Danse : on va voir quoi cette saison?

François Cau | Vendredi 12 septembre 2008

Le point G
Giselle est un ballet classique monumentale, symbole même du romantisme. Une hisoire d'amour, un mélange de tragédie et de surnaturel. Garry Stewart et sa compagnie l'Australian Dance Theatre, qui avaient séduit le monde de la danse en déconstruisant Le Lac des cygnes, ont décidé de s'attaquer à ce somment vertigineux, pour en livrer une interprétation toute personnelle baptisée G., Stewart, laissant ainsi de côté la linéarité de l'œuvre originale, s'empare de Giselle, l'avale et la recrache brute sur scène. Aux danseurs de la figurer, aidés par des panneaux lumineux narrant de façon très succincte les différents moments clés du ballet. Le design est léché (il faut aimer le vert électrique !), la musique minimaliste, et l'énergie omniprésente. À voir les 21 et 22 octobre à la Rampe.

Danse martiale
À vos calendriers. Le danseur et chorégraphe anglais Russell Maliphant sera mardi 25 novembre à l'affiche de la Rampe où il présentera un programme découpé en trois parties : Flux, Small Boats et Push. Un travail tout en retenue sur le corps, l'espace, la lumière ; en témoigne le duo de Push, créé initialement avec Sylvie Guillem. Les deux interprètes, un homme et une femme, dansent l'un avec l'autre, l'un contre l'autre, avec intensité, grâce et sensualité. S'inspirant de plusieurs domaines pour enrichir ses créations (ballet classique, danse contact, yoga, capoeira, tai chi…), Russell Maliphant est de ceux qui bousculent la danse contemporaine sans jamais la brusquer. Ca fait du bien. On vous en reparle plus longuement prochainement.

Rêves japonais
« C'est une interprète merveilleuse, avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler. Elle a énormément de talent, c'est une vraie créatrice. C'est passionnant de suivre des graines qui ne demandent qu'à éclore et déployer des univers. » De qui parle Angelin Preljocaj en des termes si flatteurs ? De Kaori Ito, qui sera sur les planches de l'Hexagone le jeudi 16 octobre, avec Noctiluque, sa première création. Tour à tour interprète chez Découflé (elle tenait le premier rôle dans Iris), Thiérrée ou au sein du ballet Preljocaj, la jeune danseuse japonaise est partie d'une légende nippone sur des fantômes pour la transposer sur scène, accompagnée de trois danseurs. Le résultat, dévoilé pour la première fois à la fin du mois en Suisse, nous est présenté comme étant à la croisée de la danse, du théâtre et du cirque. A priori que du bon.

Programme Ravel
Cela fait 14 ans que le français Pascal Rioult dirige sa compagnie de danse à New York. Formé par Martha Graham, prêtresse de la danse moderne, notre homme en a gardé l'exigence et la perfection. Très inspiré par la musique classique qui émaille ces différentes créations, il présentera le 20 novembre au Grand Angle son Ravel Project. Un travail articulé autour de quatre pièces adaptées des partitions du compositeur, dont notamment son fameux Boléro.

Un faune à terre
Faune(s) est sans nul doute l'un des spectacles d'Avignon qui a le plus fait parler de lui cette année, et pas souvent en bien. On récapitule : L'après-midi d'un faune est une pièce maîtresse de la danse moderne, créée en 1912 par Vaslav Nijinski. Olivier Dubois, danseur à la morphologie atypique (on l'a vu dans Péplum la saison dernière) a décidé de revisiter ce monument à sa façon, à savoir confronter la vision d'artistes très différents. Le résultat donne Faune(s), une suite de quatre tableaux de 15 minutes chacun présentée du 14 au 16 octobre à la MC2. Avec dans l'ordre, un court-métrage très homo érotique de Christophe Honoré, une interprétation au plus près de l'original chorégraphiée par Dominique Brun, une autre très libre de Sophie Perez et Xavier Boussiron, et enfin celle d'Olivier Dubois lui-même. Avec, les quatre fois, Olivier Dubois dans le rôle-titre. Pour finalement offrir quoi ? Pas grand-chose, serions-nous tentés de dire. Une œuvre qui se veut provocante de par la nature de son interprète, qui joue à outrance de son corps rond. Une œuvre qui s'espère originale, en tentant de réinventer un mythe, une écriture, une façon de faire de la danse. Mais une œuvre qui finit par tomber à plat, laissant le spectateur déconfit sur son siège.

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"Giselle" de Dada Masilo : mourir d'amour déchaînée

Danse | La chorégraphe et danseuse sud-africaine star sera mercredi 21 et jeudi 22 novembre sur la scène de la Rampe d'Échirolles pour une nouvelle relecture bondissante d'un des classiques de l'histoire de la danse.

Aurélien Martinez | Lundi 19 novembre 2018

Depuis six ans (son premier passage à la Biennale de la danse de Lyon date de 2012), les théâtres français s'enflamment pour une jeune chorégraphe venue d'Afrique du sud où elle a été formée (même si elle est également passée par la Belgique et l'école de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker). Ses relectures de classiques de la danse (Le Lac des cygnes et Carmen) ont ainsi énormément tourné, souvent à guichets fermés – comme ce sera d'ailleurs le cas cette semaine à la Rampe d'Échirolles. Elle, c'est Dada Masilo, qui s'attaque cette fois au mythique personnage de Giselle, jeune paysanne trompée sur les intentions de celui qu'elle aime et qui en mourra. Mais entre ses mains, l'héroïne presque naïve devient une femme forte : une nouvelle direction qui éclate énergiquement dans la deuxième partie du spectacle, lorsqu'il s'agit pour la défunte de se

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Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

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Kaori Ito : sublimissito

SCENES | Kaori Ito est une danseuse littéralement exceptionnelle, à la technique remarquable. Elle a ainsi étudié le ballet classique au Japon dès ses cinq ans avant de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 mars 2015

Kaori Ito : sublimissito

Kaori Ito est une danseuse littéralement exceptionnelle, à la technique remarquable. Elle a ainsi étudié le ballet classique au Japon dès ses cinq ans avant de partir à l’âge adulte vers les États-Unis pour poursuivre sa formation. On la verra ensuite dans de nombreuses créations de chorégraphes européens renommés : Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, James Thierrée, Alain Platel… Chaque fois, quoi que l’on pense de la pièce, elle illumine le plateau – la MC2 l’avait même mise en première page de sa plaquette de la saison 2010-2011 avec une photo extraite du Out of context de Platel. C’est dire qu’en décidant de faire un portrait chorégraphique de Kaori Ito, le metteur en scène et chorégraphe Aurélien Bory avait toutes les cartes en main pour créer un très beau spectacle. C’est justement ce qu’il a fait : son Plexus (littéralement « réseau de filets nerveux ou de vaisseaux ») est un

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Une heure avec Kaori Ito

SCENES | C’est beau. C’est même très beau. Splendide quoi. Plexus, le spectacle que le touche-à-tout de génie Aurélien Bory (il se catalogue dans le théâtre visuel, même si (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Une heure avec Kaori Ito

C’est beau. C’est même très beau. Splendide quoi. Plexus, le spectacle que le touche-à-tout de génie Aurélien Bory (il se catalogue dans le théâtre visuel, même si le mot chorégraphe, sans doute trop réducteur à ses yeux, lui va comme un gant) a conçu pour la danseuse japonaise Kaori Ito, est une fabuleuse réussite plastique. « Faire le portrait de Kaori Ito est d'abord pour moi un portrait de son corps. Ce n'est pas l'étude anatomique qui m'intéresse ici, mais la mémoire d'un corps travaillé, les traces de la danse à l'intérieur de ce corps vivant. » Dans une scénographie hypnotique jouant sur la disparition, la danseuse devient une marionnette grandeur nature tirée par de nombreux fils. En moins d’une heure, elle passera ainsi de poupée mécanique à artiste libérée de tous les carcans. Plexus, vendredi 13 et samedi 14 mars à l’Hexagone (Meylan)

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La danse dans la peau

SCENES | On avait déjà fait le coup une fois en titrant « ça c’est du théâtre » (pour le Notre terreur du collectif D’ores et déjà). On ne va donc pas décliner le (...)

Aurélien Martinez | Lundi 20 janvier 2014

La danse dans la peau

On avait déjà fait le coup une fois en titrant « ça c’est du théâtre » (pour le Notre terreur du collectif D’ores et déjà). On ne va donc pas décliner le concept à l’infini, même si, franchement, une phrase choc comme « ça c’est de la danse » aurait tout son sens ici. Avec Tragédie, le chorégraphe Olivier Dubois a en effet conçu une pièce brute où le mouvement chorégraphique est le centre du spectacle et le vecteur ultime d’émotions. Un mouvement travaillé à l’extrême (les danseurs livrent une véritable performance) qui apparaît néanmoins d’une grande fluidité. Les dix-huit interprètes, tous nus, incarnent l’idée d’une humanité resserrée le plus simplement du monde, sans en rajouter dans le sous-texte – leur présence (en nombre) suffit. La première partie est à ce titre explicite : pendant 45

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« Que le corps explose »

SCENES | Dix-huit danseurs nus sur scène pendant 1h30 pour une pièce qui monte, qui monte, qui monte... "Tragédie" est une claque brute, intense et sidérante intelligemment mise sur pied par le chorégraphe Olivier Dubois. Rencontre et critique plus qu’enthousiaste. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 16 janvier 2014

« Que le corps explose »

Le spectacle s’appelle Tragédie, mais il n’est pas du tout tragique ! Pourquoi avoir choisi ce titre ? Olivier Dubois : Le fait d’être humain ne fait pas humanité : c’est là la tragédie humaine. Ce titre fait référence au théâtre. Toute la structure de la pièce suit l’avancée du chœur dans la tragédie grecque, avec des épisodes, des péripéties, un exode, une catharsis... Par exemple, dans la chorégraphie, cette marche d’ouverture – les douze pas allers et les douze pas retours –, je l’ai cherchée dans la tragédie grecque française, dans l’alexandrin. Tout a été pensé sous cette forme avec des allitérations, des hiatus, des assonances... L’architecture de Tragédie est très complexe. Comment avez-vous travaillé pour que cette complexité n’annihile pas la force de la danse ?  C’est vrai que la pièce est extrêmement complexe pour les interprètes puisque tout est écrit. Et l’écriture ne lâche rien, elle devient de plus en plus complexe au fil de la représentation, d’où une dema

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Corps à corps

SCENES | C’est l’un de nos coups de cœur de la saison danse. Un spectacle créé lors du Festival d’Avignon 2012 et qui depuis connaît un beau succès. Alors que (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

Corps à corps

C’est l’un de nos coups de cœur de la saison danse. Un spectacle créé lors du Festival d’Avignon 2012 et qui depuis connaît un beau succès. Alors que pourtant, ce n’était pas gagné. Sur scène, neuf danseurs et neuf danseuses mis à nu par le chorégraphe Olivier Dubois. Mis à nu oui, ce qui peut sur le papier surprendre – voire agacer. Mais une fois le ballet des corps agencé (à savoir l’entrée et la sortie de scène des danseurs au rythme de pulsations, mouvements répétitifs qui dureront quelque 45 minutes), tout fait sens. La proposition de Dubois devient alors brute, intense. "Qu’est-ce que l’humanité ?" semble se demander le chorégraphe. Sans s’embourber dans des considérations pseudo-intellectuelles, son Tragédie est une réponse ouverte, libre. « Ne restent que des plaques de peau, comme des plaques tectoniques. La peau qui gagne du terrain pour recouvrir le monde. Nous sommes six milliards d’humains sur Terre. J’imagine que, nus et allongés, nous recouvririons le monde de nos peaux.». AM Tragédie, jeudi 23 et vendredi 24 janvier, à la MC2

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Dommage

SCENES | Kaori Ito est une danseuse épatante, qui éblouit littéralement le plateau de sa présence lorsqu’elle est simple interprète – Iris de Decouflé, Out of context de (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 janvier 2013

Dommage

Kaori Ito est une danseuse épatante, qui éblouit littéralement le plateau de sa présence lorsqu’elle est simple interprète – Iris de Decouflé, Out of context de Platel, Au revoir parapluie de James Thierrée... Problème : être une interprète de haut niveau ne veut pas forcément dire que l’on est chorégraphe. La preuve une nouvelle fois les jeudi 16 et vendredi 17 mai à l’Hexagone de Meylan, où elle présentera notamment un Solos très ampoulé et vide. Dommage, car à chaque fois, on espère.

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Save the date

SCENES | Trois autres propositions cette semaine à même d’exciter l’amateur de danse contemporaine. AM

François Cau | Vendredi 4 février 2011

Save the date

L’art du bondissementOn en a déjà beaucoup parlé (allez faire un tour sur note site web) ; on en remet une dernière couche avant son passage à l’Hexagone : la danseuse et chorégraphe Kaori Ito, interprète chez Platel, Découflé, Thiérrée and co, dévoilera cette semaine The Island of no memories, sa troisième création. Elle reprendra la petite forme créée pour la première édition du concours [re]connaissance, forme qui lui avait valu le premier prix. Et évoquera ainsi l’histoire « d'un homme qui veut oublier la routine de sa vie », avec nombre d’images et de fils narratifs – du moins, c’est ce qu’on a déduit de sa prestation au concours.Mardi 15 et mercredi 16 à 20h, à l’Hexagone (Meylan). Plastiquement hypnotiqueFidèle à son processus de création, la chorégraphe grenobloise Anne-Marie Pascoli avait mis en place au cours des derniers mois plusieurs chantiers ouverts au public pour présenter ses différentes étapes de travail menant à la pièce Oui. Cela nous a permis d’appréhender au mieux la scénographie passionnante : une série de tubes transparents qui permet des combinaisons infinies de jeu en

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The who’s who

SCENES | Au Petit Bulletin, on connaît bien le travail de quatre compagnies sélectionnées. On vous les présente, en touchant deux mots des huit autres pour ne pas être accusés de favoritisme ! AM et JED

Christophe Chabert | Vendredi 20 novembre 2009

The who’s who

Effet de chocs On a souvent pu croiser la compagnie Lanabel dans l’agglo (et ailleurs) au cours des dix dernières années. Pour Reconnaissance, Annabelle Bonnéry et François Deneulin (ils travaillent ensemble) présenteront un extrait de RAW.A.R, leur dernière création ayant pour thème principal le conflit. La chorégraphie, que nous avons pu découvrir la semaine dernière, se fait donc physique et violente : les trois danseurs (dont Annabelle Bonnéry elle-même, qui reprend le rôle de Marie Fonte pour ce week-end, cette dernière étant monopolisée par L’Homme à tête de chou) sont en tension permanente les uns par rapport aux autres, travaillant sur le choc et son intensité. Pour info, la pièce sera donnée dans son intégralité en janvier à l’espace Paul Jargot de Crolles et en mai à la Rampe. Vendredi à 18h30 L'homme qui tombe à Pick Né en 1970 en Israël, ancien danseur d'Ohad Naharin et du Ballet de l'Opéra de Lyon, Yuval Pick fonde sa propre compagnie, The Guest, en 2001. Il est à la fois un chorégraphe de l'abstraction et du plus concret des possibilités du corps humain. Expliquons ce paradoxe : à travers ses pièces (une de

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Faire (le) corps

SCENES | Danse / Le lumière découvre un dos étroit. L’épaule se dessine, puis son prolongement infini : un bras féminin musclé devient torsades ou reliefs. La lumière découpe, (...)

| Mercredi 24 janvier 2007

Faire (le) corps

Danse / Le lumière découvre un dos étroit. L’épaule se dessine, puis son prolongement infini : un bras féminin musclé devient torsades ou reliefs. La lumière découpe, focalise sur une partie de l’anatomie. L’omoplate se déboîte. Ses muscles dansent lentement comme indépendants du reste du corps ; mais sont pourtant habités de l’intérieur. Ainsi, Two, solo écrit par le novateur chorégraphe anglais Russell Maliphant - et déjà présenté en 2005 à La Rampe -, étourdit, hypnotise dès ses premières images. Par la précision du geste. L’énergie. Le flot continu de mouvements modifiant la présence du corps dans l’espace restreint. D’abord corps lentement démembré par l’éclairage ; puis, dans un accelerando, le corps (presque effacé) est ciselé en faisceaux lumineux ; enfin, l’enchaînement de mouvements rapides (tendusarrondis, lignes droitescourbes) transforme la corps en incarnation de la beauté sur podium. Écrit dans un langage chorégraphique hétéroclite - mêlant multiples influences venues des quatre coins du monde - Two repose sur l’ambivalence des expériences sensorielles et émotionnelles. En effet, l’alchimie exceptionnelle entre lumière, musique et gestuelle, permet la multiplicité

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Membres mêlés

SCENES | LES PIÈCES / Transmission et Push, œuvres totalement envoûtantes, ABORDENT LA QUESTION DU LIEN et de la relation AU SEIN DU GROUPE puis DU COUPLE. SD

| Mercredi 14 mars 2007

Membres mêlés

Les parties du corps sont isolées par la lumière. Une main, un bras se dessinent sur la largeur du plateau, celui-ci plongé dans l’obscurité. Il semble que des individus tentent de se mettre en lumière. De se découvrir, d’abord individuellement, avant d’en arriver au collectif. Enfin, les corps se meuvent, mais la lumière est toujours dirigée sur un endroit réduit. Le mouvement continu transforme les parties du corps en un dessin abstrait. Le corps devient faisceaux lumineux, flux. Toujours dans le noir, les corps se rapprochent : deux bras enroulés apparaissent, un coude sur lequel est posé la main de quelqu’un d’autre. On ne sait plus à qui appartient telle épaule, telle main qui glisse sur un bras. La confusion des corps monte, sensuelle et légère. Petit à petit la lumière se fait. En symétrie, se déploient alors des duos de femmes, des solos, des histoires individuelles au milieu d’un groupe. Comment se découvrir ? Comme faire un collectif, et transmettre, se donner ? Dans cette pièce, Transmission, créée pour 5 danseuses, la qualité du mouvement s’avère inouï de bout en bout. Two lovers Souples, ronds les mouvements disent l’intime, la rencontre avec autrui, puis le retour

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