Attendre soulage

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 22 août 2012

Photo : Pierre Soulages, Peinture, 2009


«Indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique», écrit André Breton dans L'Amour fou

Et c'est dans les salles du XXe siècle du Musée des Beaux-Arts que nous sommes allés «attendre» les nouvelles expositions de la rentrée (Soulages notamment, maître du noir, bientôt dans ces murs) et y découvrir un nouvel accrochage éphémère. Le noir déjà y bat son plein dès la découverte de La Cathédrale (1955) de Nicolas de Staël, qui se détache sur une nuit teintée de bleu, celle même où l'artiste bascula la même année en se suicidant. Et Dieu passa aux aveux semble lui répondre, en 1965, Dorothea Tanning (épouse de Max Ernst), avec ses formes ambiguës parmi l'obscurité inquiétante, son corps féminin tronqué et convulsé… Oui Breton encore, L'Amour fou encore : «La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas». Un an après, 1966, le très surréaliste Lyonnais Max Schoendorff entreprend de nous perdre parmi les décors en lambeaux de son Aveugle étoile morte : grotte paléolithique déchiquetée ou intérieur organique, qui sait ? Le flou, le mystère, l'abstraction, le noir semblent peu à peu gagner la figuration et les toiles du musée, jusqu'à cette dernière salle présentant trois œuvres de Soulages récemment acquises : un brou de noix de 1947, une huile de 1967 et un triptyque jouant sur les reflets et les effets de matière de 2009. Œuvres accompagnées de l'étonnante sculpture en aluminium de Marta Pan et du triptyque sombre et abstrait de Frédéric Benrath, Le Noir de l'étoile (2004)… Étoile morte, Soleil noir, Mélancolie.

Jean-Emmanuel Denave

Nouvel accrochage des salles du XXe siècle,
Au Musée des Beaux-Arts, jusqu'en octobre


Soulages, XXIe siècle

Une trentaine de tableaux dont plusieurs inédits du représentant majeur de l’abstraction française
Musée des Beaux-Arts 20 place des Terreaux Lyon 1er
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Cinq expos à voir en septembre

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La première expo commune du Musée des Beaux-Arts et du MAC

Art Contemporain | Le Musée des Beaux-Arts et le Musée d'Art Contemporain nous invitent à une expérience artistique tout en sensations et en perceptions. Une exposition particulièrement réussie.

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Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Art Religieux | Au Couvent de la Tourette conçu par Le Corbusier, une très belle exposition est consacrée au vitrail contemporain. Avec une trentaine d'artistes d'obédiences esthétiques diverses, n'ayant qu'une foi commune : la lumière et la couleur.

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Dans les églises, le vitrail, comme bien d'autres surfaces peintes, a pour fonction habituelle de représenter et de raconter des épisodes bibliques. L'art et la beauté sont intimement liés au récit... Après la fin de la Seconde Guerre mondiale (et ce n'est peut-être pas un hasard, tant celle-ci a fait vaciller nos croyances), l'art religieux se risque au modernisme, et l'on invite en particulier des artistes comme Matisse, Fernand Léger ou Alfred Manessier à créer des vitraux. Manessier, à l’Église des Bréseux, réalise notamment les premiers vitraux non figuratifs. Depuis, les commandes publiques se sont multipliées et les ouvertures de lumière des édifices religieux ont été peintes à toutes les sauces : géométrique, figurative, minimaliste, monochrome, pop... Et signées par les plus grands noms de l'histoire de l'art récente : Vieira Da Silva, Ubac, Olivier Debré, Robert Morris, Pierre Soulages, Gérard Garouste

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Beauté convulsive

ARTS | «Dorothea Tanning est surréaliste par sa capacité de mettre le rêve en images, de culbuter la réalité, de ne pas craindre les associations audacieuses, de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 24 octobre 2013

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«Dorothea Tanning est surréaliste par sa capacité de mettre le rêve en images, de culbuter la réalité, de ne pas craindre les associations audacieuses, de mettre en pratique l'adage d'André Breton : "la beauté sera convulsive ou ne sera pas", de laisser l'humour surgir au détour du lyrisme. Peintre surréaliste, Dorothea l'a été naturellement, fixant ses rêves sur la toile avant même de connaître les surréalistes» écrit Gilles Plazy dans sa belle monographie de l'artiste américaine (1910-2012). Celle-ci partage avec Joseph Cornell un parcours très similaire : d'abord surréaliste (et non sans distance critique) puis plus personnel et singulier, proche de l'expressionisme d'un Francis Bacon en ce qui concerne Tanning. Ces deux grands artistes ont aussi la malchance d'être très peu connus en France, à tort. Enfin, si Cornell a dédié nombre de ses œuvres à des danseuses, des actrices ou des chanteuses, il partagera avec Dorothea Tanning (quatrième épouse de Max Ernst !) un lien encore plus étroit à travers une correspondance abondante et une complicité artistique au long cours.

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ARTS | Pierre Soulages expose à Lyon une trentaine d’œuvres récentes dans plusieurs salles du Musée des Beaux-Arts aux mises en espace somptueuses. Soulages, un contemporain intempestif. Jean-Emmanuel Denave

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Un artiste vivant, des œuvres réalisées entre la fin des années 1990 et août 2012, un titre-manifeste tracé en grandes lettres blanches « Soulages, XXIe Siècle »… Non, nous ne sommes pas au Musée d’Art Contemporain (qui de son côté expose un artiste disparu, John Cage, à la musique certes avant-gardiste en 1950 mais aujourd’hui un peu avariée), mais bel et bien au Musée des Beaux-Arts. Au-delà de l’aspect drolatique, le message est sans doute «politique» : nous, Musée des Beaux-Arts, secouons notre poussière et faisons peau neuve, innovons dans le mécénat 3.0 (le club Poussin réunissant aujourd’hui un grand nombre d’entreprises), et donnons de vigoureux coups de pied dans la fourmilière passéiste et provincialiste ! À cela, on ne peut qu’applaudir et rappeler que Sylvie Ramond, depuis sa nomination à la direction du MBA, a impulsé nombre d’expositions passionnantes (Le Plaisir au dessin, Repartir à zéro, Bram et Geer Van Velde…)… Mais, qu’en conférence de presse, celle-ci et Eric de Chassey (co-commissaire de l’exposition) insistent sur un Soulages artistiquement ultra contemporain, innovateur en diable, se renouvelant quasiment de but en blanc à chaque chant

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Trois Soulages

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Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 25 novembre 2011

Trois Soulages

L’acquisition, il y a trois ans, d’un Poussin a fait des petits. Le Musée des Beaux-Arts a réuni à nouveau plusieurs mécènes pour acquérir, avec un financement public-privé (1, 5 million d’euros), trois œuvres du peintre Pierre Soulages. Un brou de noix sur papier de 1947, une huile de 1967 et un triptyque à l’acrylique de 2009. On pourra les découvrir à partir de mars 2012 et le musée annonce aussi une exposition consacrée au maître de l’abstraction et du noir en octobre 2012.

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