Explosion théâtrale

Aurélien Martinez | Mardi 3 septembre 2013

Photo : Victor Tonelli


C'est du théâtre. Mais aussi un opéra. C'est du théâtre-opéra ? Sans doute, même si le genre, finalement, on s'en balance. Il faut simplement retenir que ce Crocodile trompeur est à voir. Aux commandes, Jeanne Candel, que l'on croisa dans le collectif La Vie brève, et Samuel Achache, comédien issu du feu collectif D'ores et déjà – oui, ceux qui livrèrent en 2009 Notre terreur, l'un de nos spectacles préférés du monde entier (vu à la MC2 en 2011). Un duo qui a librement revisité le Didon & Énée de Purcell (une bien triste histoire d'amour). Sur scène, les acteurs sont fabuleux, énergiques à souhait, notamment dans les moments les plus loufoques – ah, la visite d'un corps humain par des médecins so british dans la première partie. Et quand ils se lancent dans des envolées lyriques, comme la grande Judith Chemla (ancienne pensionnaire de la Comédie-Française, vue au cinéma notamment dans Camille redouble), on est stupéfaits par leur maîtrise technique. On pourrait encore en écrire des tonnes, tant ce spectacle fourmille d'inventivité. On en reparlera donc plus longuement en temps voulu. AM

Le Crocodile trompeur, du mercredi 4 au samedi 7 décembre, à la MC2


Le Crocodile trompeur / Didon et Énée

D'après l'opéra d'Henry Purcell et d'autres matériaux, ms Samuel Achache et Jeanne Candel, direction musicale Florent Hubert. Didon et Énée, créé à la fin du XVIIe siècle, est composé sur un livret de Nahum Tate, lui-même inspiré de l’Énéide de Virgile. Ces réécritures successives dans l’histoire de l’oeuvre ont encouragé l’équipe du Crocodile trompeur à interpréter librement le drame passionnel vécu par Didon, reine de Carthage : cette si grande difficulté à vivre un amour qui s’en va.
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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« Éviter l’ennui »

SCENES | "Le Crocodile trompeur" est une relecture du "Didon et Énée" de Purcell mixant les codes de l’opéra et du théâtre. Une création drôle, inventive et réjouissante défendue par une équipe artistique qui, mine de rien, insuffle un grand vent d’air frais dans le vaste monde du spectacle vivant. Rencontre avec la metteuse en scène Jeanne Candel, et critique. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 28 novembre 2013

« Éviter l’ennui »

C’est l’histoire de deux comédiens-metteurs en scène qui décident, un jour, de monter un opéra avec les codes du théâtre. Pourquoi pas le Didon et Énée de Purcell, une tragique histoire d’amour ? Oui, pourquoi pas, en effet... Qu’importe si l’on touche là à une pièce phare d’un domaine (l’opéra) moins enclin que d’autres (le théâtre par exemple) à valider béatement toutes les excentricités de jeunes bien décidés à asséner un bon coup aux conventions. Sauf que Jeanne Candel, qui a mis en scène ce Didon et Énée avec Samuel Achache, joue la carte de l’humilité. « On n’a pas réfléchi comme ça... On s’est plutôt demandé comment retravailler et réécrire ce monument de la mémoire collective. Dans les opéras, je me suis souvent dit que je trouvais la musique et les interprètes sublimes, mais qu’au niveau de ce qui était représenté, la musique était toujours plus puissante que le reste. » D’où l’idée de prendre l’œuvre en la triturant, en l’amputant de certains de ses membres lyriques, quitte à en rajouter d’autres plus théâtraux. En résulte la proposition Le C

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SCENES | Œuvre baroque du compositeur anglais Henry Purcell datant de 1689, Didon et Énée narre la tragique histoire de Didon, la reine de Carthage abandonnée par (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 28 novembre 2013

Crocodile dandy

Œuvre baroque du compositeur anglais Henry Purcell datant de 1689, Didon et Énée narre la tragique histoire de Didon, la reine de Carthage abandonnée par un homme plus préoccupé par sa destinée que ses sentiments. Tout en complaintes et lamentations lyriques statiques, cet opéra est inspiré de l'épisode carthaginois présent dans l’Énéide, épopée du poète latin Virgile. Un matériau qui, a priori, n’a rien de très rock, mais qui, dans les mains des metteurs en scène Jeanne Candel et Samuel Achache, se transforme en opéra-théâtre déjanté et joyeusement bricolé. Tout commence par une sorte de conférence donnée par le clarinettiste et saxophoniste Florent Hubert, qui s’est aussi occupé de la direction musicale de l’ensemble : il parle d’abord de musique, puis dévie très vite (il évoquera même l’harmonie des sphères). Avant que le rideau ne s’ouvre sur les ruines de Carthage, figurées par un amoncellement de bric et de broc – la scénographie, nous dit-on, est inspirée du tableau L'Ouïe du peintre flamand Brueghel. Quant à la partition de

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La méthode D'ores et déjà

SCENES | En deux spectacles, tous deux programmés à la MC2, le collectif D’ores et déjà a imposé son nom et sa patte dans le monde très codifié du théâtre. Avec une vision décomplexée de cet art on ne peut plus vivant entre leurs mains. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 11 mars 2011

La méthode D'ores et déjà

Vincent Macaigne, Julie Bérès, le collectif D’ores et déjà… Il faut savoir s’enflammer avec fougue lorsque nous arrivent des propositions audacieuses et tranchées mises en branle par des artistes exigeants et novateurs. Des hommes et des femmes de théâtre qui redonnent de la splendeur à cette sphère dramatique actuelle composée d’excellents artisans prolifiques néanmoins peu enclins à la prise de risque – toujours les mêmes auteurs, les mêmes façons de procéder… Car le collectif D’ores et déjà – puisque c’est de lui qu’il s’agit cette semaine –, fondé en 2002 par quatre amis (ils sont beaucoup plus aujourd’hui), a insufflé un vent d’air frais bienvenu sur les scènes hexagonales, d’où le succès critique et public assez impressionnant de Notre terreur, leur dernière création en date. Un succès notamment dû à leur façon de faire, fougueuse et intuitive. Explications de Samuel Achache, l’un des membres du crew : « À partir du

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