Le lièvre et la torture

MUSIQUES | Avec Grand Lièvre et après deux ans de silence, l'Arverne atrabilaire Jean-Louis Murat revient en douceur vers les sommets, entre blues minimal et langue à la renverse. Stéphane Duchêne

François Cau | Mercredi 26 octobre 2011

«Qui veut voyager loin ménage sa monture» dit l'opticien amateur de poney. Murat, disquaire trop prolifique sujet aux égarements, a finalement eu pitié de la bête de somme, deux ans durant. Il faut parfois savoir prendre ses distances, «se mettre aux anges» comme il disait époque Lilith. Aux anges, ou au placard, quand sa maison de disque lui aurait mis le mors aux dents et le joug sur la carcasse, pas bouger, rien dépenser, pas même soi. L'auteur de Suicidez-vous le peuple est mort aurait même pensé à «se perdre de vue». Comprendre, pour l'angoissé de la partoche blanche, perdu de recherche, pour mieux se retrouver. Mais l'artisan, lorsqu'il ne met pas l'ouvrage sur le métier, a les doigts gourds. Quand le poète n'étale pas ses mots sur quelque surface, ils lui dégueulent de la bouche comme excès de bile. Tant et si bien que deux ans sans disque de Murat, on était au bord d'appeler les secours quand il nous devança avec Grand Lièvre : «L'art du silence aura ma peau» murmure-t-il sur Alexandrie, ajoutant plus loin dans sa (sublime) Lettre de la Pampa, fin de traversée du désert : «Toutes les sensations viennent de mon travail». Fender et Takamine Le propre de la mode étant de se démoder, Murat a depuis longtemps (Dolorès, il y a 15 ans) renoncé à tracer autre chose qu'un sillon étanche aux OGM de la variétoche franchouille. En mode Neil «Forever» Young, la Fender tremblote, parkinsonnienne, quand il s'agit de monter dans les tours (d'ivoire). S'adoucit en arpèges de Takamine (des mauvais jours) sur hoquets d'orgue Hammond, chassés-croisés de chœurs tressés par les femmes. Ici, le bluesman auvergnat blouse les tendances, tord la langue en poésie abstraite et réfracte le temps ; surtout ne pas «souffrir de l'époque». D'où le disque de crise d'un éternel assiégé (jadis Fort Alamo, ici Fort Knox) qui parle de Vendre les prés quand on spécule sur la dette, du Champion espagnol d'un temps où l'on se dopait à la vinasse, d'«hallali» prophétisé à coups de «la-la-la». À presque 60 ans, Murat est le dernier de sa race. À la fois taureau rouge, salers au cuir blindé, et lièvre au bec fendu dont «le cœur se soigne à la torture», aveu sangl(ot)ant d'un auteur vice de forme dont le plaisir coupable est de ne ménager personne, à commencer par lui-même.

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Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

ACTUS | Après plus de six mois de fermeture, les salles de spectacle et les théâtres peuvent rouvrir leurs portes depuis le mercredi 19 mai. Mais si la reprise est largement saluée par les acteurs culturels, elle occasionne également de nouvelles problématiques pour les salles.

Sandy Plas | Lundi 17 mai 2021

Une réouverture des salles de spectacle entre soulagement et perplexité

Elle était attendue depuis plusieurs mois. Espérée début janvier, puis mi-avril, c’est finalement le 19 mai que les salles de spectacle pourront rouvrir leurs portes au public et proposer à nouveau concerts, pièces de théâtre, danse et rendez-vous de toutes sortes, mis à l’arrêt depuis la fermeture des lieux culturels le 30 octobre dernier. Annoncé fin avril, le calendrier progressif du déconfinement prévoit la réouverture des salles en trois temps, avec une première phase, du 19 mai au 9 juin, permettant l’accueil de 800 spectateurs maximum et une jauge à 35% de la capacité de la salle, une seconde phase, du 9 juin au 1er juillet, avec une jauge à 65%, et une levée des restrictions d’accueil à partir du 1er juillet. Mais si le déconfinement des lieux de spectacle est forcément une bonne nouvelle pour les spectateurs, les artistes et les acteurs culturels laissés sur le carreau pendant plus de six mois, la réouverture dans un contexte de fin de saison pose un certain nombre de questions. Au Théâtre municipal de Grenoble (TMG), qui regroupe le Grand théâtre, le Théâtre 145 et le Théâtre de poche, l’annonce de la reprise a été re

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Les livres de la Ressourcerie cherchent leurs lecteurs

ACTUS | À deux pas de la rue de Stalingrad (Grenoble), la Ressourcerie, gérée par le réseau Ulisse Grenoble Solidarité, collecte des objets auprès des particuliers et (...)

Sandy Plas | Jeudi 20 mai 2021

Les livres de la Ressourcerie cherchent leurs lecteurs

À deux pas de la rue de Stalingrad (Grenoble), la Ressourcerie, gérée par le réseau Ulisse Grenoble Solidarité, collecte des objets auprès des particuliers et les propose ensuite à la vente. Parmi ces dons, un grand nombre de livres vient remplir chaque année les rayonnages de la boutique installée au 2, rue Hippolyte Muller, après être passés par un tri sélectif, pour écarter les ouvrages en mauvais état. Mais après 4 mois passés sur les rayons, ceux qui ne trouvent pas preneurs doivent laisser la place aux nouveaux venus qui font leur entrée à la Ressourcerie, au grand regret de Jean-Christophe Guédon, responsable de cette librairie de seconde-main. « C’est vraiment dommage car des pans entiers de la librairie restent très peu fréquentés, alors qu’il y a un grand choix d’ouvrages intéressants et à des prix qui dépassent rarement les 3 euros pièce. » Il lance donc aujourd’hui un appel aux lecteurs grenoblois, pour les inciter à pousser les portes de la bou

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Grenoble est exotique

ESCAPADES | Marmottes, chamois, tétras lyres, canards colverts… Voir toujours les mêmes bestioles dans le coin peut être assez lassant. Heureusement, Grenoble innove aussi avec la nature et l’arrivée de nouvelles plantes et espèces exotiques, changement climatique oblige. Et pour compléter tout ça, direction la fontaine ardente du Gua. C’est le deuxième volet de nos bizarreries grenobloises, côté nature (qu’on aime beaucoup !)

Jérémy Tronc | Vendredi 23 avril 2021

Grenoble est exotique

Le gecko migre à Grenoble Plutôt familière des pays du pourtour méditerranéen et généralement près des côtes, la tarente de Maurétanie a été signalée à Grenoble pour la première fois en 2018. Cette espèce de gecko est arrivée dans la capitale des Alpes sous l’effet du changement climatique. Très bien adaptée à l'homme, on peut fréquemment la voir sur les murs, en particulier près des éclairages où se trouvent les insectes la nuit. Les tarentes affectionnent les zones pierreuses et les broussailles clairsemées. L’animal semble ainsi particulièrement se plaire dans les secteurs de la Porte de France et de l’Esplanade. L’association Nemeton (un biolab grenoblois) y organise des promenades d’observation lorsque des chaleurs plus importantes sont durablement installées. On appréciera alors les prouesses de la tarente : ce petit gecko nocturne est en effet un animal vif, capable de courir sur toutes les surfaces, même dénuées de la moindre prise, et de sauter très rapidement, par exemple du sol à une branche. Infos pratiques D'autres renseignements sont à découvrir sur le site Internet de Nemeton (

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Gwizdek, tout court

Concert | Le vendredi 12 mars, à 19h, Daniel Gwizdek dévoilera, en livestream depuis la scène de la Source, son tout nouveau projet en forme de petite révolution personnelle. Désormais, le jeune Grenoblois se tourne vers la pop, chante en français, joue en trio… et ça s’appelle Gwizdek, tout court.

Hugo Verit | Mercredi 10 mars 2021

Gwizdek, tout court

Il était évident, à le voir chanter tout seul (et timidement) derrière sa guitare sur les scènes les plus confidentielles de Grenoble, que Daniel Gwizdek avait besoin d’un peu s’entourer. Bien sûr, ses compositions électro-folk subtiles, sa voix surprenante qu’on ne présente plus et ses faux airs de vrai dandy ne manquaient pas de séduire. Bien sûr, l’album Sandbox, sorti en 2017, était une grande réussite et sonnait comme un véritable aboutissement pour cet autodidacte, un brin casanier, qui avait pris l’habitude de se claquemurer dans son appartement pour y écrire, composer, jouer, enregistrer, mixer et répéter des dizaines de chansons. Bien sûr, le talent de Daniel Gwizdek ne faisait aucun doute. Et pourtant, lui semblait en douter. Éprouvant les limites du travail solitaire, en proie au grabuge intérieur du bûcheur en solo. Retour en trio Il était évident, donc, de le retrouver quelques années plus tard dans une nouvelle formule trio, plus sobrement intitulée Gwizdek. Accompagné de Vadim Bernard (batterie) et de Quentin Faverger (synthé et sample), Daniel se réinvente complètement. Les morceaux s’annoncent plus pop, les tempo s’accélèrent et le

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La Source s'écoule toujours

Spectacles en ligne | Depuis quelque mois, malgré la situation sanitaire, la Source continue de proposer résidences et événements (pour la plupart en livestream), pour combler un tant soit peu notre irréductible besoin de consolation. Et voici que la dernière salve en date s'avance pour les prochaines semaines !

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

La Source s'écoule toujours

ÀÀ vos agendas : le programme débute très vite, dès ce jeudi 18 février, à 18h30, avec la sortie de résidence des P'tits Maux des Mômes, un spectacle jeune public de la Cie Poêle à Gratter. Une résidence durant laquelle la compagnie a proposé des ateliers musicaux à destination des enfants du Centre de loisirs de Fontaine. Sur scène, et donc à travers le filtre du livestream, on retrouve trois musiciens pour un spectacle participatif né de leurs expériences dans le milieu scolaire et de la petite enfance. Les mardi 23 et mercredi 14 février, à 19h, sonnera l'heure des auditions régionales des iNOUïS du printemps de Bourges, un événement réservé aux professionnels de la profession (il s'agit comme indiqué d'auditions) mais retransmis sur Sol FM, qui proposera également des interviews des artistes. Les huit artistes régionaux présélectionnés par l'antenne régionale des iNOUïS seront comme d'usage répartis en deux groupes sur les deux soirs : le rappeur Richi, la protée lyonnaise Thaïs Lona, le Brésilien d'origine Joao Selva et la magnifique gouaille gone de

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Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

CONNAITRE | Déjà à l’origine de plusieurs évènements de grande ampleur dédiés à la découverte des arts numériques dans des cadres insolites, la jeune association ARCAN remet le couvert samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre avec l’intrigante proposition "Rituels + Machines + Fossiles" au Musée archéologique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 20 octobre 2020

Pour Halloween, ce sera sorcières, robots et chaos avec l'asso grenobloise ARCAN

"Arts numériques" : comme beaucoup de termes dans l’air du temps, l’expression peut sembler un peu vague pour le commun des mortels, simple à définir mais nettement plus complexe à décrire et encore plus à circonscrire. Contre toute attente, pourtant, cette dimension un peu floue, un peu flottante, l’Association Ressource pour la Création Artistique Numérique (ARCAN) s’en accommode très bien, comme l’expliquent sans ambages Jérôme Villeneuve, James Leonard et Clara Girousse. « Dans les arts numériques, le pluriel est très important : on a souvent tendance à réduire ça une scénographie mêlant VJ et DJ alors que le terme recouvre des approches artistiques très diverses qui vont de la musique au spectacle vivant en passant par les arts visuels. Et ce qui est intéressant, c’est de confronter des formes qui ne sont justement pas forcément cohérentes entre elles. » Paradoxalement, pourtant, si l’adjonction d’une dimension technologique ouvre de nouvelles perspectives excitantes à chacune de ces disciplines, elle restreint aussi souvent leur portée à un public particulier dans des lieux très spécifiques, créant

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Concerts debout : on en est où ?

ACTUS | Enquête / C’est la question qui taraude presque tout le monde : les concerts debout en intérieur, toujours interdits à l’heure de notre bouclage, vont-ils bientôt pouvoir reprendre ? Et quelles stratégies les salles les accueillant mettent-elles en place dans ce contexte d’incertitude ? Tour d’horizon.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

Concerts debout : on en est où ?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Sans prise de position officielle claire depuis la fin du confinement, il n’était pas interdit d’espérer secrètement un déblocage tardif de la situation pour les salles ayant l’habitude d’accueillir des concerts debout. Un espoir aujourd’hui de plus en plus ténu – pour ne pas dire inexistant. C’est du moins le constat sans appel que l’on dresse après s’être entretenu avec des acteurs culturels comme la Bobine, l’Ampérage, la Source ou encore la Belle Électrique : plus personne ne croit encore vraiment en une possible évolution de la situation avant 2021, tout juste les plus optimistes s’autorisent-ils encore à garder un très mince espoir de changement pour le mois de décembre. À défaut, il faut donc pour les salles apprendre à composer avec l’incertitude. Les uns après les autres, et au compte-goutte la plupart du temps, les évènements debout un temps annoncés pour l’automne se voient de nouveau annulés ou reportés (le plus souvent à des échéances prudemment lointaines). Au mieux, ils sont transposés dans des configurations assises, avec toutes les contraintes que cela impose. Assis ou dehors Dans ces conditions, que fai

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Jean-Louis Murat : Stakhanov à la Bourboule

Concert | Á peine livrés les actes de son séminaire scénique post-"Il Francese", Jean-Louis Murat reprend du service live comme pour teaser l'avènement de sa future production, troisième volet promis d'une trilogie du pas de côté entamée avec "Travaux sur la N89", sans doute déjà dans les tuyaux.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 novembre 2019

Jean-Louis Murat : Stakhanov à la Bourboule

On connaît la verve impatiente du Stakhanov arverne. Mais au vrai, si elle n'étonne plus personne, elle épate toujours un peu. Comme fascine le torrent ininterrompu de sève poétique débordant par tous les temps les flancs offerts à la muse de cet incorrigible graphomaniaque, seul véritable specimen d'authentique artisan capable d'aligner sa production dans des proportions industrielles. Le tarif est immuable : un album par an les années ingrates, deux quand les semailles ont été généreuses et le tempérament clément. Cette année, à peine avait-il entamé la tournée consécutive à la publication d'Il Francese, deuxième étage d'une fusée exploratrice dont le premier lancement - un Travaux sur la N89 à la facture destructurée, éparpillée, expérimentale jusqu'à la désinvolture, forcément deconcertant - que le passant du (Mont) Sans-Souci en livrait une capture live immortalisée au Toboggan de Décines : Innamorato. Où, dans une dérive tout neilyoungienne, supportée par la complicité de l'hydre

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Vanessa Paradis : dites-lui vous que nous l’aimons (malgré "Les Sources")

Concert | Concert à guichets fermés pour Vanessa Paradis mercredi 18 décembre ! Les chanceux qui ont une place sont attendus à la Belle électrique.

Aurélien Martinez | Mercredi 18 décembre 2019

Vanessa Paradis : dites-lui vous que nous l’aimons (malgré

En fin d’année dernière, Vanessa Paradis sortait Les Sources, septième album studio faisant suite au très réussi Love Songs (2013) produit (et en partie écrit) par Benjamin Biolay. Cette fois, elle s’est offert les services de Samuel Benchetrit (avec qui elle est en couple) pour un résultat gentiment élégant (le premier single Ces mots simples est tout mignon) mais malheureusement assez plat (excepté peut-être les singles Kiev et La Plage). Personne ne peut être parfait à chaque coup. Peut-être d’ailleurs qu’elle-même s'en est rendu compte, puisqu’un best of est sorti à la fin du mois dernier afin d'accompagner les dernières dates de sa tournée (qui passera par la Belle électrique mercredi 18 décembre, à guichets fermés). De quoi constater une nouvelle fois sur scène la richesse et l’élégance de son répertoire développé depuis 30 ans, en collaboration notamment avec de grands

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"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

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Vanessa Paradis sera à la Belle électrique cet automne

Annonce | En fin d’année dernière, Vanessa Paradis sortait Les Sources, septième album studio faisant suite au très réussi Love Songs (2013) produit (et en partie écrit) (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 juin 2019

Vanessa Paradis sera à la Belle électrique cet automne

En fin d’année dernière, Vanessa Paradis sortait Les Sources, septième album studio faisant suite au très réussi Love Songs (2013) produit (et en partie écrit) par Benjamin Biolay – avec des morceaux efficaces comme Les Espaces et les Sentiments, Le Rempart, Mi Amor ou encore la très belle Chanson des vieux cons. Cette fois-ci, elle s’est offert les services de Samuel Benchetrit (avec qui elle est en couple) pour un résultat gentiment élégant (le premier single Ces mots simples est tout mignon) qu’elle défendra sur la scène de la Belle électrique jeudi 21 novembre. Une date qui risque de très vite afficher complet (malgré le prix de 49 euros).

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Fontaines D.C. : et voici la nouvelle sensation du rock indé britannique à guitares

Concert | Alors que tambourine une rumeur de plus en plus flatteuse, les cinq Dublinois de Fontaines D.C., qui n'ont toujours pas commis le moindre album, déboulent sur la scène de la Bobine pour mettre tout le monde d'accord.

Stéphane Duchêne | Lundi 4 février 2019

Fontaines D.C. : et voici la nouvelle sensation du rock indé britannique à guitares

Au rayon "next big thing", ce "demain on rase gratis" version (presse) rock'n'roll maintes fois évoqué ici, Fontaines D.C. est sans doute la chose – prochaine et grosse donc – qui a, ces derniers mois, le plus fait frissonner les suiveurs indés. De ce genre de frissons, si propres à ce milieu, qui caractérisent si bien la crise de manque aigüe. Mais alors du manque de quelque chose qu'on ne connaît pas encore, ou si peu. Auquel on aurait à peine goûté. On sait trop à quel point la presse britannique a couronné des têtes et bâti des royaumes de futures légendes sur la foi de quelque chimérique single, d'une gueule de petit prince dépenaillé ou d'un storytelling à la croisée de Walter Scott, Charles Dickens et Martin Amis. On sait combien souvent la chose a fait long feu – ou embrasé des continents, c'est arrivé. Et on ne sait que trop comment cela a marché à tous les coups, le panneau étant trop rutilant pour ne pas tomber dedans la tête la première à la recherche d'une commotion dont on se souviendra longtemps. Alors voilà Fontaines D.C. donc, jeune (forcément) quintet dublinois (le D.C.

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

ACTUS | Après s’être occupé pendant quatorze ans de la programmation du Cabaret frappé, fameux festival musical de l’été grenoblois, Loran Stahl rejoint la Source, l’ambitieuse salle de concert de Fontaine. On l’a rencontré pour en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 4 septembre 2018

Loran Stahl : « J’ai une responsabilité qui va un peu plus loin que le simple fait de choisir les artistes »

Début 2018, Jean-François Braun, directeur et programmateur de la Source de Fontaine depuis son ouverture en 2010, annonçait son départ. Le voilà aujourd’hui remplacé par une figure bien connue dans l’agglo : Loran Stahl, ex-programmateur du Cabaret frappé qui vient tout juste de quitter le festival après avoir célébré ses 20 ans. Enfin, "remplacé", pas tout à fait. « Je suis maintenant responsable du spectacle vivant pour la Ville de Fontaine, ce qui inclut un travail de programmation à la Source mais aussi de, par exemple, prendre en compte la salle Edmond-Vigne ou encore la Fête de la musique. » Loran Stahl travaillera donc en lien avec Pascaline Thorel, directrice du Conservatoire de Fontaine qui, elle, a pris la direction de la Source, comme le Conservatoire se trouve dans les mêmes murs que les salles de concert. « Ce nouveau mode de fon

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Xavier Machault : « Faire connaître le répertoire caché de Brigitte Fontaine »

Concert | Du mardi 27 février au dimanche 4 mars, les musiciens grenoblois Xavier Machault et Martin Debisschop reprendront au Midi / Minuit "L'Incendie", album de Brigitte Fontaine sorti en 1974. Un projet qui consiste à faire découvrir le répertoire poétique d’une chanteuse au talent parfois mal compris. Xavier Machault nous en dit plus.

Alice Colmart | Mardi 20 février 2018

Xavier Machault : « Faire connaître le répertoire caché de Brigitte Fontaine »

À partir du mardi 27 février et pendant toute la semaine, le théâtre le Midi / Minuit (ex-Petit 38) proposera un concert baptisé L’Incendie. Soit une réinterprétation de l’album (culte pour quelques fans) de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem sorti en 1974, par le chanteur Xavier Machault (à qui l’on doit le récent – et enthousiasmant – projet Pelouse) et Martin Debisschop à la grosse caisse et à la basse. « Le projet est né il y a moins d’un an. On est partis à la recherche de pépites oubliées. Après avoir écouté des albums d’Alain Bashung et Bernard Lavilliers, on est vite tombés sur celui de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem. C’est un disque sensible, à la poésie mélancolique et surréaliste » nous explique Xavier Machault, ancien chargé de communication à la Métropole de Grenoble qui s’est lancé dans la musique il y a pl

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Jean-François Braun : « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source »

ACTUS | Il a été le premier directeur de la Source, équipement municipal de la Ville de Fontaine dédié à la musique. Après huit ans à sa tête, il part en Ardèche pour une nouvelle aventure. L'occasion de faire avec lui un petit bilan.

Aurélien Martinez | Lundi 15 janvier 2018

Jean-François Braun : « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source »

Fin décembre, nous décernions à la Source de Fontaine le PB d’or de la salle qui gagnerait à être plus connue du fait de la diversité des choix de programmation de son directeur Jean-François Braun et sa volonté clairement affichée d’aller sur des propositions plus risquées, moins "mainstreams" – « depuis l’ouverture en 2010, j’ai toujours essayé de faire des pas de côté ». Mais voilà que quelques jours après la publication de l’article, nous apprenions que ce même Jean-François Braun allait quitter son poste début février, pour prendre la tête de la scène de musiques actuelles de l’Ardèche. « C’est l’opportunité de terminer ma vie professionnelle– je ne vais pas tarder à avoir 60 ans – sur un nouveau projet et ainsi revenir à la vie associative, là où j’ai commencé. » On le rencontre donc dans son bureau de la Source pour un rapide bilan. « Je vais avoir un pincement au cœur en quittant la Source, c’est évident. » Content de cet équipement culturel ambitieux (trois plateaux,

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"Marvin ou la belle éducation" : et Anne Fontaine sombra dans la caricature

ECRANS | de Anne Fontaine (Fr., 1h53) avec Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois, Vincent Macaigne…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Depuis toujours, Marvin Bijou se sent "à part". Traité de "pédé" et harcelé au collège, il étouffe aussi dans sa famille à peine quart-monde. Grâce à un atelier théâtre et à sa rencontre avec un metteur en scène, il va découvrir qu’une issue existe et qu’il peut s’affirmer dans son identité… Anne Fontaine a une manière de filmer la misère sociale qui rappelle, sans vouloir faire offense ni à l’une ni à l’autre, le Ettore Scola de Affreux, sales et méchants. Sauf que le cinéaste italien tournait au second degré. Pas la réalisatrice française, qui pense nécessaire de représenter dans leur caricature la plus élimée des pauvres qu’elle ne doit guère connaître. Non qu’il faille adoucir ni faire de l’angélisme, mais cette représentation tient davantage du vieux stéréotype que du réalisme – curieusement, sa vision des sphères bourgeoises est plus réaliste. De fait, elle pousse vers une outrance aussi aberrante qu’inutile ses comédiens, au premier chef desquels

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Anne Fontaine : « "Marvin" parle de la différence au sens propre du terme »

ECRANS | Queer Lion à la Mostra de Venise, "Marvin ou la belle éducation", quinzième long-métrage d’Anne Fontaine, est une adaptation lointaine du fameux roman "En finir avec Eddy Bellegueule" d'Édouard Louis. On en a discuté avec elle.

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Anne Fontaine : «

Adapté d’un livre racontant une "renaissance" passant par un changement de nom, votre film Marvin change également le nom du protagoniste. À travers le prisme du cinéma, il s’agit donc d’un changement au carré… Anne Fontaine : Le point de départ a été la rencontre avec le roman En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis, dont j’ai voulu sortir en inventant le parcours que j’imaginais pour le personnage à travers les années : comment il pouvait trouver sa vocation, comment il pouvait s’en sortir… Ce qui n’est pas le cas du livre, qui est sur l’enfance, et ne traite pas l’épanouissement ni la singularité de son destin. Très vite, avec Edouard Louis, on est tombés d’accord sur le fait que c’était pas une adaptation, mais un acte d’inspiration. Près de 70% du film est inventé à p

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"La Fontaine fait son cinéma" : la morale est sauve

ECRANS | de Pascal Adant, de Arnaud Demuynck, Pascal Adant, Frits Standaert, Pascale Hecquet, Fabrice Luang-Vija (Fr.-Bel., 0h40 min) animation…

Vincent Raymond | Mardi 21 mars 2017

Présentée et commentée par la Chouette du cinéma bien connue du jeune public, cette collection de courts métrages, inspirés – ou pas – par les historiettes animalières du plus célèbre des fabulistes (Jean de La Fontaine), en montre la pertinence permanente. Ainsi que de ses morales, où la ruse et l’intelligence triomphent toujours de la force et de l’orgueil. Toutes les approches ne se valent pas dans ce florilège : Le Corbeau et le Renard et La Grenouille et le Bœuf, signées par un épigone un peu scolaire de Gotlib, Pascal Adant, sont laborieuses et graphiquement sans relief. En revanche, Rumeurs de Frits Standaert et son ambiance foutraque, La Loi du plus fort de Pascale Hecquet et son décor bariolé digne de Michel Ocelot ou Les Fables en délire, mélange ubuesque et rythmé (façon carpe et lapin) d’animaux hétéroclites, valent leur pesant de fromage. Eh bien, visionnez, maintenant !

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Avec "Fables", la morale est sauve

Théâtre tout public | Quand les fables de la Fontaine servent de matière première à un spectacle intelligent, on ne peut que s'enthousiasmer. À découvrir vendredi 2 décembre à La Tronche grâce à la compagnie Tábola Rassa.

Aurélien Martinez | Mardi 29 novembre 2016

Avec

Les fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont des petits bijoux convoquant, comme tout le monde l’a bien appris à l’école, des animaux se comportant comme des humains – ils sont notamment très bavards. Des bijoux qui, à l’époque, laissèrent leur auteur libre de livrer diverses morales plus ou moins déguisées pas très tendres pour la société du XVIIe siècle. Les retrouver sur scène, portées par deux comédiens, permet de les redécouvrir sous un nouvel angle, moins scolaire, plus ludique. Sobrement intitulée Fables, l’aventure d'Olivier Benoit, interprétée avec Alexandre Jean, utilise donc ce matériau à la puissance romanesque évidente (ce sont de véritables histoires) pour le transmettre au public d'aujourd'hui. Les deux comédiens s'amusent alors en campant les divers personnages des quinze fables sélectionnées (sur les 240 de l'auteur), tels deux enfants prenant plaisir à se déguiser avec trois fois rien pour jouer à l'agneau, à la cigale ou encore au lion. Grâce aux vers de La Fontaine et à un décor léger propice à divers détournements, ils livrent ainsi un spectacle inventif tout public, et s

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Tous les chemins mènent à Fontaine en montagne

CONNAITRE | Zoom sur la trentième édition du fameux festival, qui part cette année dans toutes les directions artistiques. Pour notre plus grand plaisir.

Charline Corubolo | Mardi 4 octobre 2016

Tous les chemins mènent à Fontaine en montagne

Les sentiers sont variés pour accéder à la plénitude des sommets. Ceux choisis par le festival Fontaine en montagne, une référence dans le paysage isérois, sont orientés vers le partage et la transmission. Pour ses 30 ans, la manifestation reprend les mêmes ingrédients que pour les éditions précédentes, c’est-à-dire des activités en plein air, les traditionnels échanges avec des alpinistes, des projections ainsi que des rencontres littéraires. Et afin de vivre les pics rocheux sous tous ces angles, le festival embarque aussi passionnés et amateurs des massifs en terres musicales. À la Source, il y aura ainsi une fraîche brise d’exotisme jeudi 8 octobre avec le Bollywood Masala Orchestra, et des musiques du monde sauvagement interprétées par le violoniste de jazz français Didier Lockwood et le joueur de vièle chinoise Guo Gan samedi 15 octobre. Au centre d'art le Vog, Jeremy Wood esquisse une déambulation artistique à l’échelle d’un GPS (photo) tandis que Jean-Luc Agne et Marc Ducourtil

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Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

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Free to Run

ECRANS | Comment l’envie de jogger vint aux hommes, et le droit de courir fut conquis par les femmes… Partant d’un propos propre à captiver les runners du dimanche, Pierre Morath signe un documentaire haletant. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 12 avril 2016

Free to Run

De loin, ça ressemble à une soirée Théma d’Arte : un sujet dont on se moque comme de sa première ampoule au talon, qu’on commence à regarder par distraction, désœuvrement ou défi personnel… et qui, pour finir, vous happe parce qu’il est édifiant. Difficile, en effet, d’admettre que la pratique du jogging est si jeune, que sa mixité l’est encore plus et que son économie gigantesque a ruiné l’idéal hygiéniste et désintéressé de ses précurseurs – des adeptes du "mens sane in corpore sano" courant pour l’amour de la nature et du sport, malgré les quolibets, les entraves ou le mépris environnant. Tu peux courir ! Morath centre son documentaire sur une paire d’actes fondateurs : la lutte pour que les femmes puissent participer aux compétitions de fond et de demi-fond (la première épreuve féminine de marathon aux JO eut lieu à Los Angeles en… 1984 !) et la création du marathon de New York. Cette dernière manifestation, lancée par une poignée d’originaux s’adonnant à la course le week-end, est devenue une machine de guerre entre les mains de Fred Lebow, piètre coureur amateur mais homme d’affaires visionnaire… Entre les deux, Morath exhume la fig

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Les Innocentes

ECRANS | Anne Fontaine, qui apprécie toujours autant les sujets épineux (et a pris goût aux distributions internationales), en a débusqué un en Pologne : l’histoire de religieuses enceintes après avoir été violées par des soudards soviétiques… Surprenant. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Les Innocentes

C’est une fort étrange apocalypse que l’irruption de cette œuvre dans la carrière d’Anne Fontaine. Même si la cinéaste a continûment manifesté son intérêt pour les histoires un brin dérangeantes, celles-ci se déroulaient dans des familles ordonnées, aux meubles et parquets bien cirés ; la perversité et l’audace transgressive demeuraient domestiques, circonscrites au périmètre intime. Les Innocentes change la donne. Premier réel film historique de la réalisatrice – Coco avant Chanel (2009), comme son nom l’indique, était un portrait (bancal) d’une Gabrielle Chanel en pleine ascension – il s’extrait surtout du récit bourgeois pour investir un “ailleurs”, ou plutôt “des” ailleurs. Le contexte de la guerre, la situation des autres (et non plus le “moi” du couple, de la famille idéale chamboulée) ; l’apprentissage du dialogue corps-esprit, et surtout la place des femmes, universelles premières victimes des conflits, dessinent ici les lignes de force de ce qui n’est pas qu’une reconstitution. En effet,

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Par accident

ECRANS | De Camille Fontaine (Fr, 1h25) avec Hafsia Herzi, Émilie Dequenne, Mounir Margoum…

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Par accident

Amra écrase un piéton alors qu’elle est au téléphone. Effondrée, cette jeune mère, dont l’époux n’est pas en règle, s’attend au pire. Mais à sa grande surprise, Angélique, une jeune infirmière délurée, témoigne en sa faveur. Elles deviennent amies… Sur le papier, tout semble y être : une ébauche d’intrigue à la Highsmith, un contexte social bien marqué avec des personnages dignes de Guédiguian et même la touche arty – le Beau Bizarre (Christophe) pour une B.O.… bizarre. Pourtant, ça ne prend jamais tout à fait, malgré des comédiens estimables – parmi lesquels la découverte Mounir Margoum. Peut-être aurait-il fallu n’épouser que le point de vue d’Amra pour sentir une tension grandissante de thriller, et non des fragments. Le vrai mystère du film concerne cependant le look Bruno Gollnisch d’Emmanuel Salinger. Est-il délibéré ? En tout cas, il effraie.

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Chansons décadentes et fantasmagoriques

MUSIQUES | Brigitte Fontaine est l’une des artistes françaises les plus singulières, malheureusement trop souvent réduite à son statut de "freak". Après le choc que fut la (...)

Aurélien Martinez | Mardi 30 septembre 2014

Chansons décadentes et fantasmagoriques

Brigitte Fontaine est l’une des artistes françaises les plus singulières, malheureusement trop souvent réduite à son statut de "freak". Après le choc que fut la sortie en 2009 de l’album Prohibition (et son titre éponyme au refrain d’une intensité viscérale – « Je suis vieille et je vous encule / Avec mon look de libellule / Je suis vieille et je vais crever / Un petit détail oublié »), la voilà revenue l’an passé avec J’ai l’honneur d’être, où sa verve subversive reste intacte. On retrouve l’auteure-interprète au mieux de sa forme, avec toujours ce savoureux recul sur elle-même et une théâtralité assumée – « Camisole de force / Relookée Crazy Horse [...] / Je suis une paria / Une moudjahida [...] / Ogresse seule et folle. » Et ce regard désabusé sur le monde, atténué par de véritables instants de grâce (Sur une mer gelée, Père

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Gemma Bovery

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr, 1h39) avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng…

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Gemma Bovery

Martin Joubert, un boulanger féru de littérature, s’ennuie dans son petit village normand jusqu’à ce que débarquent de leur Angleterre natale Gemma Bovery et son mari Charles. À la fois troublé par la sensualité de la jeune femme et par sa ressemblance avec l’héroïne de Flaubert, Martin s’embarque dans un jeu fait de voyeurisme et de fantasmes, érotiques autant que littéraires, envers elle. Cette trame-là est de loin ce qu’il y a de plus intéressant dans le nouveau film d’Anne Fontaine, mais la cinéaste n’en tire aucun point de vue fort dans sa mise en scène. Plutôt que de coller au regard de Martin et à sa capacité à interpréter sauvagement la réalité en fonction de son désir et de ses références, elle va régulièrement filmer son contrechamp, ce qui tue instantanément toute ambiguïté et tout trouble. L’exemple évident est la relation entre Gemma et Hervé, le fils à maman friqué qui devient son jeune amant fougueux ; la scène où Martin "double" leur dialogue à distance est une belle idée, mais Fontaine la réduit à néant en enregistrant aussi la vraie conversation entre les deux tourtereaux. Cette manière tiède et rassurante de raconter son histoire introduit auss

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La Route de Babel

MUSIQUES | La tournée "Toboggan" à peine (ou même pas) achevée, Jean-Louis Murat poursuit sa route avec l'excellente formation post-folk clermontoise The Delano Orchestra. Pour une tournée passant par le festival Uriage en voix d'abord, mais aussi avec "Babel", foisonnant double-album à paraître le 13 octobre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 2 septembre 2014

La Route de Babel

Lors d'un entretien réalisé en mars 2013 avec Murat pour la sortie de Toboggan, le Bourboulien nous confiait son ras-le-bol des automatismes inhérents à l'enregistrement en groupe. Raison pour laquelle il s'était alors isolé pour donner naissance à un disque comme patiné par cent ans de solitude, pour ne pas dire cent hivers éternels. Un Toboggan si vertigineux qu'on ne pouvait qu'acquiescer à ce « caprice » muratien.. Mais le grand amateur de football – celui d'avant, celui des fougueux avants cavalant cheveux au vent – n'est, on le sait, avare ni de contre-pieds, ni de coups du foulard. Et c'est en changeant radicalement de tactique (ou, comme on dit aujourd'hui, d'animation offensive) qu'il a accouché les chansons du successeur de Toboggan, s'offrant non seulement un groupe, mais en plus pas le

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« Renverser les codes »

SCENES | Dans le spectacle "Regards", la comédienne Séverine Fontaine se met à nu face au public, en retraçant son parcours de jeune fille née avec une malformation au visage. Un solo fort et sensible. Propos recueillis par Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 18 février 2014

« Renverser les codes »

Comment est venue l’idée de faire un spectacle si personnel ? Séverine Fontaine : Le thème de la différence me touche directement. Je me sens différente, du moins j’ai une particularité et je me suis dit que c’était peut être le moment, après avoir fait parler les autres [des précédents projets partis d’interviews – ndlr], de parler de moi. J’ai écrit la pièce de manière assez limpide, en évoquant mon histoire et en intégrant parfois un peu de fiction. Ça a été évident dès le début que vous seriez vous-même sur scène ? Quand j’ai écrit la pièce, je ne me voyais pas en solo, j’imaginais des acteurs et des danseurs. Je n’étais même pas partie pour l’interpréter. Puis, quand j’ai fait des lectures, c’est devenu une évidence. C’est un univers qui parle tellement de moi, que j’ai fini par me dire qu’il fallait que j’aille jusqu’au bout. Vous présentez Regards comme une « pièce manifeste sur la différence »… C’est un manifeste dans le sens où c’est une pièce qui délivr

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Ma vie

SCENES | Elle est seule sur scène, la comédienne Séverine Fontaine, pour parler d’elle. Une jeune femme qui « a grandi au cœur d’un système normatif qui ne lui a pas (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

Ma vie

Elle est seule sur scène, la comédienne Séverine Fontaine, pour parler d’elle. Une jeune femme qui « a grandi au cœur d’un système normatif qui ne lui a pas appris pas à s’aimer et à s’accepter telle qu’elle est » (extrait de la note d’intention). « J’ai longtemps tu mon histoire que je ne pouvais paradoxalement pas cacher, visible en plein milieu de mon visage. » Entourée d’ampoules, représentations des personnes qui partagent sa vie depuis sa naissance (très belle scénographie), Séverine Fontaine choisit donc la voie risquée du spectacle autobiographique. Et réussit son pari, en donnant une portée dramatique et universelle à une aventure humaine personnelle. Sa plaie sur le visage, qu’elle mit tant de temps à accepter, on la verra finalement peu, grâce à un subtil travail autour de la lumière. Ce qui permet de se concentrer sur le propos, sur ce regard des autres si difficile à supporter. Et sur cette comédienne qui a conçu un spectacle énergique et par moments drôle, contre-pied bienvenu. AM Regards, jeudi 20 février à 20h, à l’Amphithéâtre (Pont-de-Claix)

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Avignon, notre bilan

SCENES | Ça y est : après deux semaines intenses (avec quatre à six spectacles par jour), l’équipe du Petit Bulletin a quitté Avignon. Dans nos valises, une trentaine (...)

Aurélien Martinez | Lundi 22 juillet 2013

Avignon, notre bilan

Ça y est : après deux semaines intenses (avec quatre à six spectacles par jour), l’équipe du Petit Bulletin a quitté Avignon. Dans nos valises, une trentaine de spectacles vus par nos soins qui passeront ensuite dans la région. Si vous pourrez lire nos critiques au fur et à mesure dans les différents numéros du PB, voici déjà nos principaux coups de cœur : Italie – Brésil 3 à 2, de Davide Enia, à voir le 14 novembre au Centre culturel Jean-Jacques Rousseau de Seyssinet-Pariset (près de Grenoble).Soit un match mémorable (un quart de final entre l’Italie et le Brésil lors du mondial de foot de 1982) vécu du point de vue d'un des enfants d’une famille italienne férue de foot et fidèle supportrice de l’équipe nationale – qui d’ailleurs, cette année-là, remportera carrément le mondial. Un spectacle entraînant et exaltant, dépassant le cadre sportif pour évoquer la magie des grands rassemblements populaires, les légendes vivantes et l'histoire avec un grand H. Regards de Séverine Fontaine, du 1er au 4 octobre à l’Espace Albert Camus de Bron (p

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« Parfois Murat, j'en ai un peu ras-le-bol »

MUSIQUES | À deux jours de la résidence qui marquera le début de sa tournée, Jean-Louis Murat, posé et aimable, réfléchissant à haute voix plus qu'il ne s'explique, évoque pour nous les grandes lignes et les courbes de Toboggan, son dernier album : ses envies de changement, le quant-à-soi destructeur de son double Moi, le long hiver auvergnat, l'amour, la mort et le vélo, un peu. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2013

« Parfois Murat, j'en ai un peu ras-le-bol »

Pour cet album, Toboggan, vous avez radicalement changé de manière de travailler... Jean-Louis Murat : Oui. Sur les derniers albums, je travaillais en groupe avec quatre ou cinq musiciens. On bossait dans la même pièce en live. Et puis on partait en tournée. J'ai dû enchaîner quatre ou cinq disques comme ça. Celui-là, je l'ai enregistré tout seul, chez moi... Avec un ingénieur du son quand même. C'est un peu comme si j'avais fait un album solo après avoir longtemps fait partie d'un groupe.   Pourquoi avoir cette methode d'enegistrement à laquelle vous sembliez tenir? Ne serait-ce que pour la spontanéité qu'elle permet ? C'est un peu le hasard. Je me suis à enregistrer des démos, je ne sais pas pourquoi. D'habitude, je ne fais jamais de maquette et là je me suis dit (il rit) « tiens je vais faire des maquettes ! ». L'idée d'enregistrer seul est venue ensuite. Ca m'a paru logique. Quelque part, ça s'e

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Descente d’orgueil

MUSIQUES | En sortie d'une résidence à Annemasse et d'un festival marseillais, Murat entame à Meylan la tournée de son 20e album (selon la police) : l'hypnotique "Toboggan". Un disque affranchi des habituels oripeaux rock de l'Auvergnat, où Jean-Louis Murat et Jean-Louis Bergheaud (son véritable nom) se livrent à un fascinant huis-clos hivernal et cotonneux, dans l'attente d'une éclaircie. Ou de la fin de la descente. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2013

Descente d’orgueil

L'esprit de contradiction chevillé au corps, Murat est capable, on le sait, de dire tout et son contraire. On ne s'étonnera donc guère de constater que sous la pochette de Toboggan – où on le trouve, plein soleil, « à bicyclette », chapeau pouilleux vissé sur la tête – se cache un disque hivernal. Un album d'hibernation : d'entrée, comme en écho hasardeux à une actualité météorologique imprévue et paralysante, JLM constate, comme regardant par la fenêtre : « Il neige / Il n'y a place que pour le silence / Au couteau sur ta chair blanche / L'état de mon cœur est de tout savoir ». En son ouverture, on jurerait entendre le cri déchirant du loup du Nightcall de Kavinsky, « gorge de loup dans la ténèbre ».

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Mon pire cauchemar

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr-Belg, 1h43) avec Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde…

François Cau | Vendredi 4 novembre 2011

Mon pire cauchemar

Démonstration que la comédie n’est pas genre aisé, Mon pire cauchemar pense que son pitch (une grande bourgeoise parisienne amatrice d’art contemporain doit supporter un plombier belge alcoolique et grossier) suffit à emporter le morceau. Et, plutôt que de laisser Huppert et Poelvoorde chercher, comme leurs personnages, un territoire commun à l’écran, Anne Fontaine les enferme dans leurs emplois respectifs, provoquant artificiellement le rapprochement par les grosses ficelles du scénario. Du coup, elle se contente d’enchaîner les situations attendues, gonflant l’affaire avec une sous-intrigue redondante entre le mari coincé et une salariée de pôle emploi branchée bio et nature (un tandem de cinéma pour le coup impossible entre la scolaire Virginie Éfira et le roué André Dussollier). Il n’y a ni rire, ni malaise là-dedans ; juste un regard cruel qui, dans le drame, provoquait parfois une petite fascination (Nettoyage à sec, Entre ses mains) mais qui ici fait plutôt penser au Chatiliez des mauvais jours. CC

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La Source des femmes

ECRANS | De Radu Mihaileanu (Fr, 2h04) avec Leila Bekhti, Hafsia Herzi, Hiam Habass…

Christophe Chabert | Vendredi 28 octobre 2011

La Source des femmes

Avec Le Concert, Radu Mihaileanu avait prouvé qu’il aimait bien les clichés ethniques et pittoresques pour construire de la comédie à vocation internationale. Au moins faisait-il preuve d’un petit talent de storyteller… Avec La Source des femmes, il n’y a plus que la maladresse et les clichés, le scénario se délayant dans une longue et confuse fiction chorale illustrée façon téléfilm de luxe. Chez Mihaileanu, au nom du conte, on peut prendre des actrices françaises et résumer grossièrement leurs origines (pas marocaines, algériennes ou tunisiennes ; juste arabes) ; oui, mais c’est un film féministe ! On peut aussi diviser l’orient en deux catégories : les musulmans gentils (poètes, tolérants, respectueux de leurs femmes) et les musulmans méchants (le Coran à la main pour flanquer des roustes à leurs épouses) ; oui, mais c’est un film humaniste ! On peut enfin, en guise de conclusion rassurante façon feel good movie, terminer son film par de la danse et des chansons, des beaux costumes, des youyous et tout le monde est content ; oui, mais c’est un film d’auteur ! Au secours… Christophe Chabert

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Fortissimo

MUSIQUES | GROOVE & CO / Il y a quelque chose de profondément réjouissant à l’écoute de la musique du français General Elektriks (RV Salters à la ville), comme l’avait (...)

François Cau | Mercredi 26 octobre 2011

Fortissimo

GROOVE & CO / Il y a quelque chose de profondément réjouissant à l’écoute de la musique du français General Elektriks (RV Salters à la ville), comme l’avait prouvé à merveille en 2009 son tubesque Raid the Radio. Un son savamment maîtrisé qui donne néanmoins l’impression de s’ébrouer avec une liberté infinie, pour une ambiance vintage mais non passéiste. Car General Elektriks, malgré une panoplie d’instruments d’un autre âge (dont tout un tas de claviers), ne tombe pas dans le piège de la reproduction stérile et sans âme de standards éculés. Il y a donc un aspect résolument moderne dans son approche de la musique : un goût prononcé pour le collage et le mixage, sans négliger les vertus pop d’une mélodie ou d’un refrain chanté. En témoigne Parker Street, son troisième album à l’efficacité redoutable. L’homme, habitué au travail en solitaire, s’est cette fois-ci entouré d’un batteur pour construire un funk groove soul énergique ou planant – voire même tendre sur certains titres proches de la ballade. Fort du nombre pharaonique de concerts donnés suite au succès rencontré par son précédent album (dont un passage remarqué et rythmé au Cabaret frappé 2010), la nouvelle tournée du

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Les Fables de Jean de la Fontaine

SCENES |

François Cau | Vendredi 7 octobre 2011

Les Fables de Jean de la Fontaine

On avait découvert le baryton-basse Paul-Alexandre Dubois la saison dernière, déjà à l’Amphithéâtre, avec un Opéra de quatre notes très drôle (qui avait même eu droit à la "une" de notre journal !). On le retrouvera vendredi 13 octobre à 19h (et la veille à 14h), toujours à Pont-de-Claix, pour interpréter sur scène plusieurs fables de Jean de la Fontaine (des standards comme Le corbeau et le renard ou La grenouille et le bœuf, et d’autres moins connues). « Dans sa cage, un directeur de ménagerie ambu­lante s’es­saie au métier de montreur d’animaux. Lui et son comparse claveciniste racontent en chantant sur les airs de Clérambault [compositeur sous Louis XV] ce que Jean de La Fontaine écrivait cinquante ans avant lui. » Le rendu est surprenant, au vu des quelques extraits que l’on a pu voir. À découvrir en famille comme nous y incite l’Amphi !

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Source code

ECRANS | De Duncan Jones (ÉU, 1h35) avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan…

François Cau | Mercredi 13 avril 2011

Source code

Moon avait montré que Duncan Jones savait construire de la science-fiction conceptuelle avec de petits moyens et de grandes ambitions. Source code, bien qu’étant une commande, semblait taillé pour ce cinéaste prometteur. Voyage dans le temps, réalités parallèles, répétition ad libitum d’une même situation modifiée par la conscience qu’en prend le héros : quelque part entre Un jour sans fin et Matrix, Source code a tout du film casse-tête écrit par un auteur malin. Pourtant, c’est bien le scénario, trop long dans sa partie présente, trop rapide dans sa partie passée, qui laisse un sentiment de frustration. Dès le deuxième voyage, Gyllenhaal est déjà passé de l’incompréhension à l’action, tandis que le mystère autour de ce qu’il est devenu dans la réalité n’abuse personne. La mise en scène se charge heureusement d’insuffler l’élégance qui rend le film plutôt plaisant à regarder, et ce presque jusqu’à la fin, puisque l’ultime twist ne vaut que pour la proximité cinéphile qu’il introduit avec un fameux film de Chris Marker. Christophe Chabert

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Le voyage du directeur des ressources humaines

ECRANS | D’Eran Riklis (Israël-Fr-Roumanie, 1h43) avec Mark Ivanir, Guri Alfi…

François Cau | Jeudi 9 décembre 2010

Le voyage du directeur des ressources humaines

Depuis son beau La Fiancée syrienne, le cinéma d’Eran Riklis semble avoir complètement glissé dans les abîmes du cinéma Télérama, ces films-dossiers qui contiennent en eux leur propre commentaire pédagogique, flattant à peu de frais l’intelligence du spectateur. Après Les Citronniers, il raconte ici comment un DRH dépressif et misanthrope va devoir trimballer dans toute l’Europe de l’Est le cercueil d’une employée roumaine dont le décès a été négligé par son entreprise. Si le premier quart d’heure fonctionne sur une mise en scène pince-sans-rire d’un monde du travail absurde et cruel, la suite n’est qu’un road movie lourdingue, folklorique et surtout neurasthénique. Riklis pense que l’humanisme suffit pour faire du cinéma ; il se trompe car les bonnes intentions sont avant tout des intentions. CC

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Brigitte Fontaine

MUSIQUES | En mars dernier, pour son concert à Voiron, nous avions consacré notre "une" à Brigitte Fontaine, avec un entretien-portrait rocambolesque où elle évoquait (...)

François Cau | Lundi 20 septembre 2010

Brigitte Fontaine

En mars dernier, pour son concert à Voiron, nous avions consacré notre "une" à Brigitte Fontaine, avec un entretien-portrait rocambolesque où elle évoquait pêle-mêle son image médiatique, la vieillesse, et notre société actuelle qu’elle exècre tant (retrouvez le sur notre site). Des thèmes tous abordés dans Prohibition, son dernier album en date qu’elle viendra de nouveau défendre dans la région, cette fois-ci à La Source de Fontaine, vendredi 24 septembre. Un album rageur, excessif, mais aussi poétique et lettré. Car Brigitte Fontaine est une artiste multifacettes passionnante, plus riche que l’image de "timbrée" qu’elle a pu donner un temps à la télé. La preuve sur scène, où elle irradie littéralement, tour à tour touchante, drôle ou rentre-dedans. « Je suis probablement différente des autres, je ne le fais pas exprès, je suis comme ça » nous avait-elle confié, sincère. On la croit pleinement, et l’on dit à ceux bloqués par leurs préjugés qu’ils perdent beaucoup. Tant pis pour eux.

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« J’ai ressorti mes griffes »

MUSIQUES | MUSIQUE / La magnifique et sincère Brigitte Fontaine est de passage dans la région pour défendre Prohibition, un album rageur contre notre société liberticide à tout va. Allô, Brigitte ? « Excusez-moi si je suis un peu brutale, ça passe très mal chez moi, mais je ne peux pas sortir parce que je suis malade. » Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 1 mars 2010

« J’ai ressorti mes griffes »

Jeudi 25 février, 18h. Dans les locaux du Petit Bulletin. Au téléphone. On doit interviewer Brigitte Fontaine, femme fantasque et artiste passionnante, en préambule de son concert voironnais. « Voiron ? Je ne connais pas. » On situe : en Rhône-Alpes, près de Grenoble. « C’est dans la montagne ? Ah ! Quelle horreur ! Je déteste la montagne, et j’ai peur… Il y a des routes enlacées et tout ça ? Ah non alors… » L’entrée en matière est à l’image du personnage : entier, franc et authentique. Pourtant, on a pu tout lire et tout voir sur Brigitte Fontaine, surtout ces dernières années à la grâce d’un retour artistique à succès. Les émissions de télé grand public multipliaient alors les invitations, que Brigitte Fontaine s’empressait d’accepter. Jeu dangereux. « À un moment, alors que je voulais simplement m’amuser à la télévision, ils en ont profité pour dire que j’étais fofolle, déjantée et craquée… Que je pétais des plombs… ça ne me plaisait pas, alors j’ai tout arrêté depuis environ quatre ans… » De cette période voyeuriste, elle en avait tiré Folie (Saint-Louis-en-L’île – 2004), une chanson pudique : « Brûlée vive sur le bûcher

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Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

ACTUS | À un mois du lancement de saison de sa grande salle de concert, la Source, ambitieuse structure sise en plein cœur de Fontaine, voit déjà son équipe s’activer avec frénésie. Entretien avec son directeur, Jean-François Braun.

François Cau | Lundi 11 janvier 2010

Jean-François Braun : « La Source est un projet pour toutes les musiques »

Petit Bulletin : Je suppose que c’est un grand soulagement d’arriver enfin à la concrétisation du projet ? Jean-François Braun : Là, on est dans les phases de prise en main, de réglage. L’École de musique est officiellement ouverte au public depuis le 5 janvier, on a encore un mois pour être prêts pour la grande inauguration. La grande salle devrait être opérationnelle cette semaine, on espère pouvoir faire les premières répétitions fin janvier. Autant dire qu’on n’a pas de temps mort ! Et oui, c’est un soulagement puisque c’est un projet de longue haleine… Qui a plutôt joué de malchance… Malchance ou pas, je ne connais pas un projet qui ait été livré dans les temps, ça n’existe pas. De plus, cette salle est un prototype, le concept comme le projet architectural sont nouveaux. Ça implique un surplus d’aléas, d’intervenants… Plus les découvertes quand on conçoit un projet, qu’on s’installe sur un terrain – bon, c’est sûr qu’on n’est pas non plus tombés sur une cité troglodyte enfouie ou sur une mine, comme à Brest, mais on peut dire qu’on a bien cumulé. Pour un projet qui a été confié à une

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La Fiancée de Frankenstein

MUSIQUES | Artiste fantasque terriblement attachante, Brigitte Fontaine est de celles qui sont arrivées à créer un univers musical unique. Sur Prohibition, son dernier (...)

François Cau | Jeudi 7 janvier 2010

La Fiancée de Frankenstein

Artiste fantasque terriblement attachante, Brigitte Fontaine est de celles qui sont arrivées à créer un univers musical unique. Sur Prohibition, son dernier album en date, elle essaie néanmoins de casser son image d’allumée hors du temps pour rentrer pleinement dans le lard d’une société qu’elle ne semble plus comprendre : en témoigne le titre Partir ou rester (l’un des plus réussis), en duo avec Katerine, et écrit au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. Son refus d’un monde aseptisé se matérialise ainsi pleinement dans la première partie de l’album, presque punk (notamment sur Dura Lex et le titre choc Prohibition où elle clame « je suis vieille et je vous encule, avec mon look de libellule »). Bien sûr, le discours est quelques fois limité : qu’importe, Brigitte Fontaine n’est pas une politique, mais une artiste. A elle la révolte, les cris, les coups de gueule violents dans des saillies dont elle seule a le secret. Son talent se matérialise pleinement sur scène, où elle devient plus que son personnage qui fait les choux gras des émissions de télévision consensuelles (un jeu dangereux). Touchante et sensible, elle interprète

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Coco avant Chanel

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr, 1h53) avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola…

Christophe Chabert | Jeudi 16 avril 2009

Coco avant Chanel

La mode du biopic n’est pas prête de se tarir sur les écrans, chaque pays se cherchant héros et héroïnes pour en faire de romanesques adaptations suçant la roue du modèle américain. Coco Chanel a déjà remporté le titre français en 2009, puisqu’avant la version Jan Kounen à venir au second semestre, voici sa jeunesse en mode Anne Fontaine. La cinéaste livre une copie appliquée où rien ne manque sur le pourquoi du comment de la vocation et des engagements de Gabrielle dite Coco. En témoigne la scène initiale où, abandonnée par son père dans un pensionnat de bonnes sœurs, son regard s’attarde longuement sur la coiffe noir et blanche des nonnes… Chanteuse sans le sou dans des cabarets minables, en révolte contre le patriarcat et la bourgeoisie de son temps, elle va canaliser son désir de revanche sociale et personnelle dans l’invention de vêtements qui libèreront la femme des lourdeurs froufrouteuses et des corsets étouffants. Une démarche à l’opposé de la pesanteur scénaristique et cinématographique d’Anne Fontaine, qui explique et souligne tout, ne laisse aucun vide ni dans les plans, toujours sagement centrés sur l’action, ni entre les scènes. Cet académisme e

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Femme Fontaine

MUSIQUES | Son dernier album, "Libido", est passé scandaleusement inaperçu ; c’est pourtant un de ses meilleurs, et il l’est encore plus quand Brigitte Fontaine l’interprète, avec ses anciens morceaux, sur scène, loin des clichés sur son compte, juste libre et habitée. CC

François Cau | Jeudi 19 juin 2008

Femme Fontaine

On a tout dit de Brigitte Fontaine, depuis ses deux come-backs, le premier artiistique avec Genre Humain, le second commercial grâce à Kékéland. On a beaucoup parlé de sa personnalité, son côté freak médiatique, avec lequel elle a d’ailleurs beaucoup joué, comme on joue avec le feu. On a tout dit, mais on a fini par oublier de parler de sa musique. Ainsi, après le décevant car un peu trop prévisible Saint-Louis-en-L’île, Fontaine a sorti un de ses plus beaux disques, Libido. Celui où les textes s’envolent dans des volutes poétiques jusqu’ici rarement atteintes ; celui où la voix, cassée et fragile, de Brigitte Fontaine, s’épanouit avec une grâce inattendue. Ce besoin de chanter, on le retrouve sur scène dans ses concerts récents. Car on a pu aussi, hommes de peu de foi, douter des capacités de Fontaine à tenir un concert, emportée par son caractère fantasque et aussi par une certaine fragilité physique. Eh bien, il ne faut pas deux morceaux et à peine dix minutes pour nous prouver le contraire : s’il y a de l’émotion dans un concert de Brigitte Fontaine, c’est celle que l’on ressent face à une artiste majeure de la chanson française, qui paraît au sommet de son art, dans une sid

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