Deux histoires françaises

SCENES | Festival d'Avignon (2) / Nicolas Lambert et Christophe Honoré

Aurélien Martinez | Mercredi 11 juillet 2012

Photo : Erwan Temple


Matinée engagée ce mercredi 11 juillet, avec un passage par le Théâtre du Chêne noir (festival Off) pour découvrir Avenir Radieux, une fission française, deuxième volet de la (future) trilogie « bleu blanc rouge » de Nicolas Lambert consacrée aux « produits du terroir ». Après Elf, la pompe Afrique, spectacle à succès qui porte bien son nom, et avant une troisième création sur l'industrie de l'armement, Nicolas Lambert s'attaque au sujet sensible du nucléaire, et à la construction depuis une soixantaine d'années du mythe qui l'entoure (une énergie propre, sûre, qui permet l'indépendance énergétique...). Sur scène, il incarne tout un tas de personnages, du politicien au directeur de la filière nucléaire française, en passant par le citoyen lambda ou encore le journaliste, pour cerner au plus près son objet d'étude. Le tout en retranscrivant mot à mot les discours des acteurs en présence, issus de coupures de presse, d'archives télévisées, ou encore de verbatims. On croise donc sur scène Sarkozy vantant ses choix énergétiques, VGE expliquant en 1980 que le nucléaire n'est responsable d'aucun mort, ou d'autres hommes moins connus mais essentiels pour appréhender les véritables questions. Ainsi, quand Nicolas Lambert campe Pierre Guillaumat, grand ordonnateur du nucléaire français, on comprend mieux les enjeux stratégiques et géopolitiques sous-jacents. Un spectacle de deux heures tour à tour drôle, cynique, acerbe ; mais surtout politique et intelligent, Nicolas Lambert assumant clairement son propos dans un speech final où il prend la parole en son nom. On en reparlera plus en détails au moment de la venue du spectacle à Grenoble en février 2013 – plus précisément à l'Heure Bleue de Saint-Martin-d'Hères et à l'Espace Aragon de Villard-Bonnot (le spectacle est déjà passé à Saint-Étienne, et la compagnie n'a pas su nous dire si des dates près de Lyon étaient prévues).

Minuit à Avignon

Sinon, deux mots sur Nouveau Roman, la dernière création de Christophe Honoré qui avait tout pour faire peur : 3h30 de représentation (de 22h à 1h30 du matin : faut tenir !), un sujet a priori prise de tête (le nouveau roman), des personnages issus de ce courant littéraire transposés sur scène – Duras, Sarraute, Butor, Robbe-Grillet, ou encore Jérôme Lindon des Éditions de Minuit. Mais, porté par un casting haut de gamme (Ludivine Sagnier, Anaïs Demoustier, Julien Honoré – frère de, ... qui tous interprètent sans incarner), et surtout écrit avec finesse et drôlerie, le spectacle surprend et impressionne ; captive même. Christophe Honoré, entre déférence et mise à distance, remplit son contrat à merveille : à savoir rendre hommage à ce courant littéraire souvent décrié et considéré – à tort – comme un truc d'intellos.

Aurélien Martinez

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"Chambre 212" : la clé des songes

ECRANS | De Christophe Honoré (Fr.-Bel.-Lux., 1h27) avec Chiara Mastroianni, Vincent Lacoste, Camille Cottin…

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Vingt ans après le début de son idylle avec Richard (Benjamin Biolay), Maria (Chiara Mastroianni) quitte le domicile conjugal pour faire le point dans l’hôtel d’en face, chambre 212. La nuit étant propice aux prodiges, Maria est submergée par les fantômes de ses amours du temps jadis, et ceux de son conjoint. Chambre 212 est un peu une version sentimentale (et érotisée) du Christmas Carol de Dickens où le personnage visité par des esprits du passé et se baladant dans des uchronies ne serait plus Scrooge l’avaricieux mais une quadragénaire random en plein cas de conscience. Et où les apparitions – en l’occurrence des doubles de ses amants d’antan – seraient plus désorganisées. Cette fantaisie grave oscillant entre le réalisme cru du drame sentimental et une artificialité assumée, comme elle module du cocasse au bizarre, évoque le cinéma de Blier où tous les temps et destins se superposent dans un cauchemar quantique ; où les personnages coexistent parfois sous divers âges et visages. On ne s’étonnera donc pas que le réalisateur de Merci la vie ! compte parmi les remerciements au géné

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"Plaire, aimer et courir vite" : un peu, pas du tout et pas avec les bonnes chaussures

ECRANS | Pour raconter ses jeunes années entre Rennes et Paris, quand le sida faisait rage, le cinéaste Christophe Honoré use de la fiction. Et les spectateurs se retrouvent face à un pensum dépourvu de cette grâce parfois maladroite qui faisait le charme de ses comédies musicales. En compétition à Cannes 2018.

Vincent Raymond | Vendredi 11 mai 2018

Paris, 1993. Écrivain dans la radieuse trentaine, célibataire avec un enfant, Jacques (Pierre Deladonchamps) a connu beaucoup de garçons. Mais de ses relations passées, il a contracté le virus du sida. Lors d’une visite à Rennes, il fait la connaissance d’Arthur (Vincent Lacoste), un jeune étudiant à son goût. Et c’est réciproque… Il faudrait être d’une formidable mauvaise foi pour, quelques mois après le triomphe de 120 battements par minute, taxer Christophe Honoré d’opportunisme parce qu’il situe son nouveau film dans les années 1990 à Paris – ces années de l’hécatombe pour la communauté homosexuelle, ravagée par le sida. Car Plaire, aimer et courir vite s’inscrit dans la cohérence de sa filmographie, dans le sillage de Non ma fille, tu n’iras pas danser (20

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"Avenir radieux, une fission française" : nucléaire mon désamour

Théâtre | Le centre d'art le Magasin des horizons propose un événement centré sur la question du nucléaire. Avec, le vendredi 22 septembre, la reprise d'une pièce passionnante sur le sujet signée Nicolas Lambert.

Aurélien Martinez | Mardi 19 septembre 2017

Le centre d’art contemporain Le Magasin des horizons est visiblement friand d’événements pluridisciplinaires mettant en jeu de grands débats de société. Comme il le prouve une nouvelle fois avec "No(s) futurs ?", cycle de deux jours centré sur le nucléaire. Au programme, un film d’un duo d’artistes/philosophes/activistes sur Fukushima, une rencontre avec un fermier qui a décidé de rester sur les lieux de la catastrophe ou encore, et voilà pourquoi cet article se retrouve en rubrique théâtre, la reprise de la pièce Avenir radieux, une fission française. Soit un spectacle qui a connu un immense succès depuis sa création en 2011, du fait de la pertinence de son propos et de l’intelligence de son concepteur Nicolas Lambert, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview en 2013.

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"Le Maniement des larmes" de Nicolas Lambert à Villard-Bonnot

SCENES | Après Elf, la pompe Afrique (sur le pétrole) en 2004 et Avenir radieux, une fission française (sur le nucléaire) en 2011, deux spectacles dont on avait dit le (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 mai 2016

Après Elf, la pompe Afrique (sur le pétrole) en 2004 et Avenir radieux, une fission française (sur le nucléaire) en 2011, deux spectacles dont on avait dit le plus grand bien dans nos colonnes, Nicolas Lambert vient tout juste de créer Le Maniement des larmes, dernier volet de sa trilogie Bleu-Blanc-Rouge cette fois-ci consacré à l’armement. Nous n’avons pas pu le voir avant son passage ce jeudi 12 mai par l’Espace Aragon, mais on en attend beaucoup. Nicolas Lambert : « Le Maniement des larmes » from Là-bas si j'y suis on Vimeo.

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Lundi 18 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables que sont Les Malheurs de Sophie, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes (ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du

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Mélodie Richard : l’actrice

Théâtre / portrait | Depuis trois ans, Mélodie Richard enchaîne les expériences prestigieuses, tant au théâtre qu’au cinéma. À l’affiche cette semaine des "Revenants", la dernière pièce du metteur en scène Thomas Ostermeier, elle apparaît une nouvelle fois comme l’une des comédiennes les plus passionnantes de sa génération, promise à une belle carrière. Ça valait bien un portrait.

Aurélien Martinez | Mardi 4 février 2014

Mélodie Richard : l’actrice

Fin du printemps 2011. Un spectacle, créé au Théâtre de Vidy à Lausanne (et présenté en 2012 à la MC2), commence à faire parler de lui. Il s’agit de Salle d’attente du metteur en scène polonais Krystian Lupa, sur un texte fort du Suédois Lars Norén centré sur plusieurs figures en errance sociale. Une pièce montée avec des jeunes diplômés de grandes écoles de théâtre francophones qui permet au public de découvrir celle qui se retrouve en une, cette semaine, du Petit Bulletin : la comédienne Mélodie Richard. Sa présence, à la fois magnétique et vaporeuse, nimbe la création d’un mystère captivant, notamment grâce à un costume rouge vif (photo) qui la démarque du groupe. Surtout, quand certains de ses camarades de jeu forcent le trait pour rendre crédible leurs personnages de marginaux, elle incarne littéralement cette poétesse lunaire, sans en rajouter. Un rôle décisif qui lui permet ensuite de croiser d’autres metteurs en scène de renom comme Thomas Osteirmeier ou Christophe Honoré. Mais remontons d’abord le fil

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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« Avoir un regard de péquenot moyen »

SCENES | Un spectacle sur le nucléaire pourrait être rébarbatif ou trop technique. "Avenir radieux, une fission française" de Nicolas Lambert est tout le contraire : un documentaire théâtral passionnant qui plonge les spectateurs dans les arcanes de la politique nucléaire française tout en prenant soin de ne jamais les perdre en route. Pleins d’enthousiasme, on est partis à la rencontre de son interprète et metteur en scène, déjà à l’origine de l’explosif "Elf, la pompe Afrique". Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 31 janvier 2013

« Avoir un regard de péquenot moyen »

Un artiste est libre de se pencher sur le sujet de son choix, du plus intime au plus politique. Le metteur en scène et acteur Nicolas Lambert, formé à la philosophie et adepte d’un « théâtre de l’action », a décidé de se confronter aux maux récents de la politique française que sont selon lui le pétrole, le nucléaire et l’armement. Le pétrole, c’était en 2004 dans Elf, la pompe Afrique, premier volet de sa trilogie qui rencontre toujours un grand succès. Avant un dernier volet sur l’armement (qu’il écrit en ce moment), il présente cette semaine dans trois salles de l’agglo Avenir radieux, une fission française, spectacle de 2011 centré sur la thématique du nucléaire. Avec une rigueur journalistique implacable et un sens de l’interprétation efficace, Nicolas Lambert incarne sur scène une vingtaine de protagonistes de l’histoire nucléaire française, des hommes politiques (VGE, Sarkozy, ...) aux technocrates dévoués, en passant par divers personnages de l’ombre (les plus intéressants). Une aventure intelligente, qui appuie avec finesse là où ça fait mal

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La fabuleuse histoire du nucléaire

SCENES | Trois passages cette saison pour Avenir radieux, une fission française, deuxième volet de la (future) trilogie « bleu blanc rouge » de Nicolas Lambert (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 5 septembre 2012

La fabuleuse histoire du nucléaire

Trois passages cette saison pour Avenir radieux, une fission française, deuxième volet de la (future) trilogie « bleu blanc rouge » de Nicolas Lambert consacrée aux « produits du terroir ». Après Elf, la pompe Afrique, spectacle à succès qui porte bien son nom, et avant une troisième création sur l’industrie de l’armement, Nicolas Lambert s’attaque au sujet sensible du nucléaire, et à la construction depuis une soixantaine d’années du mythe qui l’entoure (une énergie propre, sûre, qui permet l’indépendance énergétique...). Il incarne tout un tas de personnages, du politicien au directeur de la filière nucléaire française, en passant par le citoyen lambda ou encore le journaliste, pour cerner au plus près son objet d'étude. Le tout en retranscrivant mot à mot les discours des acteurs en présence, issus de coupures de presse, d’archives télévisées, ou encore de verbatims. On croise donc sur scène Sarkozy vantant ses choix énergétiques, VGE expliquant en 1980 que le nucléaire n’est responsable d’aucun mort, ou d’autres hommes moins connus mais essentiels pour appréhender les véritables questions. Ainsi, quand Nicolas Lambert campe Pierre Guillaum

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Les Bien-aimés

ECRANS | De Christophe Honoré (Fr, 2h15) avec Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier…

François Cau | Mardi 12 juillet 2011

Les Bien-aimés

Une mère et sa fille. Dans les années 60, la mère (Ludivine Sagnier) fait la pute pour se payer des chaussures et tombe amoureuse d’un médecin tchèque qu’elle quitte au moment du Printemps de Prague. Au début des années 2000, la fille (Chiara Mastroianni) s’éprend d’un gay malade du sida, tandis que la mère (Catherine Deneuve) retrouve son amant de l’époque (Milos Forman). Plus que jamais, le cinéma de Christophe Honoré joue de la référence (Truffaut et ses romans cinématographiques sont les grands parrains du film) mais aussi de l’autoréférence : comme dans Les Chansons d’amour, Alex Beaupain a composé de pénibles intermèdes musicaux, sans doute ce qu’il y a de moins bien dans le film. Pénible aussi, la capacité d’Honoré dialoguiste à mettre dans la bouche de ses acteurs un texte bourré de poncifs sentencieux sur l’amour, la vie, le temps qui passe. Ratée enfin, l’évocation de l’époque : la reconstitution au début donne une sensation désagréable d’entre-deux, ni rigoureuse, ni fantaisiste, et quand le 11 septembre passe par là, on change vite de chaîne. Si Les Bien-aimés s’avère toutefois supérieur aux précédents Honoré, c’est grâce à l’énergie

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Homme au bain

ECRANS | De Christophe Honoré (Fr, 1h12) avec François Sagat, Chiara Mastroianni…

François Cau | Lundi 8 novembre 2010

Homme au bain

On ne voit que le scandaleux film de Valérie Donzelli La Reine des pommes pour égaler au prix du foutage de gueule 2010 cet Homme au bain du multirécidiviste Christophe Honoré. Il détourne ici une commande de court-métrage du Théâtre de Gennevilliers (et de son directeur, le redoutable Pascal Rambert : association de malfaiteurs !) tournant autour de l’acteur porno gay François Sagat pour en tirer un long grossièrement cousu avec un home movie en DV de la présentation new-yorkaise de Non ma fille tu n’iras pas danser (d’où la présence de Chiara Mastroianni !). Dans Homme au bain, il n’y a qu’une seule idée : faire du viril Sagat un amoureux fragile — ce qui ne l’empêche pas de rentrer dans tout ce qui bouge de sexe masculin, pendant que son ex jette son dévolu sur un soi-disant sosie d’Al Pacino. Le tous à poil général tient lieu de scénario, de mise en scène et de dialogue, agrémenté de deux moments politiques qui devraient logiquement faire rougir de honte l’auteur, en service commandé pour le PS. Ce cinéma français fier d’être vide, qui ne se regarde plus le nombril mais la bite, est pire que nul ; il est non avenu. CC

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Homme au bain

ECRANS | De Christophe Honoré (Fr, 1h12) avec François Sagat, Chiara Mastroianni…

François Cau | Vendredi 17 septembre 2010

Homme au bain

On ne voit que le scandaleux film de Valérie Donzelli La Reine des pommes pour égaler au prix du foutage de gueule 2010 cet Homme au bain du multirécidiviste Christophe Honoré. Il détourne ici une commande de court-métrage du Théâtre de Gennevilliers (et de son directeur, le redoutable Pascal Rambert : association de malfaiteurs !) tournant autour de l’acteur porno gay François Sagat pour en tirer un long grossièrement cousu avec un home movie en DV de la présentation new-yorkaise de Non ma fille tu n’iras pas danser (d’où la présence de Chiara Mastroianni !). Dans Homme au bain, il n’y a qu’une seule idée : faire du viril Sagat un amoureux fragile — ce qui ne l’empêche pas de rentrer dans tout ce qui bouge de sexe masculin, pendant que son ex jette son dévolu sur un soi-disant sosie d’Al Pacino. Le "tous à poil" général tient lieu de scénario, de mise en scène et de dialogue, agrémenté de deux moments politiques qui devraient logiquement faire rougir de honte l’auteur, en service commandé pour le PS. Ce cinéma français fier d’être vide, qui ne se regarde plus le nombril mais la bite, est pire que nul ; il est non avenu.CC

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La belle personne

ECRANS | De Christophe Honoré (Fr, 1h30) avec Léa Seydoux, Louis Garrel…

François Cau | Vendredi 12 septembre 2008

La belle personne

De Christophe Honoré (Fr, 1h30) avec Léa Seydoux, Louis Garrel… Alors certes, l’intention ne manque pas d’un adorable panache quasi juvénile (démontrer que, contrairement à ce que prétend l’actuel chef de l’État, La Princesse de Clèves demeure pertinent à l’heure d’aujourd’hui), mais force est d’admettre que monsieur Honoré est en plein relâchement. En fait d’adaptation post-moderne du texte de Madame de Lafayette, Christophe Honoré nous livre ici un menu best-of assez indigeste de son cinéma (intermède chanté écrit par Alex Beaupain en option), ce qui ne nous aurait pas forcément déplu si le film avait moins donné l’impression d’avoir été bâclé, dans un souci assez cynique de capitalisation sur ses (maigres) acquis. Cadres foutraques, photo littéralement dégueulasse, dialogues à la limite de l’audible, confrontations à peine effleurées des niveaux de langage, inanité de la transposition contemporaine, le film nage dans un marasme artistique total. FC

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