En BD, la Grenobloise Coline Picaud raconte le parcours d'exilés

ACTUS | Dans le cadre du festival Migrant’Scène, Coline Picaud sera à la librairie Decitre pour dédicacer sa bande dessinée "Personne ici ne sait qui je suis". Professeure de français pour étrangers, elle y relate le destin de certains de ses "apprenants" exilés.

Hugo Verit | Mardi 16 novembre 2021

Photo : Hugo Verit


Ils s'appellent Zabihullah, Télémilé, Méri, Golindya, Sutha, Maha… Ils viennent d'Afghanistan, de Guinée, du Brésil, d'Érythrée, du Sri-Lanka ou de Syrie. Tous sont des personnages de la bande dessinée Personne ici ne sait qui je suis, dans laquelle Coline Picaud raconte son quotidien en tant que professeure de français pour étrangers à la Maison des habitants du centre-ville de Grenoble. Enfin, ce n'est pas vraiment son histoire qu'elle raconte, plutôt celles de ces exilés qui ont quitté leur pays pour des raisons très diverses (amour, travail, guerre, pauvreté…) : « La Maison des habitants est l'un des rares endroits où des gens très différents se mélangent, avec un point commun : ils apprennent le français. Je voulais montrer la multitude de parcours qui existent et que tout démarre, à chaque fois, d'une décision individuelle. Ce ne sont pas des groupes qui partent, mais bien des individus. »

Sur « la route des morts »

Des individus qui, une fois dans notre pays, sont pourtant ramenés en permanence à leurs origines et jugés à l'aune de la méconnaissance abyssale des Français. Coline Picaud s'emploie donc, dans ce livre, à remettre un peu de réalité dans la grande marmite des chimères occidentales, y compris en relatant, en détails, le périple infernal de certains demandeurs d'asile – celui de Télémilé, par exemple, qui évoque son voyage sur « la route des morts » et qui s'est retrouvé en France alors qu'il n'avait jamais envisagé d'y venir. « Les entretiens étaient parfois très difficiles, très lourds. Mais ce sont souvent des gens que l'on n'a pas écoutés. Ils essaient de raconter leur histoire à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, ça fait partie de la procédure pour obtenir les papiers, mais ça ressemble souvent à un interrogatoire. »

La BD évoque aussi les démarches administratives interminables, complexes et parfois absurdes qui affaiblissent largement le moral des demandeurs. Toutefois, Coline Picaud insiste aussi sur les bons moments, comme les sorties organisées par la MDH : « On essaie de laisser leurs problèmes de côté, d'extraire le positif et de faire en sorte qu'ils se sentent mieux accueillis. »

Personne ici ne sait qui je suis dédicace à la librairie Decitre le 20 novembre à 15h et présentation de la BD le 5 décembre à Amal de 15h à 20h3

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