Les montagnes du bonheur

MUSIQUES | Dans un décor très coloré à vous faire décoller les rétines, du 30 août au 2 septembre, de jour comme de nuit, une centaine d’artistes psy trance, dub step et assimilés se suivront sur les deux scènes à flanc de montagne du festival Hadra, à Lans-en-Vercors. Émilie, chargée de communication d’Hadra, nous en dit plus sur ce dancefloor psychédélique en plein air. Propos recueillis par Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Vendredi 29 juin 2012

Photo : Bobby C. Alkabes


Comment est née l'association Hadra ?
Émilie Angénieux : Hadra emprunte son nom à un rituel de danse mystique et symbolique de la communauté marocaine Aïssawa d'où est originaire Driss, l'un des quatre membres fondateurs et mentor de notre association. Au départ, ce sont trois amis qui, après avoir assistés à un festival psytrance en Zambie, ont voulu rejouer cette musique à Grenoble. Pour faciliter l'organisation de leurs soirées, ils ont donc monté Hadra, un mouvement associatif qui, d'année en année, a pris de l'essor. Ainsi, nous fêterons en même temps que la sixième édition du festival le onzième anniversaire de nos activités.

Quelles sont-elles ?
En dehors de la vitrine du festival, nous avons fondé en 2004 un label pour produire les artistes Hadra, à ce titre la compilation Resistrance de Driss marque notre trentième sortie d'albums. Sur un autre plan, nous organisons des ateliers Trancemission pour initier des jeunes du département aux pratiques du djing, vjing, et à la musique assistée par ordinateur. Enfin, nous sommes également très présents sur le département et la région à travers l'événementiel. Il y a trois mois, nous étions au Fil à Saint-Étienne, mais nous sommes aussi invités en Angleterre et en Belgique.

Comment vous êtes-vous retrouvés à Lans-en-Vercors ?
Pour la première édition du festival en 2005, nous avions trouvé refuge à Chorges. Mais en raison d'un conflit avec une partie des habitants, l'année suivante nous avons dû annuler et partir. En 2008, nous avons connu à peu de chose près la même mésaventure à Pontcharra. Rien en 2009, jusqu'en 2010 où, par connaissance de connaissance, nous avons contacté Jean-Paul Gouttenoir, le maire de Lans-en-Vercors, qui a su être attentif à notre appel. La municipalité nous propose un stade des neiges parfait qui nous permet d'être dans le top 5 des festivals européens spécialisés trance.

Comment se passent vos relations avec les Lantiers ?
Une grande partie nous approuve parce qu'en été, cette région manque de dynamisme et nous collaborons au maximum avec des prestataires et associations du plateau du Vercors. Ainsi, l'an passé, nous avons travaillé sur le bar avec l'association Vercorporation, et pour cette session, c'est l'association Mountain riders qui va nous rejoindre – ils font un boulot formidable sur le ramassage des déchets et militent pour une montagne propre. Du parking aux poubelles, nous avons près de trois cents bénévoles, et l'investissement financier direct et indirect est estimé à 270 000 euros. Pour une autre frange, c'est assez conflictuel, il y a une pétition contre le festival, mais nous avons le soutien majoritaire du conseil municipal qui a voté pour la reconduction.

Pas trop dur les rapports avec les forces de l'ordre ?
En 2010, les gendarmes ne savaient pas à quel public s'attendre, et arrêtaient les navettes en plein milieu de la monté de Lans-en-Vercors. Nous avons dû leur montrer que nous étions professionnels et que nos festivaliers étaient des gens comme les autres avec juste l'envie de s'amuser et de passer un moment dans un cadre enchanteur. Sur ce sujet, à la fin du précédent festival, la gendarmerie, la préfecture et la mairie nous ont félicités pour notre collaboration. Car pour nous, c'est aussi et avant tout une question de sécurité et de confort pour le public.

On vous a aussi reproché d'avoir fait partir les oiseaux avec la musique ?
Suite à l'étude qui a été faite par la Ligue pour la protection des oiseaux, nous avons déplacé la date du festival à la fin du mois d'août, c'est une mesure préventive car nous étions en pleine période de reproduction. Or, nous sommes très engagés au niveau environnemental, nous mettons en place des cendriers, des bennes de tri, et nous avons par ailleurs reçu un Greener award, prix qui récompense les festivals européens pour leur volonté écologique. Nous ne voulions pas aller contre ce constat, même si nous ne savions pas vraiment comment le public allait réagir, car c'est près d'un mois et demi de décalage. Après un bon ressenti, ça arrangerait plutôt pas mal de monde.

Festival Hadra, du 30 août au 2 septembre, à Lans-en-Vercors

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Hadra Trance Festival : bons baisers du centre de la France

Festival | C’est officiel : le festival, pensé à Grenoble mais déplacé l’an passé loin de l’Isère, revient là-bas à Vieure, en Auvergne, du 7 au 10 septembre. On fait le point avec son directeur Benoît Allirol, souvent sur la route donc.

Aurélien Martinez | Vendredi 28 avril 2017

Hadra Trance Festival : bons baisers du centre de la France

Festival psytrance de référence en France organisé par des Grenoblois, le Hadra Trance Festival se retrouve depuis l’an passé parachuté à Vieure, dans l’Allier (Auvergne), après avoir dû quitter Lans-en-Vercors suite aux élections municipales de 2014. Du coup, comment s’est passée cette première édition hors de l’Isère ? Benoît Allirol, directeur du festival : « C’était bien mais dur, car organiser un festival en moins de quatre mois, sur un territoire que nous ne connaissions pas, n’a pas été évident [ils avaient galéré pour trouver un nouveau terrain d’accueil, et avaient du coup dû annuler l’édition 2015 – NDLR]. Surtout qu’à la base, vu les délais, ça ne devait pas être un festival mais une soirée des quinze ans de l’association Hadra. » Finalement, tout s’est vite transformé en festival, même s’il était plus petit qu’à Lans-en-Vercors – 6000 personnes sur trois jours et deux nuits, contre 15 000 et un soi

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L'édition 2016 du festival Hadra aura lieu en Auvergne

ACTUS | Bonne nouvelle : après l’annulation de la précédente édition, le festival de psytrance va revenir début septembre, mais loin de l’Isère. Rendez-vous du 2 au 4 septembre au centre de la France : à Vieure dans l’Allier. Pourquoi ce choix ? On est allés le demander aux principaux intéressés. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 8 avril 2016

L'édition 2016 du festival Hadra aura lieu en Auvergne

« Alors voilà, nous y sommes ! Deux années que nous attendions de pouvoir annoncer la neuvième édition du Hadra Trance Festival… Et ce jour est finalement arrivé ! » Voilà comment commence le communiqué de presse que l’association Hadra, très branchée musique électronique et en particulier trance psychédélique, a envoyé à la presse ce vendredi 8 avril. Un retour qui était très attendu comme l’édition précédente avait dû être annulée. « En 2014 avait eu lieu la huitième édition du festival sur la commune partenaire de Lans-en-Vercors en Isère. Cette édition, unanimement acclamée et fréquentée (15 000 personnes / jour avaient assisté à l'événement), la cinquième consécutive sur le site du stade de neige, avait malheureusement été la dernière, faute de soutien politique après les municipales de mars 2014 et le changement de majorité. » À la recherche du temps perdu Flash back : en septembre 2014, l’association Hadra était

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L'avenir appartient à Hadra (?)

ACTUS | En l'Hadra festival on croit, et l'équipe qui porte le projet aussi. Mais voilà, le gros événement estival dédié à la musique trance, générateur d'une grande partie des ressources de l'association grenobloise, a été délogé l'an passé du site de Lans-en-Vercors et la pérennité du projet s'annonce compliquée. Le staff ne perd cependant pas espoir et poursuit ses activités, avec notamment une soirée (complète) à la Belle électrique samedi 28 février. On fait le point avec le directeur Benoît Allirol. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 24 février 2015

L'avenir appartient à Hadra (?)

« Nous avions déjà organisé des soirées dans des grandes salles à Grenoble, comme au Summum (3000-4000 personnes) ou à l'Heure Bleu (1400), mais ce n'était que des "one shot". Avec la Belle électrique, c'est une réelle opportunité qui s'ouvre à nous. À l'échelle locale c'est important même si bien sûr nous n'arrêterons pas nos événements à l'Ampérage, à raison d'un ou deux tous les ans. » Benoît Allirol, directeur de l'association Hadra, se réjouit de cette soirée Lighting by Hadra complète deux semaines avant le jour J.« Ça manifeste une réelle attente du public grenoblois, il faut réagir par rapport à cette demande. » Pour cette nuit de la trance, l'équipe a vu les choses en grand avec une belle programmation et une scénographie soignée (la marque de fabrique Hadra). Un regain d'enthousiasme bienvenu car, malgré un public présent, l'avenir d'Hadra et de ses différentes manifestations n'est pas garanti, la faute à une situation financière complexe. Show must go on « Il est important de savoir que 2014 s'est finie avec deux licenciements économiques, nous ne sommes plus que trois salariés. Pour l'instant, à très

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Mission trance

MUSIQUES | Devenu en l’espace d’une petite dizaine d’années l’un des événements incontournable de l’été isérois (et plus largement des amateurs de trance psychédélique à (...)

Damien Grimbert | Mardi 15 juillet 2014

Mission trance

Devenu en l’espace d’une petite dizaine d’années l’un des événements incontournable de l’été isérois (et plus largement des amateurs de trance psychédélique à travers le monde), le Hadra Trance Festival fête cette année, du 21 au 24 août, sa dernière édition dans le cadre enchanteur du parc naturel de Lans-en-Vercors, la nouvelle municipalité n’ayant pas souhaité ré-accueillir le festival l’an prochain. On rappelle le principe pour les nouveaux venus : quatre jours et trois nuits de musique non-stop, une scène principale dédiée à la psytrance, une scène alternative ouverte aux musiques du monde, à l’ambient, au dub et à la bass music, et, pour la première fois cette année, une troisième scène chill-out pour recharger les batteries au calme. Sans oublier un village temporaire réunissant divers stands, des conférences, ateliers et autres cours de yoga, et enfin une luxuriante et impressionnante scénographie qui orne l’ensemble du festival et vaut (presque) le détour à elle toute seule. Dernière particularité pour terminer, la programmation elle-même, entièrement composée, à quelques exceptions près, d’artistes émergents et/ou peu connus du grand public. Vous voilà à jour !

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Vue imprenable

MUSIQUES | Ça peut paraître absurde à première vue, et c’est pour ça qu’on le précise : il est tout à fait possible de passer un excellent moment au Hadra Trance Festival (...)

Damien Grimbert | Mardi 1 juillet 2014

Vue imprenable

Ça peut paraître absurde à première vue, et c’est pour ça qu’on le précise : il est tout à fait possible de passer un excellent moment au Hadra Trance Festival sans avoir d’affection particulière pour la trance psychédélique. Si le festival s’est imposé en l’espace de sept éditions comme l’un des plus gros rassemblements français – voire européens – dédiés au genre, il dispose en effet de plusieurs autres atouts. Un cadre magnifique en plein cœur du Parc Naturel du Vercors, une organisation à la fois très pro et très cool qui permet d’éviter la désagréable sensation d’être bringuebalé d’un espace à un autre comme un troupeau de moutons, une scénographie et une décoration hors du commun, des festivaliers détendus et souriants venus des quatre coins du monde… Sans oublier les innombrables à-côtés qui font tout le charme du festival : une scène alternative dédiée aux sonorités ambient, world, bass music et dub, un chill-out (inauguré cette année) permettant de se détendre et de se ressourcer, un village accueillant conférences, ateliers et cours de yoga… et un pays différent mis à l’honneur chaque année. Après l’Afrique du Sud l’an passé, c’est ainsi le Viet

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Du côté des festivals

MUSIQUES | Les gros festivals musicaux de la région ont dévoilé leur prog, parfois au compte-gouttes pour faire le max de bruit possible. On fait le point afin d’y voir plus clair et cocher les bons jours sur le calendrier.

Aurélien Martinez | Jeudi 22 mai 2014

Du côté des festivals

Le Cabaret frappé Du 21 au 26 juillet, à Grenoble Frànçois and The Atlas Mountains, l’un des meilleurs groupes de pop made in France, mais aussi le vétéran Tricky (ancien membre fondateur, et démissionnaire, de Massive Attack), le masqué Cascadeur, le Français Fakear et son électro, ou encore le mariage attendu entre Moriarty et Christine Salem : une poignée de noms nous donne bien envie. À noter que les dates de chaque concert seront précisées plus tard.   Les Rencontres Brel

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« On est plus optimistes que confiants »

ACTUS | Mi-octobre, l’association Hadra, spécialisée en trance psychédélique, lançait un appel aux dons pour combler un « déficit de l'ordre de 150 000 € ». On fait le point à l’occasion de la soirée de soutien organisée à l’Ampérage. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 28 octobre 2013

« On est plus optimistes que confiants »

Quand une structure lance un appel aux dons, c’est que les choses vont mal. Pour l’association grenobloise Hadra, le mal est avant tout financier. Benoit Allirol, directeur d’Hadra : « Un appel de la sorte, ce n’est pas une démarche anodine. Mais on se disait qu’on ne passerait sans doute pas la barre du 31 décembre. Et imaginer Hadra disparaître après douze années d’existence, sept éditions du festival, ce n’était pas possible. On ne peut pas laisser un public et des artistes [via le label – ndlr] sur le carreau... » Le déficit pour cette année se monte à quelque 150 000 € (sur 1 021 500 € de charges), du fait notamment d’une édition 2013 du festival qui n’a pas tenu ses promesses niveau remplissage. Une situation qui n’est pas propre à Hadra, comme l’ont constaté de nombreux programmateurs – dont ceux de Rocktambule, qui ont carrément dû

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L'association Hadra lance un appel aux dons

ACTUS | "L’avenir du festival est en péril et avec lui l'association Hadra dans son ensemble, ses activités et ses emplois... L'urgence et le sérieux de la situation nécessitent que nous fassions appel au plus grand nombre."

Aurélien Martinez | Jeudi 10 octobre 2013

L'association Hadra lance un appel aux dons

Nous avons souvent évoqué dans nos colonnes le festival Hadra, et plus généralement l'association qui le porte (comme ici dans une interview en 2012). Aujourd'hui, Hadra lance un appel aux dons pour sa survie – un déficit de 150 000 euros est évoqué. « Dès la fin du festival [en août 2013], nous avons entamé des rencontres auprès de nos partenaires publics, collectivités locales et territoriales, qui sont très attentifs à la pérennisation du projet associatif d'Hadra. Mais qui pour autant, à l'image du Conseil Général de l'Isère, ne peuvent pas encore s'avancer sur un soutien concret, un positionnement pourtant essentiel pour envisager l'issue possible de cette crise ! » Lire l'appel aux dons ici. Après l'annulation de la prochaine édition de

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Style et artistes

MUSIQUES | Zoom sur le Festival Hadra

Régis Le Ruyet | Vendredi 29 juin 2012

Style et artistes

La psy trance est un mouvement musical en forme de quête tribale qui démarre à Goa, après la rencontre de hippies avec les musiques électroniques issus de l’acid house. Un mélange de boucles acid et de nappes synthétiques qui connaît son heure de gloire auprès des ravers dans les années 90, pour peu à peu disparaitre des ondes au début des années 2000, supplanté par des courants musicaux plus radicaux. En tête d’affiche de cette édition 2012 du festival, les Balkan Beat Box et leurs influences ethno mondiales entendues au Magasin il y a deux mois. Partageant ce style gypsie électro ; Rona Hartner (l’héroïne du film Gadjo Dilo) et Dj Tagada promettent d’ensorceler la fête d’accents balkan beats. Pas forcément parlant pour tout le monde, Cosmosis est pourtant l’un des vétérans des musiques psy trance de Goa, membre des groupes Total Eclipse et Hallucinogen. Ses sets à la guitare électrique délivrent des énergies rock aux sonorités old school. De circonstance, l’écurie Hadra est présente au grand complet sur le festival, dont les filles de Secret vibes naviguant aux confins des horizons ethniques sur des rythmiques électroniques. Représentant le courant progressif dark, Va

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« On est un peu une agence de voyage »

MUSIQUES | A l’occasion de la 5e édition du Hadra Trance Festival, du 7 au 10 juillet prochain à Lans-en-Vercors, rencontre avec Annabelle et Driss, présidente et trésorier de l’association. Propos recueillis par Damien Grimbert

François Cau | Mercredi 25 mai 2011

« On est un peu une agence de voyage »

Le Petit Bulletin:Comment a évolué le festival, depuis sa création en 2005 ?Annabelle et Driss : Au niveau de la fréquentation, on est passé de 1400 personnes en 2005, à 2200 en en 2006, 3950 en 2008, et 6100 l’an passé. Et cette année, on aimerait arriver aux alentours de 8000 personnes, c’est de toute façon le chiffre nécessaire pour équilibrer le budget… On a aussi rajouté une journée supplémentaire pour pouvoir installer un peu le festival sur la durée, créer plus d’échanges, de rencontres, de liens entre les gens... et également devenir plus accessible au public étranger. Et depuis l'an passé, la scène qui autrefois s’appelait le chill-out est devenue une véritable scène alternative, avec plus d'ouverture musicale que la scène principale, surtout axée sur les différents styles de psytrance. Il y aura de l'ambient, du downtempo, mais aussi du dub, du dubstep, de la fusion électro/musiques du monde, des musiques traditionnelles... On propose aussi des performances, des stands de massages, de bien-être, d'artisanat, de produits locaux. Et enfin une partie plus sociale, avec des conférences, des projections de film

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