Star Trek : Into Darkness

ECRANS | J. J. Abrams fait encore mieux que le premier volet avec ce nouveau "Star Trek", blockbuster autoroute sans temps morts, qui ne cherche pas à être autre chose que ce qu’il est : un morceau de mythologie transformé en récit survolté et spectaculaire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 14 juin 2013

Nouvelle mission pour le capitaine Kirk et le Docteur Spock : venir en aide à une peuplade primitive menacée d'extinction par un volcan en éruption. Tandis que Kirk cavale sur terre pour rejoindre l'Enterprise, Spock se téléporte au cœur du volcan pour y placer une bombe qui viendra l'éteindre. Dans le crescendo des dix premières minutes d'Into Darkness se joue déjà toute la virtuosité de J. J. Abrams : chaque personnage porte son enjeu, et leurs interactions créent une multitude de conflits qu'il faut résoudre. Spock, le Vulcain garant de la règle et de son strict respect, se heurte à Kirk pour qui la réussite d'une mission et la préservation de son équipe vont de pair. Tout cela est raconté avec une myriade de péripéties, de l'action et un suspens constant, sans parler d'une 3D maîtrisée — on me souffle que la version IMAX est encore plus impressionnante — et d'une remarquable direction artistique — la flore est rougeoyante, les indigènes ont la peau blanche comme du plâtre écaillé et les yeux noirs sans pupille.

Mais il y a plus : ce peuple vit encore dans la vénération d'idoles archaïques, représentées sur un parchemin que l'on déplie comme on dressait un antique écran de cinéma au temps des frères Lumière. Lorsqu'elle est confrontée à la vision de l'Enterprise qui sort de l'océan et s'élève dans les airs, elle bascule dans une nouvelle croyance, celle du cinéma du XXIe siècle et des effets spéciaux numériques. Entre les deux, pourtant, quelque chose ne change pas : le besoin de raconter le monde par les images pour croire dans un grand récit.

Dans le fond, tout le cinéma d'Abrams tend vers cette idée, elle-même héritée de Spielberg. Dans Lost, les vidéos informatives du projet Dharma semblaient détenir une puissance ésotérique qui, une fois décryptée, aurait pu révéler les secrets de l'île ; dans Super 8, les films amateurs tournés par les enfants contenaient une vérité que le reste du monde ne voulait pas voir ; l'introduction d'Into Darkness est l'aboutissement de cette quête de l'image magique. Le reste du film ne sera que la pratique de cette théorie, à savoir un modèle de blockbuster qui avance dans le spectacle à la condition exclusive que celui-ci vienne consolider la mythologie mise en place par le cinéaste, dans la droite ligne du Star Trek original de Roddenberry, dont il construit méticuleusement une généalogie.

Festival de Khan

Ici, l'enjeu est double : d'un côté, creuser les relations entre Spock et Kirk ; de l'autre, propulser au cœur de l'intrigue le méchant iconique de la série, Khan. Sur le premier versant, Abrams se plait à introduire un sous-texte bien vu sur la vérité des sentiments qui relient le docteur et le capitaine. De fait, la manière dont le film laisse de côté ses personnages féminins, amante délaissée (Zoé Saldana) ou nouvelle recrue pourtant pulpeuse (Alice Eve) dit bien que cette suite est du genre mâle. Mais des mâles à la virilité déréglée, puisqu'on assiste à un ballet plutôt curieux entre un Kirk qui passe son temps à prendre des raclées et un Spock qui descend de son piédestal pour lui venir en aide, jusqu'à ce que leurs mains se joignent pour signer un peu plus qu'une amitié.

Si Kirk et Spock incarnent donc le «Into», Khan, lui, prend en charge le côté «Darkness». Super méchant comme on n'a plus tellement l'habitude d'en croiser dans les blockbusters, à la fois invincible et vraiment inquiétant (merci Benedict Cumberbatch, dont la rigidité glaciale et la voix d'outre-tombe donnent tout son caractère menaçant au personnage), il tient autant du génie du mal prônant le chaos et la destruction que de l'ennemi intérieur né d'une hasardeuse expérimentation scientifico-militaire. Le scénario oblige d'ailleurs les "gentils" à pactiser avec leur nemesis, dans une alliance temporaire qui rappelle celle entre Magneto et le Professeur Xavier dans un autre grand blockbuster, X-Men 2.

La manière dont Abrams introduit le danger est une autre illustration de son sens redoutable du storytelling : en deux scènes, il montre comment Kahn parvient à retourner un des membres de l'alliance à sa cause, le poussant à commettre l'attentat qui enclenchera sa machination diabolique. Pas besoin de souligner les choses, il lui suffit d'un magistral enchaînement de plans sans dialogue apportant tous une information déterminante pour aboutir à l'explosion finale. Into Darkness regorge de ce type de fulgurances, mais c'est surtout l'autoroute démente qu'il trace à coups de morceaux de bravoures et de climax tétanisants qui le place en modèle absolu du genre.

Ce qu'être un blockbuster veut dire

Depuis un an, on ne cesse de se plaindre des blockbusters actuels avec cette formule : ils cherchent à faire rentrer des carrés dans des ronds. Des films schizos qui veulent à la fois dire quelque chose de l'époque, psychanalyser leurs héros, faire de la métaphysique et assurer le quota de pyrotechnie justifiant leur budget, s'enfoncer dans la noirceur et séduire les enfants de 7 ans. The Dark Knight rises, Skyfall, Iron Man 3 ou Oblivion souffraient en fait du même mal : ils oubliaient que l'essence même du spectacle ne tient pas à des idées ou des effets spéciaux mais à une histoire et des personnages. C'est en cela qu'Abrams prend une sacrée longueur d'avance sur ses concurrents : Into Darkness est un film excellemment raconté, où l'action n'est jamais déléguée à une froide démonstration technologique, où les enjeux les plus sombres ne contaminent sa santé cinématographique.

Ce n'est pas un hasard si Abrams a choisi de tourner son film en pellicule, avec un grain très visible dans les à-plats colorés et les textures des peaux, comme une résistance au tout numérique, laissé ici à sa juste place, habillage invisible plutôt que remplissage trop voyant. C'est une autre lecture possible de son introduction-déclaration d'intention : du dessin primitif au space opera contemporain, en passant par ce spectacle tout bête qui consiste à filmer en 35 mm des acteurs qui jouent un rôle, c'est bien la même foi enfantine dans le cinéma qui circule, celle de raconter des histoires en images et de faire semblant d'y croire.


Star Trek Into Darkness

De J.J. Abrams (ÉU, 2h10) avec Chris Pine, Zachary Quinto...

De J.J. Abrams (ÉU, 2h10) avec Chris Pine, Zachary Quinto...

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Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos…


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La guerre, et ce qui s’ensuivit : "1917"

Le Film de la Semaine | En un plan-séquence (ou presque), Sam Mendes plonge dans les entrailles de la Première Guerre mondiale pour restituer un concentré d’abominations. Éloge d’une démarche sensée fixant barbarie et mort en face, à l’heure où le virtuel tend à minorer les impacts des guerres…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

La guerre, et ce qui s’ensuivit :

1917, dans les tranchées de France. Deux caporaux britanniques sont dépêchés par un général pour transmettre au-delà des lignes ennemies un ordre d’annulation d’assaut afin d’éviter un piège tendu par les Allemands. Une mission suicide dont l’enjeu est la vie de 1600 hommes… Depuis que le monde est monde, l’Humanité semble avoir pour ambition principale de se faire la guerre — Kubrick ne marque-t-il pas l’éveil de notre espèce à “l’intelligence“ par l’usage d’une arme dans 2001 : l’Odyssée de l’espace ? Et quand elle ne se la fait pas, elle se raconte des histoires de guerre. Ainsi, les premiers grands textes (re)connus comme tels sont-ils des récits épiques tels que L’Iliade et L’Odyssée ayant pour toile de fond le conflit troyen. À la guerre comme à la guerre Si la pulsion belliciste n’a pas quitté les tréfonds des âmes, comme un rapide examen géopolitique mondial permet de le vérifier, la narration littéraire occidentale a quant à elle suivi une inflexion consécutive aux traumatismes hér

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"Snowden" : pleurez, vous êtes fliqués

ECRANS | Suivant à la trace Laura Poitras (Citizenfour, Oscar du documentaire), Oliver Stone s’intéresse à son tour au lanceur d’alerte Edward Snowden, et raconte son combat souterrain contre la NSA, en l’accommodant façon film d’espionnage. Didactique, classique, mais efficace.

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Affecté aux services de renseignements des États-Unis, un informaticien brillant et patriote, découvre avec stupeur que les grosses compagnies liées aux télécommunications collectent et transmettent les données privées de leurs utilisateurs sans leur consentement. Ulcéré, il décide de dénoncer publiquement cet espionnage général infondé. Quitte à renoncer à sa liberté. Guerres, terrorisme, biopics de stars ou de personnalité politiques… Pareil à nombre de ses confrères, Oliver Stone a signé la majorité de ses films en réaction à des événements ayant dramatiquement marqué l’histoire immédiate et/ou la société américaine. Parallèlement, à chaque fois qu’il s’est octroyé une escapade vers une autre “contrée“, il a donné l’impression de tourner un film par défaut, n’ayant pas eu à se mettre devant la caméra de sujet plus conforme à ses attentes — en témoignent le péplum Alexander (2004) et même la suite de Wall Street, L’Argent ne dort jamais (2010). Contrôles : halte + sup ! Sno

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Imitation Game

ECRANS | Encore une bio filmée ? Encore un film à Oscars ? Certes, mais Morten Tyldum réussit à faire de la vie d’Alan Turing, mathématicien génial, inventeur de l’ordinateur, artisan de la défaite des nazis contre l’Angleterre et homosexuel dans le placard un surprenant puzzle à la Citizen Kane. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 27 janvier 2015

Imitation Game

En 1940, Alan Turing incorpore une équipe de mathématiciens réunis par les services secrets britanniques afin de décoder le langage utilisé par les nazis pour envoyer des messages informant des positions anglaises. Les méthodes de Turing le mettent en porte-à-faux avec ses collègues : il s’isole et commence à bricoler une machine complexe et coûteuse, tout en tentant de convaincre le ministre de la défense de financer son projet avant-gardiste. Le film de Morten Tyldum — cinéaste norvégien dont les œuvres précédentes n’ont même pas eu droit à une sortie en salles chez nous — ne commence pourtant pas ici, mais quelques années après. Turing est arrêté par la police et interrogé sur ses activités qui, secret défense oblige, ont été effacées par l’administration. Et, régulièrement, le film plonge dans son passé : élève introverti, il avait noué une amitié forte avec un autre jeune garçon, Christopher. Ce puzzle narratif, directement emprunté à Citizen Kane, va faire apparaître le Rosebud de Turing, qui n’est pas tant son homosexualité, rapidement révélée, que ce qui a fait tenir ensemble toutes les pièces de son existence. Citizen Turing Qu’on se l

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The Ryan Initiative

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Christophe Chabert | Vendredi 24 janvier 2014

The Ryan Initiative

Drôle d’idée que de "ressusciter" l’espion Jack Ryan, figure littéraire so guerre froide inventée par Tom Clancy, transcendée par MacTiernan dans À la poursuite d’octobre rouge avant de se vautrer dans une série de films très à droite sous les traits d’Harrison Ford. Plus étrange encore : confier les commandes de ce blockbuster à Kenneth Branagh, dont les motivations sont ici encore plus troubles que dans son précédent Thor, qui avait au moins le mérite de chercher une inspiration shakespearienne chez son super-héros. De la mise à jour contemporaine — Ryan naît en tant qu’espion sur les cendres du World Trade Center et dans les combats en Afghanistan — à la romance vaudevillesque entre lui et une médecin plutôt mal incarnée par Keira Knightley, rien ne prend, et la mise en scène, malgré l’élégant travail chromatique conduit par le chef opérateur Haris Zambarloukos, ne sait jamais quel style adopté. Film d’espionnage à l’ancienne ? Film d’action post-Greengrass ? Le montage, maladroit, achève de mixer hystériquement toutes ces options, et Branagh, à défaut de tr

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Le Hobbit : La Désolation de Smaug

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Christophe Chabert | Mercredi 11 décembre 2013

Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Tout d’abord, la sortie de ce deuxième volet du Hobbit donne lieu à une surenchère technologique quant à sa diffusion, si bien qu’entre la 2D, la 3D, l’IMAX, le HFR, le Dolby Atmos et ce truc tellement XXe siècle qu’est la VO, il y a presque autant de versions du film que de cinémas qui le projettent — quoique certains les diffusent toutes, sait-on jamais, faudrait pas perdre un spectateur potentiel et sa carte illimitée.… Cela pourrait être purement anecdotique, mais cela en dit long aussi sur le statut même de cette nouvelle trilogie tirée de Tolkien : elle semble chercher à compenser par de la nouveauté technique son évidente infériorité thématique par rapport au Seigneur des anneaux, comme un petit frère qui voudrait à tout prix se hisser sur les épaules de son aîné. Rien n’y fait pourtant, et même si les efforts de Jackson sont louables pour inverser les carences manifestes d’Un voyage inattendu, La Désolation de Smaug ne tient pas la comparaison avec Les Deux tours, l’opus

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SF ? Yo !

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Christophe Chabert | Vendredi 20 avril 2012

SF ? Yo !

Après ses marches zombies, sa geek week et sa participation aux Épouvantables vendredis de l’Institut Lumière, AOA production dégaine un «festival intergalactique de l’an 2000», intitulé ronflant et ironique pour désigner une semaine consacrée à la science-fiction. L’affaire sera surtout cinématographique, et de bonne tenue, puisqu’elle démarrera (au Cinéma opéra le mercredi 25) avec deux classiques récents du genre : l’intelligent Bienvenue à Gattaca d’Andrew Nicol et le retors, jouissif et archi-politique Starship troopers de l’immense Paul Verhoeven, qui envoyait Barbie et Ken se faire déchiqueter dans l’espace par des aliens arachnides.  Bande Annonce Starship Troopers Teaser Trailer... par FilmGeek-TV Le lendemain sera à front renversé, puisque le festival balancera deux adaptations aussi nulles l’une que l’autre de Flash Gordon 

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«Le storytelling est étanche face au business»

ECRANS | Après Mission impossible III et Star Trek, J. J. Abrams s’essaie à un film personnel et original avec Super-8. Au cours d’une conférence de presse passionnante, il est revenu sur la naissance du projet et sur son admiration pour Steven Spielberg. Extraits.

Christophe Chabert | Mercredi 6 juillet 2011

«Le storytelling est étanche face au business»

Genèse «La première chose à laquelle j’ai pensé, c’est cette époque où, enfant, j’essayais de faire des films. Le titre, Super 8, et l’idée d’enfants qui font des films m’ont donné envie de proposer le sujet à Steven Spielberg, pour qu’il le produise et qu’il suive le processus d’élaboration. Ensuite, l’idée d’un enfant qui a perdu un parent proche, l’histoire d’amour, la comédie et l’envie de faire une série B avec un monstre m’ont intéressés. C’est la combinaison de tous ces éléments qui m’ont vraiment convaincus. Quant au fait de faire un film «Amblin», cela m’a libéré. C’est à la fois un hommage aux films que j’ai aimés enfant, et un film comme je n’en ai pas vu souvent sur un écran.» Époque «Pour moi, 1979, c’est la fin de l’ère analogique. C’est l’arrivée du magnétoscope, de l’ordinateur. C’est la fin du «film» et le début d’une technologie que j’adore, mais qui a tué la pureté des origines. Dans le film, 1979 est aussi une référence à l’accident de "Three miles island". Quand nous avons commencé le montage, l’incident japonais de mars 2011 l’a remis en lumière. Il nous a paru important de la conserver,

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Super 8

ECRANS | Hommage aux productions Amblin de Spielberg, le troisième film de J. J. Abrams réussit à déborder son caractère référentiel par une belle déclaration d’amour au cinéma et à la part d’enfance nécessaire pour en faire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 6 juillet 2011

Super 8

Jusqu’ici, la carrière au cinéma de J. J. Abrams, créateur d’Alias et de Lost, se bornait à redonner du souffle à des franchises en leur ajoutant une dose de romanesque héritée de la culture série. Avec Super 8, Abrams prend le contrôle total d’un long-métrage, écriture du script compris, et prouve qu’il est plus qu’un geek faisant des cadres penchés en longue focale pour donner du style à ses films. La première image, audacieuse, pose les bases de son histoire par la seule mise en scène : dans une usine de l’Ohio que l’on n’aperçoit qu’en arrière-plan, un ouvrier grimpe sur une échelle pour décrocher les chiffres figurant le nombre de jours depuis le dernier accident, et remet le compteur à zéro. Raccord immédiat : un gamin triste sur une balançoire dans un décor enneigé. Ces images muettes suggèrent le drame fondateur du film : Joe Lamb vient de perdre sa mère, et son père, officier de police, va devoir s’occuper d’un fils jusque-là négligé. Ce microcosme intime s’élargit ensuite aux amis de Joe, réunis pour tourner en super-8 (en 1979, époque où se déroule l’action, il n’y avait pas de Canon 5D !) un film de zombies amateur. Charles, le réalisateur, ne jure que par l

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Infectés

ECRANS | De David et Alex Pastor (ÉU, 1h24) avec Lou Taylor Pucci, Chris Pine…

Dorotée Aznar | Mercredi 19 mai 2010

Infectés

Comme souvent ces temps-ci dans le cinéma de genre, l’humanité touche à sa fin. Elle ne revient même pas sous forme de morts-vivants affamés, non, elle se contente de crever douloureusement des suites d’une pandémie mondiale, contre laquelle les scientifiques et Roselyne Bachelot n’ont rien pu faire. Dans cette ambiance qu’on qualifiera aisément de merde, où chaque rescapé est contraint aux pires bassesses pour s’assurer ne serait-ce qu’un jour supplémentaire de survie, quatre jeunes traversent les États-Unis en voiture vers une plage supposée salubre. Au gré de leur périple, les frères Pastor, grandement épaulés par le talentueux chef opérateur Benoît Debie, dessinent par petites touches le désespoir étouffant de leur univers apocalyptico-clinique. Truffé de bonnes idées scénaristiques et de climax gentiment culottés, doté d’un casting convaincant, Infectés peine pourtant à s’imposer sur la durée. La bonne tenue formelle et atmosphérique de l’ensemble ne parvient pas à faire oublier le manque d’originalité de son récit, sorte de décalque pubère de La Route sous le soleil californien. Si l’on ajoute à cela un fâcheux gimmick consistant à se débarrasser des personnages ayant béné

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Avatar

ECRANS | Annoncé comme une révolution technologique et esthétique, "Avatar" est avant tout un superbe film de science-fiction et d’action à la portée symbolique bienvenue, qui marque le grand retour d’un metteur en scène de génie : James Cameron. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 11 décembre 2009

Avatar

Immersif. C’est ce qu’Avatar promettait d’être, en créant un monde entièrement neuf avec des techniques révolutionnaires inventées pour l’occasion. Immersif, Avatar l’est en définitive, mais ni plus ni moins que les précédents chefs-d’œuvre de James Cameron. Ça s’appelle la mise en scène, et ça n’est pas donné au premier pékin venu, surtout s’il s’appelle Michael Bay ou Roland Emerich, dont les héros décérébrés aux envies de destruction massive soulignées par un montage épileptique sont renvoyés par ce grand film de SF là où ils n’auraient jamais dû sortir : à la poubelle. L’œil de Cameron fait mouche dans Avatar, et ce n’est pas pour rien s’il est au centre du film (qui commence et se termine sur un œil qui s’ouvre, tandis que «can you see ?» est une phrase récurrente du dialogue). Telle était la dernière frontière à explorer pour le cinéaste. Non pas cette planète Pandora créée ex nihilo, avec sa faune et sa flore délirantes, ses indigènes bleus filiformes, ses décors majestueux ; mais ce regard que la motion capture n’arrivait pas à reproduire, et sur lequel Cameron a braqué tous ses efforts pour en faire sortir des émotions aussi

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Star Trek

ECRANS | Aux origines du space opera et dans un effort pour le transformer en blockbuster d’action juvénile, JJ Abrams signe un film habile jusque dans ses défauts. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 6 mai 2009

Star Trek

Il est plutôt amusant de constater que JJ Abrams, qui aura marqué les esprits par l’invention de deux séries télé ayant contribué à un nouvel âge d’or du genre (Alias et Lost), soit obligé d’aller gagner ses lettres de noblesse sur le grand écran en remettant sur les rails une franchise venue de l’âge d’or précédent, le Star Trek des années 60. Plus bizarre encore, ce statut de «créateur» dont il jouissait quand il officiait sur les networks américains n’est plus qu’une simple casquette de «réalisateur» maintenant qu’il œuvre à Hollywood. Dans l’imaginaire des professionnels U.S., si la télévision est devenue une sorte de première division, le cinéma reste définitivement la champions league ; mais dans le cas d’Abrams, on a le sentiment que le meilleur buteur du championnat y est réduit au statut de distributeur au milieu du terrain, pouvant à l’occasion faire une passe décisive ! Griserie rock Pourquoi parler football alors que c’est de Star Trek dont il est question ici ? Parce que le film lui-même ressemble sans arrêt à une partie de ballon rond, s’appuyant sur la jeunesse de personnages

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