3 questions à Cyrille Michaud, co-commissaire de l'exposition

Lyon capitale du rock | Le bibliothécaire musical à la BML et co-commissaire de l'exposition nous raconte la génèse de l'exposition.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 mai 2019

Photo : © Bm Lyon


Quel a été le point de départ de cette exposition ?
Cyrille Michaud : La rencontre avec le photographe Jean-Paul Bajard qui nous a montré les photos qu'il avait prises dans les années 70 et 80. On était d'abord parti sur l'idée d'une exposition de ses photos, assez modeste à l'espace patrimoine de la bibliothèque. Pour l'agrémenter nous avons fait des appels à collecte dont le succès a été tel (environ 1500 propositions de pièces) qu'on a revu notre ambition à la hausse en investissant la galerie. On a assez vite déterminé quel discours on voulait faire passer, notamment sur ce contexte difficile : qu'est-ce que c'était faire du rock à cette époque. Il était alors évident de commencer en 1978, à partir de l'expérience du Rock'n'Roll Mops avant de dérouler ce récit chronologiquement jusqu'en 1983 en mettant en lumière les groupes phares de l'époque sur lesquels on avait beaucoup de documentation.

Pourquoi avoir choisi cette date butoir, sachant que certains groupes importants comme Carte de Séjour ou L'Affaire Louis Trio ont eu du succès après cette date ?
On s'est surtout basé sur les années de sortie des disques car beaucoup de groupes ont commencé à la fin des années 70 mais n'ont pas enregistré tout de suite. Au début des années 80, le contexte change. En 81, la gauche arrive au pouvoir, la bande FM se libéralise, il y a une prise en compte par le politique du phénomène rock. A ce moment, on sort de l'underground. C'est une autre histoire qui commence.

Cette expo fait donc le récit à la fois sur un âge d'or esthétique et d'une période noire pour ceux qui pratiquaient le rock...
Oui, c'est le côté antinomique d'un dynamisme artistique underground dans un contexte très hostile au niveau politique et sociétal. Pour les acteurs ce n'était pas du tout un âge d'or, ils ont très mal vécu cette période et ce contexte d'opposition. Comme souvent c'est la postérité qui en a fait un âge d'or.


Lyon capitale du rock 1978-1983

(Re)découvrir l'effervescence de cette époque... lieux, groupes, radios, pour redonner la parole et rendre hommage aux témoins et acteurs de ces années
Bibliothèque de la Part-Dieu 30 boulevard Vivier Merle Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ganafoul retrouvé et sidér...ant

Rock Story | En septembre, les Givordins de Ganafoul, tête du pont de la faste période "Lyon capitale du rock", ont réédité "Sider-Rock" un album jusque-là inédit de 1975, témoignant de leurs débuts, en quintet et en français. Un petit morceau d'Histoire pour les amateurs de rock en acier trempé.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 novembre 2020

Ganafoul retrouvé et sidér...ant

Sur la photo de famille princière de la fameuse Lyon capitale du rock de la fin des années 70, gravitant de plus ou moins loin autour du punk et dont on aime par chez nous agiter le souvenir fiérot, Ganafoul avait pris soin, par goût (quoi d'autre ?), de s'assoir quelque peu à l'égard. Sur le trône notoirement vacant d'un genre encore peu exploré dans l'hexagone : le hard rock. Ce truc-là, ce drôle de machin à guitares ramenardes, poitrails saillants et cheveux en cascades, n'appartient alors quasi exclusivement qu'aux anglo-saxons, Led Zeppelin et AC/DC en tête. Rien que cela fait déjà de Ganafoul, qui doit son nom signifiant "comme un fou" en patois givordin, une originalité. Au départ un quintet, francophone — c'est important pour la suite — formé par le trio instrumental Édouard "DooDoo" Gonzales (guitare), Philippe "Fourmi" Veau (basse) et Yves Rothacher (batterie) vite complété par le guitariste Jack B

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À la Bibliothèque de la Part-Dieu, haut les filles !

Culture Rock | Parmi les événements placés en annexe de son exposition consacré à l'âge d'or du rock lyonnais, la BmL invite Sophie Rosemont à venir présenter son livre Girls rock, indispensable piqûre de rappel sur l'importance (quantitative et qualitative) des femmes dans l'Histoire du rock.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 juin 2019

À la Bibliothèque de la Part-Dieu, haut les filles !

À l'exception de la regrettée Marie (et de ses Garçons), on ne compte guère de femmes à l'exposition Lyon capitale du rock proposée actuellement par la Bibliothèque municipale de Lyon. Est-ce à dire que le rock est exclusivement une affaire d'hommes ? Qu'à l'époque en tout cas, il l'était ? L'Histoire, essentiellement racontée par les (mâles) dominants tendrait à le prouver. Sauf qu'il ne faut pas gratter longtemps la surface de cette Histoire écrite au masculin pour que tombe l'évidence : les femmes et le rock c'est une histoire aussi vieille que le rock lui-même. Aussi loin que les premières notes de Rosetta Tharpe et Trixie Smith, pionnières (bien plus qu'on ne le sait) amazones de ce genre musical genré. C'est ce que tend non pas à démontrer – il n'y a pas lieu de le faire – mais à simplement montrer, décrire, raconter, la critique Sophie Rosemont (Rolling Stones, Les Inrocks, France Culture). Un travail de fourmi qui aurait pu donner lieu à un épais dictionnaire (les

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Lugdunum Calling

Exposition | Un peu plus de quarante ans après le fameux "Lyon capitale du rock" de Libération, le Département Musique de la Bibliothèque Municipale revient, sous la forme d'une exposition merveilleusement documentée, sur la grande aventure rock qui agita la ville entre 1978 et 1983 et rend hommage aux acteurs qui l'ont menée. Forcément capital.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 mai 2019

Lugdunum Calling

On le sait, quelque part dans le Surmoi lyonnais vient se nicher un complexe vieux comme Lugdunum. Celui de n'être pas capitale à la place de l'arrogante Paris, fille trop facile du jacobinisme. Étrange quand on sait, car on le sait aussi, que Lyon croule sous les titres de "capitale" : des Gaules sous l'Empire Romain ; de la Résistance ; de la gastronomie ; de la soie ; des goals même pendant une décennie 2000 où la bande à Coupet et Juni rêgna sur la Ligue 1 pré-Qataris. Il est même établi qu'en 1528, François 1er hésita à faire de Lyon la capitale de son royaume. Même le journal... Le Parisien surnomma Lyon, "L'autre capitale" dans un article daté du 8 juin 2018. Et puis bien sûr, il y eut ce titre, historique, éphémère mais éternel, décerné un jour de juillet 1978 par Libération, à l'époque bible du bon goût s'il en fut : "Lyon, capitale du rock". Un titre justifié par l'effervescence musicale qui agita la ville pendant une poignée d'années, au tournant des années 70 et 80, du punk et de la new-wave, et à laquelle la Bibliothèque Munic

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