Heat, un nouveau food court à Lyon

Food | Un nouveau food court, Heat, ouvrira ses portes en avril 2019 à Confluence.

Lisa Dumoulin | Jeudi 30 août 2018

Photo : © DR


Après La Commune du côté de Gerland, c'est le quartier de Confluence qui verra arriver un food court nommé Heat, au sein de l'incubateur H7 qui s'installera dans les murs de la Halle Girard s'étendant sur 5000 mètres carrés. Ancienne chaudronnerie construite en 1857, elle deviendra en avril 2019, date d'ouverture prévue, l'emblème de l'écosystème numérique de la métropole.

Un lieu dédié aux start-ups du numérique qui aura son food court ouvert à tous : Heat. Porté par Toast, toute nouvelle filiale de Culture Next, présidé par l'association Arty Farty, la halle couverte de 600 mètres carrés sera composée de kiosques d'alimentation et de boisson et d'espaces assis au centre. Un espace modulable grâce à sa structure en containers avec pour ambition d'anticiper les tendances de la street food et de se questionner sur le restaurant de demain.

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Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d’environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s’élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l’Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d’euros ses pertes à la fin de l’année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s’est terminé à l’équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu’ils n’avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et

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Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Théâtre | À 34 ans, Martha Spinoux-Tardivat vient d’être nommée directrice des Clochards Célestes, où elle exerçait déjà en accompagnant avec entrain tant les artistes que les spectateurs et spectatrices. Portrait.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Depuis six années, Martha Spinoux-Tardivat est un phare aux Clochards Célestes. Enjouée, professionnelle tant à l’égard des compagnies invitées que du public, des professionnels et des étudiants qui parfois font halte pour leur formation dans ce théâtre de 49 places. Martha est arrivée sous l’ère d’Élisabeth Saint-Blancat et aura prolongé son apprentissage aux côtés de Louise Vignaud dans la foulée. Le 27 août dernier, elles étaient réunies sur la place Chardonnet pour un hommage à la comédienne-directrice décédée d’un cancer six jours plus tôt. Une cérémonie simple, chaleureuse et émouvante pour celle qui porta haut, de 1986 à 2017, cette maison fondée en 1978. Alors, quand Louise Vig

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Les Clochards Célestes annulent leur saison

Théâtre | Ils sont les premiers à Lyon, certainement pas les derniers. À l'instar de ce qu'a fait le Centre Dramatique National de Toulouse en janvier, le théâtre des Clochards Célestes annonce tirer un trait sur le reste de sa saison face à l’incertitude perpétuelle d’une date de réouverture des lieux culturels.

Nadja Pobel | Mercredi 3 février 2021

Les Clochards Célestes annulent leur saison

Aux Clochards Célestes, 14 spectacles sont reportés à l’an prochain — dont le Subutex, adapté de Virginie Despentes, qui devait clore le calendrier à l’orée de l’été. Tant d’autres depuis septembre avaient déjà dû rester au placard... « Alors qu'on nous demande de rester en suspens, prêts à ouvrir quand on nous donnera enfin le feu vert, à une date indicible, je fais le choix de reporter intégralement la saison du Théâtre des Clochards Célestes à l'année prochaine. Puisque cette saison est exceptionnelle, assumons-la comme telle. Attendre le mois de mai pour savoir s'il sera possible ou non de jouer en juin, c'est demander aux compagnies programmées de se maintenir dans le qui-vive ; leur proposer d'ores et déjà un report, c'est leur offrir la possibilité de penser l'avenir. Et c'est nous l'offrir aussi » affirme la directrice Louise Vignaud dans un communiqué paru ce mercredi 3 février. Et c’est probablement là, la plus grande marque de considération due aux spectateurs et spectatrices comme a

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Entre les murs : "Relic" de Natalie Erika James

Horreur | Une petite merveille pour amateurs de cinéma de genre, ici largement conjugué au féminin : c'est rare.

Vincent Raymond | Vendredi 9 octobre 2020

Entre les murs :

Leur mère et grand-mère respective Edna ayant disparu, Kay et Sam se rendent dans la demeure familiale. Peu après le retour de l’aïeule, d’étranges phénomènes se produisent, comme si une présence invisible et menaçante s’était insinuée dans la maison. Ou le trio féminin… Le propre (et la qualité) de ce film est l’absence d’explication rationnelle dans son dénouement : plus on avance dans ce quasi huis clos, plus abstrait et métaphorique devient le récit où les héroïnes semblent frappées par une damnation familiale. Un mal diffus, lié à l’âge, à l’hérédité ; à un trauma vaguement effacé et qui s’incarne pour ressurgir dans la maison ancestrale (quelque part entre Amityville et l’excellent épisode des Mystères de l’Ouest, La Nuit de la maison hantée). Natalie Erika James crée une atmosphère malaisante polysémique, évoquant autant la déréliction, la sénilité que l’accompagnement dans la mort. Ajoutons, tant qu’il y aura encore besoin de le signaler, l’exception que constitue ce film très majoritairement féminin devant et derrière la caméra. Une rareté notable, surtout dans le c

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Courtney Geraghty, nouvelle directrice du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Pour succéder à Jean Lacornerie, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse en partance à la fin de l'année, le jury a choisi ce lundi 21 septembre la Franco-Américaine Courtney Geraghty.

Sébastien Broquet | Mardi 22 septembre 2020

Courtney Geraghty, nouvelle directrice du Théâtre de la Croix-Rousse

Le choix du jury, qui s'est réuni le lundi 21 septembre et composé de l’association de gestion du Théâtre de la Croix-Rousse, de la Ville de Lyon, de la Région et de la DRAC Auvergne Rhône Alpes, s'est porté sur Courtney Geraghty. C'est donc la jeune femme de 37 ans originaire de Boston qui dirigera le Théâtre de la Croix-Rousse dès janvier 2021, succédant ainsi à Jean Lacornerie, lequel va quitter ses fonctions le 31 décembre prochain après dix ans à ce poste. 24 dossiers de candidatures avaient été déposés, parmi lesquels cinq finalistes ont été désignés pour passer l'oral — vingt minutes de présentation, vingt minutes de questions — ce lundi. C'est à la quasi unanimité que Courtney Geraghty a été désignée pour diriger ce théâtre emblématique de la ville. Elle s'est associée au metteur en scène auvergnat Johanny Bert, pour les prochaines saisons du théâtre. Courtney

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Cycle Effondré-es : l'effondrement qui vient

Réflexion | Un peu partout dans la ville et dès le 1er octobre, le Cycle Effondrée-es #3 explore les facettes sombres du monde qui advient.

Stéphane Duchêne | Jeudi 24 septembre 2020

Cycle Effondré-es : l'effondrement qui vient

Vous en avez assez de cette bande de catastrophes ? Eh ben c'est pas aujourd'hui qu'on va vous débarrasser. En revanche, on peut vous aider à penser la chose. C'est ce que propose le Cycle Effondré-es (oui, l'effondrement est inclusif) du Théâtre du Bruit pour la troisième fois du 1er au 11 octobre. Soit un festival non pas de catastrophes mais de conférences et rencontres de littérature, sciences humaines, économie et politique, dispersés dans une poignée de lieux de l'agglomération lyonnaise. L'idée étant d'essayer de remédier au pire qui, faut-il le rappeler, n'est jamais certain (mais rarement en retard). La soirée d'ouverture, à la MJC Monplaisir, interrogera l'avenir écologique avec l'expert en risques systémiques Arthur Keller et l'essayiste Vincent Mignerot. S'ensuivra un week-end art et psyché humaine entre théâtre (Transcendo et Là le Feu au Crois

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Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Disparition | Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, (...)

Nadja Pobel | Vendredi 28 août 2020

Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, à 75 ans. Elle n'aura cessé de voir des spectacles (plus de 200 par an) dans les grandes structures mais aussi les MJC, les hangars pour voir ce que les jeunes artistes fabriquaient et les accompagner dans leur éclosion. Joris Mathieu (cie Haut et Court), Ivan Pommet (Théâtre Mu), Quentin Dubois et tant d'autres sont nés auprès d'elle. Un chaleureux hommage lui a été rendu sur la place Chardonnet au soir de ses obsèques, jeudi 27. Ses proches ont rappelé à quel point cette comédienne, danseuse, chanteuse était obsédée par la justesse et clamait à l'envi « Merci la vie ! »

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"Les Nouveaux Mutants", un Marvel pas comme les autres

Action | Seule survivante de l’attaque de sa réserve indienne, la jeune Danielle Moonstar se réveille au sein d’une étrange institution où la Dr Reyes retient captifs de jeunes mutants jusqu’à ce qu’ils sachent canaliser leurs nouveaux pouvoirs. Mais de violents phénomènes vont survenir…

Vincent Raymond | Mercredi 26 août 2020

À celles et ceux qui en douteraient face à l’affiche déviant de codes de la “maison”, le logo d’entrée le confirme : il s’agit bien d’un film Marvel. Mais quelle différence par rapport aux opéras habituels ! Avec sa poignée d’interprètes, son décor quasi unique, l’absence de tenues moulantes bariolées pour les héros, Les Nouveaux Mutants fait preuve d’un minimalisme plus coutumier des productions indé. D’ailleurs, sa noirceur appuyée lorgnant autant du côté Del Toro, Shyamalan que Buffy contre les vampires (explicitement citée) évoque comme une tentation de diversification vers le style Blumhouse, qui renouvelle l’épouvante par la série B de prestige. Une petite chose pyrotechnique par rapport aux X-Men ou aux Avengers, mais aussi un film plus recentré sur la part traumatique de l’adolescence, cet âge des changements (ce que Raimi avait développé dans son Spider-Man) où les souvenirs de l’enfance commencent à disparaître face au gouffre béant de l’avenir et de ses incertitudes ;

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Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Cinq dossiers ont été retenus parmi les 25 candidatures à la succession de Jean Lacornerie à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse.

Sébastien Broquet | Mercredi 29 juillet 2020

Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Jean Lacornerie, par choix personnel, quittant ses fonctions à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse le 31 décembre prochain, les tutelles se sont lancées en quête de son — ou sa — successeur. Les représentants et représentantes de la Région, de la Drac et de la Ville se sont ainsi réunis le jeudi 23 juillet pour étudier les 25 dossiers de candidatures déposés. Les finalistes retenus ont jusqu'au 7 septembre pour affiner leur projet, qui sera ensuite auditionné par le jury le 21 septembre. Cinq candidats et candidates ont été retenus, que voici : - Un premier duo, avec le musicien et metteur en scène Camille Rocailleux, issu du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, qui a fondé et co-signé les spectacles de la compagnie de danse ARCOSM de 2001 à 2016. Il a collaboré avec Jérôme Savary ou la chanteuse Camille et fondé la compagnie EVER en 2013, mêlant spectacle vivant et technologie. Il fait équipe avec A. Favr

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Benjamin Forel fore son théâtre

Portrait | À 34 ans, Benjamin Forel a déjà soulevé quelques montagnes pour que le théâtre existe hors les murs. Cet art de l'éphémère, il l'a appris en option théâtre au lycée (...)

Nadja Pobel | Mercredi 24 juin 2020

Benjamin Forel fore son théâtre

À 34 ans, Benjamin Forel a déjà soulevé quelques montagnes pour que le théâtre existe hors les murs. Cet art de l'éphémère, il l'a appris en option théâtre au lycée Charlie Chaplin de Décines où il passe un bac S et c'est le metteur en scène Sarkis Tcheumlekdjian qui est aux manettes les mercredis après-midi. Inscrit en fac de bio, sur le chemin de la Doua, il s'arrête souvent à Charpennes où est installé la compagnie Premier acte du metteur en scène du bel Andorra, au point qu'il deviendra son assisant durant cinq années. En 2008, Benjamin Forel crée sa compagnie, la Troupe du Levant dont certains font encore route avec lui. Il a bien joué aux Marronniers, aux Clochards Célestes, mais, féru de Mnouchkine et son Théâtre du Soleil, il veut du monde sur le plateau et pouvoir aussi imaginer le bar, la fa

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Le Théâtre du Grabuge retrouve son public

Théâtre | Le théâtre revient timidement mais il revient même hors des cafés-théâtres, avec la classe "Départ Lyon Métropole". À la MJC Laënnec-Mermoz, du jeudi 25 au (...)

Nadja Pobel | Mardi 16 juin 2020

Le Théâtre du Grabuge retrouve son public

Le théâtre revient timidement mais il revient même hors des cafés-théâtres, avec la classe "Départ Lyon Métropole". À la MJC Laënnec-Mermoz, du jeudi 25 au vendredi 26 juin, gratuitement, il sera possible d'assister — à 50 en même temps au maximum — aux soirées Putain d'voyage. Il s'agit de la projection du film Du haut du ciel tomba la nuit, réalisé en février dernier avec l'ensemble des douze jeunes volontaires qui auraient dû créer un spectacle pour le mois de mai, au NTH8, annulé en raison de la crise sanitaire. Depuis l'assouplissement des mesures de restriction d'accès aux salles de spectacle, ils ont pu retravailler et se raconteront, à l'issue du film, à travers le slam, le théâtre, la chanson, la danse et la photo. Cette troupe est composée de volontaires en service civique qui se sont engagés dans des pratiques artistiques afin de faciliter leur inclusion sociale et professionnelle. Ils sont so

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L'Ineffable Théâtre ouvre la friche de l'été à Oullins

Urbanisme Transitoire & Théâtre | À Oullins, une friche culturelle ouvre quand les théâtres restent pour la plupart fermés. L'Ineffable Théâtre accueille spectacles et performances dès maintenant, en petite jauge, dans les locaux emplis de vie et d'activités passées du technicentre de la SNCF.

Nadja Pobel | Mercredi 24 juin 2020

L'Ineffable Théâtre ouvre la friche de l'été à Oullins

À deux pas (deux minutes à pied en traversant la rivière Yzeron) de la gare d'Oullins et pas même un quart d'heure de bus depuis Bellecour (C10 arrêt Pont d'Oullins ou 15, arrêt de la gare), le metteur en scène Benjamin Forel a déniché des locaux étonnants pour son nouveau "bac à sable" ouvert à tous les arts ayant trait au corps. Après avoir investi des lieux ouverts (friche RVI, site antique de Fourvière, Vélodrome de la Tête d'Or...), il s'attache désormais à trouver des endroits couverts sur une durée plus longue (quelques semaines auparavant, plusieurs mois désormais) afin de ne pas dépendre de la météo. Après la Confluence l'an dernier, le voilà désormais dans l'ancien technicentre industriel SNCF d'Oullins grâce au « vrai soutien » de la ré

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Hôtel71, l'aventure intérieure

Tiers-Lieu | C'est le dernier né des projets de Arty Farty : un incubateur (pardon, un "creative hub") dédié à la culture et aux médias transformé en spot de conférences où l'on boit des coups. Bienvenue à Hôtel71.

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

Hôtel71, l'aventure intérieure

Avant de commencer, précisons : Hôtel71 n'est pas H7. Même si l'immeuble est adjacent, même si Arty Farty est aussi dans le coup. Et n'est pas Heat, non plus, qui est le food court accolé à ces deux spots. Si H7 est le lieu totem de le french tech locale, Hôtel71, inauguré le 25 septembre dernier, est la maison des fondateurs de Nuits sonores qui ont essaimé un peu partout dans la ville et au-delà (bientôt un second food court Heat à Montreuil !). Un tiers-lieu où les bureaux de l'association sont désormais installés, mais où dans les étages de cet ancien hôtel particulier se croisent d'autres acteurs culturels ou médiatiques établis ou en devenir. C'est aussi un incubateur, même si on nous a bien expliqué qu'il ne fallait pas employer ce mot. Vincent Carry, le directeur, l'explique ainsi dans son éditorial : « c’est le sens que les équipes d’Arty Farty et de Culture next, avec tous leurs partenaires et soutiens, veulent donner à Hôtel71: une maison pour transmettre et outiller les acteurs culturels et m

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Un nouveau Point du Jour avec Angélique Clairand et Éric Massé

Théâtre | Pour leur première rentrée en tant que directeur et directrice à la tête du Théâtre du Point du Jour, Angélique Clairand et Éric Massé s’associent à de jeunes collectifs qui ont le vent en poupe et proposent des entrées très diverses au théâtre (expositions, projets participatifs, immersifs et itinérants).

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Un nouveau Point du Jour avec Angélique Clairand et Éric Massé

Une photo d’un rassemblement spontané dans le parc de Gezi d’Istanbul prise en 2013 par Leonora Baumann, membre du collectif Item, orne la plaquette de cet An 1 du Point du Jour nouvelle ère. Ce cliché en dit long sur la volonté du duo élu de tisser des liens avec le territoire (Item est installé à Lyon), de regarder et considérer ceux qui luttent contre l’oppression (Gezi jouxte la place Taksim) et de s'ouvrir à d’autres arts. Deux fois par saison un journaliste, un photojournaliste, un metteur en scène et un interprète s’empareront d’un sujet d’actualité pendant une semaine. Ce Grand ReporTERRE aura pour thème la radicalisation politique en 2019-20. Par ailleurs, une expérience sensorielle et sonore, Fugueuses (en mai) par une jeune autrice tout juste sortie de l’ENSATT, Judith Bordas, se basera sur une collecte de témoignages des habitants du 5e arrondissement. De nombreux spectacles seront en langue des signes et d’autres nomades, en balade dans les quartiers de l’arrondissement. Passer la 5e Celui qui ouvre la saison sera en appartements : Elle et lui

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Le théâtre est-il encore politique ?

Essai | Puisque dans le terme "théâtre politique", "politique" ne sert plus qu’à faire joli, l’universitaire Olivier Neveux redonne du sens aux mots. Dans son ouvrage «Contre le théâtre politique» paru mi-avril, il dresse un diagnostic de l’état de la création actuelle, réhabilite la notion "d’alternative" loin du macronisme qu’il fustige et fait place au spectateur.

Nadja Pobel | Mardi 23 avril 2019

Le théâtre est-il encore politique ?

Où encore lit-on ces vérités sans que ce ne soit un bon mot ou une manière d’accrocher la lumière ? « Pour le spectacle vivant, elle [la présidence de François Hollande] fut juste nulle. "Nulle" signifiant inexistante ». « Telle serait la conclusion de ce mandat. Ils n’avaient pas d’idées ». Emmanuel Macron « a, triste mécanique, la sensibilité artistique de son milieu », soit celle de son simili ministre de la Culture Jean-Marc Dumontet, dont le festival Paroles Citoyennes est dynamité en ouverture d’ouvrage. Jamais pourtant Olivier Neveux ne se contente de distribuer des coups. Ce serait si vain. Bien au contraire, il n’a de cesse de tisser, lesté de ses très nombreuses lectures, pièces vues et heures d’enseignement, un lien entre ce qui peut se voir sur scène et la façon dont les tutelles le permettent ou l’empêchent. Que voit-on sous le vernis idéologique ? Qu’il faut défendre une « Cause » (de facto inattaquable), que les récits de vie sont encore le plus court chemin pour y parvenir. Jamais didactique (interrogeant même le sens de ce mot employé à tout-va, CQFD), il témoigne d’abord d

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Arty Farty souffle ses 20 bougies

Musiques Électroniques | Derrière Nuits sonores, Le Sucre et l'European Lab, il y a une association, Arty Farty, qui fête ses vingt ans d'existence en investissant durant trois jours l'Auditorium, temple du classique.

Sébastien Broquet | Mardi 12 mars 2019

Arty Farty souffle ses 20 bougies

Pas de grand nom ni de véritable surprise, mais des copains, des expériences, un lieu presque inédit pour ce genre de fête et un concert final qui devrait faire couler quelques larmes et confirme l'Auditorium en spot désormais incontournable de la musique de film : tel est le programme des trois jours de festivités concoctés par l'association Arty Farty pour ses vingt ans. En commençant par la fin, l'on déniche la seule véritable tête d'affiche de ce mini-festival : Arnaud Rebotini, figure imposante de la scène électronique depuis les années 90, auréolé en 2018 d'un César pour sa musique composée pour l'émouvant 120 Battements par minute, film de Robin Campillo contant l'apparition en France du SIDA, les combats d'Act-Up - dont il était partie prenante - et du nécessaire Didier Lestrade, rythmés par une house music salvatrice que ce dernier chroniquait en défricheur au sein du quotidien Libération. Rebotini a parfaitement rendu la symbiose entre les luttes et cette musique alors intimement liée aux clubs gay (La Luna), lui rendant sa force politique et son âme militante qu'elle a aujourd'hui largement égarée alors que DJs comme clubb

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Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Anniversaire | Trois jours de festivités à l'Auditorium pour fêter les vingt ans de l'association Arty Farty, à l'origine du festival Nuits sonores : voici le programme dévoilé.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 janvier 2019

Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Arty Farty, l'association derrière Nuits sonores, est née en 1999 - quelques années avant le lancement du festival électronique lui-même, en 2003. Depuis, d'autres projets ont essaimé, de déclinaisons à Bruxelles et Tanger en passant par l'European Lab puis plus récemment Attable. C'est donc l'anniversaire d'un acteur majeur de la cité qui se fête à l'Auditorium, sur trois jours, du vendredi 15 au dimanche 17 mars prochain. Le programme vient d'être dévoilé : après une inauguration le vendredi 15 dans l'Atrium, place est laissée à l'émission de télévision Tracks (sur Arte) pour une nuit immersive à base de performances et de déambulations, dont le détail sera donné ultérieurement. La fête se poursuivant en mode clubbing avec le DJ américain Rrose, adepte d'une techno expérimentale, qui sera accompagné d'un fidèle du festival et ancien de l'équipe, P.Moore. Garçon Sauvage investit l'Auditorium Samedi 16, après une session de Mini Sonore à destination des kids, et deux programmes Extra! (un blind test de Nina & Simone et un karaoké techno), l'O

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Marc Lesage quitte les Célestins

Théâtre | Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er (...)

Nadja Pobel | Mercredi 21 novembre 2018

 Marc Lesage quitte les Célestins

Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er janvier 2019. Claudia Stavisky est donc seule à bord des Célestins jusqu'à une prochaine nomination pour perpétuer cette co-direction. Après l'annonce du départ de Cathy Bouvard aux Subsistances (qui part fin décembre pour les Ateliers Médicis en Seine-Saint-Denis), l'attente d'une nomination au Théâtre du Point du Jour (suspendue à l'avis de Gérard Collomb qui a pris la main sur ce dossier), le renouvellement dans un an du directeur du TNP, le paysage théâtral local connait des changements d'une ampleur majeure.

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Les 30 saisons du Théâtre de l'Iris

Théâtre | Sans paillette, le Théâtre de l'Iris fête néanmoins ses trente ans d'existence tout au long de la saison avec reprises-phares et créations clin d’œil. Rencontre avec son directeur-fondateur Philippe Clément.

Nadja Pobel | Mardi 30 octobre 2018

Les 30 saisons du Théâtre de l'Iris

Avec quelles intentions arrivez-vous dans ce lieu en 1988 ? Philippe Clément : Le lieu est un pur hasard. Je faisais alors un petit break dans ma carrière d'acteur et metteur en scène, après des années passées aux côtés de descendants de Jacques Copeau qui travaillaient sur l’éducation populaire, puis auprès de Marcel Maréchal notamment. J'ai ensuite fait des études de médecine chinoise, puis repris le théâtre et j'ai monté une compagnie. Nous voulions une salle pour répéter. On a fini par trouver cet ancien cinéma de quartier (près du métro Cusset) dont je suis tombé amoureux. Et on a décidé de faire de la programmation en plus de présenter nos spectacles. Comment s'est construite votre histoire avec les spectateurs ? Elle est liée à la permanence du spectacle et du lieu et au fait qu'on a choisi un chemin peu à la mode à l'époque et qui ne l'est toujours pas : on est un des rares endroits en France habité par une compagnie qui ait une troupe permanente. De plus, nous avons un répertoire qu'on tourne, qu'on reprend dont Les Fourberies de Scapin qu'on joue depuis trente ans. Vou

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Six finalistes pour le Point du Jour

Théâtre | La short-list pour reprendre la direction du Point du Jour est désormais connue.

Nadja Pobel | Vendredi 14 septembre 2018

Six finalistes pour le Point du Jour

Ils ne sont plus que six désormais à pouvoir prétendre prendre la direction du Théâtre du Point du Jour : le Collectif X, Abdelwaheb Sefsaf, Éric Massé & Angélique Clairand, Thierry Jolivet (du collectif La Meute), Baptiste Guiton & Pauline Laidet et enfin Olivier Coulon-Jablonka. Seul ce dernier n'est pas un local, puisqu'il était membre de l'ensemble artistique du CDN de Sartrouville jusqu'en septembre 2017 et qu'il est actuellement associé au CDN de la Commune d'Aubervilliers. Le Collectif X est basé à Saint-Étienne tout comme Abdelwaheb Sefsaf et sa compagnie Nomade in France (Aligator, Médina Mérika, Si loin si proche) ainsi que la compagnie des Lumas fondée par Angélique Clairand et Éric Massé (Mujer vertical, Tartuffe) par ailleurs membre du collectif artistique du CDN de Valence. Les autres candidats sont lyonnais : Pauline Laidet (Fleisch), Baptiste Guiton (Lune jaune, Groenland, artiste associé au TNP) et Thierry Jolivet du collectif La Meute (Belgrade, La Famille royale

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Salle Rameau : La Compagnie de Phalsbourg et Steven Hearn emportent la mise

Salle Rameau | La Salle Rameau va accueillir un culture market, un espace food, et la salle de spectacles sera réhabilitée pour accueillir cirque, concerts et conférences.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 octobre 2018

Salle Rameau : La Compagnie de Phalsbourg et Steven Hearn emportent la mise

On connaît le lauréat de l'appel d'offres lancé par la Ville de Lyon pour gérer la Salle Rameau : il s'agit du projet porté par le promoteur immobilier Compagnie de Phalsbourg, associé pour l'aspect artistique à Steven Hearn (Scintillo) et Rémy Bergeron (Papamaman Productions). Par communiqué, la Ville de Lyon indique : « Le comité d’examen qui s’est tenu aujourd’hui (NdlR : jeudi 4 octobre), composé du maire de Lyon Georges Képénékian, de l’adjoint aux finances Richard Brumm, de l’Adjointe à l’Immobilier Nicole Gay, de l’adjoint à la Culture Loïc Graber, ainsi que de Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement, a proposé de désigner à la majorité La Compagnie de Phalsbourg, comme lauréat de la consultation pour la réhabilitation de la salle Rameau. Cette proposition sera soumise à l’approbation du conseil municipal. » Les projets portés par Carré d'Or (avec Urban Project) et les Chevaliers du Fiel sont

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L'été au Bac à Sable

Spot Éphémère | Un bac, c'est un lieu pour « créer, se salir, expérimenter ». Ainsi le définit Benjamin Forel, à la tête de L'Ineffable Théâtre depuis dix ans. Il vient (...)

Nadja Pobel | Mardi 26 juin 2018

L'été au Bac à Sable

Un bac, c'est un lieu pour « créer, se salir, expérimenter ». Ainsi le définit Benjamin Forel, à la tête de L'Ineffable Théâtre depuis dix ans. Il vient d'ouvrir le Bac à Sables, espace éphémère qui jusqu'au 15 octobre (et plus si disponibilité) accueillera une dizaine de compagnies sur la cinquantaine qui ont répondu à son projet. Dans le quartier de la Confluence (6 place Camille Georges, face à Sainte-Blandine), le metteur en scène a dégotté un hall auprès de Nacarat Immobilier, à qui il ne verse pas de loyer mais fait un reçu fiscal au titre du mécénat. Au programme : de la danse surtout (Rebecca Journo, compagnies MF, LC...), du théâtre et le week-end des soirées électro ou concert. Les artistes reçus travaillent durant cinq jours et s'engagent à deux ouvertures publiques (workshop, spectacle, conférence) sur la semaine, avec eux-mêmes ou des troupes invitées. Ils perçoivent 100% de la recette billetterie,

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L'Europe sous toutes les coutures (théâtrales)

Rencontres du Jeune Théâtre Européen | Et c'est parti pour la 30e édition des bien nommées Rencontres du Jeune Théâtre Européen organisées chaque année début juillet à Grenoble par le Créarc (Centre de création de recherche et des cultures). Mais encore ?

Alice Colmart | Mardi 19 juin 2018

L'Europe sous toutes les coutures (théâtrales)

Pas de changements pour la 30e édition des Rencontres du Jeune Théâtre Européen, mais toujours une même ambition : « faire en sorte d’ouvrir le théâtre à tous et pas qu’à une certaine élite » selon Jordan Nicoletti, chargé de communication du Créarc (l’association qui porte l’événement). Ainsi, pendant une semaine, quinze compagnies de douze pays différents (Italie, Royaume-Uni, France, Roumanie, Portugal, Grèce, Pologne, Lituanie...) fouleront le sol grenoblois afin de se produire en plein air ou dans l'une des quatre salles de l’agglo qui accueille le festival (l'Espace 600, le Théâtre 145, la salle Olivier Messiaen et le Musée archéologique). Et ainsi rencontrer le public. Théâtre en VO Proposés en langues maternelles, les spectacles toucheront à plusieurs genres, du théâtre de répertoire, classique et contemporain, à la création collective en passant par le théâtre-action, « un mouvement initié à Grenoble par Fernand Garnier [le fondateur du Créarc – NDLR] et dont les textes parlent de sujets de société ». Autre forme abordée, le théâtre de l’opprimé, forme militante élab

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La Célestine out toute la saison prochaine

Théâtre | Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison (...)

Nadja Pobel | Mercredi 25 avril 2018

La Célestine out toute la saison prochaine

Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison 2018/19, ainsi que le théâtre munipal lyonnais l'a appris ce mardi 24 avril. Si jusqu'alors les spectacles avaient trouvé refuge au TNG-Ateliers, le lieu d'accueil des neuf propositions au menu de la saison prochaine reste à trouver. Les Ateliers à nouveau ? Une construction éphémère ? Un autre théâtre (Le Point du Jour n'aura plus de directeur et donc de programmation à compter du 15 août) ? Plus les ouvriers analysent les dégâts en Célestine, plus il s'avère que des couches de cette salle située en sous-sol du bâtiment sont touchées. Viendront ensuite des décisions quant aux travaux à effectuer, l'appel d'offre BTP et la réalisation de cette réfection. En attendant, le bar l'Étourdi s'est lui déplacé du niveau -1 au 2e étage du théâtre.

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Gloria aux lassos : "My Wonder Women"

Biopic | de Angela Robinson (E-U, 1h49) avec Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote…

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Gloria aux lassos :

Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (en glamourisant, notamment, à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblanc

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L'Échappée belge : razzia sur la douffe

Block Party | Samedi, la rue Chevreul prendra des allures de capitale belge. Courrez-y, ça n’a lieu qu’une fois.

Julie Hainaut | Mardi 13 mars 2018

L'Échappée belge : razzia sur la douffe

Le printemps n’a jamais été aussi proche et on aspire qu’à une seule chose : observer les nuages périr dans le soleil et fêter ça à grand renfort de pépites culturelles et culinaires tout droit venues de Bruxelles. Parce qu’il a beau dracher souvent en Belgique, une chose est sûre : qu’importe la météo, les Belges ont toujours la frite (humour français, pardonnez-nous). Pendant sept heures, le plat pays nous dopera le moral à travers une food block party campée dans l’un des coins les plus gourmands de la ville, le 7e arrondissement. Au programme : du manger belge, du boire belge et de la musique belge (il devrait y avoir sept artistes). Le paradis, en somme. On a hâte (entre autres) de goûter les brioches spéculoos concoctées par le Kitchen Café, le pain à la bière et les brioches aux trois chocolats (belges, forcément) d’Antoinette, de boulotter les frites fraîches maison made in Les Innocents, de danser au son du surdoué DC Salas et de dé

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Attable : la grande bouffe

Festival Food | Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand (...)

Adrien Simon | Mardi 13 mars 2018

Attable : la grande bouffe

Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand cocotier culinaire ». Qui "décaraffonne" les codes. Or, Dieu sait qu'il y en a, des traditions gastronomiques (qui a dit "lourd héritage" ?) à Lyon. Mais comment ruer dans ces brancards-là ? Attable assume de s'appuyer sur la jeunesse cuisinière : celle qui n'a pas attendu les étoiles Michelin pour mettre les mangeurs des métropoles européennes à ses pieds. Mais que peuvent bien faire ces cuistots, devenus rockstars malgré eux, en déplacement à Lyon ? Fomenter un banquet en hommage au grand Paul ? Les artistes locaux (cols tricolores et étoilés + jeune génération) s'occupent déjà du tribute dominical (ce dimanche, À la Piscine). Montrer qu'il n'y a pas qu'en Rhône, qu'on sait bouffer ? On le savait déjà, et on salive d'avance en pensant à la nourriture autrichienne (!), genre marmotte fermentée et foie gras vegan, que prépareront samedi soir (

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Arty Farty lance un nouveau festival : Attable

Food | Un nouveau festival, entièrement consacré à la culture food, prend place dans le calendrier lyonnais en mars prochain : Attable.

Sébastien Broquet | Lundi 5 février 2018

Arty Farty lance un nouveau festival : Attable

C'est désormais officiel : Arty Farty, ne se contentant pas d'un festival dédié aux musiques électroniques ayant fait sa renommée (Nuits sonores) et d'un forum pensant la culture et l'Europe (European Lab), lance un tout nouvel événement consacré à la culture food : Attable. Cette première édition, qualifiée de « pilote » par les organisateurs, se déroulera sur trois jours du vendredi 16 au dimanche 18 mars, et prendra place uniquement dans le 7e arrondissement qui est actuellement le quartier de prédilection d'Arty Farty : Nuits sonores se déroulera aux anciennes usines Fagor-Brandt et l'European Lab dans les locaux de la faculté. Surtout, c'est en ces contrées qu'est située la première expérience dans le monde culinaire lancée par ces aficionados de Kraftwerk : À La Piscine, restaurant qu

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Amélie Casasole : « je vais amener plus d'art du mouvement »

Théâtre de Villefranche | À 43 ans, et après avoir dirigé l'Atrium de Tassin, Amélie Casasole vient tout juste de prendre ses fonctions à la tête du Théâtre de Villefranche, dont Alain Moreau a fait depuis 1992 un lieu culturel majeur de la région. Comment envisage-t-elle cette nouvelle ère ? Réponses.

Nadja Pobel | Mardi 30 janvier 2018

Amélie Casasole : « je vais amener plus d'art du mouvement »

Sur quels critères êtes-vous sortie gagnante des 56 candidatures ? Amélie Casasole : Je suis allée sur le terrain. Un projet culturel ne se décrète pas. Ce qui m’intéresse, au-delà du Théâtre de Villefranche que je connaissais bien pour y avoir été spectatrice chaque saison, c'est comment articuler ce projet au territoire. J'ai rencontré énormément de gens : les associations culturelles, les services de la ville (jeunesse, archives...). Je me suis intéressée à la manière dont les gens vivaient à Villefranche et dans l'agglomération. Il ne faut pas regarder que du côté de la programmation et de la diffusion. C'est un théâtre pluridisciplinaire avec chanson, danse, théâtre (parfois international, comme avec Ostermeier l'an dernier). Va-t-il le rester ? Oui, c'est ce qui fait la spécificité de ce théâtre et qu'il est bien identifié. Il n'y aura pas de changement pour le festival Nouvelles Voix car il fonctionne très bien et ça permet d'avoir un public de jeunes qui revient après. Par petites touches, je vais amener un peu plus d'art du mouvement (cirque, magie nouvelle...), des spectacles en

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[Hullu] au TNG : l'acteur et son double

Théâtre | Dans un spectacle infiniment humble, [Hullu], le Blick Théâtre livre lentement mais sûrement une réflexion sur l'Autre. Où il est question de la maladie ou peut-être de ces migrants que l'Occident ne veut pas voir. À tout le moins de la différence faite amie.

Nadja Pobel | Mardi 10 octobre 2017

[Hullu] au TNG : l'acteur et son double

Bien sûr il y a, d'entrée de jeu, cette jeune femme coincée sur une chaise entre deux amis qui fait des gestes bizarres. Cela peut aisément évoquer ce qui est le sujet de la compagnie : l'autisme, « un monde imaginaire peuplé de petits êtres » comme ses membres l'affirment dans leurs documents de travail. Puis rapidement apparaissent des marionnettes, têtes chauves, yeux creux, un peu éberlués... Ce sont peut-être bien les migrants qui veillent, se rebiffent, existent et luttent contre des hôtes bien peu accueillants. Ils chassent même cette fille perturbée, assise sur une chaise. Elle les gêne. Ils veulent construire un mur de cartons. Et pas question de se laisser déranger par des intrus qui tenteraient de passer en douce en ôtant une fausse brique. L'Occidental les traque derrière des chausse-trappes et s'en croit débarrassé ? Ils débarquent dans leurs dos, à plusieurs, comme des fantômes, disparaissant dès qu'ils sont recherchés. On peut voir dans ce jeu de passe-passe une allégorie de la pensée humaine qui n'en finit plus de faire des nœuds comme en témoigne ce tour de magie où sous la tête de la marionnette se trouve une autre tête, plus petite et encore

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Nouvelle ère au théâtre de Vienne

Théâtre | Après une saison très fortement secouée par un plan social concernant cinq employés, le théâtre de Vienne aborde 2017/18 avec un nouveau directeur, Michel Belletante, et une programmation dense et classique.

Nadja Pobel | Mardi 27 juin 2017

Nouvelle ère au théâtre de Vienne

L'année dernière, à la même époque, les salariés (hors direction) du théâtre de Vienne entamaient une grève. Ils savaient leurs postes menacés après qu'en mars 2016, le conseil municipal ait abruptement voté une baisse de dotation de 100 000€ (sur les 740 000 alors attribués). La Chambre régionale des comptes estimait que, sur la période étudiée (2009 à 2013) : « l’établissement devrait rechercher des économies de fonctionnement, en réduisant les frais de personnel et en recherchant des partenariats avec les autres acteurs du spectacle vivant de l’agglomération » pour pallier un « modèle économique [qui] repos[ait] sur une très forte dépendance aux subventions ». Résultat des courses : les levers de rideaux passent de 60 à 105 avec cinq personnes en moins pour les gérer ! Ce défi cornélien est celui qui attend Michel Belletante, metteur en scène directeur de l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix (Isère) durant quatorze ans et dont il estime avoir été «

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Sous la piste aux étoiles

Théâtre | Heureux hasard, chaque année, dans le somptueux cadre gallo-romain d'Alba-la-Romaine, il est possible de voir un des spectacles appréciés aux Nuits de (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

Sous la piste aux étoiles

Heureux hasard, chaque année, dans le somptueux cadre gallo-romain d'Alba-la-Romaine, il est possible de voir un des spectacles appréciés aux Nuits de Fourvière l'année précédente. C'était le cas de Bestias l'an dernier de Baro d'Evel. Cette fois, voici que s'installe en Ardèche la compagnie Bêtes de Foire. Le couple Elsa de Witte et Laurent Cabrol ont le talent de raconter leur vie de nomade, qui les a mené à déjà jouer près de 400 fois cette création. Lui est passé par l'école Fratellini et a cofondé Convoi Exceptionnel et le merveilleusement grinçant cirque Trottola. Elle, costumière au départ, vient du théâtre de rue, de compagnies comme Babylone et Alama’s givrés. Ensemble ils ont construit ce spectacle de poche qui montre les coulisses et les secrets de fabrication d'un show à taille humaine. Ils se penchent sur l'art du ratage dans une discipline qui ne tient que par l'excellence. Ainsi, leur chien peu obéissant remplace la majesté d'un félin à crinière. Et il est question de ralentir la cadence comme avec ce jongleur qui commence son numéro a

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"Free Fire" de Ben Wheatley : trop de la balle !

ECRANS | Un hangar, quelque part dans les années 1970. Justine a organisé une rencontre entre des membres de l’IRA et des trafiquants d’armes. Au moment de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Un hangar, quelque part dans les années 1970. Justine a organisé une rencontre entre des membres de l’IRA et des trafiquants d’armes. Au moment de la transaction, un grain de sable en forme d’histoire d’honneur familial (donc de fesses) met le feu aux poudres. Et c’est l’hallali… Certes moins composé que le précédent opus de Ben Wheatley, le vertigineux High Rise (2016), Free Fire y fait écho par son ambiance vintage (ah, les looks croquignolets de Brie Larson, Armie Hammer et Cillian Murphy !) et son inéluctable spirale de violence dévastatrice. À ceci près que le ton est ici à la comédie : les traits comme les caractères sont grossis, les répliques énormes fusent autant que les projectiles, mais il faut moult pruneaux pour faire calancher un personnage : c’est un FPS revu par Tex Avery. N’en déduisez pas une expurgation de toutes les scènes gore : Scorsese figurant tout de même au générique en qualité de producteur exécutif, l’hémoglobine coule dru ; certaines exécutions valent même leur pesan

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À La Piscine plonge dans le grand bain

Restaurant | Le projet porté par Arty Farty prend vie. Le restaurant À La Piscine ouvre ses portes ce vendredi 12 mai, dans un cadre au fort potentiel : la (...)

Corentin Fraisse | Vendredi 12 mai 2017

À La Piscine plonge dans le grand bain

Le projet porté par Arty Farty prend vie. Le restaurant À La Piscine ouvre ses portes ce vendredi 12 mai, dans un cadre au fort potentiel : la piscine du Rhône. Son équipe veut remettre le partage, la convivialité et la famille au centre de la table. Dans un cadre magnifique au bord du Rhône, on pourra manger à toute heure, en étant bercé par des playlists en accord avec les différents moments de la journée. Atmosphère conviviale, décoration astucieuse et épurée, des prix abordables (moins de 30€/menu), un large choix de bières et une carte des vins de la vallée du Rhône... Tout est réuni pour que la sauce prenne : on revient plus en longueur sur le sujet dès que l'on a testé. À La Piscine Quai Claude Bernard, Lyon 7e Ouvert de 7h30 à minuit du mercredi au vendredi ; le samedi de 9h à minuit ; le dimanche de 10h à 20h

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Déterritorialisation en cours

Théâtre | À partir du documentaire L'Abécédaire de Gilles Deleuze, une jeune troupe plonge dans les entrailles de la vie et de l’œuvre du philosophe disparu en 1995 : un spectacle parfois déséquilibré, mais méritant et joyeusement foutraque.

Nadja Pobel | Mardi 9 mai 2017

Déterritorialisation en cours

Tenter de jouer sur scène la pensée qui se met en branle. C'est un pari risqué, assuré par les six comédiens jouant une sorte de ping-pong philosophique. L'objectif : donner matière et chair aux concepts de Gilles Deleuze, en prenant appui sur le documentaire projeté d'entrée de jeu, L'Abécédaire. Tout commence comme une conférence. Ce film, que Deleuze n'avait accepté qu'à la condition qu'il soit diffusé après sa mort, va être sujet à discussion. De A comme Animal à Z comme Zigzag, la compagnie du MégaSuperThéâtre (dont les membres sont issus pour la plupart du Conservatoire de Toulouse) ne nous montre que quelques minutes de cette conversation au long cours, retransmise en accéléré, à l'exception d'un arrêt sur image à N comme Neurologie. « Qu'est-ce qui se passe dans la tête quand on a une idée ? » Fin de l'intro, début du théâtre. Avant de disséquer quelques lettres de cette liste, il est question de ce qui a caractérisé Deleuze et a même été popularisé, sur M6 et France Inter, depuis quinze ans par le drôle d'érudit de la chanson et du jazz qu'est André Manoukian : la déterritorialisation. En jouant de

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Avril en vrille, un festival bigarré

SCENES | Un grand week-end pour fêter le printemps avec des spectacles et des activités en famille : c’est le programme acidulé et croustillant d’Avril en vrille.

Lisa Dumoulin | Vendredi 24 mars 2017

Avril en vrille, un festival bigarré

Pour la deuxième édition du festival Avril en vrille du 30 mars au 2 avril, Les Subsistances renouent avec la forme des grands week-ends de quatre jours si chère à leur coeur. Quatre jours donc pour fêter le printemps en ouvrant le site - exceptionnel rappelons-le : à flanc de falaise, les pieds baignant dans la Saône et étoffé des jolis bâtiments abritant l’école nationale supérieure des Beaux-Arts. Une invitation conviviale à profiter de l’extérieur avec au programme : des spectacles gratuits en plein air pour toute la famille, un cours de danse géant, des ateliers coloriage ou collage avec des graphistes pour les enfants et les grands... Et une curiosité à ne pas manquer : la visite insolite des Subsistances par Magali Chabroud et le Blöffique théâtre. Son travail axé sur la création de formes théâtrales dans des lieux non dédiés à la représentation comme des immeubles, des squares, l’espace public en général, l'a amené à proposer Ce qui subsiste, brève histoire d’ici, une visite invitant à créer une brèche de fiction dans le quotidien.

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La voie minimaliste du Tao

Danse | Pour sa première venue en France, la compagnie chinoise Tao Dance Theater présente deux pièces datant de 2014 à la Maison de la Danse (du 23 au 25 mars). (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 21 mars 2017

La voie minimaliste du Tao

Pour sa première venue en France, la compagnie chinoise Tao Dance Theater présente deux pièces datant de 2014 à la Maison de la Danse (du 23 au 25 mars). Elles s'intitulent tout simplement 6 et 7 (titres indiquant le nombre d'interprètes), et s'inscrivent ostensiblement dans une veine minimaliste et répétitive (veine qui peut à la fois renvoyer à la culture occidentale et à la culture chinoise). Chaque pièce déploie un univers esthétique simple et radical : tout est blanc dans 7, tout est noir dans 6. Leur créateur, le chorégraphe Tao Ye, dit vouloir « recentrer l’attention sur l’essence de la sensation et de la perception, sur ce qui permet à la danse d’exprimer véritablement sa pureté et son évolution. » Il aligne pour cela ses danseurs sur un même axe tenu tout au long des pièces, et fait évoluer leurs mouvements à travers des changements lents et imperceptibles. Un programme conseillé aux amateurs de trips visuels hypnotiques.

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Andromaque à la racine

Point du Jour | Gratuite, indéfinie dans le temps, Andromaque est au Point du Jour sans fard et renverse les codes ; à commencer par la façon d'effectuer une sortie théâtrale.

Nadja Pobel | Mardi 24 janvier 2017

Andromaque à la racine

C'est une antienne bien connue que Gwenaël Morin développe depuis des années (et depuis 2013 au Point du Jour) : faire un théâtre permanent et considérer l’œuvre théâtrale comme un bien public qu'il faudrait offrir aux spectateurs, encore et encore, puisque personne n'aura jamais assez d'une vie pour explorer la richesse des écrits de nos anciens. Cette humilité assortie d'un sens de l'économie radicale tranche avec ses congénères : pas de droit d'auteurs pour ces œuvres tombées dans le domaine public et pas de billetterie payante par retour d’ascenseur. Sophocle, Molière, Shakespeare... le metteur en scène a su explorer ses classiques dans son théâtre que, volontairement, il ne transforme pas en bar (à peine une salle d'attente blanche avant d'accéder à la salle) et souvent dans des lieux insolites : reconnaissons-lui le mérite d'avoir emmené le théâtre où il n'est pas, comme des quartiers excentrés du 5e arrondissement cet été dans le cadre des

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Sur la piste aux trouvailles du "Petit théâtre de gestes"

Nuits de Fourvière | Pour la seconde année consécutive, les Nuits de Fourvière investissent le parc de Lacroix-Laval. Sous ses trois chapiteaux, en juillet, il se passera toujours quelque chose : des bals, des concerts mais surtout du cirque. Avec deux spectacles mémorables : le féerique et quasi classique Obludarium et ce bijou de modestie et de savoir-faire qu'est Petit théâtre de gestes.

Nadja Pobel | Mardi 28 juin 2016

Sur la piste aux trouvailles du

Sous un chapiteau ou dans une grande salle aux fauteuils en velours, il y a ce petit rituel depuis quelques années : demander aux spectateurs d’éteindre leurs téléphones portables. L’un des circassiens, Laurent Cabrol, ouvre alors son manteau en silence, au revers duquel figure le dessin d’un pictogramme barré : celui du nouveau meilleur ami (mouchard) de l’homme. Ce qui n’empêchera nullement un adulte de fréquemment regarder le sien (et d’éclairer ainsi la salle) quand les ados qu’il accompagne se tiennent à carreau. Passée cette rapide et simpliste analyse du public, le spectacle peut commencer, directement placé sur le mode du minimalisme et de l’économie de mots, ce qui ne signifie nullement qu’il est rabougri. Bien au contraire. Si le couple Laurent Cabrol et Elsa De Witte s'est lancé dans cette aventure légère, c’est qu’il a fait ses armes et sa vie dans des artilleries plus lourdes dont il a gardé la sève. Lui s’est formé auprès d’Annie Fratellini et du Cirque Plume, a co-fondé les cirques Convoi Exceptionnel et le délicieux, grinçant et pour tout dire très attachant Trottola (l’inoubliable Matamore !) tout en collabor

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Une « petite utopie » européenne

Rencontres du jeune théâtre européen | Théâtre et politique, une association vieille comme… l’invention du théâtre ! La preuve une nouvelle fois en ce début juillet avec la vingt-huitième édition des fameuses Rencontres du jeune théâtre européen, organisée comme toujours par les Grenoblois du Créarc, Centre de création de recherche et des cultures.

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Une « petite utopie » européenne

Seize compagnies de onze pays différents pour une semaine de programmation théâtrale : voilà en quelques chiffres le festival organisé par le Créarc, qui se déroulera dans diverses salles grenobloises. Les Rencontres du jeune théâtre européen, c’est un rassemblement sans égal de jeunes qui aiment et pratiquent le théâtre. Comme chaque année, les compagnies débarquent à Grenoble avec leurs créations, toutes visibles gratuitement. La plupart du temps, elles sont jouées en langue maternelle. L’occasion d’entendre des monologues en anglais, des diatribes en espagnol ou des échanges en hongrois (pour les plus polyglottes). « On peut parler de petite utopie. Parce que faire travailler ensemble 200 jeunes avec des langues différentes n’est pas facile » assure Romano Garnier, qui chapeaute le Créarc. Cette utopie, on la retrouve notamment dans la déambulation de fin de festival. Tous les acteurs répètent une partie de la pièce durant la semaine du festival. Le rendu a lieu le vendredi 8 juillet, en mouvement dans toute la ville. « Artistiquement, comme on n'a pas beaucoup de temps, ce n’est pas forcément très abouti. Mais il y a une vraie énergie qui se d

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Un loto pour les théâtres

Balises | Il y a du théâtre partout sur le territoire, l’association Balises vous le répète depuis quatre ans et vous le démontre samedi 25 juin, place Raspail, (...)

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

Un loto pour les théâtres

Il y a du théâtre partout sur le territoire, l’association Balises vous le répète depuis quatre ans et vous le démontre samedi 25 juin, place Raspail, entre Guillotière et les quais du Rhône, en organisant un grand loto. Une vingtaine de théâtres de la Métropole seront présents pour faire connaitre leur programmation et vous permettre de gagner des places, voire des abonnements. Le comédien Ivan Gouillon et la DJ Mademoiselle Charby animeront trois sessions de jeu à 15h, 16h et 17h. Pour ceux qui ne figureraient pas dans la liste des heureux vainqueurs, reste le plaisir d’une guinguette en pleine ville. Car, et ce n’est pas anodin, aller au théâtre ne doit pas simplement être synonyme de s’enrichir culturellement ; c’est aussi vivre un moment agréable hors du silence requis dans la salle. Sans se murger comme certains supporters, mais en étant aussi heureux qu'eux d’aller se divertir : il est temps de réconcilier tous les théâtres avec la notion de plaisir.

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"The Neon Demon" : l'objet du désir

Critique | Retour en grâce pour NRW — c’est ainsi qu’il sigle son nom au générique — avec un conte initiatique : celui d’une gamine partant à la conquête du monde de la mode. Le récit d’une ambition dévorante et dévorée, à la superbe… superbe.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Comme une promesse, ou une métaphore de cette foire aux vanités qu’est l’industrie de la mode, la première séquence de The Neon Demon offre un condensé glaçant de sang, de flashes et de voyeurisme. Mais on aurait tort de se fier à ce que l’on a sous les yeux : derrière la splendeur et la perfection sans défaut de l’image ; derrière les surfaces lisses et les miroirs, tout est factice. La beauté pure n’existe pas, et lorsqu’elle surgit sous les traits de Jesse, elle est perçue comme une anomalie, une monstruosité dans cet empire des apparences et de l’illusion. Un élément discordant qui va se corrompre en pervertissant son entourage — la pomme cause-t-elle le ver, ou bien le ver détruit-il la pomme ; toujours est-il que la réunion des deux gâte l’ensemble. Talent haut Aux antipodes de la superficialité clinquante de l’ère des supermodels, et de sa foule de mondains papillonnant dans la lumière,

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High-Rise

ECRANS | L’architecture du chaos selon Ballard, avec Ben Wheatley en maître d’ouvrage servi par la charpente de Tom Hiddleston… Bâti sur de telles fondations, High-Rise ne pouvait être qu’un chantier prodigieux, petits vices de forme inclus.

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

High-Rise

En septembre dernier, le ministère de la Défense français emménageait dans ses nouveaux quartiers, à la froideur grise et géométrique, sur le site Balard. Au même moment était projeté à Toronto la première du film High-Rise, adaptation d’un roman publié en 1975 par J.G. Ballard, décrivant l’inéluctable échec d’un projet urbanistique. Lier ces événements synchrones autrement que par leur vague homophonie semble insensé. Cependant, tous deux nous ramènent à cette éternelle obsession humaine pour l’édification ; ce tabou sans cesse transgressé depuis Babel par des créatures se rêvant créateurs, et fabriquant des citadelles… Mais laissons pour l’heure l’Hexagone-Balard : le film métaphorique de Wheatley a plus à dire que la grande muette — sur notre société d’hier, mais aussi sur la manière dont elle a accouché d’aujourd’hui. La cité rageuse Trouble mixte entre culte nostalgique pour un passé idéalisé et franche défiance vis-à-vis d’un futur instable, High-Rise revendique sans le dater précisément son ancrage dans les seventies. Jamais trop excentriques, décors et costumes portent la marque de ce temps révolu, instaurant cette distan

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Théâtre de Vienne : subvention en berne, salariés inquiets

ACTUS | Suite à une baisse de 100 000€ de la subvention accordée par la Ville de Vienne, les salariés du théâtre manifestent leur inquiétude quand à la survie de leurs emplois.

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

Théâtre de Vienne : subvention en berne, salariés inquiets

Moins 100 000€. C'est le montant de la somme imputée au théâtre de la ville de Vienne, depuis que le conseil municipal a voté son budget 2016, le 21 mars dernier. La Ville reste de très loin le principal pourvoyeur de la salle, financé à compter de cette année à hauteur de 640 000€. Une coupe qui se justifie pour partie par la baisse de dotations globales de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (comme pour le Toboggan) et un récent rapport de la Chambre régionale des comptes. Celui-ci estimait que, sur la période étudiée (2009 à 2013) « le modèle économique repose sur une très forte dépendance aux subventions » et que « l’établissement ne dispose que de peu de marges de manœuvre sur les recettes de la billetterie », concluant que « l’établissement devrait donc rechercher des économies de fonctionnement, en réduisant les frais de personnel et en recherchant des partenariats avec les autres acteurs du spectacle vivant de l’agglomération. » Patrick Curtaud, l'adjoint à la culture, n'a pas répondu à nos sollicitations.

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Merlin revisité au TNG

SCENES | Jusqu'à dimanche, la compagnie lyonnaise Groupe Fantomas présente Merlin, sa dernière création, au Théâtre Nouvelle Génération. Une pièce drôle, burlesque, qui (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 17 mars 2016

Merlin revisité au TNG

Jusqu'à dimanche, la compagnie lyonnaise Groupe Fantomas présente Merlin, sa dernière création, au Théâtre Nouvelle Génération. Une pièce drôle, burlesque, qui désacralise les légendes arthuriennes.

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Les Ogres

ECRANS | Léa Fehner tend le barnum de son deuxième long-métrage au-dessus du charivari d’une histoire familiale où les rires se mêlent aux larmes, les sentiments fardés aux passions absolues… Qu’importe, le spectacle continue !

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Les Ogres

Surprenant de voracité, le titre ne ment pas : Les Ogres est bien un film-monstre. Car pour évoquer de manière lucide le quotidien d’une troupe tirant le diable par la queue, confondant la scène et la vraie vie, l’enfant de la balle — voire, enfant de troupe — Léa Fehner n’aurait pu faire moins que cette chronique extravagante, profuse, débordante de vie. D’une durée excessive, et cependant nécessaire, cette œuvre vrac et foutraque rend compte du miracle sans cesse renouvelé d’un spectacle, né d’un effarant chaos en coulisses, produit par la fusion d’une somme d’individus rivaux soumis à leurs démons, leurs passions et jalousies. Quel cirque ! Ogres, ces saltimbanques le sont tous à des degrés divers, se nourrissant réciproquement et sans vergogne de leur énergie vitale — à commencer par le propre père de la cinéaste. Chef de bande tout à la fois charismatique et pathétique, odieux et investi dans le fonctionnement de la compagnie qu’il dirige en pote-despote, il tiendrait même de Cronos, dévorant ses enfants comme le Titan mythologique. Si Léa Fehner a su dépeindre les relations complexes se nouant au sein de ce groupe d’artistes cabossé

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À Dijon, c'est Théâtre en Mai

SCENES | À l’honneur chez nous (Maison de la Danse, Ramdam), Maguy Marin sera aussi la marraine de la manifestation Théâtre en Mai qui se tiendra à (...)

Nadja Pobel | Mercredi 24 février 2016

À Dijon, c'est Théâtre en Mai

À l’honneur chez nous (Maison de la Danse, Ramdam), Maguy Marin sera aussi la marraine de la manifestation Théâtre en Mai qui se tiendra à Dijon du 20 au 29 mai et permettra de découvrir de nouveaux talents comme Mathieu Cruciani, Maëlle Poésy et Julie Duclos. La chorégraphe partagera son expérience avec cette jeune garde prometteuse.

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Les Super-pouvoirs du Théâtre du Bruit

SCENES | S’immerger dans l’intimité des êtres dotés de super-pouvoirs comme nous y invite l’auteur et metteur en scène Jonathan Lobos, c’est déjà aller à la rencontre de (...)

Nadja Pobel | Mercredi 10 février 2016

Les Super-pouvoirs du Théâtre du Bruit

S’immerger dans l’intimité des êtres dotés de super-pouvoirs comme nous y invite l’auteur et metteur en scène Jonathan Lobos, c’est déjà aller à la rencontre de cette jeune troupe du Théâtre du Bruit qui n’a peur de rien. Surtout pas de monter une pièce (Je suis, jouée la semaine dernière) avec huit comédiens sur un plateau de poche, sans coulisses, et d'y introduire des instruments de musique aussi volumineux qu’une batterie. Non, cette compagnie issue de la formation lyonnaise de l’école Premier Acte ne craint personne. Et ose tout. Dans le premier volet de ce diptyque, durant deux heures, chacun va interpréter maints personnages et inventer une multitude de lieux (salle de classe, cabinet de médecin, salle de concert…). Revêtus de combinaisons en lycra jusqu’au bout des doigts, les personnages de comics tentent de faire en sorte que leurs pouvoirs (tel celui de remonter dans le temps) ne les coupent pas trop du monde qui les entoure. C’est tout le paradoxe de ce spectacle qui met en évidence l’isolement de ses personnages en jouant de l’esprit collectif des comédiens. Bien sûr, à trop vouloir en faire, le metteur en scène entraîne parfois sa créat

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Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

ECRANS | Après une année cinématographique 2015 marquée par une fréquentation en berne —plombée surtout par un second semestre catastrophique du fait de l’absence de films qualitatifs porteurs —, quel sera le visage de 2016 ? Outre quelques valeurs sûres, les promesses sont modestes…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

L’an dernier à pareille époque se diffusaient sous le manteau des images évocatrices illustrant la carte de vœux de Gaspar Noé et extraites de son film à venir, Love ; le premier semestre 2015 promettait d’être, au moins sur les écrans, excitant. Les raisons de frétiller du fauteuil semblent peu nombreuses en ce janvier, d’autant que, sauf bonheur inattendu, ni Desplechin, ni Podalydès, ni Moretti ne devraient fréquenter la Croisette à l’horizon mai — seul Julieta d’Almodóvar semble promis à la sélection cannoise. Malgré tout, 2016 recèle quelques atouts dans sa manche… Ce qui est sûr... Traditionnellement dévolu aux films-à-Oscar, février verra sortir sur les écrans français The Revenant (24 février) de Iñarritu, un survival dans la neige et la glace opposant Tom Hardy (toujours parfait en abominable) mais surtout un ours à l’insubmersible DiCaprio. Tout le monde s’accorde à penser que Leonardo devrait ENFIN récupérer la statuette pour sa prestation — il serait temps : même Tom Cruise en a eu une jadis pour un second rôle. S’il n’est pas encore une fois débordé par un outsider tel que

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Le Théâtre des Marronniers fête 30 ans de bourgeonnement

SCENES | À quelques mètres du lieu où ont débuté les illustres Roger Planchon et Marcel Maréchal, le Théâtre des Marronniers a pris racine. A l'occasion du trentième anniversaire de cette salle dédiée à l'émergence, son directeur, Yves Pignard, revient avec nous sur son histoire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 1 décembre 2015

Le Théâtre des Marronniers fête 30 ans de bourgeonnement

Ils étaient au 3 bis. Lui est situé au 7. Mais l’histoire du Théâtre des Marronniers est indubitablement liée à celle de Roger Planchon et Marcel Maréchal qui, de 1953 à 1957 avec son Théâtre de la Comédie pour le premier, et de 1960 à 1968 avec son Théâtre du Cothurne pour le second, ont écrit une page majeure de l’histoire scénique. Désormais, se trouve là une des sorties du CNP Bellecour. Mais quand le comédien Daniel-Claude Poyet décide, dans les années 80, de quitter la troupe de la Criée de Marseille (que dirige alors Marcel Maréchal, justement) pour revenir dans sa ville, et trouve un local (en fait ancien atelier de couture) à louer au 7 rue des Marronniers, il y voit le signe que le théâtre doit à nouveau être au cœur de ce secteur longtemps dédié à la jeunesse. En effet, la SEPR (Société d’Enseignement Professionnel du Rhône) y a installé son siège social à la fin du XIXe siècle et y a dispensé des cours jusqu’en 1978. Il a parallèlement vu naître, en 1944, à l’instigation d’André Philip (grand-père de l’actuel maire du 3e arrondissement), la République des Jeunes, préfiguration de la Fédération Française des MJC qui verra le jour quat

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