100 000 volts

Aurélien Martinez | Jeudi 6 septembre 2012

Photo : Rod Le Hiboo


En 1999, sur le morceau Coccinelle, Mathias Malzieu, chanteur-pois sauteur de Dionysos, affirmait ne pas savoir conduire, « pas même un cerf-volant ». Plus hyperactif que cerveau lent, Malzieu a pourtant su mener à très grande vitesse et à coups de sauts de kangourou roux, sa petite troupe valentinoise au sommet de la variété-rock française. Y injectant toujours un peu plus de cet univers infantilo-comico-horrifique qui lui bouffe le cerveau – en lorgnant toutefois beaucoup du côté du trio Tim Burton, Roald Dahl ou Daniel Johnston. C'est ainsi que le groupe qui nous ravissait avec Haïku ou Western sous la neige s'est peu à peu mué en troupe de cirque multimédia (livres, films) parfois légèrement redondant dans ses thématiques. Il n'en demeure pas moins que 16 ans de carrière, et quelques projets en solo, n'ont en rien entamé l'énergie d'un groupe qui livre chacun de ses albums avec autant d'enthousiasme que s'il s'agissait du premier. Et vit chaque concert comme si c'était le dernier.

Dionysos, le 7 décembre au Summum

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"Une sirène à Paris" : amour en eaux douces

ECRANS | De Mathias Malzieu (Fr., 1h42) avec Nicolas Duvauchelle, Marilyn Lima, Rossy de Palma…

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Alors que son père va vendre la péniche familiale Flowerburger, historique siège d’un groupe d’embellisseurs de vie (les surprisiers) Gaspard, un musicien au cœur brisé, découvre Lula, jeune sirène échouée sur les rives de la Seine. Pour la sauver, il l’emmène chez lui… S’il n’y avait les rêveurs pour le porter et lui donner de l’oxygène, le monde s’écroulerait, asphyxié. Mathias Malzieu en fait partie, qui déploie son imaginaire de chansons en livres et de livres en films, explorant des univers connexes à ceux de ses devanciers Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet. Comme dans La Mécanique du cœur ou Métamorphose en bord de ciel, le meneur de Dionysos ose ici un conte façon alchimie entre merveilleux et mélancolie avec des héros cabossés depuis l’enfance et des créatures surnaturelles. Avec ses décors baroques, sa musique faite maison, ses interprètes attachants (le couple Duvauchelle/Lima s’avère osmotique), Une sirène à Paris cherche à ranimer un certain esprit magique, que l’on peut apprécier comme une forme de nostalgie d’un paradis cin

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Vercors Music Festival : les stars prennent le massif

MUSIQUES | Deuxième édition pour la grand raout musical d'Autrans. Rendez-vous du vendredi 8 au lundi 11 juillet, avec pas mal de stars.

Aurélien Martinez | Mardi 28 juin 2016

Vercors Music Festival : les stars prennent le massif

Nouveau venu dans la galaxie des festivals isérois, le Vercors Music Festival a annoncé la couleur dès sa première édition en 2015 : ici, les grosses têtes d’affiche sont chez elles. Pour cette deuxième édition, toujours pensée par le guitariste Jean-Philippe Bruttmann, on retrouvera donc à Autrans des noms porteurs (et potentiellement sources d’affluence – le nerf de la guerre des festivals de l’été), aussi bien nationaux qu’internationaux, comme Selah Sue, Charlie Winston, La Yegros ou encore Deluxe. Côté chanson française, on aura droit à l’éternel Hubert-Félix Thiéfaine, au plus passionnant qu’il n’en a l’air Alex Beaupain ainsi qu’à la petite nouvelle (enfin, plus tant que ça depuis le temps) L alias Raphaële Lannadère. Et on est contents de retrouver le groupe Dionysos, qu’on avait un peu perdu depuis son grandiose Western sous la neige en 2002. Il revient avec un très fort Vampire en pyjama, porté par un Mathias Malzieu en pleine renaissance, autant artistique que personnelle (il sort d’une grave maladie). «

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Jack et la mécanique du cœur

ECRANS | De Mathias Malzieu et Stéphane Berla (Fr, 1h34) animation

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Jack et la mécanique du cœur

La longue, laborieuse et coûteuse gestation de cette adaptation par Mathias Malzieu de son livre et de son concept-album n’explique pas intégralement l’indigence du résultat. Déjà fortement influencé par Tim Burton, l’imaginaire de Malzieu se confronte ici encore plus directement à son modèle, notamment dans un prologue enneigé qui évoque Edward aux mains d’argent ; la comparaison n’est guère flatteuse. C’est peu dire que le leader de Dionysos est un piètre narrateur, meublant les intervalles entre les moments chantés pour tenter de créer une introuvable continuité aux événements. Les chansons elles-mêmes paraissent déjà d’un autre âge – et leurs interprètes avec, Olivia Ruiz et Grand corps malade en tête – mais c’est surtout l’animation qui fait un bond de quinze ans en arrière. Froids pantins numériques lisses et inexpressifs, les personnages sont d’une rare laideur et évoluent dans des univers tout aussi impersonnels. Malzieu tente parfois d’inscrire son récit dans une évocation cinéphile qui relierait Méliès au western leonien, mais tout cela est aussi maladroit qu’inconséquent. Dans ce film fantomatique, on trouve toutefois un authentique spectre :

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