La Fille de nulle part

ECRANS | De et avec Jean-Claude Brisseau (Fr, 1h31) avec Virginie Legeay…

Christophe Chabert | Mardi 29 janvier 2013

Visiblement brisé par ses démêlées judiciaires et abandonné par ses producteurs, Jean-Claude Brisseau adopte une posture radicale : un film tourné entièrement chez lui, avec une actrice principale, deux trois acteurs secondaires et lui-même dans le premier rôle masculin. Il en assure par ailleurs les prises de son "sauvages" et les effets sonores fantastiques. Si le Brisseau période "je filme la jouissance des jeunes filles" évoquait un Bénazéraf auteurisant, cette Fille de nulle part fait penser à du Jean Rollin. Mêmes percées ésotériques cheap, même dissertations pénétrées sur le Diable, Dieu, la philosophie… Et même amateurisme dans le jeu, puisque Brisseau est de loin le plus mauvais acteur qu'on ait vu sur un écran. Difficile du coup de ne pas exploser de rire à chacune de ses répliques, tout comme il n'est pas évident de le suivre dans ses délires mystiques. Parfois, quelque chose d'authentique et de touchant traverse l'écran, et on a même un bref instant les cheveux qui se dressent sur la tête… Mais Brisseau est rattrapé par l'inconséquence de son scénario — une scène hilarante le montre haranguant la mort dans son salon !, qui fait de La Fille de nulle part un nanar d'auteur sympathique au trentième degré.

Christophe Chabert


La Fille de nulle part

De Jean-Claude Brisseau (Fr, 1h31) avec Virginie Legeay, Jean-Claude Brisseau...

De Jean-Claude Brisseau (Fr, 1h31) avec Virginie Legeay, Jean-Claude Brisseau...

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Michel, professeur de mathématiques à la retraite, vit seul depuis la mort de sa femme. Un jour, il recueille Dora, une jeune femme sans domicile fixe. Sa présence ramène un peu de fraîcheur dans la vie de Michel, mais peu à peu, l’appartement devient le théâtre de phénomènes mystérieux.


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Le diable se déshabille en bla-bla : "Que le diable nous emporte"

ECRANS | Le puritanisme de précaution étant le parfum de saison, il est à redouter que ce Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Le diable se déshabille en bla-bla :

Le puritanisme de précaution étant le parfum de saison, il est à redouter que ce Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, pour certain·e·s jamais vu une traîtresse image de ses longs-métrages. Depuis sa condamnation devant les tribunaux pour harcèlement et agression sexuelle dans le cadre de son activité de cinéaste, ses opus anciens et récents sont tous entachés de suspicion — d’autant que l’homme n’a pas renoncé à filmer des femmes se dévêtant et s’aimant dans de vastes appartements : Que le diable nous emporte en témoigne. Et sa confidentialité, comme sa fragilité économique, en font une bien commode cible expiatoire : lorsque l’affaire Weinstein a enfin éclaté (et qu’il fallut faire choir des têtes), quelques heures suffirent pour que sa rétrospective prévue pour janvier à la Cinémathèque soit reportée sin

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Des rencontres en pleine tempête

ECRANS | En pleine polémique sur le cinéma français, le festival Drôle d’endroit pour des rencontres, consacré justement au cinéma hexagonal, va prendre une tonalité particulière cette année. Surtout qu’il a choisi d’inviter des francs-tireurs, sinon de grosses gâchettes… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 17 janvier 2013

Des rencontres en pleine tempête

L’exil fiscal de Depardieu, la charge de Vincent Maraval contre les acteurs trop payés, les ripostes vantant la santé artistique de la production, la contre-riposte estimant qu’en France, on produit trop de films et qu’en plus, on les produit mal… Période trouble pour le cinéma français. Aux Alizés de Bron, on ne pouvait pas se douter que Drôle d’endroit pour des rencontres tomberait au milieu de ces controverses en série. Du coup, voilà que ce festival consacré au cinéma français se retrouve à jouer les vitrines d’un état des lieux complexifié par la question de la distribution des films. Un exemple : Aujourd’hui, le troisième film d’Alain Gomis, n’a pas trouvé de salle pour l’accueillir à Lyon. Du coup, le festival lui offre sa première projection le samedi 26 janvier en présence du réalisateur. Aujourd’hui fait partie de ces films tournés en dehors des clous, au budget serré mais avec une totale liberté créative. Exactement comme La Fille de nulle part (présenté le 24 janvier), le dernier Jean-Claude Brisseau, autoproduit en vidéo dans l’appartement du cinéaste avec lui-même dans le rôle principal. Que des auteurs (qu’on aime ou pas, car Brisseau n’

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