Cet amour-là

Aurélien Martinez | Lundi 19 mars 2012

Théâtre / Le (Petit 38), minuscule théâtre situé quartier Saint-Laurent, offre un cadre de jeu idéal pour certaines formes de spectacle. C'est le cas du monologue, expression théâtrale plus dure qu'il n'y paraît, qui demande des comédiens solides… et des textes qui le sont tout autant ! Premier amour de Samuel Beckett est de ceux-ci : une nouvelle composée directement en français par l'auteur irlandais, présentant un homme venant tout juste de perdre son père, et qui rencontre une prostituée qui se prend d'affection pour lui. « Je ne me sentais pas bien à côté d'elle, sauf que je me sentais libre de penser à autre chose qu'à elle, et c'était déjà énorme (...). Et je savais qu'en la quittant, je perdrais cette liberté. » Une œuvre brute, désabusée et dérangeante par ce qu'elle convoque en sous-texte, que le comédien André Le Hir transpose sur scène avec justesse (et humour), en se l'appropriant véritablement. Il donne à son personnage une certain malaise inhérent à sa situation ; malaise qu'il exprime dans un jeu paradoxalement très physique, comme si l'implosion enfouie (et inconsciente) semblait toute proche. Sans décor ni accessoire (comme l'auteur le demandait), il porte alors ce Premier amour à bout de bras, avec une ténacité captivante.
AM

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Les instants T

CONNAITRE | Comme on l’a déjà écrit dans notre supplément festivals paru la semaine passée, nous avons une tendresse toute particulière pour l’Arpenteur, manifestation de (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 27 juin 2013

Les instants T

Comme on l’a déjà écrit dans notre supplément festivals paru la semaine passée, nous avons une tendresse toute particulière pour l’Arpenteur, manifestation de qualité qui se déroule chaque début d’été dans la commune montagneuse des Adrets-en-Belledonne. Spectacles, concerts, déambulations... : l’équipe aux commandes (l’association Scènes obliques) propose toujours une programmation originale et exigeante, mêlant donc les esthétiques mais aussi les artistes, entre grands noms et découvertes. On ne fera pas la liste ici des réjouissances parce que 1/ l’agenda est fait pour ça, et 2/ nous n’avons quasiment rien vu en amont. On peut simplement vous conseiller le Premier amour du Grenoblois André Le Hir, d’après le texte de Beckett : un monologue d’une grande finesse campé par un comédien hypnotique. On retiendra aussi le concert que donnera Peau, aut

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Mamma mia !

SCENES | Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 janvier 2012

Mamma mia !

Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive quelque chose (d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre), puis Philippe Saint-Pierre et sa relecture fidèle d’une nouvelle de Beckett (Premier Amour), place à Nicole Vautier et son Stabat Mater. La comédienne interprète ainsi une œuvre de l’auteur italien contemporain Antonio Tarantino où il est question d’une femme désœuvrée, toute en gouaille et en alcool. Une mamma italienne aux propos radicaux (euphémisme !) qui déblatère sa colère contre un homme absent et une société qui la rejette, tout en s’inquiétant pour son fils en prison. Il en faut de la présence pour ne pas emmener ce personnage haut en couleur dans la caricature. Dans un subtil numéro d’équilibriste, à l’image d’une actrice comme Yolande Moreau, Nicole Vautier habite littéralement le plateau, 1h20 durant. À découvrir jeudi 2 et vendredi 3 février à 20h30, ainsi que le samedi 4 à 19h

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