Atelier Arts Sciences : j'ai 10 ans

ACTUS | À Grenoble, l’Atelier Arts Sciences, financé conjointement par la scène nationale l’Hexagone de Meylan et le CEA, rassemble des artistes et des chercheurs afin qu’ils échangent sur leurs pratiques et, surtout, travaillent ensemble. Pour fêter les dix ans de ce laboratoire original, l’équipe l’ouvre au public le temps d’une journée (le jeudi 2 février).

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 31 janvier 2017

Photo : Benjamin Juhel / Pierre Jayet


« Notre travail repose sur l'intégration des nouvelles technologies dans le monde de l'art » : voilà comment Eliane Sausse, directrice de l'Atelier Arts Sciences (et secrétaire générale de l'Hexagone de Meylan), résume les missions de ce laboratoire lancé en 2007. Grâce à l'Atelier, artistes et scientifiques se rencontrent, échangent et progressent pour aboutir à des projets communs. Comme, par exemple, celui d'EZ3kiel : en 2009, le groupe de musiciens, assoiffé d'innovation, avait pu travailler à Grenoble sur une installation interactive baptisée « les mécaniques poétiques ».

« L'Atelier Arts Sciences a montré que les artistes réussissaient à bien anticiper les évolutions de la société » poursuit Eliane Sausse, qui annonce pour 2017 une réalisation du plasticien très branché nanoélectronique Lionel Palun. En octobre, la résidence de ce dernier prendra fin. Son œuvre, consacrée au "big data" (des milliers de téraoctets d'informations), sera achevée grâce à l'aide de chercheurs. Une visualisation de son travail est prévue dans la gare d'Osaka au Japon, ainsi qu'en France, dans un lieu encore non déterminé.

Visites d'anniversaire

Pour faire connaître ses travaux, l'Atelier Arts Sciences va donc s'ouvrir aux visiteurs le temps d'une journée. Une première pour le bâtiment sous giron du CEA, qui a la réputation d'être hermétique. Pour cet anniversaire, Eliane Sausse mettra en avant, entre autres, le travail effectué avec le beatboxer Ezra et sa compagnie Organic Orchestra. « Ils ont réfléchi à l'utilisation d'un gant interactif qui permet, grâce à 12 touches intégrées, de contrôler la lumière et le son. »

Lors de la visite, une version simplifiée du gant sera utilisée. À la manière de Minority Report, il fera défiler d'un coup de poignet les œuvres réalisées par les artistes et les scientifiques dans une salle couverte d'écrans, retraçant ainsi magistralement les 10 ans et 36 résidences d'artiste de l'Atelier.

Portes ouvertes de l'Atelier Arts Sciences
Au CEA jeudi 2 février à 8h, 10h, 12h30, 15h, 16h30, 18h30 (visite d'une heure). Réservation indispensable au 04 76 90 00 45

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

ARTS | Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 19 octobre 2021

Art contemporain franco-africain, l'expo inattendue

Voilà un événement qui aurait bien pu nous échapper, si on n’avait pas été intrigué par le kakemono accroché à l’entrée de l’ancien musée de peinture : "art contemporain africain", voilà ce qu’on pouvait y lire. Bonne surprise ! Cette exposition géographico-thématique, un peu fourre-tout, offre l’occasion de découvrir quelques œuvres qui méritent le détour. Dès l’accueil, faciles mais efficaces, les séries photographiques de Khalifa Ndiaye montrent des personnages dont on ne sait s’ils lévitent, volent ou planent dans des environnements relativement triviaux… un peu de légèreté et de poésie dans un monde de brutes. "foRest" par Paul Armelson C’est aussi l’impression que donnent les petits films d’Ezra Wube dont l’animation dynamique restitue l’urbanisation trépidante des mégapoles contemporaines. Plus loin, Sirifo Diakaby questionne la couleur noire à travers une installation téléphonique qui vous permettra d’entrer en communication avec l’esprit de cette

Continuer à lire

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC demandant à sa fille de l’aider à mourir (et odieux), André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale, traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Mercredi 22 septembre 2021

André Dussollier - François Ozon : « J’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves son livre en me demandant si ça m’intéressait parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais que je me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK, et là elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité d’organiser qu

Continuer à lire

"Après la nuit" : ensemble ou pas ?

ECRANS | De Marius Olteanu (Rou., 1h50) avec Judith State, Cristian Popa, Alexandru Potocean…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Dana et Arthur partagent leur vie depuis dix ans. Mais vivent-ils encore ensemble ? Après une nuit d’interrogations, durant laquelle Dana a erré avec un chauffeur de taxi et qu’Arthur a passée dans les draps d’un autre homme, sont-ils au clair avec leurs sentiments mutuels et réciproques ? Trois actes pour raconter les atermoiements intimes d’un couple ; pour observer l’un, l’autre, puis l’alchimie d’une synergie amoureuse sur le fil du rasoir : la rupture, multifactorielle, est proche, mais ne consomme pourtant pas. Pour soutenir le projet de son film, Olteanu a recours à un concept déjà vu récemment chez Xavier Dolan : la variation du format de l’image. Carré lorsqu’il s’agit de suivre chaque personnage individuellement, il devient large lorsque le couple se retrouve, quitte à se rétrécir dans certaines séquences de crise (cet effet yoyo en diminue la lisibilité et surtout l’efficacité). Rappelant étrangement le cinéma de Nuri Bilge Ceylan dans les rapports entre hommes et femmes, Après la nuit trouve son originalité dans la mise en scène des "fâcheux"“ venant contrarier Dana et Arthur : le voisin raciste, la grand-mère se mêlant d

Continuer à lire

Cultural Workers : synthés, cris et déhanchements

MUSIQUES | Collectif artistique lo-fi et avant-gardiste de Bruxelles, Cultural Workers dévoilera ce mardi 9 avril une partie conséquente de ses forces vives à l’occasion d’une date unique à Grenoble, orchestrée avec la complicité de l’association Versants Queer et du Midi / Minuit.

Damien Grimbert | Mardi 2 avril 2019

Cultural Workers : synthés, cris et déhanchements

Voilà un concert intrigant qui sera l’occasion de découvrir en live la « techno indus autotunée » de Summer Satana (photo), qui viendra défendre sur scène Hard Ocean, premier EP tout juste sorti. Réunissant dans un joyeux chaos organisé rythmiques échevelées, infrabasses saturées et hurlements incantatoires, les expérimentations bruyantes et volontiers expérimentales de la jeune artiste trouveront un contrepoint plus mélodique et apaisé dans la synth-pop planante et émotionnelle du duo instrumental Capelo. Quelque part entre réminiscences 80’s lyriques, embardées cosmiques et ambient éthéré, les compositions de leur premier album Baby Boom, sorti l’an passé sur le label Le Syndicat des Scorpions, céderont enfin la place au DJ-set éclectique en diable de Rackam. Un électron libre qui pioche aussi bien dans la trap, la techno, le breakbeat, la hardtrance et l’électro tropicale, le matériel sonore qui lui servira d’appui pour poser ses freestyles au micro, et devrait conclure de la plus belle manière ce triple concert d’une diversité peu commune.

Continuer à lire

Dominique A : « Les chansons phagocytent ma vie »

Concert | À l'occasion de ses cinquante ans, Dominique Ané dit A n'a pas fait les choses à moitié avec deux albums explorant deux versants de sa palette esthétique et un livre qui retrace sa vie et son parcours en chansons. L'occasion, au moment de sa venue jeudi 21 mars à la Belle électrique, de faire le point sur une riche carrière.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Dominique A : « Les chansons phagocytent ma vie »

Vous avez fêté vos 50 ans en octobre dernier. 2018 a ainsi été une année particulièrement riche pour vous avec deux albums, Toute latitude au printemps et La Fragilité cet automne, deux tournées et un livre, Ma vie en morceaux. Y avait-il de votre part une manière de marquer cette année d'une pierre blanche, de dresser une sorte de bilan ? Dominique A : De marquer le coup oui, de faire en sorte d'en finir avec un cycle, certaines façons de faire, un certain rythme : un disque tous les trois ans, une tournée dans la foulée. Mais un bilan, non ! Ça, on me le sort à chaque album et j'en ai un peu marre (rires). De toute façon, un disque marque toujours quelque chose de l'ordre du check-up créatif. Moi, ce sont les retours des gens qui me renseignent sur mon degré de pertinence par rapport à tel ou tel projet. Vous avez donc publié Ma vie en morceaux

Continuer à lire

Eténèsh Wassié : l'empire des sens

Concert | L'éthio-jazz sera à l'honneur samedi 9 février à la Bobine avec l'une de ses légendes. On vous la présente.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 février 2019

Eténèsh Wassié : l'empire des sens

C'est un mélange aux allures de « rêve étrange et pénétrant » comme aurait dit Verlaine, d'abord plutôt malaisant dans ses hérissements mais rapidement envoûtant une fois l'auditeur pris au piège de ce drôle de sortilège. Ce mélange, il est né de la rencontre entre la diva éthiopienne Eténèsh Wassié, impressionnante vocaliste à la voix tout à la fois lugubre et lumineuse, héritière des azmaris (des bardes de tradition éthiopienne), et du bassiste de jazz Mathieu Souriceau dont le jeu et le son particulièrement revêches confinent au punk – on évoque le concernant un spectre musical allant de Charles Mingus à Sonic Youth. Régulièrement accompagné d'un violoncelle ou d'une contrebasse, les deux ont publié une poignée d'albums (Belo Belo, Yene Alem) où le poème ancestral épouse, dans d'inquiétantes bacchanales mal lunées, les expérimentations les plus sèchement contemporaines. De là naît une sorte de fièvre transportée par les états de transe dans lesquels la chanteuse semble se mettre pour mieux inviter à l'abandon. Or, c'est bien cet effort qu'il faut faire pour profiter tout à fait de l'ensemble, celui de l'a

Continuer à lire

Il était trois fois Ingmar Bergman

ECRANS | Le Ciné-Club de Grenoble lance ce mercredi 6 février un mini cycle consacré à l'immense cinéaste suédois.

Vincent Raymond | Lundi 4 février 2019

Il était trois fois Ingmar Bergman

La célébration du centenaire de sa naissance l’an dernier, ainsi que la floraison de documentaires consacrés à son œuvre et à sa vie (avers et revers d’une même pièce virevoltant incessamment entre l’air et le sol), ont remis en lumière le nom d’Ingmar Bergman (1918 – 2007). Mais n'a-t-il jamais été dans l’ombre ? Réduit parfois à une caricature aride aussi étouffe-chrétienne qu’un paquet de petits pains grillés suédois (soyons honnête, Cris et chuchotements n’y est pas étranger), le vieux mage de Fårö a pourtant composé une filmographie où la fantaisie, le rire, la séduction et la légèreté rivalisent avec le drame et l’introspection spirituelle. Preuves à l’appui dans le nouveau cycle que le Ciné-Club de Grenoble lui consacre. S’il s’engagera ce mercredi 6 février avec l’énigmatique Septième sceau (1957), à la fois combat métaphysique contre la Mort et manifeste plastique d’une immarcescible beauté (on ne parle pas du physique scandinave de Max von Sydow), il se poursuivra le mercredi 13 avec Monika (1952), film qui demeure un must dans le registre de l’éveil de la sensualité – Harr

Continuer à lire

"En mille morceaux" : résilience maladroite

ECRANS | de Véronique Meriadec (Fr, 1h22) avec Clémentine Célarié, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Éric a assassiné un enfant en 1977. Après ses 25 ans de prison, la mère de la petite victime lui donne rendez-vous dans le bric-à-brac d’un inquiétant hangar, où elle le presse de questions sur les circonstances et les motivations de son geste. Veut-elle se faire justice après la justice ? De la difficulté de transmuter un tête-à-tête en film, de mettre en images et en scène ce qui repose avant tout sur des mots… Si le sujet est grave, la forme l’est aussi : à la base, En mille morceaux est censé promouvoir la "justice restaurative", un procédé visant à faire se rencontrer les victimes de crimes et leurs auteurs dans le but de permettre aux uns d’accorder leur pardon, aux autre de les faire prendre conscience de leurs actes afin de réduire la tentation de récidive. Louable démarche. Seulement ici, pour faire thriller, la mère surculpabilise jusqu’à la terreur psychologique son bourreau sans expliquer le pourquoi de leur rencontre ; on ne peut pas être plus contreproductif. Du côté de l’assassin, ce n’est guère mieux : ses confessions nous amènent à comprendre qu’il a lui-même été martyrisé par son frère lui faisant rejouer des scène

Continuer à lire

Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

ACTUS | S’il existe des salles de spectacle privées qui vivent (plus ou moins) bien, les salles publiques, elles, comptent sur la contribution des différents acteurs publics (ville, département, région, État…) lorsqu’elles bouclent leur budget annuel. Antoine Conjard, directeur de la scène nationale l’Hexagone de Meylan, nous explique pourquoi.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

« Si nous n’avions pas d’argent public, les places de spectacle de l’Hexagone qui sont à 12 ou 13€ en moyenne seraient à 40 ou 50€. C’est pour cela que les prix des places dans les salles privées sont plus élevés que ceux des salles publiques. Car après tout, accueillir des spectacles génère des coûts. Il faut entretenir l’espace dont on dispose, accueillir les artistes et les équipes, mais aussi rémunérer correctement les personnes qui travaillent au sein de notre structure. » Mais encore ? « Il faut aussi savoir que le secteur public spectacle vivant travaille à la création contemporaine, pour permettre l’échange entre les chercheurs que sont les artistes et les spectateurs. Nous voulons permettre à ces derniers de découvrir des formes de spectacle qu’ils n’auraient pas l’occasion de voir si nous n’existions pas. » Plus d'infos sur l'Hexagone de Meylan : www.theatre-hexagone.eu

Continuer à lire

"Embrasse-moi !" : du genre raté

ECRANS | de Océanerosemarie & Cyprien Vial (Fr., 1h26) avec Océanerosemarie, Alice Pol, Grégory Montel...

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Enchaînant les petites amies, Océanerosemarie est installée… dans l’instabilité. Mais lorsqu’elle rencontre Cécile, une sculpturale photographe célibataire, elle promet de changer. Chiche ? Connue pour fustiger à la scène comme à la ville les pratiques discriminatoires envers la communauté LGBT (notamment le refus d’accorder le mariage pour tous), l’autrice/actrice fait ici un grand pas en faveur de l’égalité : elle prouve qu’on peut signer en France une bluette lesbienne tout aussi calamiteuse que les navrantes comédies romantiques hétéro faisant florès. Pour autant, commettre une profession de foi qui nivelle artistiquement par le sous-sol, est-ce si productif ? Pense-t-elle réellement qu’il faille recourir à une esthétique de salle de bains et de sitcom réunies, un étalage de poncifs sur le "L World" et Michèle Laroque en second rôle pour faire évoluer les mentalités ? Embrasse-moi ! trahit une forme de candeur ; comme si Océanerosemarie avait sous-estimé la complexité du genre dont elle tente ici de s’emparer. Ne s’improvise pas Billy Wilder, Richard Curtis, ni Nora Ephron qui veut.

Continuer à lire

Ezra, l'alchimiste moderne

Concert | Le musicien-beatboxer, souvent vu dans l'agglo, sera vendredi 14 et mardi 18 avril sur la scène de l'Hexagone de Meylan avec "Chrones", un concert-performance aussi technologique que poétique.

Aurélien Martinez | Mardi 11 avril 2017

Ezra, l'alchimiste moderne

Ezra (Vincent Chtaïbi de son vrai nom) est un musicien-beatboxer que l’on connaît bien à Grenoble, lui qui a notamment beaucoup travaillé avec l’Hexagone de Meylan et son fameux Atelier Arts Sciences – ensemble, ils avaient développé un gant interactif capable de contrôler le son. Un Hexagone dont il va de nouveau fouler la scène avec un concert-spectacle tout aussi technophile baptisé Chrones, dont nous avons pu découvrir quelques alléchants extraits. Où l’homme qui fait des bruits avec sa bouche (le principe du beatbox, boîte à rythmes humaine) démultiplie sa pratique, n’en faisant qu’une des facettes d’un projet plus grand. Sur le plateau, il s’est ainsi entouré d’un musicien multi-casquettes et « geek » (c’est lui qui le dit) et d’un créateur vidéo pour concevoir, en 100% live, une performance musicale onirique où le plus artisanal (que ce soit dans les vidéos ou avec certains instruments – comme ce batteur à œufs manuel) côtoie le plus technologique. Un bouillonnement créatif couplé à une approche très contemporaine de la musique qui, à nos yeux émerveillés, font d’Ezra un artiste atypique et, surtout, passionnan

Continuer à lire

Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

Festival | On l’a appris au détour d’une conversation, l’Hexagone de Meylan n’ayant encore rien officialisé publiquement : la biennale arts-sciences Les Rencontres-i va changer de nom (ce sera Experimenta) et de dates (en février plutôt qu’en octobre). On a du coup essayé d’en savoir plus en allant directement à la source.

Aurélien Martinez | Mardi 28 mars 2017

Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

« On avait de nombreux noms pour nos différentes activités entre la biennale Arts-Sciences, les Rencontres-i, Experimenta… Il nous a paru important de nous recentrer en trouvant le format le plus immédiatement compréhensible à la fois pour le public de l’agglomération et pour nos partenaires extérieurs, notamment à l’étranger. » Voilà qui est clair comme nous l’a expliqué Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone de Meylan et de la biennale arts-sciences que ce même Hexagone organise : le nom du « salon arts, sciences et technologies » organisé chaque année à Minatec devient le nom de la biennale dans son ensemble, les Rencontres-imaginaires étant délaissées pour une appellation plus explicite. « Pour la petite histoire, quand on en a parlé avec des partenaires japonais, pour eux il n’y avait pas photo : Experimenta était le nom le plus évident. Ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire. » « On est sur du marketing territorial » Et quitte à changer le nom

Continuer à lire

« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Tribune | En 2016, Grenoble Alpes Métropole définit ce que sera l’intérêt métropolitain dans plusieurs domaines afin de construire ses politiques publiques. Ainsi en est-il de la culture pour laquelle la nouvelle collectivité doit délimiter les contours de son engagement. Au-delà de l’éventuel transfert d’équipements à l’euro près entre les communes et la métropole, c’est l’occasion de faire le point sur ce qu’est la culture à Grenoble et son agglomération et sur l’ambition que cette réflexion peut nourrir.

Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone Scène Nationale Arts Sciences | Mardi 24 mai 2016

« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Dans l’histoire de la décentralisation, la vie culturelle grenobloise est un creuset de la vie culturelle française. Aujourd’hui encore les artistes et acteurs culturels grenoblois sont des références et irriguent nombre de réseaux à l’échelle européenne et internationale. Mon intention ici n’est pas de faire un inventaire exhaustif mais de faire prendre conscience de la chance que chaque habitant de l’agglomération a d’avoir la possibilité d’être au contact d’œuvres et d’artistes qui participent du mouvement mondial des idées, des émotions. L’importance de ce contact interdit toute politique de repli et engage à articuler action territoriale et ouverture internationale. Nous n’avons pas suffisamment conscience de cette chance, qui trop souvent est confondue avec une forme d’élitisme. Gageons que la formule de Jean Vilar « élitaire pour tous » soit toujours et plus que jamais d’actualité : offrir le meilleur au plus grand nombre. La culture, a contrario d’un bien matériel, ne s’épuise pas dans sa consommation mais se démultiplie dans le partage. « S’élever, d’urgence! » Le rapport à la création et à l’art en général est un moyen unique pour chaqu

Continuer à lire

Un Bionic orchestra « aussi sombre que poétique »

MUSIQUES | Avec "Bionic orchestra 2.0", le beatboxer Ezra devient un véritable orchestre à lui tout seul grâce à un gant interactif lui permettant de contrôler le son, la lumière, la vidéo… Un concert atypique au résultat bluffant qui valait bien une interview. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Un Bionic orchestra « aussi sombre que poétique »

Bionic orchestra 2.0 est présenté comme un spectacle immersif… Ezra : L’idée est que le public rentre dans un petit univers en se retrouvant non pas face au spectacle mais à l’intérieur. Et il va y voir une forme de performance d’une heure dans laquelle moi, un beatboxer, un être humain qui fait de la musique avec son corps, avec sa bouche, s’amuse à jouer avec un outil qui lui permet de modifier sa voix. Il s’agit de transformer une performance organique grâce à la rencontre avec la machine. C’est donc à la fois musical et gestuel – je n’ose pas dire chorégraphique parce que je ne suis pas danseur, même si la place du corps est importante. J’essaie de faire en sorte que ça soit aussi sombre que poétique. Bionic orchestra 2.0 parle ainsi du rapport qu’entretient l’humain avec la machine… Oui. Il questionne l’usage des machines. De l’outil en général même, des nouvelles technologies jusqu’au caillou qui sert à construire ou à détruire. Ces nouvelles technologies sont présentes sur scène via un gant interactif imaginé à Grenoble… Il y a le gant, o

Continuer à lire

Ez3kiel - Lux

MUSIQUES | Zoom sur l'album que le groupe Ez3kiel viendra défendre sur la scène de l'Hexagone

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Ez3kiel - Lux

À l'image des précédents album d'Ez3kiel, Lux a été pensé comme un tout. Mais comme ses prédécesseurs et au contraire des non moins étincelants Elements of Light de Pantha du Prince et Life Cycle of a Massive Star de Roly Porter, il n'est pas un concept album pour autant. Ou à la limite un concept album obtenu par rétro-ingénierie, cette activité qui consiste, par le désassemblage, à rendre intelligible pour un humain ce qui n'est d'ordinaire compréhensible que par une machine. Johann Guillon confirme : « Ce qu'on affectionne, c'est la recherche. Décortiquer les sons. On voit la musique comme un laboratoire. » Au départ, il y a donc une hypothèse, formulée ainsi : « On avait l'envie de revenir à une formule plus resserrée. Peut-être plus frontale aussi, plus brute. On ne savait toutefois pas ce que l'on voulait faire. Juste ce qu'on ne voulait pas faire. » Pas de stoner, par exemple, entre autres pistes abandonnées au cours des trois difficiles années (en raison du départ de l'historique Mat

Continuer à lire

Le novo dub, l'autre French Touch

MUSIQUES | Zoom sur cette scène musicale à l'occasion du passage du groupe Ez3kiel par l'Hexagone de Meylan

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Le novo dub, l'autre French Touch

Au mitan des années 90, une petite bande de Parisiens se prend dans le casque la house de Chicago, relecture robotique de la "great black music" des années 50 à 70 (soul, funk, disco), et en décline une version française qui deviendra le premier produit d'exportation musicale du pays. L'histoire est connue, jusque dans ses détails les moins glorieux depuis que Mia Hansen-Løve a entrepris de raconter avec Eden la face cachée de ce safari lunaire – pour reprendre le titre de l'un des disques emblématiques du mouvement. À la même période se fomente une autre révolution à la française, souterraine celle-ci, au moment où des musiciens d'obédience rock se mettent en tête de faire éclater les nuages psychotropes du dub en des orages instrumentaux. Leurs groupes se nomment High Tone, Zenzile, Kaly Live Dub, Brain Damage ou encore Lab° et, les pieds ancrés au sol pentu de la Croix-Rousse lyonnaise (là où le label Jarring Effects gravera ses initiales dès 1993) mais les oreilles tournées vers Londres, ils ont sondé l'univers des basses fréquences bien avant qu'il

Continuer à lire

Ez3kiel, prophètes en leur pays

MUSIQUES | Ez3kiel fête ses vingt ans de carrière avec un album, "Lux", qui allume des feux plus qu'il n'éteint des bougies. À l'occasion de la présentation de son pendant scénique cette semaine à l'Hexagone, retour sur le parcours, superbement anachronique, du plus électrique des groupes de dub – ou du plus vaporeux des groupes de rock. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Ez3kiel, prophètes en leur pays

« La marche des vertueux est semée d'obstacles » dit le dixième verset du vingt-cinquième chapitre du livre d’Ézéchiel – celui que récite d'un ton vengeur Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, référence primordiale du groupe. Celle d'Ez3kiel débute logiquement de manière mouvementée, à Tours en 1993. D'abord "power trio", Ezekiel (alors avec un "e") s'agrandit rapidement d'un deuxième guitariste et d'une chanteuse... qui mettra les voiles en 1999, emportant avec elle l'un des fondateurs de ce qui n'est alors qu'un succédané adolescent de Rage Against the Machine et Fishbone. Ce retour circonstanciel à la case trio, Yann Nguema (basse), Matthieu Fays (batterie) et Johann Guillon (guitare) le convertissent en nouveau départ, taciturne celui-ci, ainsi que l'explique ce dernier. « Cet épisode a coïncidé avec l'achat de notre premier sampler et de notre première groovebox. La transition vers des morceaux instrumentaux s'est donc faite de manière instinctive. D'autant que derrière les musiques qu'on commençait à écouter à l'époque, il n'y avait pas de "gens". » Ces musiques, la jungle, le trip-hop, le po

Continuer à lire

Sons et lumières avec Ez3kiel

MUSIQUES | Une camarade d'université nous a un jour expliqué que sa passion du théâtre lui a été révélée le jour où, après qu'un comédien ait pointé du doigt quelque animal fictif (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Sons et lumières avec Ez3kiel

Une camarade d'université nous a un jour expliqué que sa passion du théâtre lui a été révélée le jour où, après qu'un comédien ait pointé du doigt quelque animal fictif en fond de salle, elle s'est retournée pour regarder dans cette direction. Les concerts qui accompagnent la sortie de Lux, cinquième album d'Ez3kiel, peuvent provoquer ce genre d'épiphanie, le son et la lumière s'y comportant deux heures durant comme des matières vivantes. Le premier par la grâce de vingt ans d'une évolution musicale quasi darwinienne, de l'import de tendances britanniques (dub, trip hop, jungle...) à la génération d’œuvres devant autant à l'électronique sans lendemain de Nine Inch Nails qu'au post-rock spectaculaire de Mogwai. La seconde par celle d'un dispositif scénique digne d'un caprice de néo-ville mondiale : un mur d'une quarantaine d'écrans/panneaux de LEDs dont les rotations et changements de teinte dessinent en rythme des tableaux sidérants de magnificence et d'interactivité. Avis aux épileptiques. Benjamin Mialot Ez3kiel

Continuer à lire

"Maine Océan", l’odyssée vendéenne de Jacques Rozier

ECRANS | En ouverture de ses Traversées urbaines, la Cinémathèque présente le génial "Maine Océan". Où comment le plus secret des cinéastes français, Jacques Rozier, transformait les tribulations de deux contrôleurs SNCF en parcours burlesque. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2014

« Schtong à la gare », « Toute la smala ! » ou la chanson Le Roi de la Samba… Tous ceux qui, depuis sa sortie il y a presque trente ans, ont vu Maine Océan se souviennent de ces répliques et séquences ô combien cultes, véritables mots de passe pour cinéphiles amateurs d’objets insituables. Jacques Rozier, son réalisateur, est lui-même une sorte de mystère. Depuis ses débuts, en pleine Nouvelle Vague, il n’a tourné qu’une poignée de films, tous irréductiblement singuliers, que ce soit son opera prima Adieu Philippines, le délirant Les Naufragés de l’île de la tortue (avec Pierre Richard et Claude Rich !) ou encore le séminal Du côté d’Orouet, croisement improbable entre Pascal Thomas et Éric Rohmer. Mais de tous, Maine Océan s’impose comme le plus abouti, le plus drôle et, surtout, le plus imprévisible. Hors de contrôle(urs) Tout commence lorsque deux conducteurs de la SNCF (Luis Rego et Bernard Ménez, dans son plus grand rôle) tentent de faire comprendre à une jolie passagère brésilienne qu’elle n’a pas composté son billet. À la barrière linguistique s’ajoute l’intervention d’une avocate ta

Continuer à lire

Tu veux ou tu veux pas

ECRANS | De Tonie Marshall (Fr, 1h28) avec Sophie Marceau, Patrick Bruel, André Wilms…

Christophe Chabert | Mardi 30 septembre 2014

Tu veux ou tu veux pas

Le pitch de Tu veux ou tu veux pas n’est, si l’on est honnête, pas plus stupide que ceux de la plupart des comédies américaines trash régulièrement louées dans nos colonnes : une nymphomane tente de faire craquer son nouveau patron, un ancien sex addict abstinent depuis un an. On doit même reconnaître à Tonie Marshall l’envie de donner à son film un rythme soutenu et une précision dans la gestion de ses effets comiques, situations comme dialogues. Un énorme handicap pèse cependant sur la mise en scène : Patrick Bruel. Il erre dans les plans en marmonnant son texte, ne punche jamais aucune de ses répliques et traîne son regard de poisson mort durant tout le film comme s’il se demandait s’il joue dans une comédie ou une tragédie. Il offre ainsi un boulevard à une Sophie Marceau épatante, et pas que par contraste, alliant naturel et folie délurée avec une décontraction irrésistible. Ce déséquilibre finit par avoir raison du film tout entier, lorsque se profile une hypocrite et rassurante résolution de comédie romantique lestée de quelques idées auteurisantes complètement hors de propos. Comme si Marshall voulait rappeler in extremis qu’elle était aussi la c

Continuer à lire

On va voir quoi ?

SCENES | La biennale arts sciences Les Rencontres-i débute cette semaine. Une fois n’est pas coutume, nous n’avons quasiment pu voir aucun des spectacles programmés pendant ces dix jours de festival. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas vous parler de ceux qui nous donnent envie! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 septembre 2013

On va voir quoi ?

À la rue, O. Bloque Débuter un festival arts sciences par un spectacle de l’auteure et metteuse en scène Marina Damestoy, notamment connue pour avoir initié les mouvements sociaux Génération Précaire et Jeudi-Noir, tel est le premier pari des Rencontres-i. Une création sur une jeune femme issue d’une famille aisée qui devient SDF par la force des choses, et dont on nous a vanté la pertinence du propos. Vendredi 4 octobre à 20h et samedi 5 à 18h, au CLC (Eybens) Robot ! Faire danser des robots? Une idée originale de l'exubérante chorégraphe espagnole Blanca Li. Sur scène, aux côtés des danseurs, on retrouvera donc des petits robots appelés Nao – ceux qui dansent le mieux parmi la faune robotique selon l’artiste. On veut bien la croire, tant les vidéos disponibles le prouvent. Reste à savoir si tout ceci fera spectacle... Vendredi 4 et samedi 5 octobre à 20h, à l’Hexagone (Meylan) Bionic Orchestra 2.0 Deuxième version de cette proposition du beatboxer Ezra, présentée en 2011 toujours dans le cadre des Rencontres-i : une création musicale, visuelle et interactive mêlant human

Continuer à lire

Arrêtez-moi

ECRANS | De Jean-Paul Lilienfeld (Fr, 1h40) avec Sophie Marceau, Miou Miou...

Laetitia Giry | Mardi 5 février 2013

Arrêtez-moi

Adaptation de l'indigeste et neuneu d'un roman de Jean Teulé par l'auteur de La Journée de la jupe, Arrêtez-moi orchestre la nuit exténuante d'une flic (Miou Miou) refusant de prendre la déposition d'une femme battue (Sophie Marceau) qui cherche à se faire condamner pour le meurtre de son mari, tué dix ans plus tôt. Fable faussement intelligente sur la culpabilité, le pardon, la justice ou plus généralement la morale et sa relativité,   Arrêtez-moi est surtout d'une ringardise filmique aussi terrifiante que la bêtise dont il fait preuve. Décors théâtreux impossibles réchappés des années 80, dialogues chichiteux pavés de mots d'auteur balourds et injouables, acteurs hystériques en roue libre, ambiguïté inexistante ou toujours battue en brèche par la pire vision déterministe et sociale, tout frise ici le supplice permanent. Le sommet étant atteint par le gimmick visuel du film : la femme battue en vue subjective. Pire que tout, cette immersion de Gaspar Noé du pauvre donne la nausée.  JD

Continuer à lire

Le Monde de Charlie

ECRANS | De Stephen Chbosky (ÉU, 1h42) avec Emma Watson, Ezra Miller, Logan Lerman…

Jerôme Dittmar | Jeudi 20 décembre 2012

Le Monde de Charlie

Avec ses airs de Breakfast Club ressuscité par le sentimentalisme existentiel d'un Cameron Crowe, Le Monde de Charlie est un peu ce teen movie fragile et précieux qu'on n'attendait plus. Un film servant les clichés du genre à la louche (début des années 90, un lycéen timide de banlieue découvre la vie au contact d'une nouvelle bande de potes marginaux), mais avec une folle envie de cristalliser ces moments miraculeux qui ont fait de l'adolescence une légende américaine. Ces moments où sur une pop song de Bowie, l'infini vous tend les bras en même temps que le regard d'une fille ou d'un ami. Aussi fin qu'appuyé, truffé de références has been, le film menace toujours de s'effondrer, jusque dans un final explicatif d'une balourdise absolue, et pourtant c'est beau. Peut-être parce que plus qu'une énième histoire de fin d'innocence à l'orée des rêves adultes, Stephen Chbosky (adaptant son best seller) tourne un film tendre et bienveillant sur une époque appelée à devenir un moment symbolique. Jérôme Dittmar

Continuer à lire

Another happy day

ECRANS | De Sam Levinson (ÉU, 1h55) avec Ellen Barkin, Ellen Burstyn, Ezra Miller…

François Cau | Vendredi 27 janvier 2012

Another happy day

Le mariage et la famille sont des institutions américaines ; suffit-il de les transformer en jeu de massacre pour être impertinent et politiquement incorrect ? C’est visiblement ce que pense Sam Levinson avec cette comédie chorale complètement cynique qui ressemble à du Altman revisité par ses détracteurs. Les stéréotypes sont légions : l’ado camé, la belle-mère arrogante, le grand-père sénile, la mère dépressive, les tantes hystériques, la sœur suicidaire, etc. Ce petit manège s’ébroue dans un scénario laborieux, et l’ensemble trouve son apogée dans l’horripilant cabotinage d’Ellen Barkin (coproductrice, ceci expliquant cela), à côté duquel les acteurs à la fin des Petits mouchoirs paraissent sobres et retenus. D’ailleurs, depuis la sortie du navet de Canet, ce cinéma américain «indépendant» a pris un sacré coup de vieux : aujourd’hui, en France, on fait aussi mauvais, mais avec plus de pognon. CC

Continuer à lire

C’est notre choix

SCENES | Une sélection subjective et arbitraire de quelques évènements incontournables du festival. AM

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

C’est notre choix

Un parcours inaugural Les Rencontres-i 2011 débuteront avec un parcours original, l’équipe de la biennale aimant beaucoup les parcours - elle en proposera de nombreux. À 16h30, rendez-vous à la gare téléphérique, pour monter à la Bastille assister au vernissage des expositions Degrés de lumière et T.O.E. La première se propose d’associer lumière et musique, les trois artistes italiens ayant étroitement collaboré avec deux chercheurs du CEA. La seconde, conçue pour le Centre d’art Bastille, est une exposition collective autour de la notion d’énergie (le thème de ces Rencontres-i). À 18h30, départ pour le CCSTI – La Casemate où sera présentée XYZT, les paysages abstraits, l’exposition d’Adrien Mondot et de Claire Bardainne dont on attend énormément (on vous en reparlera une fois vue). À 20h45, tout le monde sera confortablement installé sur les sièges de l’Hexagone de Meylan pour découvrir une ébauche de L’Écorce du vent, projet autour de la lumière qui a gagné le prix A.R.T.S 2010 (un prix créé par l’Atelier arts-sciences dans le but de récompenser les collaborations innovantes et fructueuses entre artistes et scientifiques). Et la soirée se terminera p

Continuer à lire

Science friction

SCENES | FESTIVAL/ À la fin du mois débuteront les Rencontres-i, organisées par l’Hexagone de Meylan. Une biennale arts-sciences en plein développement qui s’impose petit à petit comme l’un des évènements culturels de l’agglo les plus excitants. Rien que ça, oui. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

Science friction

La science d’un côté, l’art de l’autre. Les deux se regardent en chien de faïence. « Pourquoi vient-il me sucrer une part de budget pour des bagatelles de bobos quand moi, je travaille pour l’avenir de l’humanité ? » s’exclame la première, sûre d’elle et de sa légitimité. « Espèce de technophile sans aucune humanité qui va nous mener droit dans le mur » lui rétorque le second, d’un ton dénigrant et méprisant. Le décor est planté : on pourrait avoir ici affaire à un western moderne où deux mondes qu’a priori tout oppose s’affronteraient dans une lutte sans merci. Mais rien de tout ça. Car l’on est à Grenoble, là où rien ne se passe jamais comme on l’attend. Grenoble : une terre d’asile pour les scientifiques les plus réputés, carrément surnommée la « Silicon Valley » à la française par les plus ambitieux du fait de son positionnement en recherche et développement. Un territoire riche en laboratoires, universités et entreprises, également généreusement pourvu niveau culturel, à la grâce de politiques passées volontaristes (on cite souvent le Conseil général dans ce cas-là, alors citons-le) et d’acteurs locaux extrêmement impliqués. Ce qui fait dire là aussi aux plus ambitieux que

Continuer à lire

Spleen et idéaux

MUSIQUES | Des mots brefs et des phrases sans emphase, assénés d’une voix susurrée et caverneuse, parfois simplement déclamés. Une poésie tout sauf illustrative, plus (...)

François Cau | Vendredi 15 avril 2011

Spleen et idéaux

Des mots brefs et des phrases sans emphase, assénés d’une voix susurrée et caverneuse, parfois simplement déclamés. Une poésie tout sauf illustrative, plus proche des nuages que du raz des pâquerettes. Le tout sur une musique hypnotique et fascinante, qui met en place son propre langage. C’est ça Jull : un artiste grenoblois à la verve acérée, que l’on avait déjà pu découvrir la décennie dernière, avec sa bande du même nom. Jusqu’au sabordage de la formation au printemps 2005, pour diverses raisons (retrouvez dans nos archives l’article de l’époque évoquant ce passage). Jull nous avait laissés alors avec deux albums d’une élégance évidente – La Bataille du Ventre, et De la Neige et des Océans – tous deux disponibles en téléchargement sur le site de l’Amicale Underground : un label grenoblois créé en 2003 regroupant peu d’artistes certes, mais des artistes qui en envoient – dont, en cheville ouvrière, le groupe phare de Grenoble, celui que la France entière nous envie, celui qui élabore une musique crépusculaire et pink-floydienne renversante, celui qui offre des concerts fascinants (liste loin d’être exhaustive) : le groupe Rien. Un groupe qui,

Continuer à lire

"Terre océane" : le temps qui reste

SCENES | Spectacle à la beauté plastique indéniable, "Terre océane" surprend en convoquant sur scène nos émotions les plus enfouies sans jamais tomber dans l’étalage malsain ou voyeuriste, grâce notamment au texte évocateur et épuré de Daniel Danis.

Aurélien Martinez | Lundi 18 janvier 2010

Proposition théâtrale forte cette semaine à la MC2. La metteuse en scène Véronique Bellegarde, vue l’année dernière aux commandes de L’instrument à pression de David Lescot, s’est intéressée au texte Terre océane de Daniel Danis, dramaturge québécois dont on avait déjà pu apprécier l’écriture en octobre à l’Espace 600 avec Kiwi (un spectacle jeune public subjuguant, conçu et mis en scène par Danis lui-même). Dans Terre océane, on retrouve les thématiques récurrentes développées par l’auteur, et notamment ce besoin de créer des liens avec une famille de cœur plus que de sang, pour se protéger d’un monde extérieur violent et déshumanisé. Gabriel a dix ans. Atteint d’un cancer incurable, il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Sa mère adoptive, incapable de faire face à cet ultime défi, décide de le renvoyer à son père adoptif, qui se retrouve de facto chargé de l’accompagner vers l’inconnu. A l’abri d’une terre ivre qui poursuit sa course frénétiquement en ignorant la souffrance de ce tout petit bonhomme, le père et le fils partiront se réfugier chez l’oncle Dave, au fond des bois ; loin de tou

Continuer à lire

"LOL" : bonne surprise (et quelle Sophie Marceau !)

ECRANS | De Lisa Azuelos (Fr, 1h47) avec Sophie Marceau, Christa Théret…

Christophe Chabert | Lundi 2 février 2009

La surprise de LOL tient au fait que pour la première fois depuis longtemps, une cinéaste cherche à s’inscrire dans un genre (le film d’ados) sans aller braconner ses références outre-Atlantique. Au générique, méga-cliché, des adolescentes marchent dans la rue au ralenti ; mais l’héroïne prend en voix-off ses distances avec ce code importé des États-Unis en rappelant que l’on est bien en France : l’image continue alors à vitesse normale. Un clin d’œil annonçant le programme à venir… Plus qu’un véritable scénario, LOL accumule des scènes renvoyant aux œuvres marquantes d’un cinéma par essence populaire et imprégné de nostalgie. Mais la grande idée tient au choix de Sophie Marceau pour incarner la mère quadragénaire aussi confuse sentimentalement que sa progéniture. Déjà, Marceau est absolument époustouflante ; surtout, elle apporte avec elle le souvenir de La Boum, comme si elle retrouvait son personnage vingt ans plus tard. Le seul reproche qu’on pourrait faire à Lisa Azuelos, c’est de ne pas avoir, au-delà de ce récapitulatif ludique, ajouté un chapitre vraiment neuf à l’histoire à

Continuer à lire

L’ombre errante

MUSIQUES | On l'avait annoncé au moment de son dernier concert au Festival Magic Bus. Le groupe Jull a préféré cesser toute activité, tirant sa révérence à un milieu qui n'arrivait pas à le faire rentrer dans une case préformatée. “De la Neige et des Océans”, le dernier album de la formation enfin disponible, est le meilleur témoignage d'un parcours superbement à part. Propos recueillis par FC

| Mercredi 14 décembre 2005

L’ombre errante

On vous sent venir. Le groupe s'arrête mais sort un album ? What the fuck ? Rangeons les points d'interrogation, si vous le voulez bien. Cette initiative n'est ni un retour déguisé, ni un majeur levé à la face de l'industrie du disque, pour lui glisser sournoisement “Si ça te plaît et bien tant pis, souffre et regarde tes enfants agoniser dans les larmes et le sang”. Cet album existe sous sa forme plus ou moins définitive depuis quelques mois déjà, fruit du labeur mélodique de Guillaume et Éric Beauron, Olivier Depardon, Jean-Marc Junca, Guilhem Granier, Xavier Huard et du chanteur et parolier Julien Brotel. Ces quelques pistes sont le meilleur reflet de l'évolution musicale du groupe, la somme de toutes ses individualités au service d'un trip poétique de haute volée. De la neige et des océans est le meilleur souvenir que le groupe Jull peut laisser en legs à la scène locale meurtrie par son départ. Si vous trouvez que j'en fais trop, que c'est un coup de pouce odieux et complaisant à celui qui est devenu un camarade, je vous enjoindrais à écouter l'album, et à me donner tort ensuite. En attendant que vous vous exécutiez, voici quelques réponses de l'artiste anc

Continuer à lire

Boxe avec les rythmes

MUSIQUES | Musique / Figure française du beatboxing, Ezra sera de passage à la Chaufferie ce samedi. Propos recueillis par Damien Grimbert

| Mercredi 7 mars 2007

Boxe avec les rythmes

En quoi consiste, et d’où vient le beatboxing ?Ezra : Le beatboxing, c’est faire des sons, des rythmes avec la bouche. Ça existe depuis toujours, c’est sans doute la plus vieille forme de musique qui existe. C’est un truc que tu retrouves dans les musiques traditionnelles de tous les continents. Et puis au XXe siècle, il y a eu le jazz, pas mal de trucs dans la musique contemporaine dans les années 60, avec des gens qui faisaient des bruits chelous avec la bouche. Et puis après, le beatboxing urbain qui est né dans les années 80 à New York. À l’époque, il y avait par exemple les Fat Boys qui ont enregistré leur premier album en 1984, Doug. E. Fresh… C’est un peu resté dans l’ombre pendant une quinzaine d’années jusqu’à ce que Rahzel (du collectif hip-hop The Roots, ndlr) sorte un album à la diffusion internationale. En France à la même époque, le Saïan (Supa Crew - NdlR) sortait son premier album, donc ça a permis de faire un peu de buzz autour de ça. Et depuis, ça s’étend un peu partout dans le monde depuis 7, 8 ans, il y a maintenant des conventions internationales, des championnats internationaux, il y a eu le premier contest national e

Continuer à lire

Prolongations

MUSIQUES | Musique / S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Ez3kiel, c’est de manquer de suite dans les idées. Depuis ses débuts, le groupe s’est en (...)

| Vendredi 13 juillet 2007

Prolongations

Musique / S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Ez3kiel, c’est de manquer de suite dans les idées. Depuis ses débuts, le groupe s’est en effet constamment appliqué à peaufiner inlassablement un univers musical, mais également visuel, à mi-chemin entre élégante modernité empreinte de futurisme et charme rétro suranné. Les années passant, et le groupe gagnant en notoriété, les moyens ont bien entendu pris une ampleur croissante, immédiatement répercutée sur la création : invités musicaux de plus en plus nombreux sur chacun des albums, tissage sans cesse plus sophistiqué entre instruments acoustiques et traitement électronique… Mais c’est avant tout dans le domaine visuel que le bond en avant s’est fait le plus flagrant. Pour aboutir aujourd’hui à ce Naphtaline, univers somme regroupant une bande-son, un DVD vidéo, mais surtout un DVD-Rom interactif qui fournit au groupe une porte d’accès nouvelle, et novatrice, à son monde à la croisée des nouvelles technologies et d’un esthétisme onirique. Porte dont les clés sont données en toute confiance à l’auditeur-spectateur-manipulateur, qui peut par le biais d’une interactivité remarquable, tracer son propre chemi

Continuer à lire