Voguing et waacking, danses de résistance

ACTUS | Ce samedi 23 octobre, le Pacifique propose une soirée dédiée au voguing et au waacking, deux formes de danse underground nées aux Etats-Unis au sein des communautés LGBT noires et latinos. L’occasion pour nous de revenir sur la culture qui les entoure et le contexte qui leur a donné naissance.

Damien Grimbert | Mardi 19 octobre 2021

Photo : Shikeishu, Voguing ball as part of “Give me life” voguing festival, Berlin, 2018


Si le waacking et le voguing n'ont pas la même origine géographique ni temporelle (le premier est né dans les années 1970 à Los Angeles dans des clubs disco comme le Dino's ou le Paradise Ballroom et le second à New York dans les années 80 au sein de la scène ballroom de Harlem), ils n'en partagent pas moins de nombreuses caractéristiques communes. « Ces danses sont toutes les deux issues de la même communauté LGBT afro-américaine et latina », explique Prince Paul, danseur de waacking qui interviendra au Pacifique, « comme une réponse à différentes formes d'oppression : les premiers danseurs de waacking comme Arthur, Tinker, et Andrew par exemple, étaient connus sont le nom de "punkers". A l'origine, le terme "punk" était un synonyme de "faggot", une insulte envers les homosexuels qu'ils se sont réappropriés, en retournant le stigma dans une expression artistique d' "empowerment" ».

Issues des classes les plus stigmatisées et défavorisées de la population, ces danses urbaines se sont ainsi construites dans l'ombre, à l'abri des regards extérieurs, en détournant les codes d'une forme d'élégance, de glamour et d'opulence traditionnellement associées aux classes supérieures blanches dont elles étaient exclues pour mieux se les réapproprier. Dans le voguing, c'est ainsi les poses iconiques des mannequins et plus largement l'univers du luxe et des magazines de mode qui vont servir d'inspiration aux mouvements de danse, tandis que le waacking emprunte lui sa gestuelle affectée « au cinéma muet et aux grandes divas du cinéma hollywoodien comme Greta Garbo, Marilyn Monroe, Gloria Swanson, Joanne Crawford… » ainsi qu'à des figures de la pop culture de l'époque, comme « Bruce Lee ou les bandes dessinées de Batman ».

Deux styles distincts

Tout à la fois moyen d'expression, d'émancipation, de sublimation et d'affirmation pour des communautés subissant au quotidien racisme et homophobie, voguing et waacking partagent donc un ancrage social, culturel et politique implicite très fort, mais se distinguent néanmoins sur certains points. Comme l'explique Prince Paul, « pour moi la différence principale entre le voguing et le waacking, c'est que le waacking est une danse "sociale", pour communiquer avec les gens sur le dancefloor, partager ce que l'on aime et ce que l'on est : bien sûr il y a certains éléments techniques, mais pour moi, le plus important, c'est avant tout d'être totalement soi-même. C'est une danse née avec la disco, mais c'est vraiment ce que la musique fait ressortir de nous qui crée l'essence du waacking ».

Basé sur des codes et un vocabulaire extrêmement élaborés, le voguing privilégie à l'inverse la notion de "battle" et se danse sur une musique souvent plus heurtée et plus synthétique. Réunis en différentes "familles" de substitution (les houses), les participants défilent sur un catwalk et s'affrontent à tour de rôle dans une compétition féroce mais amicale, subdivisée en différentes catégories thématiques. Ils sont jugés par leurs pairs en fonction d'une myriade de critères distincts (attitudes, danses, habillement et maquillages…). Longtemps restés confinés dans l'underground, voguing et waacking n'en ont pas moins progressivement gagné en reconnaissance au fil des années, débordant de leur environnement natal pour infuser leur esthétique hors-norme dans la culture mainstream, tout en prenant bien soin de ne pas voir leur identité diluée dans le processus. Une dimension que semble avoir soigneusement prise en compte l'équipe du Pacifique pour concevoir cette soirée dédiée tout entière « aux corps engagés ».

Pratiques de bals

Créée en écho à l'exposition Vous n'irez plus danser ! Les bals clandestins 1939-1945 actuellement présentée au Musée de La Résistance et de la Déportation de l'Isère, l'évènement Voguing, waacking. A nos corps engagés, pratiques de bal du Pacifique mettra à l'honneur un autre type de bal clandestin. Conçue avec l'aide de la drag queen Borderline qui jouera le rôle de MC aux côtés de Max Miller, cette soirée immersive permettra ainsi de découvrir les univers du voguing et du waacking aux travers de performances de Kendall Mugler, Mother de la House of Miyake Mugler Europe, Juahna G. O'pulence, Mother de la House of O'Pulence, ou encore Prince Paul de la compagnie La Piraterie, tandis que la drag lyonnaise Fleur VonLear officiera en tant que DJ.

« L'idée, c'est de reprendre ce format des bals indissociable de la scène ballroom et de redonner leur légitimité à des formes de danse dont l'impact a été très influent sur la danse contemporaine », explique Camille Planeix du Pacifique. « On n'est donc pas dans un spectacle où on s'assoie et on regarde, mais bel et bien partie prenante de la performance qui est en train de se dérouler : il va y avoir un défilé avec différentes catégories, mais aussi des espaces de danse tout autour… On a vraiment beaucoup réfléchi, avec l'aide de Borderline, à la bonne manière d'accompagner, d'embarquer et de sensibiliser le public, de manière à n'exclure personne et à ce que chacun se sente bien. C'est aussi pour ça qu'on propose des ateliers d'initiation à partir de 17h, qui vont un peu servir de porte d'entrée à la soirée ».

Voguing, waacking. A nos corps engagés, pratiques de bal, samedi 23 octobre à 19h au Pacifique

Workshop d'initiation au waacking avec Prince Paul, samedi 23 octobre à 17h au Pacifique

Workshop d'initiation au voguing avec Kendall Mugler, samedi 23 octobre à 17h au Pacifique (COMPLET)


Voguing, waacking - À nos corps engagés, pratiques de bal

De 17h à 19h, atelier d'initiation au voguing et waacking, de 19h à 23h30, mise en ambiance et bal.
Le Pacifique CDCN 30 chemin des Alpins Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Concours Podium : découvrez les quatre lauréats !

Danse | A l’issue de deux soirées de représentation ce week-end à La Rampe, les quatre lauréats du concours de danse Podium ont été désignés par le public et le jury.

Valentine Autruffe | Lundi 22 novembre 2021

Concours Podium : découvrez les quatre lauréats !

Quatre compagnies de danse bénéficieront, l’an prochain, de la Tournée Podium. Elles ont été sélectionnées parmi douze propositions, vendredi et samedi soir, à La Rampe. Pour les pièces en solo et duo, présentées vendredi, le jury de professionnels a choisi B4 summer de Mercedes Dassy (Belgique). Pour les pièces de groupe, c’est Muyte Maker, de Flora Détraz (France), qui a été sélectionnée. Vendredi soir, le public a préféré Learning from the Future, de Colette Sadler (Royaume-Uni), et samedi, c’est Entropie de Léo Lérus (France, Guadeloupe) qui a été le coup de cœur des spectateurs. Les lauréats seront programmés, pour la saison 2022-2023, parmi les dix-sept scènes partenaires de Podium, réparties un peu partout en France, et dans le réseau des « voisins » de ces théâtres. La répartition des tour

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Podium, entrez dans la danse

Concours | Douze compagnies de danse, réparties sur deux soirées, présenteront à La Rampe des extraits d’une vingtaine de minutes de leurs créations. Avec un enjeu tout (...)

Valentine Autruffe | Mardi 16 novembre 2021

Podium, entrez dans la danse

Douze compagnies de danse, réparties sur deux soirées, présenteront à La Rampe des extraits d’une vingtaine de minutes de leurs créations. Avec un enjeu tout particulier : quatre prix seront remis, deux à l’issue du vote du public, deux autres par un jury de professionnels. C’est la seconde édition du concours Podium (anciennement Reconnaissance), imaginé par le Pacifique et également porté par le CCN2 et La Rampe. Pour les spectateurs, c’est surtout une excellente façon d’appréhender la danse, discipline qu’ils ont souvent du mal à aborder. « Le public pense parfois que la danse n’est pas pour lui. Pourtant, le langage du corps est universel, ça passe au-delà des mots », souligne Marie Roche, directrice du Pacifique. On n’est pas obligé de comprendre la danse, il suffit de la ressentir. L’aspect concours permet en sus de comparer et d’en parler avec son voisin, cerner pourquoi on aime ou pas. « L’objectif de Podium est de montrer des spectacles dont on juge qu’ils n’ont pas été assez vus, et qui méritent de l’être. En période de pandémie, je vous laisse imaginer… » La sélection des douze pièces, parmi 41 propositions au départ, a été assur

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À la rencontre de l’autre

Danse | Danseuses et chorégraphes, Myriam Lefkowitz et Catalina Insignares viennent de passer trois semaines en résidence à Grenoble à l’invitation du Pacifique, centre de développement chorégraphique national. Elles ont travaillé avec des migrants autour de la Facultad, un ensemble de propositions artistiques qu’elles ont élaboré. Leur démarche : placer l’attention à l’autre au cœur de la création.

Martin de Kerimel | Lundi 29 mars 2021

À la rencontre de l’autre

Pour elles, la danse ne se limite pas à une pratique artistique sur scène. Myriam Lefkowitz s’interroge sur les questions d’attention et de perception et travaille notamment sur des dispositifs immersifs, pour favoriser la relation directe entre les spectateurs et les interprètes. Catalina Insignares, elle aussi, aime questionner la relation des artistes à la société. La permanence qu’elles viennent d’organiser dans un appartement du quartier de l’Abbaye, à Grenoble, les a placées en contact direct avec plusieurs dizaines de personnes exilées, ainsi qu’avec d’autres, issues du monde associatif, qui les accompagnent, les écoutent et les soutiennent. L’idée : expérimenter des pratiques qui, par nature, nécessitent la mise en place d’une relation à l’autre. Marches urbaines les yeux fermés, danse de mains, dialogues basés sur l’imaginaire et les ressentis… un ensemble de démarches mis au service de la rencontre, sans intention d’en tirer un spectacle. « Déségrégation » Cette résidence à Grenoble était également, pour les deux jeunes femmes, une expérience personnelle.

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Cinq minutes en attendant

Danse | Le Pacifique, le Centre de développement chorégraphique de Grenoble, propose à toute personne intéressée de retrouver son équipe en extérieur, chaque jour ouvrable à 12h30, pour un court instant de danse collective. C’est parti pour durer tant que les salles de spectacle n’auront pas rouvert !

Martin de Kerimel | Mercredi 17 février 2021

Cinq minutes en attendant

Les femmes n’avaient pas toutes la souplesse de Karen Lynn Gorney, ni les hommes le déhanché de John Travolta. Pas sûr d’ailleurs que tout ce petit monde ait vu La fièvre du samedi soir. C’est pourtant sur Stayin’ alive, le classique des Bee Gees au titre explicite, qu’une vingtaine de personnes (masquées) est venue danser lundi 15 février, en face des locaux du Pacifique, chemin des Alpins, à Grenoble. Derrière cette initiative, l’envie est d’apporter de la joie en cette période privée de spectacles culturels (chorégraphiques et musicaux, notamment) en intérieur. De quoi oublier les quelques imperfections techniques – celles des autres et les siennes, tant qu’à faire – pour se dégourdir les jambes et, du même coup, les neurones. Sous le soleil, exactement ? Lors de ce premier mini-rassemblement inattendu, le Pacifique a pu compter sur une météo impeccable. L’opération est partie pour avoir lieu par tous les temps, chaque jour du lundi au vendredi, toujours à 12h30, tant que les salles de spectacle resteront portes closes. Le Centre de développement chorégraphique espère convai

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Voyez comme on danse

Rencontre | Déjà hôte des artistes Aline Fayard et Rémy Héritier, le Pacifique accueille Mathilde Monfreux dès le 11 mars. La danseuse, chorégraphe et performeuse va proposer des ateliers autour de la question du soin. Nous l’avons rencontrée.

Martin de Kerimel | Mardi 10 mars 2020

Voyez comme on danse

Éveiller le corps grâce à l’imaginaire. Lui redonner la parole. Décaler le regard que chacun porte sur soi-même. Ce sont quelques-uns des objectifs d’une série d’ateliers organisés au Pacifique, le centre de développement chorégraphique national. Dans trois projets, la structure collabore avec ses partenaires de l’Espace de vie sociale, de la Bibliothèque Alliance, de la Papothèque et de l’Accorderie. Elle cherche également à mobiliser plus largement, en ouvrant certaines journées d’ateliers à toutes les personnes intéressées. Mathilde Monfreux est la troisième artiste invitée à entrer dans la danse. Elle s’en réjouit et explicite pleinement sa démarche : « Pour moi, cette expérience – Le corps comme relation – consiste à travailler sur le soin que l’on peut avoir pour soi-même, pour les autres et pour son environnement. L’idée de soin comprend une notion de réversibilité. En lien avec l’improvisation, la danse permet un dialogue constant entre nos mondes intérieur et extérieur. » Toucher, être touché En tout, la danseuse et chorégraphe animera quatre rencontres "grand public", les 11 mars, 6 mai, 24 et 26 juin. Elle proposera aux particip

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La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

ACTUS | Nous étions à la conférence de presse organisée jeudi 14 mars au Magasin des horizons.

Aurélien Martinez | Mardi 19 mars 2019

La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

« On a voulu concrétiser quelque chose qui se passe déjà » : voilà comment Camille Planeix, coordinatrice du Magasin des horizons, explique le pourquoi du comment de la petite conférence de presse organisée la semaine dernière dans une des salles du centre d’art pour lancer officiellement la « coalition pluri·elles et opérationn·elles » baptisée La Trilogie. Un regroupement composé du Magasin des horizons, du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et du Centre de développement chorégraphique national de Grenoble le Pacifique. Soit trois structures qui ont vu leur direction changer en 2016, et qui se sont alors rapidement rapprochées. « Jusque-là, c’était très intuitif » a expliqué Erell Melscoët, directrice du pôle territoire du CCN2. On peut par exemple parler des Grands Rassemblements du CCN2, auxquels le Magasin et le Pacifique ont été associés. « Maintenant, on assume publiquement et plus clairement ce trio. »

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Marie Roche : « La danse est un langage universel »

ACTUS | Depuis septembre 2016, le Pacifique, lieu grenoblois dédié à la danse, est dirigé par Marie Roche. On l’a rencontrée pour faire un rapide bilan après deux ans et quelques mois d’exercice.

Aurélien Martinez | Mardi 15 janvier 2019

Marie Roche : « La danse est un langage universel »

« Je suis arrivée avec un projet qui était principalement d’ouvrir ce lieu au public et de le faire connaître. C’est un grand défi, ça prend du temps, mais on l’a réussi en partie je pense : beaucoup de gens d’horizons très divers viennent aujourd’hui au Pacifique. » Deux ans et quelques mois après sa prise de fonction à la tête de ce centre de développement chorégraphique national créé à Grenoble par la chorégraphe Christiane Blaise, Marie Roche semble satisfaite. Notamment des nombreux partenariats tissés avec différentes structures de l’agglo (la Rampe, l’Hexagone, la Cinémathèque…), dont deux avec lesquelles elles collaborent régulièrement : le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane et le centre d’art le Magasin des horizons piloté par Béat

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Rencontre avec Marie Roche, nouvelle directrice du Pacifique

nouvelle tête / danse | Depuis la rentrée, le Pacifique, centre de développement chorégraphique situé dans le sud de Grenoble, a une nouvelle directrice, la fondatrice des lieux Christiane Blaise ayant décidé de passer la main l’an passé. Rencontre avec Marie Roche, 42 ans, pour en savoir un peu plus sur son projet.

Aurélien Martinez | Mardi 11 octobre 2016

Rencontre avec Marie Roche, nouvelle directrice du Pacifique

« J’ai beaucoup de gratitude envers Christiane Blaise pour avoir créé [en 2004] ce lieu magnifique. Le secteur de la danse lui doit beaucoup. Maintenant, l’histoire continue… » On a interviewé Marie Roche, fraîchement nommée directrice du Pacifique, dans son nouveau bureau, au cœur de cet équipement dédié à la danse et plus particulièrement à l’accompagnement des artistes – un travail principalement de l’ombre donc. « J’ai toujours trouvé que les centres de développement chorégraphique étaient des outils passionnants, comme ce sont des structures légères très proches des artistes. » Si c’est la première fois que Marie Roche se retrouve à la tête d’une structure de la sorte, cette prise de fonction s’inscrit dans la continuité de son parcours débuté par des études sur la danse à Paris et continué, après diverses expériences, par la fondation en 2009 d’un bureau de production à Dijon qui accompagnait les compagnies chorégraphiques. « La question de la présence artistique sur le territoire m’intéresse depuis longtemps. » Vers un Pacifique « plus ouvert » Et

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Pacifique : dernière danse pour Christiane Blaise

ACTUS | La fondatrice du Pacifique, centre de développement chorégraphique basé à Grenoble, part vers de nouvelles aventures. L'association recherche celui ou celle qui lui succédera.

Aurélien Martinez | Mardi 15 mars 2016

Pacifique : dernière danse pour Christiane Blaise

Le Pacifique, centre de développement chorégraphique (CDC) implanté dans le sud de Grenoble, va changer de main. En effet, Christiane Blaise, l’ancienne chorégraphe qui l’a fondé en 2004 après plus de vingt-cinq ans de parcours artistique, part « vers de nouvelles aventures ». Lesquelles ? « Je n’ai rien prévu ! Il faut savoir se détacher au bon moment. J’attends que l’imagination me bouscule encore. C’est mon goût pour l’improvisation. » Un nouveau directeur ou une nouvelle directrice prendra le relai au 1er septembre à la tête de ce lieu atypique pensé comme une maison pour les artistes ouverte au public sur certains temps – il faut d’ailleurs s’y rendre rien que pour le bâtiment en lui-même, on ne peut plus réussi. « J’ai imaginé le Pacifique, je l’ai entièrement créé, je l’ai construit pour qu’il devienne un outil public avec des missions d’intérêt général. Un lieu de résidence qui, aujourd’hui, est complet et entièrement remboursé » – il appartient à l’association qui le porte. « Place à quelqu’un d’autre qui va continuer la mission ou inventer autre chose. » Un quelqu’un d’autre qui, comme le stipu

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Tahiti 80, nippon ni mauvais

MUSIQUES | Groupe fâcheusement boudé par la France (du moins beaucoup plus qu'il ne le mérite), Tahiti 80 est allé comme bien d'autres trouver l'eldorado au Japon, puis dans quelques pays plus accueillants. Il y a trouvé le luxe de pouvoir bâtir une œuvre pop superficielle par profondeur, comme en témoigne son sixième album "Ballroom", ajoutant une pointe de noirceur à ses habituelles explosions de couleurs. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 31 mars 2015

Tahiti 80, nippon ni mauvais

« Les choses sont faciles quand tu es gros au Japon ; oooh, quand tu es gros au Japon. » Ben tiens. Si l'on en croit la fin du refrain (ici librement traduit) de Big in Japan, fameux tube de ces sacrés garçons coiffeurs teutons d'Alphaville (à qui l'on doit aussi Forever Young, ne l'oublions jamais) et qui ne fait absolument pas allusion à la culture sumo, tout roulerait donc du moment qu'on est un tant soit peu connu, gros, grand ; bref célèbre au Japon. Tant il est vrai par ailleurs que la dévotion du fan japonais ne souffre de modération d'aucune sorte, ni même de début de quart de demi-mesure : quand le Japonais aime, il s'en planterait volontiers un couteau à beurre dans la cage à tripoux. De là à dire qu'être « big in Japan » cela fait tout, il y a loin. Et ce loin c'est Tahiti 80. D'où vient qu'un groupe qui semble toujours jouer une musique à écouter pieds nus et le t-shirt trop serré sous le soleil couchant de Californie ou de quelques îles au taux d'ensoleillement plus élevé que la moyenne (au hasard Tahiti) ait autant de succès au pays du Soleil Levant ? Et ce depuis le début des années 2000, date du coup de foudre. Sans doute une

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Boum annuelle

SCENES | Cinquième édition pour le concours [re]connaissance, que l’on a vu naître et grandir avec bonheur. Il faut dire que le gamin était d’emblée prédestiné à une belle (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 15 novembre 2013

Boum annuelle

Cinquième édition pour le concours [re]connaissance, que l’on a vu naître et grandir avec bonheur. Il faut dire que le gamin était d’emblée prédestiné à une belle carrière : ses parents (le Pacifique à Grenoble et la Maison de la danse à Lyon) avaient bien fait les choses en 2009 pour annoncer sa venue au monde, en convoquant une quinzaine de parrains (des théâtres, des centres chorégraphiques, ...) à venir présenter en tout douze compagnies au public et à un jury. Une fête organisée le temps de deux soirées à l’Hexagone de Meylan, pendant lesquelles on a pu se confronter à différents univers. Quatre ans plus tard, après des éditions organisées dans diverses salles de la région, retour à l’Hexagone, avec sensiblement le même principe (même s’il y a un peu de plus de partenaires venus se greffer sur la photo de famille). À savoir deux soirées où onze pièces en tout (dont une jeune public cette fois-ci) seront soumises aux votes du jury et du public, afin de permettre la reconnaissance

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[re]connaissance pratique

SCENES | Le concours : vendredi 23 novembre à 18h30, et samedi 24 à 17h30, à la Rampe d’Échirolles. Le public vote chaque soir. Délibération du jury le samedi vers 22h, (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 16 novembre 2012

[re]connaissance pratique

Le concours : vendredi 23 novembre à 18h30, et samedi 24 à 17h30, à la Rampe d’Échirolles. Le public vote chaque soir. Délibération du jury le samedi vers 22h, pour une proclamation des résultats à 23h. Tarifs : 6 euros la soirée, 10 euros pour les deux. Restauration rapide et buvette sur place. Les compagnies sélectionnées : David Gernez, Lucie Augeai –  compagnie Adequate [86] ; Christian et François Ben Aïm – compagnie CFB451 [94] ; Nicolas Hubert – compagnie Epiderme [38] ; Olé Khamchanla – compagnie Kham [69] ; Laurent Falguieras – compagnie Pic la Poule [86] ; Panagiota Kalimani, Filipe Lourenço, Emilio Urbina, Rafael Pardillo – The Plant Collective [18] ; Cyril Viallon – compagnie Caryatides [59] ; Kevin Jean [75] ; Marie Cambois [54] ; Hervé Maigret – compagnie ngc25 [44] ; Bintou Dembélé – compagnie La Rualité [75] ; Noé Soulier – Compagnie WP Zimmer [BE] Le jury : Michèle Paradon, directrice artistique de l’Arsenal-Metz (présidente du jury) ; Françoise Rougier, experte en danse ; Gie Baguet, directeur du Frans brood Productions (Belgique) ; Laura Etxebarria, directrice artistique de la Sala la fundicion

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À vos marques, prêts, votez !

SCENES | Montrer ce qu’il se fait aujourd’hui en France au niveau chorégraphique : tel est le pari du concours [re]connaissance, qui en est à sa quatrième édition. Ce week-end, sur deux soirs, le public pourra ainsi découvrir douze compagnies différentes et, cerise sur le gâteau, voter pour celle qu’il préfère. C’est beau la démocratie ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 16 novembre 2012

À vos marques, prêts, votez !

La danse, c’est sympa, mais c’est quand même compliqué. Compliqué pour les compagnies, car la plupart ne tournent pas beaucoup ; voire pas du tout. Et du coup, par ricochet, compliqué pour le public, qui n’arrive pas toujours à trouver des spectacles aux esthétiques variées – sauf si, bien sûr, on habite dans une grande ville. En 2009, nous avions donc vu d’un bon œil le projet impulsé par le Pacifique de Grenoble et la Maison de la danse de Lyon. Ensemble, les deux structures avaient créé le concours [re]connaissance. Le principe ? Sur deux soirs, douze compagnies présentaient un extrait d’une pièce récente (ou la pièce en entier si elle n’excédait pas 25 minutes), et un jury de professionnels décernait deux prix à leurs favorites. Quant aux spectateurs, ils avaient leur mot à dire avec le prix du public. Une fois les choix dévoilés, le processus s’enclenchait pour les trois lauréates, avec une tournée assurée dans la plupart des lieux partenaires (quatorze à l’époque) : une belle exposition. La première édition s’était tenue à l’Hexagone de Meylan, devant une sal

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Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

SCENES | La danse est un champ artistique riche, varié, protéiforme, enthousiasmant, innovant… Les salles grenobloises arrivent-elles à transmettre au public ces différents élans créatifs ? Tentative de réponse en compagnie de quelques pontes locaux.

Aurélien Martinez | Lundi 10 janvier 2011

Programmateurs/trices de danse, excitez-nous !

Plus d’une vingtaine de plateaux dans l’agglo : le bassin grenoblois est d’une extrême richesse niveau spectacle vivant. Surtout en théâtre. De ce point de vue, le maillage de salles n’a pas à rougir des comparaisons (notamment avec ses voisins, comme Lyon), bien au contraire. Ensemble, en tenant compte de leurs spécificités et de leurs moyens, les lieux de diffusion offrent un très large éventail de la création théâtrale contemporaine. Mais niveau danse, l’euphorie est moindre. Grosso modo, seulement deux salles (la MC2 et la Rampe) offrent une réelle programmation pour les amateurs de ce genre artistique, les propositions des autres étant plus sporadiques. Suffisant ? Pas forcément… Surtout qu’il n’est pas sûr qu’à elles seules, la Rampe et la MC2 arrivent à satisfaire l’appétit du public grenoblois (réputé extrêmement curieux et demandeur). « Bien sûr, mon grand souhait serait que l’on puisse faire plus. Mais on a déjà une belle visibilité, parce que l’on peut jouer entre ces trois plateaux [le grand théâtre, le petit et la salle de création – NDLR], et c’est extrêmement rare en France » nous explique Sylvaine Van den Esch

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La danse dans tous ses états

SCENES | Offrir une plus grande visibilité aux nouvelles propositions chorégraphiques : voilà la mission à laquelle s’attelle ce week-end le concours Reconnaissance impulsé par le Pacifique (Grenoble) et la Maison de la danse (Lyon). Sur deux soirées, on pourra ainsi découvrir une douzaine d’extraits et de formes courtes. Un pari intéressant qu’on ne manquera pas de suivre avec intérêt. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 20 novembre 2009

La danse dans tous ses états

Elles sont douze, belles, jeunes et fringantes. Pleines d’envie et de désirs, roulant des mécaniques pour nous séduire, nous retourner, nous percuter. En moins de trente minutes, elle nous dévoileront chacune une forme courte ou un extrait censé représenter au mieux leur univers chorégraphique. Elles, ce sont les compagnies participant au concours Reconnaissance : un événement original qui s’aventure sur des sentiers en voie de défrichement, en présentant, sur deux soirées, une succession de douze pièces courtes de talents chorégraphiques confirmés mais en mal de reconnaissance (cinq le vendredi, sept le samedi) ; le tout à un tarif défiant toute concurrence (six euros la soirée, dix les deux). Concernant les compagnies programmées, elles sont issues des quatre coins de la France, et de Suisse pour l’une d’entre elles : on ne les connaît pas toutes ; alors certes, il y aura sûrement des rendus moins forts que d’autres, ou plus bancals, mais la forme du concours limite les risques en additionnant les propositions. Et la nature même de ces propositions ajoute de la spontanéité à l’ensemble : comme la nouvelle en littérature ou le court-métrage en cinéma, la forme courte en danse p

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Le pacifique déchaîné

SCENES | Événement / On vous l’accorde, le titre est un peu facile, mais résume en même temps bien l’état d’esprit qui devrait régner ce jeudi à l’occasion de la nouvelle (...)

| Mercredi 26 septembre 2007

Le pacifique déchaîné

Événement / On vous l’accorde, le titre est un peu facile, mais résume en même temps bien l’état d’esprit qui devrait régner ce jeudi à l’occasion de la nouvelle inauguration du lieu. “Nouvelle inauguration” ? Quelques explications s’imposent : inauguré en 2004 à l’occasion des 20 ans de la compagnie Christiane Blaise, le lieu dédié à la danse contemporaine et basé dans une ancienne usine réhabilitée pour l’occasion, deviendra officiellement Centre de Développement Chorégraphique ce jeudi. Rejoignant ainsi un réseau de 8 autres centres répartis dans toute la France (et à Ouagadougou pour l’un d’entre eux), le Pacifique poussera ainsi plus en amont les initiatives déjà entamées dans le lieu en se consacrant à plein temps à l’accompagnement des compagnies (prêt des studios, production et coproduction de projets…), à leur mise en visibilité (par le biais de différents réseaux de diffusion), à la formation (cours et masterclasses à destination des danseurs professionnels), à la diffusion des projets (auprès des professionnels, mais également du grand public par le biais des Alertes dont on a déjà pu apprécier la pertinence) et enfin au développement de la culture chorégraphique aupr

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