on découvre les misères de la rue sur sa grosse moto, on se lit des poèmes dans des parterres de roses, les tatouages font des clins d’œil quand on devient gentil, et Neil Patrick Harris joue un tuteur aveugle qui se la donne aux fléchettes. Comme on dit, il faut le voir pour le croire. Mais franchement, pourquoi y croire ? FC

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