Tonnerre sous les tropiques

ECRANS | Des acteurs égocentriques tournent un film de guerre opportuniste, mais la fiction est dépassée par la réalité. Un jeu de massacre satirique et hilarant signé Ben Stiller. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 10 octobre 2008

C'est le genre de folie que s'offre Hollywood de temps en temps. Steven Spielberg et John Mac Tiernan l'avaient fait avec 1941 et Last action hero, et l'avaient payé cher. Beaucoup prédisaient la même chose à Tonnerre sous les tropiques… Non seulement Ben Stiller a sauvé sa peau au box-office mais il va être difficile de faire comme si cette tornade hilarante n'existait pas la prochaine fois qu'on nous refourguera une superproduction débile. Mettre à nu les câbles énormes derrière le cinéma américain pour s'en moquer et moquer, au passage, le pays qui l'abrite : voilà le projet de ce blockbuster parodique.

Tonnerre sous les tropiques est l'adaptation d'un livre sur le Viêt Nam retraçant l'expérience de Four-leaves, revenu du merdier avec deux mains en moins. Pour interpréter les membres de son commando, on a réuni un yakayo en perte de vitesse (Stiller), un comique héroïnomane (Jack Black, célèbre grâce à La famille Prout !), un acteur australien adepte de la Méthode (Robert Downey Jr, qui s'est fait dépigmenter la peau pour jouer un sergent noir), une vedette du rap ayant pris comme pseudo Alpa Chino (Brandon Jackson) et un geek puceau (Jay Baruchel). Le tournage est un naufrage, les caprices des vedettes et l'incompétence du réalisateur font exploser le budget. Du coup, rien de tel qu'une vraie guerre pour remotiver ces tocards égocentriques.

Tempête du désert intellectuel

Attaquant à la kalachnikov les codes du film de guerre, mais aussi tout ce qui relève de l'arnaque hollywoodienne (notamment les rôles de handicapés pour gagner un oscar), Stiller tricote aussi un commentaire mordant sur l'actualité politique : Four-Leaves, patriote bidon et mythomane, est un mélange de Bush et de MacCain, mais le souci égalitaire du blanc envers le noir — en fait une enfilade de clichés racistes, en dit long sur le soutien d'Hollywood à Barack Obama.

Personne ne sort donc indemne de ce jeu de massacre, carnaval de personnages aux identités brouillées au-delà de leur rôle à l'écran, sauf le cinéma de Stiller. Car Tonnerre sous les tropiques est une proposition brillante qui critique les écrans de la télé, du clip et de la pub en les intégrant au cœur même de son intrigue. Comme si une guerre des images se jouait derrière cette vraie-fausse guerre… Une VHS brandie comme un trophée par un chef de guerre de dix ans suggère d'ailleurs que la seule arme de destruction massive, ce sont les produits frelatés de l'usine à rêves. Mieux vaut en rire !

Tonnerre sous les tropiques
De et avec Ben Stiller (ÉU, 1h48) avec Robert Downey Jr, Jack Black…

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Robert Downey Jr. : « je suis un homme à chats »

Le Voyage du Dr Dolittle | Avenant mais peu loquace, Robert Downey Jr. est venu brièvement à la rencontre de la presse pour présenter son nouveau personnage, le Dr Dolittle.

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Robert Downey Jr. : « je suis un homme à chats »

Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce nouveau personnage de scientifique atypique ? Robert Downey Jr. : Cela fait plus de dix ans que je fais des films où les enfants se cachent les yeux lorsqu’apparaissent les aliens. Je me suis dit qu’il était temps que je fasse un film de famille : je n’en avais jamais fait. Et je vois que tout le monde s’y amuse. WC Fields disait qu’il ne fallait jamais jouer avec un enfant ni avec un animal. Or vous partagez l’affiche avec deux jeunes partenaires et un zoo complet. Est-ce que vous aviez envie de relever un défi punk ou de donner tort à Fields ? Oh, Fields ! C’était un dingue — un doux dingue ! Et apparemment, il disait ça aussi des téléphones et de la nourriture, alors… Après avoir côtoyé — par écran interposé — tout ce bestiaire, quel est votre animal préféré ? Je suis un homme à chats. Totalement. Et donc, dans le film, j’aime Barry le tigre, parce qu’il est complètement barré.

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Parle à mon zoo, ma reine est malade : "Le Voyage du Dr Dolittle"

Comédie | Reclus en son domaine depuis la disparition de son épouse bien-aimée, le Dr Dolitlle (qui a le pouvoir de parler aux animaux) est appelé au chevet de la Reine d’Angleterre, gravement malade. Découvrant qu’elle a été empoisonnée, il part en quête d’une plante légendaire pour la sauver…

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Parle à mon zoo, ma reine est malade :

Troisième avatar cinématographique du personnage (extravagant par nature) créé par Hugh Lofting, ce Dolittle a été cousu sur mesure pour Robert Downey Jr., puisque le comédien campe un scientifique aussi aventureux qu’auto-destructeur, dont la mélancolie est mâtinée par un goût certain pour la dérision. Le rôle constitue une suite logique (et en redingote) aux aventures de son Iron-Man, dans un décor paradoxalement plus “disneyen“ que celui de la franchise Marvel — la séquence animée qui ouvre le film lui confère d’ailleurs une aura vintage de merveilleux enfantin. Dans ce festival de FX virtuose, où décors et personnages secondaires sont engendrés par numérique, Downey Jr. se trouve en pays de connaissance : devant le fond vert d’un studio. Près de trente ans après le film qui l’a consacré, Chaplin, on sourit en constatant que le comédien a effectué une part non négligeable de sa carrière sous le signe du mime. Ce Voyage n’en est pas moins trépidant et si le conte s’avère plaisan

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La fin justifie les grands moyens : "Avengers : Endgame"

Marvel | Les Avengers s’unissent pour défaire l’œuvre destructrice de Thanos. Après un "Infinity War" en mode “demande à la poussière“, ce "Endgame" boucle (quasiment) par un grand spectacle philosophique la troisième phase de l’Univers cinématographique Marvel.

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

La fin justifie les grands moyens :

Après que Thanos a, grâce au gantelet orné des six Pierres d’Infinité, exterminé la moitié des êtres de l’univers, les Avengers survivants tentent de se rassembler. Il faudra attendre cinq ans que Ans-Man sorte accidentellement de l’infiniment petit quantique, pour que Tony Stark accepte de joindre ses forces à leur plan fou : remonter dans le temps afin d’empêcher Thanos de s’emparer des Pierres… Où l’ensemble des fils et arcs narratifs laissés en suspens depuis 21 films et trois phases par les différentes franchises Marvel sont appelés à se boucler. Mais de même qu’« il faut savoir finir une grève » comme disait Thorez, mettre un terme à un cycle ne s’improvise pas. Avengers : Infinity War (2018) avait laissé entrevoir une bienheureuse inflexion dans la série : à la surenchère de combats de colosses numériques entrelardés de punchlines boutonneuses (Captain America Civil War), avait succédé une dimension plus sombre, volontiers introspective grâce à l’intégration de Thanos. Un antagoniste moins manichéen qu’il y semblait, semant

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While We’re Young

ECRANS | Après Frances Ha, Noah Baumbach continue d’explorer le New York branché et sa bohème artistique, transformant "Solness le constructeur" d’Ibsen en fable grinçante et néanmoins morale où des bobos quadras se prennent de passion pour un couple de jeunes hipsters. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 juillet 2015

While We’re Young

Quarante ans, toujours pas parents ; Josh et Cornelia — couple inattendu mais crédible formé par Ben Stiller et Naomi Watts — sont en pleine crise. Tandis que leurs amis BoBos new-yorkais s’assurent une descendance, eux semblent frappés de stérilité. Celle-ci n’est pas seulement sexuelle, elle est aussi créative, en particulier pour Josh, en galère pour terminer un documentaire fleuve qui, manifestement, n’intéresse que lui. Jusqu’au jour où ils rencontrent Jamie et Darby — Adam Driver et Amanda Seyfried, prototypes de hipsters ayant fait de la bohème une règle de vie. À leur contact, Josh et Cornelia trouvent une seconde jeunesse, revigorés par ce couple qui semble vivre dans un présent perpétuel. Noah Baumbach se livre alors à une comédie de mœurs contemporaine, même s’il s’inspire très librement d’une pièce vieille d’un siècle — Solness le constructeur d’Ibsen. Le ton y est mordant et le monde actuel en prend pour son grade : tandis que Josh se débat avec son portable, ses CD et son appartement design, Jamie ne jure que par les vinyles, les VHS et le mobilier vintage. La jeunesse s’empare des objets ringards de ses aînés et les rends

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La Vie rêvée de Walter Mitty

ECRANS | Ben Stiller passe à la vitesse supérieure en tant que réalisateur avec ce modèle de comédie romantique d’une classe visuelle permanente, où il s’agit de faire d’un héros du quotidien le vestige d’une époque en train de disparaître. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 décembre 2013

La Vie rêvée de Walter Mitty

Que se serait-il passé si Walter Mitty, plutôt que d’envoyer un poke sur un site de rencontres à sa collègue de bureau, l’avait simplement abordée dans la vraie vie ? Rien d’exceptionnel sans doute, et c’est sur ce gouffre initial que se bâtit toute l’ampleur romanesque mais aussi toute la philosophie de La Vie rêvée de Walter Mitty, cinquième film de Ben Stiller derrière une caméra, le plus abouti, le plus étonnant aussi. Mitty, que Stiller incarne avec un sens exceptionnel du tempo qu’il soit comique ou dramatique, est un monsieur tout le monde tel que Capra aimait les peindre. De Capra à Capa, il n’y a qu’un pas que le film franchit en le faisant travailler au service photo de Life, institution de la presse américaine sur le point de déménager en ligne, décision prise par une bande d’idiots cravatés et barbus — c’est tendance — entraînant le licenciement d’une partie des salariés. Mitty doit gérer l’ultime couverture du journal, réalisée par un photographe légendaire et solitaire, lui aussi aux prises avec la grande mutation du XXIe siècle : il refuse le numérique et n’aime que l’argentique. Sauf qu’il n’a pas fait parvenir le cli

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Iron Man 3

ECRANS | Ce troisième volet des aventures de Tony Stark n’est pas à la hauteur des deux précédents, et l’arrivée de Shane Black derrière la caméra s’avère plutôt contre-productive, partagé entre retrouver son mauvais esprit des années 80 et s’inscrire dans une ligne post-"Avengers". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 avril 2013

Iron Man 3

Les deux premiers Iron Man avaient séduit par leur sens du contre-courant : à une époque où les super-héros au cinéma se devaient d’avoir une névrose intime et où le réalisme à la Nolan commençait à faire école, Jon Favreau, pourtant pas le cinéaste le plus fin de la terre, avait fait de Tony Stark un homme sans états d’âme, déconneur et flambeur, œuvrant pour la bonne cause comme un industriel exploiterait un marché juteux. Surtout, Iron Man se confondait avec son acteur, Robert Downey Jr, dont le débit mitraillette et la décontraction affichée avaient dans le fond plus de poids que la lourde armure qui le transformait en justicier. Une sorte de héros cool et pop dont ce troisième volet ne sait plus tellement quoi faire… Shane Black, scénariste culte dans les années 80 et 90, réputé pour son esprit badass et ses vannes provocatrices, par ailleurs auteur d’une très bonne comédie policière déjà avec Downey Jr, Kiss Kiss Bang Bang, a été appelé à la rescousse de la franchise, et se retrouve avec un fardeau à porter : faire le premier film de super-héros

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Date limite

ECRANS | De Todd Phillips (ÉU, 1h35) avec Robert Downey Jr, Zach Galifianakis…

Christophe Chabert | Lundi 8 novembre 2010

Date limite

À la fois buddy movie et road movie, "Date limite" est à "Very bad trip" ce que "Funny People" était aux précédents films de Judd Apatow : une variation douce-amère, moins drôle mais plus profonde. Peter, un architecte propre sur lui (Downey Jr, sobre, remarquable) et Ethan, un hurluberlu qui veut devenir acteur à Hollywood (Galifianakis, mélange détonnant de lourdeur et de subtilité) doivent tailler la route ensemble, entre coups de gueule et coups de blues. Détail qui donne tout son sens à cette rencontre de fiction : Peter va devenir père et Ethan promène les cendres du sien dans un paquet de café. Le scénario orchestre des variations autour de ce thème, certaines réussies (les deux gamins turbulents de Juliette Lewis), d’autres avortées (la sous-intrigue avec Jamie Foxx, à la conclusion expéditive). "Date limite" parvient, dans ses meilleurs moments, à faire vaciller la frontière entre le comique et le tragique : une engueulade avec un vétéran de l’Irak, une séquence où Ethan contourne ses piètres talents d’acteur en se laissant déborder par l’émotion… Sans oublier l’ambivalence de son attirance pour Peter : homosexualité ou solitude ? Todd Phillips laisse des points de susp

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Iron Man 2

ECRANS | Blockbuster ludique, théorique et même politique, "Iron Man 2" confirme la bonne surprise de son premier volet : la naissance d’un super-héros différent dont les aventures sont aussi divertissantes que riches de sens. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 21 avril 2010

Iron Man 2

Le blockbuster de printemps annonce l’arrivée des beaux jours et la promesse d’un été américain, souvent en deçà de ce coup d’éclat inaugural. Évidemment, le Iron Man 2 de 2010 est moins surprenant que le Star Trek de 2009 ou… le Iron Man de 2008 ! Et pourtant, il est encore mieux… Il y a deux ans, on ne misait pas grand-chose sur cette énième adaptation de comics, lassés par trop de sous Spider-man (dont le 3e du nom !) et plutôt flippés par la présence derrière la caméra de Jon Favreau, acteur comique de seconde zone reconverti dans la mise en scène de navets. Contre toute attente, Iron Man nous avait épatés : le film se payait le luxe de repenser la manière de construire un super-héros en affichant, dans une posture aussi ludique que théorique, son "making of" à l’écran. D’abord choisir un acteur ; pas n’importe lequel, le génial Robert Downey Jr, revenu de la came et de l’alcool pour s’établir en comédien ultra-populaire aussi à l’aise chez les grands auteurs — Fincher — les francs-tireurs — Stiller — que dans cette machine moins lourde qu’on ne le pensait. Downey Jr, comme il le disait à la fin du film, est Iron Man : un

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Greenberg

ECRANS | Cinquième film de Noah Baumbach — mais deuxième à sortir en France, cette chronique d’une rencontre entre deux solitaires retrouve le ton adulte et doux-amer du grand cinéma d’auteur américain des années 70. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 avril 2010

Greenberg

Où l’on fait la connaissance de Florence Marr : ni belle, ni moche, plus vraiment jeune mais pas complètement entrée dans l’âge adulte, rêvant de devenir chanteuse mais se contentant pour l’instant de s’occuper de la maison des Greenberg, une famille de bourges de Los Angeles partis en vacances au Vietnam en laissant la baraque au frangin dépressif, Philip. Où l’on fait la connaissance avec Philip : lui aussi voulait faire de la musique, mais il a sabordé son groupe, quitté Los Angeles pour New York et, à quarante ans passés, il vivote comme menuisier en ruminant sa rupture avec la femme de sa vie. D’où séjour à l’hôpital psychiatrique, aigreur envers le monde et phobies en tout genre. Noah Baumbach suit d’abord en alternance ces deux personnages paumés et inadaptés, l’une surjouant la joie de vivre sans arriver à dissimuler sa tristesse, l’autre se complaisant dans la contemplation du temps perdu et la morosité d’une existence qu’il estime avoir bousillée. Puis il les fait se rencontrer, se rater, s’aimer et se haïr, trop loin ou trop proches pour vraiment se comprendre. Sublimes ratés Cette manière de s’intér

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Sherlock Holmes

ECRANS | De Guy Ritchie (ÉU-Ang, 2h08) avec Robert Downey Jr, Jude Law…

Christophe Chabert | Jeudi 28 janvier 2010

Sherlock Holmes

Alléchant sur le papier, décevant à l’arrivée, ce "Sherlock Holmes" relooké par Guy Ritchie souffre, de la première à la dernière image, d’un trop-plein fatigant. Ça ne part pas mal, pourtant, Ritchie ayant la bonne idée de s’inspirer d’"Iron Man" pour construire autour des ambivalences de son acteur (c’est le même : Robert Downey Jr) une vision nouvelle du personnage. C’est l’homosexualité latente et la jalousie patente entre Holmes et le Docteur Watson qui attirent surtout l’attention. Deux vieux garçons qui vivent ensemble, une fille au milieu, et en avant pour un marivaudage sans conséquence mais plutôt bien vu. Problème : le film est aussi un blockbuster et nous embarque dans un scénario compliqué plus que complexe, mélangeant dans un sacré foutoir surnaturel et théories du complot. Ritchie en rajoute dans le montage épileptique, l’action surdécoupée, les explosions massives et les effets spéciaux filmés pour eux-mêmes. Pas de bol : Cameron et son "Avatar" sont passés par là, et ont rappelé que la mise en scène, c’est d’abord de l’espace et de la durée, pas une centrifugeuse à images. Du coup, ce "Sherlock Holmes" paraît déjà un peu daté… CC

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Soyez sympas, rembobinez

ECRANS | de Michel Gondry (ÉU, 1h34) avec Jack Black, Mos Def…

Dorotée Aznar | Samedi 1 mars 2008

Soyez sympas, rembobinez

Mike et Jerry, grands dadais coincés dans des corps d’adultes, squattent plus que de raison le vidéoclub décati du bon vieux monsieur Fletcher. Quand celui-ci confie la boutique à Mike, le pire ne tarde pas à arriver : suite à une péripétie improbable, Jerry se retrouve entièrement “magnétisé“ et efface malencontreusement toutes les bandes vidéos du magasin. Les deux comparses n’ont dès lors plus d’autre choix que de retourner eux-mêmes les films en location, avec les moyens du bord. Avec ce postulat de départ propice à de multiples fantasmes cinématographiques, Michel Gondry se joue de l’attente d’un spectateur avide de savourer les savoureux remakes cheap promis. À l’image de ces morceaux de bravoure effectivement jubilatoires (Jack Black imitant Jackie Chan dans Rush Hour 2, tout un poème !), Soyez sympas, rembobinez ressemble à un objet comique d’un autre temps. Conscient qu’il n’a plus rien à prouver en termes strictement visuels, Michel Gondry concentre ses efforts sur ses personnages, sur l’enthousiasme contagieux et la fièvre créatrice de ses deux héros improvisés metteurs en scène. Certes, les défauts du film (le rythme, en particulier) jou

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