La Sucrière : Saint-Exupéry, l'aventurier

Exposition | Immersive mais pas que. L’exposition sur Saint-Exupéry à La Sucrière prouve, dans sa partie classique et biographique, qu’il n’est nul besoin d’épater pour être intéressant.

Nadja Pobel | Mercredi 26 mai 2021

Photo : © DR


Pilotée par Tempora, agence de conception d'exposition bruxelloise déjà en charge ici même de celle de Steve McCurry, Un Petit Prince parmi les hommes manie habilement trois parties bien distinctes les unes des autres.

En introduction, le sculpteur Arnaud Nazare-Aga propose ses figurines blanches en résine de fibre de verre vernissées plongées dans une nuit étoilée ; en conclusion, une sorte de son et lumière résume la vie de cet écrivain-aviateur dont les épisodes sont déclinés chronologiquement dans une très solide deuxième partie. Ainsi, avec des objets, photos, panneaux de textes, c'est l'histoire d'un écorché vif humaniste et casse-cou qui se déploie via les archives conservées par son épouse Consuelo et quelques prêts du musée du Bourget.

De la djellaba de son premier voyage à Cap Juby (où il écrira son premier roman Terre des hommes) à sa nomination à l'Aéropostale argentine, du thermos cabossé relique de son accident dans le désert libyen à ses films de propagande pour Air France, en passant par ses années new-yorkaises avec Dietrich et Gabin, ou encore sa gourmette repêchée par hasard au large de Marseille en 1998, se dévoilent ainsi avec émotion les 44 années de cet homme à part né avec le siècle.

Du Petit Prince édité simultanément aux États-Unis et en France en 1943, Saint-Exupéry porté disparu en juillet 1945, ne connaitra pas le succès fulgurant et ses traductions en 420 langues.

Antoine de Saint-Exupéry, un Petit Prince parmi les hommes
À La Sucrière jusqu'au 7 novembre ; de 0€ (- 6 ans) à 15€


Antoine de Saint Exupéry, un Petit Prince parmi les Hommes


La Sucrière Les Docks, 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
Jusqu'au 1 janvier 2021 2022, du mar au ven de 10h à 18h, sam, dim + vac scol de 10h à 19h


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Saint-Exupéry : les statues naissent aussi

ACTUS | Une place et une cité scolaire ont été nommées à Lyon d’après Antoine de Saint-Exupéry, mais il n’existe pas dans sa ville de naissance de statue représentant (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Saint-Exupéry : les statues naissent aussi

Une place et une cité scolaire ont été nommées à Lyon d’après Antoine de Saint-Exupéry, mais il n’existe pas dans sa ville de naissance de statue représentant l’auteur français classique le plus lu au monde — celle sise à proximité de la place Bellecour est en fait un hommage à sa création, Le Petit Prince ! Ce sera bientôt (presque) chose faite, si l’on considère un peu cavalièrement que la Gare TGV de l’aéroport Saint-Exupéry de Colombier-Saugnieu est une dépendance de la capitale des Gaules : son parvis va prochainement abriter une œuvre monumentale en bronze de 3, 2 mètres. Figurant l’écrivain souriant, bras déployé dans un élan allégorique, un lion métropolitain affectueusement placé à ses côtés, la statue baptisée Brilla Estonteco (soit "Avenir Radieux", en espéranto) a été imaginée par le sculpteur Pascal Jacquet, l’illustrateur Ben Lebègue et le fondateur du festival LyonBD, Alain Ravouna. Pour mener à bien le financement de ce projet, dont le budget total est estimé 260 000€ (entièrement couvert par des fonds privés), une opération de mécénat a été lancée par Persistemo. Portée depuis la fin janvier par la Fondation Bullukian, elle

Continuer à lire

Un enfant du siècle

CONNAITRE | Ancien directeur littéraire pour Plon puis Stock, Laurent Beccaria est également le fondateur et patron des éditions Les Arènes. C'est toutefois en sa qualité de co-créateur de XXI, revue trimestrielle prônant un journalisme «utile», que le reçoit la librairie Passages. Sa grande qualité, même. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 27 janvier 2013

Un enfant du siècle

C'est un petit fascicule de rien du tout. Une vingtaine de pages, zéro iconographie, pas même une note de couleur. Et pourtant, depuis sa publication le 10 janvier dernier sous le titre Manifeste XXI, il est au cœur d'un nécessaire débat sur l'avenir de la presse. Et pour cause : il dessine les contours d'un journalisme «utile» et «post-Internet». Un journalisme «conçu pour les lecteurs et non à partir des annonceurs», autrement dit en totale contradiction avec cette croyance généralisée – comme dans anxiété généralisée ou cancer généralisé – qui veut que la survie de la presse aux mutations technologiques de ce siècle passe obligatoirement par la dématérialisation, l'immédiateté et la gratuité. La plupart des destinataires du texte ayant les dents plus longues que la moyenne, il fallait s'attendre à ce qu'elles grincent. Tel pure player en perpétuelle instabilité financière y a vu à peine mieux qu'un pamphlet nostalgique, tel hebdomadaire pris de vertige à la moindre occasion de descendre de ses marronniers une fiction utopiste. Des avis recevables si Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, les auteurs de l'essai contesté, ne p

Continuer à lire