La tentation du théâtre

SCENES | C’était la révélation du Festival d’Avignon 2013. Une adaptation improbable et inespérée des "Particules élémentaires", deuxième roman de Michel Houellebecq qui contient tous les autres. Le genre de spectacle qu'on aime voir avec une mise en scène au service d'un texte où l'énergie n'est pas le seul moteur. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Photo : Simon Gosselin


Des paroles et des actes. À voir les nombreuses créations de la jeune génération de metteurs en scène au cours de ces dernières années, il semblerait que l'écriture théâtrale classique dialoguée ne soit plus un prérequis. Pièce emblématique de ce constat : Les Particules élémentaires, événement à plus d'un titre. 

Houellebecq n'a pas quarante ans quand il écrit son deuxième roman, hybride à deux têtes où, à travers les vies de deux frères, l'une hippie, l'autre trop calibrée, se dessinent le désenchantement, l'annihilation du bonheur et l'avènement du clonage scientifique. Véritable gifle, sans concession avec son époque mais parcouru par un souffle romanesque évident, ce livre n'avait jamais été porté à la scène en France alors que nos voisins européens (et notamment les Allemands) s'en sont depuis longtemps délectés.

En 3h40 

Il a fallu attendre que Julien Gosselin sorte de l'école du Théâtre du Nord, à Lille. L'an dernier, dès son deuxième spectacle, à vingt-six ans, il a pris à bras le corps ce bouquin paru alors qu'il n'était encore qu'au collège. Et il ne l'a pas fait en catimini mais lors du festival le plus médiatisé qui soit : Avignon. En 3h40, avec dix comédiens et un musicien au plateau. Bien sûr, sa mise en scène contient des marqueurs de son temps parfois trop prévisibles : des micros HF sur les acteurs, de la vidéo (mais pas trop), quelques corps dénudés (comment peut-il en être autrement avec Houellebecq ?). 

Mais Gosselin a su ne pas tomber dans la caricature : s'il singe presque l'écrivain, incarné au plateau dans son inusable parka, il sait aussi ralentir le rythme de son spectacle pour se focaliser sur la relation de duos de personnages laissant affleurer des émotions fortes, voire des larmes. Et faire rejaillir la puissance de cette œuvre qui contient toutes celles à venir de l'auteur.

Les Particules élémentaires, du mardi 10 au samedi 21 mars, à la MC2


Les particules élémentaires

Texte de Michel Houellebecq, ms Julien Gosselin
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Joueurs, Mao II, Les Noms" : Julien Gosselin, marathon man

Théâtre | Dix heures de théâtre orchestrées par l’une des figures du spectacle vivant français les plus passionnantes, c’est ce que propose la MC2 samedi 1er et dimanche 2 février. Une pièce-fleuve titrée "Joueurs, Mao II, Les Noms", et surtout une véritable expérience de spectateur comme presque seul le metteur en scène Julien Gosselin en est capable aujourd’hui.

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

Quand Julien Gosselin parle de théâtre (dans ses interviews notamment – on l’a plusieurs fois interrogé dans ces pages), le mot défi revient souvent. C’est que le trentenaire à l’ascension fulgurante (ses trois dernières créations ont fait le buzz dans le très chic Festival d’Avignon) n’est pas de ceux qui choisissent de simplement monter de grandes pièces maintes fois entendues sur les planches. Lui s’intéresse plutôt à la forme romanesque contemporaine, de surcroît celle qui est dense, ample… et semble, sur le papier, insurmontable – d’où l’idée de défi. Après Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, immense réussite qui l’a révélé en 2013, et 2666 du Chilien Roberto Bolaño en 2016, Julien Gosselin s’est confronté cette fois à trois textes de l’États-Unien Don DeLillo qui brassent des questions très larges et actuelles – capitali

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Julien Gosselin : « C’est sûr que "2666" n’est pas très gai ! »

Théâtre / Interview | Julien Gosselin, jeune metteur en scène qui nous avait subjugués avec sa vision des "Particules élémentaires" de Michel Houellebecq, revient aux affaires avec une nouvelle adaptation théâtrale d’un roman phare. Cette fois-ci le "2666" du Chilien Roberto Bolaño, grande fresque de plus de 1000 pages où se croisent divers personnages et intrigues sur fond d’apocalypse à venir. En découle un spectacle-fleuve (douze heures) qui se vit comme une aventure. Interview.

Aurélien Martinez | Lundi 9 janvier 2017

Julien Gosselin : « C’est sûr que

Après avoir adapté sur scène Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, vous vous êtes attaqué à un autre roman : 2666 du Chilien Roberto Bolaño. Pourquoi ce choix ? Julien Gosselin : Avec Les Particules, j’avais l’impression d’avoir commencé un travail sur la transposition de la littérature romanesque sur une scène de théâtre. Je voulais encore me confronter à une littérature qui ouvre un maximum de portes, comme celle de Houellebecq. En cherchant quelque chose qui soit encore un défi pour la compagnie, quelque chose de puissant, de massif, je suis assez rapidement tombé sur Bolaño: quand j’ai lu 2666, j’ai eu comme un choc. J’ai trouvé ça à la fois très compliqué, pas du tout théâtral ne serait-ce que par l’absence presque totale de dialogues dans certaines parties, et en même temps j’ai eu très vite la sensation qu’il fallait le faire. Les deux romans sont différents mais ont comme point commun d’être ancrés dans notre époque et de ne pas

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Étudiants, au spectacle !

Numéro étudiant | « En trouvant super naze de mettre les gens dans des cases » chantait Vincent Delerm dans son morceau "Catégorie Bukowski". Ouais, on a des références au PB. Et on n’obéit pas forcément au chanteur en livrant une sélection on ne peut plus subjective de spectacles à voir selon le cursus suivi par vous autres étudiants. Sachant que tout le monde est libre de sortir des cases !

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2016

Étudiants, au spectacle !

Pour les étudiants en sciences Max Bird On en a déjà parlé précédemment, on en remet une couche : l’humoriste Max Bird, qui « pense être, dans l’âme, plus un scientifique qu’un humoriste », est excellent dans son Encyclo-spectacle. Excellent et également passionnant quand il parle des dinosaures ou encore des effets de l’alcool sur le corps humain. De l’humour intelligent donc, avec en plus la possibilité pour les chercheurs en herbe de causer avec l’artiste après la représentation – enfin, on s’engage peut-être un peu trop, mais c’est souvent ce qui se fait à la Basse cour. À la Basse cour du jeudi 6 au samedi 8 octobre _______ Pour les étudiants en économie Celui qui tombe Adam Smith et consorts, c’est sympa mais bon, l’histoire de la manufacture d’

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Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

LA 432 « Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l’on a classé en théâtre parce qu’il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c’est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n’hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif ! Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre ________ Fables Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s’amusent véritablement à camper les différents animaux

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Théâtre | Julien Gosselin, metteur en scène de l'adaptation flamboyante des "Particules élémentaires" de Michel Houellebecq, revient avec nous sur certaines étapes de création du spectacle. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 mars 2015

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Pourquoi avoir choisi d’adapter un roman de Michel Houellebecq, et pourquoi ce roman en particulier ? Julien Gosselin : Les précédents spectacles de la compagnie étaient des mises en scène de textes de théâtre et non des adaptations, mais on avait quand même envie de mélanger plusieurs types d’énonciations théâtrales – appelons ça comme ça ! Des moments de narration, des moments de dialogues plus classiques, des moments techniques – là, avec Houellebecq, c’est sur la sexualité et la science… D’où l’idée d’adapter un roman pour créer notre propre théâtre et ne pas être dépendants de pièces de théâtre. Quant à Houellebecq, j’adore ses livres depuis que je suis adolescent. Tout naturellement, je suis donc allé chercher de son côté. Et pour le texte, Les Particules élémentaires me semblait être son ouvrage le plus évident et le plus riche vu ce que l’on recherchait théâtralement. Même si je ne dis pas que c’est son meilleur livre – d’ailleurs, je ne sais pas quel est son meilleur livre !

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SCENES | À tout juste 27 ans, le metteur en scène Julien Gosselin donne à voir avec sa version théâtrale des "Particules élémentaires" à quel point l’écrivain Michel Houellebecq creuse depuis vingt ans un même sillon désenchanté. Créée en 2013 à Avignon, voilà enfin livrée à domicile cette adaptation fidèle, énamourée et passionnante de ce grand roman d’anticipation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 10 mars 2015

Dans la peau de Michel Houellebecq

Quand en 1998 sort Les Particules élémentaires, Michel Houellebecq n’est pas encore une figure publique. Julien Gosselin, qui met en scène pour la première fois en France ce texte, a lui à peine dix ans. À l'époque, la lucidité (le cynisme diront certains) qui irradie de ce roman est une anomalie parmi les écrivains hexagonaux contemporains. Il y en a certes de très grands (Carrère, Modiano, Le Clézio…), mais aucun n’embrasse la société dans son ensemble comme Houellebecq, capable d’insuffler un vrai souffle narratif à des propos sans concession sur son époque. Le mérite premier de Julien Gosselin et son collectif Si vous pouviez lécher mon cœur est de faire éclater à nouveau la qualité et la profondeur de ces Particules hautement autobiographiques, revendiquant l'hommage au point que l'auteur est doublement présent dans la pièce : sous la forme du personnage de Michel et sous celle d’un narrateur, saisissant double physique de l’écrivain. En s’emparant du théâtre-récit, en acceptant donc sans rougir de

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Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

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Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman) Succès du Festival d’Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l’événement théâtral de l’année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s’inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort. 04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr Pour les "tendance" Christine and The Queens, c’est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l’heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

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