La Vie rêvée de Walter Mitty

ECRANS | Ben Stiller passe à la vitesse supérieure en tant que réalisateur avec ce modèle de comédie romantique d’une classe visuelle permanente, où il s’agit de faire d’un héros du quotidien le vestige d’une époque en train de disparaître. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 décembre 2013

Photo : © 20th Century Fox


Que se serait-il passé si Walter Mitty, plutôt que d'envoyer un poke sur un site de rencontres à sa collègue de bureau, l'avait simplement abordée dans la vraie vie ? Rien d'exceptionnel sans doute, et c'est sur ce gouffre initial que se bâtit toute l'ampleur romanesque mais aussi toute la philosophie de La Vie rêvée de Walter Mitty, cinquième film de Ben Stiller derrière une caméra, le plus abouti, le plus étonnant aussi. Mitty, que Stiller incarne avec un sens exceptionnel du tempo qu'il soit comique ou dramatique, est un monsieur tout le monde tel que Capra aimait les peindre.

De Capra à Capa, il n'y a qu'un pas que le film franchit en le faisant travailler au service photo de Life, institution de la presse américaine sur le point de déménager en ligne, décision prise par une bande d'idiots cravatés et barbus c'est tendance entraînant le licenciement d'une partie des salariés. Mitty doit gérer l'ultime couverture du journal, réalisée par un photographe légendaire et solitaire, lui aussi aux prises avec la grande mutation du XXIe siècle : il refuse le numérique et n'aime que l'argentique. Sauf qu'il n'a pas fait parvenir le cliché qui devait illustrer le numéro et Mitty va tout faire pour le récupérer tout en cherchant aussi à séduire sa fameuse collègue.

Numériques et périls

L'adresse avec laquelle le scénario, qui s'inspire d'une comédie hollywoodienne des années 40, fait tenir ensemble toutes les intrigues est en soi remarquable. Mais, surtout, chacune reproduit à son échelle la grande question posée par le film : qu'est-ce qui est définitivement en train de se perdre dans la révolution numérique ? Les rapports amoureux, la presse papier, la pellicule et, plus globalement, l'appréciation de l'instant présent, du moment unique qu'on ne doit pas rater ou remettre à plus tard. Car si le virtuel ouvre tous les possibles, il peut aussi n'en actualiser aucun. Le talent de Stiller consiste à ne pas faire de cette inquiétude la matière d'une rumination nostalgique, mais d'en extraire ce qui contribuera à la santé débridée d'une comédie romantique et aventureuse, participant d'un nouvel optimisme hollywoodien dans la lignée de We bought a zoo.

Mitty s'est construit sur un vide, celui du père, dont il n'a jamais vraiment porté le deuil mais dont la mort a mis en berne ses envies d'ado voyageur, le poussant vers une vie morne dont il ne s'échappe qu'en rêvant à des exploits délirants. On se souvient que Tonnerre sous les tropiques s'ouvrait par une pub bidon et trois fausses bandes-annonces qui posaient les personnages principaux du film, idée géniale et complètement raccord avec les flux d'images contemporains, détournés pour leur rendre une puissance narrative. Dans La Vie rêvée de Walter Mitty, ces détournements ont lieu à même la chair du récit, illustrant les fantasmes du héros comme autant de parodies exécutées avec un soin maniaque. Ainsi, le combat dans les rues de New York n'a rien à envier niveau spectacle à celui de Avengers

Le film va, en suivant le trajet de son personnage, progressivement réunir le rêve et la réalité, notamment en l'envoyant au Groenland puis en Islande, où il vivra de vrais périls aux abords du volcan Eyjafjallajokull toute cette partie, par sa mise en scène constamment inspirée et précise, tournée qui plus est sur les lieux mêmes avec une équipe technique islandaise, envoie à la poubelle la médiocre comédie éponyme avec Dany Boon. Dans un dernier mouvement encore plus fou, Stiller brouille définitivement tous les repères en s'offrant un pastiche d'Into the wild où l'objet de la quête n'est rien d'autre que… Sean Penn en personne !

Comédie classe A

C'est sans doute ce qui étonne le plus dans La Vie rêvée de Walter Mitty : comment Stiller s'empare du cinéma contemporain pour le fondre dans un nouveau classicisme dont la qualité première serait la classe absolue. Dès les premiers plans, splendides compositions qui isolent le personnage dans un environnement aseptisé et silencieux, on sent Stiller sur les traces d'un Blake Edwards, pour qui la comédie n'a jamais été du drame au rabais. La tenue formelle de Walter Mitty impressionne d'autant plus qu'elle provient d'un acteur passé derrière la caméra — même si, de Wes Anderson aux Farrelly, Stiller est allé dans les meilleures écoles. Cette double casquette est en fait ce qui lui donne un supplément d'âme : tous les comédiens sont admirablement dirigés, parfois dans leur emploi type Adam Scott en patron arrogant et imbécile , parfois à rebours de leur image Kristen Wiig se révèle une grande actrice romantique.

L'humain ne pouvait de toute façon être relégué au second plan d'un film qui ne croit qu'en lui et qui cherche in fine à le remettre au cœur de l'image. Ainsi, la voix téléphonique qui vient régulièrement faire le point sur l'avancée du "profil" de Mitty finit par débarquer en chair et en os dans le récit, sauveur providentiel qui n'en a pourtant aucun des atours, sinon celui de la générosité et de la bienveillance. Lui aussi sort du virtuel pour rappeler, comme Stiller le fait tout au long du film, que le meilleur moyen pour accéder à la vérité des êtres et non à leurs avatars idéalisés, c'est encore de leur parler droit dans les yeux.

La Vie rêvée de Walter Mitty
De et avec Ben Stiller (ÉU, 1h50) avec Kristen Wiig, Adam Scott, Sean Penn…
Sortie le 1er janvier


La vie rêvée de Walter Mitty

De Ben Stiller (ÉU, 1h55) avec Ben Stiller, Kristen Wiig...

De Ben Stiller (ÉU, 1h55) avec Ben Stiller, Kristen Wiig...

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Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l'action dans le monde réel.


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Friends With Kids

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Mes meilleures amies

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Jusqu’ici très geek et masculines, les productions Apatow changent de genre avec ce film où les hommes sont réduits au statut de pénis parlants (à l’exception d’un flic attachant et sensible), tandis qu’une poignée de filles se préparent à jouer les demoiselles d’honneur (d’où le titre original, Bridesmaids) sur fond de rivalités entre Annie, pâtissière au chômage, et Helen, bourge friquée, pour avoir les faveurs de la future mariée Lilian. Annie est interprétée par l’épatante Kristen Wiig, également auteur du scénario, qui a réuni au casting la plupart de ses comparses issues de sa troupe d’improvisation. Cette générosité complice est la qualité et la limite de Mes meilleures amies : Feig et Apatow semblent avoir accepté toutes les propositions de leurs comédiennes, gonflant la durée et laissant beaucoup de déchets comiques au milieu de quelques séquences parfois hilarantes. Mes meilleures amies répond aussi aux dérives mercantiles de Sex and the city (la scène d’essayage où les marques sont inventées et qui se termine par une hallucinante explosion scatologique) et à la beauferie de Very bad trip (ici, le

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I’m still here – the lost year of Joaquin Phoenix

ECRANS | De Casey Affleck (EU, 1h47) avec Joaquin Phoenix, Ben Stiller…

François Cau | Mardi 12 juillet 2011

I’m still here – the lost year of Joaquin Phoenix

Dans la foulée du tournage de Two Lovers, Joaquin Phoenix craque, renonce à sa carrière d’acteur pour se lancer dans le hip-hop, en dépit d’un manque criant de talent dans cette discipline, et de la dépression qui semble le dévorer peu à peu. On le sait à présent, tout cela n’était qu’un canular, confectionné avec la complicité de Casey Affleck, beau-frère de Phoenix. On peut applaudir la performance de l’acteur, qui sera resté plus d’un an dans un rôle qu’on devine lourdement destructeur. On peut aussi se demander, face au résultat final, si le jeu en valait vraiment la chandelle. En fait de scènes trash (Joaquin prend plein de drogues, fréquente des prostituées, a un ego surdimensionné…), I’m still here accumule les clichés ronflants sur le star-system et n’en dit rien, s’enfonçant dans une sombre entreprise de voyeurisme autour d’une star échouée dans une dérive sans sens. Les seules scènes qui fonctionnent sont celles où Phoenix voit son déclin se refléter dans les yeux de ses interlocuteurs : qui d’un Ben Stiller moqué de façon gênante alors qu’il venait lui proposer un rôle dans Greenberg, d’un Puff Daddy effondré à l’écoute de ses pathétiques bandes démo

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This must be the place

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François Cau | Jeudi 7 juillet 2011

This must be the place

Imaginez un Robert Smith dépressif dans une maison art-déco de Dublin, traînant au supermarché avec sa pote gothique, faisant de la pelote basque dans sa piscine vide… Voici Cheyenne, anti-héros du nouveau film de Paolo Sorrentino, sous les traits d’un Sean Penn grimé en chanteur de Tokio Hotel viré vieux travelo. Réaction logique du spectateur : prendre ce type pour un crétin et regarder ce petit monde tourner en rond dans les cadres chiadés du réalisateur comme une mauvaise contrefaçon du cinéma des frères Coen — la présence de Frances MacDormand dans le rôle de la femme de Cheyenne pousse d’autant plus à la comparaison. Après une demi-heure de ce manège agaçant, Sorrentino commence à renverser tous ses clichés. This must be the place s’avère alors graduellement attachant, en dépit d’une partie dramatique où Cheyenne part aux Etats-Unis à la recherche du nazi qui a torturé son père, road movie qui frôle plus d’une fois la sortie de route. Le rocker philosophe Le film réussit toutefois son pari pour deux raisons : d’abord, nous faire épouser le regard de Cheyenne sur le monde, cette ironie qui en fait un sage au milieu des fous. Sur c

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Fair game

ECRANS | De Doug Liman (ÉU, 1h46) avec Sean Penn, Naomi Watts…

François Cau | Jeudi 28 octobre 2010

Fair game

Espionne pour la CIA, Valerie Plame a eu le malheur d’être mariée à un diplomate américain, Joe Wilson, qui révéla dans la presse le bidonnage des preuves sur les armes de destruction massive en Irak. Pour allumer un contre-feu, l’Agence lève l’alias de Valerie, ce qui provoque son licenciement et son discrédit. Beau sujet au demeurant : comment au nom d’une raison d’état défaillante, une vie peut être ruinée jusque dans son intimité (c’était aussi celui de L’Échange de Clint Eastwood). Fair game, pourtant, ne tire de cet argument qu’une pénible fiction de gauche hollywoodienne, avec tous les tics du genre : un excès de dramatisation, des grands sentiments en lieu et place d’une véritable réflexion, une mise en scène qui confond efficacité et précipitation. L’ordinaire du cinéma anti-Bush, un peu à la bourre pour le coup, et qu’un film comme Green zone avait largement ringardisé. Reste le couple Watts-Penn. OK, ils en font des tonnes ; mais ils donnent de la consistance humaine à ce film schématique, simpliste et dans le fond, anodin. CC

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Tonnerre sous les tropiques

ECRANS | Des acteurs égocentriques tournent un film de guerre opportuniste, mais la fiction est dépassée par la réalité. Un jeu de massacre satirique et hilarant signé Ben Stiller. Christophe Chabert

François Cau | Lundi 13 octobre 2008

Tonnerre sous les tropiques

C’est le genre de folie que s’offre Hollywood de temps en temps. Steven Spielberg et John Mac Tiernan l’avaient fait avec 1941 et Last action hero, et l’avaient payé cher. Beaucoup prédisaient la même chose à Tonnerre sous les tropiques… Non seulement Ben Stiller a sauvé sa peau au box-office mais il va être difficile de faire comme si cette tornade hilarante n’existait pas la prochaine fois qu’on nous refourguera une superproduction débile. Mettre à nu les câbles énormes derrière le cinéma américain pour s’en moquer et moquer, au passage, le pays qui l’abrite : voilà le projet de ce blockbuster parodique. Tonnerre sous les tropiques est l’adaptation d’un livre sur le viet-nam retraçant l’expérience de Four-leaves, revenu du merdier avec deux mains en moins. Pour interpréter les membres de son commando, on a réuni un yakayo en perte de vitesse (Stiller), un comique héroïnomane (Jack Black, célèbre grâce à La famille Prout !), un acteur australien adepte de la Méthode (Robert Downey Jr, qui s’est fait dépigmenter la peau pour jouer un sergent noir), une vedette de la pub ayant pris comme pseudo Alpa Chino (Brandon Jackson) et un geek puceau (Jay Baruchel). Le tournage est un nauf

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