La flamme et le pantin

Christophe Chabert | Vendredi 7 décembre 2012

Photo : Coluche dans "Tchao Pantin" de Claude Berri


Olivier Barrot est du genre insaisissable : animateur de la pastille Un livre, un jour sur France Télévisions, éphémère conseiller artistique du festival de Cannes avant qu'il ne laisse la place à Thierry Frémaux, il est aussi un cinéphile libre et sans affiliation à une chapelle critique. Le voilà qui publie un beau livre sur le cinéma français, Tout feu, tout flamme, une traversée du cinéma français, dans lequel se reflète cette volonté d'échapper aux histoires officielles pour privilégier une approche subjective. Invité à présenter son ouvrage à l'Institut Lumière, Olivier Barrot a choisi d'accompagner cette rencontre avec la projection de Tchao pantin de Claude Berri.

Un choix qui fait sens : Berri est mal aimé par la critique, même si (ou peut-être parce que) son cinéma était populaire et a su le rester, du moins pendant une grosse décennie. De fait, Tchao pantin est son meilleur film, un vrai vigilante movie à la française, d'un réalisme poisseux et d'un désespoir glaçant, mais aussi un témoignage sur le Paris de l'époque, des punks du Gibus aux maghrébins de la deuxième génération livrés à eux-mêmes suite à la crise économique. Le caractère crépusculaire du film résonne avec la fin d'un certain artisanat du cinéma français : c'est le dernier film d'Alexandre Trauner, génial chef décorateur des Enfants du Paradis, et la révélation (brève, il ne tournera que deux autres films ensuite) de la palette dramatique de Coluche, dans la lignée d'un Ventura ou d'un Gabin.

Christophe Chabert

Rencontre avec Olivier Barrot suivie de «Tchao Pantin»
À l'Institut Lumière, mercredi 12 décembre
«Tout feu, tout flamme» (Éditions Cahiers du cinéma)

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Luz 2014

ECRANS | Pedro Almodóvar Prix Lumière, des rétrospectives consacrées à Capra et Sautet, des invitations à Ted Kotcheff, Isabella Rossellini et Faye Dunaway, des ciné-concerts autour de Murnau, des hommages à Coluche et Ida Lupino… Retour sur les premières annonces de Lumière 2014. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Luz 2014

C’est donc Faye Dunaway qui viendra inaugurer la sixième édition du Festival Lumière à la Halle Tony Garnier le lundi 13 octobre. Actrice mythique, que l’on avait pu redécouvrir à Lumière dans un de ses plus grands rôles — celui de Portrait d’une enfant déchue de Schatzberg — elle présentera la version restaurée de Bonnie and Clyde, classique du film criminel et rampe de lancement d’un certain Nouvel Hollywood dont son réalisateur, Arthur Penn, fut un agitateur discret mais essentiel. On le sait, Lumière se targue d’être un festival de cinéma grand public et, après le doublé Belmondo / Tarantino de l’an dernier, la barre était placée assez haute en matière d’invités prestigieux. Pour donner le change, le Prix Lumière atterrira donc en 2014 dans les mains de Pedro Almodóvar ; le festival prépare sa venue tout au long du mois de septembre avec une séance spéciale d’Attache-moi — pas forcément son meilleur film, cela dit — et une autre de La Mauvaise éducation précédée d’une confé

Continuer à lire

Coluche

ECRANS | D’Antoine De Caunes (Fr, 1h43) avec François-Xavier Demaison, Léa Drucker, Olivier Gourmet…

Christophe Chabert | Mercredi 8 octobre 2008

Coluche

Coluche ressemble exactement à ce que l’on pouvait attendre de la part d’Antoine De Caunes : la copie sans rature d’un élève ayant si peur de mal faire qu’il ne fait pas grand chose. Tous ses films sont ainsi, et celui-ci peut-être plus que les autres… Plutôt qu’une bio filmée, Coluche évoque un moment de la vie de l’acteur, quand il décide de se présenter aux présidentielles en 1981. Décision intéressante, mais dont on ne trouvera jamais de justification à l’écran. La période ? Juste un décorum folklorique… La politique selon Coluche ? Un poujadisme irresponsable mais finalement salutaire. Sa vie privée ? Des fêtes et de la came, mais pas vraiment de drame à l’horizon. Ce qu’il manque à tout ça, c’est un point de vue qui donnerait du relief aux événements qui se succèdent à l’écran. Film plat agité par d’agaçants gimmicks de réalisation et plombé par le syndrome Patrick Sébastien (Demaison transparent, Drucker enlaidie…), Coluche laisse indifférent ; un comble vu le côté polémique du personnage… CC

Continuer à lire