Les nuits raccourcies du Sonic

Politique Culturelle | Au Sonic, on ne navigue toujours pas en eaux calmes : l'autorisation d'ouverture tardive a été momentanément retirée au bateau rock. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 12 décembre 2017

Photo : © DR


Le Sonic a encore défrayé la chronique ces derniers jours. L'autorisation de nuit de la péniche la plus rock de la ville, à la programmation impeccable, lui a en effet été retirée suite à un avis défavorable des services de l'écologie urbaine de la Ville de Lyon. Coup dur : si les concerts en début de soirée attirent du monde, c'est surtout l'activité clubbing de nuit qui permet de faire tourner le lieu (représentant 65% de l'économie de la salle selon ses responsables). Comme de coutume, les réseaux sociaux ont été prompts à s'indigner. Et un concert de soutien est organisé ce vendredi 15 décembre, avec Abschaum et Pratos, fleurons de la scène locale.

Stéphane Bony, le directeur du Sonic, nous confirme les faits : « Nous avons reçu un courrier des services de l'écologie urbaine : on nous reproche un non respect de la législation actuelle sur le niveau sonore des concerts. Nous devons aussi recalibrer notre limiteur, qui était devenu obsolète. C'est en cours. » Le limiteur en question enregistre à la fois le niveau sonore et l'amplitude horaire de l'activité. Il avait déjà été la cause de précédents problèmes en 2016 : le passage de l'heure d'hiver à l'heure d'été n'était pas possible sur ce matériel et il avait été reproché au Sonic de fermer une heure après son autorisation, à tort... Problème qui avait été vite réglé par la mairie. Une fermeture administrative de quinze jours avait également été prononcée à partir du 15 avril 2016 par la préfecture, pour des problèmes de tapage nocturne cette fois. Du côté du Sonic, M. Bony nous affirme « qu'il n'y a plus eu une seule plainte depuis plus d'un an à ce sujet, et nous sommes régulièrement en lien avec le commissariat du 5e. »

Loïc Graber, adjoint à la Culture de la Ville de Lyon, confirme : « on a pu lever toutes les difficultés liées au voisinage, le Sonic a fait un gros travail de médiation et de prévention auprès de ses clients, tout est ok de ce côté. » Mais l'adjoint pointe le souci lié au limiteur : « le Sonic est un lieu que nous soutenons depuis longtemps, c'est un acteur important de la ville. Nous leur attribuons une subvention annuelle de fonctionnement, plus une subvention pour une aide à l'équipement l'an dernier. Nous les avons régulièrement au téléphone. Mais nous avons aussi un devoir de police à la Ville, or leur limiteur n'est pas aux normes et il est défectueux. L'écologie urbaine a donc sanctionné ce manquement. »

Loïc Graber s'est engagé à ce que l'écologie urbaine repasse contrôler le Sonic dès la pose effective du nouveau limiteur, qui aurait donc trop tardé à être changé par les responsables de la péniche. L'élu concède qu'une meilleure communication entre services aurait malgré tout pu éviter ce coup de chaud pour les responsables de la salle : « l'écologie urbaine ne nous avait pas prévenu de ce problème en amont, on veillera à améliorer cela à l'avenir. »

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Lyon : plus personne pour hurler la nuit

Clubbing | La nuit, c'est fini, pourrait-on affirmer en paraphrasant la Mano Negra. Clubs et discothèques sont à l'agonie, oubliés des discours et souvent des aides nationales, tenus par la ministre de la Culture à l'écart de son périmètre d'action. Les cris d'alarme se multiplient, des artistes aux syndicats : tour d'horizon de la situation à Lyon. Retournera-t-on danser du côté du Terminal, du Azar, du Petit Salon ou du Sucre ?

Manon Ruffel | Mercredi 9 décembre 2020

Lyon : plus personne pour hurler la nuit

« Fermé jusqu’à nouvel ordre » affichent tristement les sites Internet du Sucre, du Terminal ou encore du Petit Salon... Voilà huit mois que les clubs et autres lieux de fêtes nocturnes ont fermé leurs portes. « La fête est terminée », dit Laurent Garnier dans sa lettre ouverte publiée le 26 octobre à l'attention de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, pour qui manifestement le monde de la nuit n’appartient pas au secteur culturel — elle répète que c'est du ressort du ministère de l'Intérieur. « On va dire que le monde de la nuit se repose », préfère ironiser Cédric Dujardin, directeur général de Culture Next en charge du Sucre, qui avait pu ouvrir sa partie rooftop cet été. « Ça nous a permis de garder un lien avec une partie de notre public, et surtout de faire travailler nos personne

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Les salles de concerts se résignent

Covid-19 | Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 6 septembre 2020

Les salles de concerts se résignent

Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations sanitaires liées au Covid-19 — notamment "la distanciation d’un siège [qui] doit être observée entre le siège occupé par chaque personne ou chaque groupe de 9 personnes au plus" — le Sonic annule toutes ses dates prévues en septembre. Comme Le Farmer. De son côté le Transbordeur a reporté deux dates ces jours derniers (Zoufris Maracas le 4 septembre, Meute le 8) et redoute d'avoir à faire de même avec les dates à venir. Enfin, l'Épicerie Moderne et le Marché Gare ont été contraints de re-reporter la date d'Andy Shauf du 23 octobre, le chanteur américain ayant annulé sa tournée européenne. Le concert de Lara Fabian est aussi annulé. Quelque chose nous dit, comme Francis Cabrel, que c'est que le début.

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Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 | Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Sébastien Broquet | Mercredi 8 juillet 2020

Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Avant l’effondrement Loïc Graber : Quand j’ai pris mon mandat en 2017, je l’ai dit à plusieurs acteurs culturels : j’espère qu’on n’aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d’entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu’adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu’ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l’époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n’ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public ! Impact dans… Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu’il faut fai

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Élections Municipales 2020 | L'outsider. Ancien adjoint à la Culture de Gérard Collomb, maire durant le passage de ce dernier au ministère de l'Intérieur, Georges Képénékian est le troisième homme, dissident de LREM non accrédité, fâché avec l'ancien édile ami, marchant désormais en tandem avec David Kimelfeld à la Métropole. Arrivé quatrième au premier tour avec 11, 98 %, n'ayant noué aucune alliance, il compte sur un sursaut de participation et un retour au centre très lyonnais pour être, en somme, l'arbitre du second tour. Attablé au Café Bellecour en compagnie de Loïc Graber, candidat dans le 7e arrondissement et son référent culture durant la campagne, l'ancien chirurgien nous décortique son programme culturel.

Sébastien Broquet | Mardi 23 juin 2020

Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ? Georges Képénékian : Non. Vraiment, non. Ce n’est pas une bonne manière d’aborder une élection. Se préparer et avoir en tête comme je l’ai fait les cent premiers jours avec les grandes décisions à prendre, oui. Distribuer des postes tant que l’on n’est pas en place, ce n’est pas très bien vis-à-vis des électeurs. Je n’ai pas cette forme d’arrogance. On verra dimanche soir quels messages nous envoient les Lyonnais. Quelle composition sera pressentie pour ce conseil municipal. Quels seront les enjeux. Pour aucun des postes, je n’ai choisi ; et j’aime bien avoir cette liberté jusqu’au 28 juin au soir. Si vous êtes élu, vous allez arrivez au pouvoir face à un secteur culturel que vous connaissez très bien — puisque vous avez été vous-même adjoint à la Culture — et qui connaît une crise sans précédent. Vous avez annoncé un plan d'urgence de 10M€. GK : J’ai mené un travail que David Kimelfeld m'a commandé sur le déconfinement. On a fait un rapport en deux étapes : la première jusqu’à juin, et une seconde tranche que j’avais bien anticipé, qui couvrirait

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« Le jour où l'on a le droit, il y aura direct un concert programmé »

Le Sonic | Cette péniche est l'emblème des nuits rock et underground de Lyon, le lieu d’accueil des artistes exigeants d'une certaine scène indie lors de leurs tournées dans l'hexagone : le Sonic incarne l’indépendance et toutes les difficultés inhérentes quand on choisit cette voie, aujourd’hui démultipliées par les crises sanitaire et économique contre lesquelles les deux patrons, Stéphane Bony et Thierry Vignard, luttent pour faire survivre une autre vision de la culture. État des lieux.

Sébastien Broquet | Mercredi 17 juin 2020

« Le jour où l'on a le droit, il y aura direct un concert programmé »

Vous avez réouvert le 2 juin : comment faire en l’absence de concerts ? Thierry : On ouvre sur une autre activité, sur d’autres horaires : c’est compliqué. En mode bar, le soir, mais sur un emplacement pas du tout adapté pour ça. On rame, dans notre coin. Stéphane : On a changé 100% de notre modèle économique. Avant, c’était 75% club et 25% concert pour les rentrées d’argent. Là, on est sur… autre chose. Du bar. Terrasse et intérieur en mode dinner. Sans offre de bouffe, pour le moment, mais on travaille pour changer ça : on va le faire nous même, avec les moyens du bord. C’est pas folichon : on a du monde un peu le week-end. Thierry : On est un peu victime de notre modèle économique, basé sur l’indépendance. Déjà avant c’était chaud, et ça fait longtemps que l’on demande à changer l’emplacement de la péniche, parce qu’ici commercialement parlant, c’est terrifiant. On survit bon gré mal gré du fait de notre activité particulière. Mais le moindre grain de sable… Et là c’est un gros caillou dans la machine, pas un grain de sable : c’est très co

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Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

Cinéma | Situation ubuesque en France où, sur fond de pandémie, le principe du drive-in (voire du cinéma en plein air) se trouve menacé par la puissante Fédération Nationale des Cinémas Français. En Métropole lyonnaise, cette crise se donne même des airs de duel de western…

Vincent Raymond | Samedi 16 mai 2020

Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

C’est un bien étrange feuilleton qui se joue derrière les projecteurs. Alors que les spectateurs privés de séances se reportent depuis le début du confinement sur les offres de streaming, et que la réouverture des salles ne s’esquisse pas avant le début, voire la mi-juillet, selon les derniers échos du Ministère de la Culture et de l’ensemble de la profession, on commence à entendre parler ici ou là de drive-in. Il faut dire qu’ailleurs en Europe, ce recours à la voiture pour sortir tout en restant confiné fait florès : le Festival Art Parking de Prague a été un triomphe, quant au Danemark à l’Allemagne et à la Pologne, ils l’ont adopté pour des concerts… ou des messes. En quelques jours, les spectateurs lyonnais voient des propositions concurrentes éclore. Malheureusement, et c’est assez paradoxal, aucune ne risque de voir le jour. Indissociable du chromo nostalgique de l’Amérique des fifties — celle de l’après-guerre qui roule —, le drive-in n’est pourtant pas une nouveauté en terre lyonnaise, o

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Hérisson carré contre Carrey hérissant : "Sonic le film"

Aventure | Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Hérisson carré contre Carrey hérissant :

La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact — la polémique sur l’évolution morphologie de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en témoigne. Le scénario également suit cette idée, puisqu’on y voit un policier de bourgade rêver de s’épanouir à San Francisco… avant d’y renoncer parce que le home town de son enfance est plus taillé à ses dimensio

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Pour ses treize ans, le Sonic s'affiche

Vernissage | Cette année, le Sonic fête ses treize ans et la chose devrait se traduire par une série d'événements qui restent à définir. Pour l'heure, la désormais célèbre péniche (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

Pour ses treize ans, le Sonic s'affiche

Cette année, le Sonic fête ses treize ans et la chose devrait se traduire par une série d'événements qui restent à définir. Pour l'heure, la désormais célèbre péniche rock du quai des Étroits (mais pas d'esprit, en dehors de quelques voisins par le passé) entend inaugurer la chose par une exposition baptisée 13 ans de concerts en affiches qui se tiendra en sa cale pendant tout le mois de février et rendra hommage aux concerts mythiques accueillis par le Sonic mais aussi aux nombreux artistes-graphistes ayant œuvré à la promotion alternative desdits concerts. Une exposition visible durant les soirées et concerts, présentée dans le cadre du programme 40 ans de musiques actuelles à Lyon. Vernissage le 31 janvier à 19h.

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Décret son : The sound of silence ?

Salles de concerts | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concerts, clubs, festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup, à commencer par les petits lieux, s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs lyonnais emblématiques de la musique live.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 janvier 2019

Décret son : The sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again ». C'est un peu l'ouverture du The Sound of silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musique actuelle depuis octobre dernier, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017. Un décret dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals, y compris en plein air, l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses, NdlR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 db. Si sur le papier la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. Stéphane Bony et Thierry Vignard, co-gérants du Sonic, expliquent : « Le son c'est

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Friche Lamartine, bientôt la lumière

Entretien | La Friche Lamartine, lieu de travail, de création, de résidence pour de nombreux artistes, attendait une solution de relogement depuis de longs mois. Tout s'est accéléré depuis l'été et deux sites seront finalement investis au printemps prochain, dont l'un pouvant désormais accueillir du public. Le point avec Loïc Graber, l'adjoint à la Culture de la Ville.

Sébastien Broquet | Mardi 4 décembre 2018

Friche Lamartine, bientôt la lumière

Quelle solution de relogement a été trouvée pour les artistes de la Friche Lamartine ? Loïc Graber : Historiquement, la Ville de Lyon a toujours eu un rapport particulier avec les artistes de la Friche RVI, puis celle de Lamartine. Quand ils se sont installés à Lamartine, ça a été compliqué car c’était un site plus petit et ça avait déjà donné lieu de leur part à un travail important de recomposition du noyau dur, de sélection des disciplines et des artistes accueillis sur le nouveau site. La Friche Lamartine avait été mise à disposition pour une durée provisoire, étant fléchée dès le départ pour une extension du stade Foé. Extension du stade qui devait avoir lieu il y a deux ans… C’est ça. Donc, nous avons pris l’engagement à ce moment-là de ne pas mettre les artistes à la rue, de par cette histoire remontant à RVI, mais encore fallait-il trouver une solution de relogement. Il s’avère que le patrimoine immobilier de Lyon est en train de se réduire comme peau de chagrin, en particulier sur les grands espaces un peu bruts de décoffrage. C’est à dire d’un espace qu’ils pourraient investir et transformer à leur guise : on en

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Loïc Graber : l'inconnu

Portrait | Nouvel adjoint en charge de la Culture de la Ville de Lyon, Loïc Graber est le nom que l'on n'attendait pas pour ce poste. Dans un milieu culturel qui ne le connaissait que peu, il commence à se faire un nom.

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

Loïc Graber : l'inconnu

Son nom a surgi à nos oreilles lors d'une soirée, le 13 juillet dernier : sa nomination venait d'être actée dans les salons de l'Hôtel de Ville, Loïc Graber serait le prochain adjoint à la Culture de Georges Képénékian, le nouvel édile de Lyon. Avant l'officialisation, nous avions tenté de sonder ceux qui font la culture ici : la plupart ne connaissaient pas son nom. Un directeur de festival nous chuchota que vu les autres idées qui circulaient, « ce serait plutôt une bonne chose. » Les jours suivants, une question se faufila dans les conversations : pourquoi lui, cet élu du 7e si discret, que personne ne semblait avoir croisé jusque-là dans une salle de spectacle ? Il faut dire que dans son arrondissement, pour émerger sur la culture, c'est le parcours du combattant : Myriam Picot, la maire, est elle-même en charge de cette délégation à la Métropole et fût pressentie pour le poste. Comme Jean-Yves Sécheresse, passionné, qui est resté à la Sécurité. Et Romain Blachier, qui a en charge la culture de l'arrondissement, est omniprésent sur les réseaux sociaux comme dans les salles de concerts. Mais c'est bien Loïc Graber qui s'est empar

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Loïc Graber à la culture

Mairie de Lyon | Loïc Graber est nommé adjoint à la culture de Georges Képénékian, en remplacement de ce dernier.

Sébastien Broquet | Mardi 18 juillet 2017

Loïc Graber à la culture

La décision était prise depuis jeudi dernier : c'est bien Loïc Graber qui est nommé adjoint à la culture de la Ville de Lyon, prenant ainsi la succession à ce poste emblématique du tout nouveau maire fraîchement élu cette semaine, Georges Képénékian. Sa promotion dans le rang des adjoints (de 21e et bon dernier, à 7e) le laissait augurer dès lundi soir. Après avoir sondé plusieurs possibilités, dont celle de nommer un transfuge venu de la droite (Emmanuel Hamelin a été souvent cité, ce qui inquiétait le petit monde de la culture lyonnaise) ou le respecté Jean-Yves Sécheresse, c'est donc l'ancien adjoint à la démocratie participative, élu dans le 7e arrondissement, qui hérite de la fonction, un peu par surprise : il n'a que peu œuvré jusque-là dans ce domaine. Le 7e est décidément pourvoyeur d'élus à la culture : la maire Myriam Picot est elle-même en charge de la culture à la Métropole, et Romain Blachier reste l'adjoint à la culture de l'arrondissement.

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Daniel Romano : La Métamorphose

Country & Pop | Ex-punk rocker, devenu plus countryman que la country, le cow-boy canuck Daniel Romano a opéré une nouvelle mue musicale avec Mosey, grand œuvre de westernades pop folk fait d'arrangements grandioses et de croisements esthétiques.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 septembre 2016

Daniel Romano : La Métamorphose

On a connu le dénommé Daniel Romano s'affichant en photo ou en pochette d'albums — son Come Cry with me en tête — en costumes tissés façon tapisserie à motifs floraux, complet de countryman d'un autre âge (sans doute dérobés en douce dans la garde-robe épileptique de Porter Wagoner), surplombé d'un Stetson, d'une moustache et d'une lavallière rose hésitant par politesse entre le fuchsia et le bonbon. Ainsi attifé comme le fantôme de l'Opry (Nashville, Tennessee), le Canadien (il n'est même pas Américain) déroulait une country ad hoc, entre clonage d'Hank Williams et meta-country en ratatouille, et fameuse avec ça, de George Jones, Merle Haggard, Johnny Cash et many consorts. Et à l'aquoibonisme possiblement généré par cette démarche d'antiquaire musical, Romano répondait d'abord par son sens aigu du songwriting. Peu importe le style, le but c'est de mettre dans le mille, dit le cow-boy.

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Michel Cloup, debout

Rock | C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 avril 2016

Michel Cloup, debout

C'était en mode plus qu'intime que Michel Cloup avait en solo (en forme de duo, mais marqué pour la première fois de son vrai nom) fini par « recycler cette colère » qui a toujours été la sienne, lui le bâtisseur d'hymnes à la moue. Le deuil marquait ainsi puissamment, indélébile, l'immense Notre silence, avant que la meurtrissure du couple blessé ne vienne remuer Minuit dans tes bras. Et voilà que pour son déjà troisième album solo (même remarque que précédemment, même si le batteur Patrice Cartier laisse place à Julien Rufié), Ici et là-bas, investit le terrain d'une révolte on ne peut plus en phase avec la période. À l'heure où le peuple, ou ce qu'il en reste, se lève la nuit à la recherche d'une solution, Cloup acte la disparition de la classe ouvrière (La classe ouvrière s'est enfuie) et la difficulté à dire nous (Nous qui n'arrivons plus à dire nous). Les deux titres étaient annonciateurs de ce disque où Cloup retrouve quelque chose de sa jeunesse énervée et éternelle, qui plus est mûrie et nourrie d'un travail sur ses origines (là encore des chansons qui s'ancrent toutes seules dans la chair de l'actualité).

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La préfecture ferme le Sonic pour 15 jours

ACTUS | Sale période pour le Sonic, club rock emblématique de la ville, qui doit fermer pour quinze jours à compter de ce soir suite à un arrêté préfectoral pour tapage nocturne.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 avril 2016

La préfecture ferme le Sonic pour 15 jours

L'histoire sans fin des clubs et bars faisant vivre l'économie nocturne mais victimes de l'incompréhension des services publics vient de se noircir d'une page supplémentaire. C'est le Sonic qui subit ce nouveau chapitre : la préfecture du Rhône lui a signifié ce jeudi 14 avril une fermeture administrative de quinze jours, sans possibilité de recours. Six concerts et soirées sont annulés. Celui très attendu de Michel Cloup et Matt Elliott est déplacé au Transbordeur, au même prix et en soutien au Sonic. Cette date, ironie du sort, fêtait les dix ans de programmation de ce lieu emblématique et fondamental de l'écosystème culturel comme de la vie nocturne lyonnaise. Triste anniversaire. La raison ? Le vendredi 29 janvier (soir où jouait DJ SoFa) la police est intervenue après la fermeture du lieu. Stéphane Bony, patron de la péniche amarrée quai des Étroits, raconte : « Ils sont arrivés en mode "on va se payer le Sonic", à 4h15. Le bar était fermé, le personnel faisait le ménage dans la salle vide. Mais il y avait encore quelques personnes sur le pont, on laisse partir les gens au compte-gouttes justement pour éviter le tapage nocturne qui nous était reproché par les

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Lyon, reine de la nuit mais...

ACTUS | Alors que Lyon vient d'être récompensée pour la qualité et le dynamisme de sa vie nocturne, on apprend que l'un des discrets et néanmoins essentiels artisans de cette réussite, le Sonic, est sous la menace d'une fermeture. Pas glop.

Benjamin Mialot | Jeudi 26 novembre 2015

Lyon, reine de la nuit mais...

Il y a deux jours, à Paris, se déroulait la 21e édition des Trophées de la nuit, sortes de 7 d'Or du noctambulisme (dans tant la forme que dans la représentativité). Surprise, c'est Lyon qui a remporté cette année le titre de "Ville nocturne", propulsée au sommet, on l'imagine, par le succès de Nuits Sonores et de son bras bétonné, Le Sucre. Comme un signe, ce sont les adjointes au développement économique (Fouziya Bouzerda) et au tourisme (Sandrine Frih) qui se sont félicitées de la chose : «La reconnaissance des professionnels au niveau national renforce la pertinence de la démarche lyonnaise fondée sur la concertation et le dialogue avec les acteurs locaux de la nuit et son rôle dans le rayonnement et l’attractivité du territoire. En quelques années, Lyon s’est imposée comme une ville moteur en matière d’attractivité nocturne.» Car la réalité est un peu moins glamour, en tout cas pour les acteurs se faisant fort de proposer une alternative à la Sainte Trinité col blanc/mojito/EDM, à laquelle sont dévoués les "professionne

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Solids, droit dans le mur du son

MUSIQUES | Inaugurée par une belle insomnie collective en creux du onzième anniversaire de Grrrnd Zero, la cinquième édition du Humanist SK Festival atteindra en théorie (...)

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Solids, droit dans le mur du son

Inaugurée par une belle insomnie collective en creux du onzième anniversaire de Grrrnd Zero, la cinquième édition du Humanist SK Festival atteindra en théorie son seuil critique les 25, 26 et 27 septembre prochains. En pratique, c'est toutefois dès cette semaine que cette émérite kermesse alterno-bruitiste – organisée par les labels parisien et lyonnais du même demi-nom – pourrait défrayer la chronique (ici au sens de "douleur chronique", mettons aux tympans), à l'occasion du concert de Solids, duo saturation-martellement canadien qui fait de la musique comme d'autres font rouler des pierres. Mais attention, pas de la caillasse format intifada hein. Plutôt un bon gros rocher chouré sur le set de quelque film d'aventure en milieu tropical, qui dévale en ligne droite et à grande vitesse l'histoire récente de la musique très amplifiée, des power pop songs gavées de coups d'éclat guitaritstiques de Built to Spill au classic rock réduit en miettes de The Men – et écrase au passage les comparaisons trop évidentes avec No Age ou Japandroids, autres duos portés sur l

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L'éternelle jeunesse de Thurston Moore

MUSIQUES | Est-ce par atavisme onomastique ou toponymique? Toujours est-il que Thurston Moore, ci-devant leader éternel devant l'éternel de Sonic Youth, adore le (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mai 2015

L'éternelle jeunesse de Thurston Moore

Est-ce par atavisme onomastique ou toponymique? Toujours est-il que Thurston Moore, ci-devant leader éternel devant l'éternel de Sonic Youth, adore le Sonic. On parle de ce bateau accolé aux quais du Rhône d'où s'envolent effluves punks et autres entreprises... soniques de tout type, avec une nette préférence pour la dissonance et l'expérimentation. Voilà une autre des raisons pour laquelle Thurston est si enclin à faire étape en ce lieu chaque fois qu'il vient à Lyon. Homme avisé et attentionné, c'est un "concert secret" et donc un peu surprise que vient livrer l'ancien petit gars du Connecticut monté à New-York pour redonner ses lettres de noblesse à la profession d'ORL à la fin des années 70. Et c'est accompagné d'un super groupe qu'il entend (car lui entend encore) le faire : le fidèle Steve Shelley, Deb Googe (la fille et la basse dans My Bloody Valentine, autre grand générateur d'acouphènes) et James Sedwards dont John Peel disait qu'il était le seul non footballeur dont il était jaloux en tant que personne. Ensemble, les quatre ont produit dernièrement The Best Day, première saillie de Moore post-divorce youthien et grand album solo

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Old Field

MUSIQUES | Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 juin 2013

Old Field

Amateurs d'old time music, cette discipline qui plante ses racines dans les collines des Appalaches, collectionneurs de 78 tours, de murder ballads et de cavalcades de banjo, réjouissez-vous : voici venir Frank Fairfield au Sonic. Certes l'intéressé n'est en rien originaire des montagnes de Virginie de l'Ouest ou de quelque élevage de poulets du Kentucky, mais de Los Angeles, là où l'old time est autant à sa place que le crunk à Saint-Dié-des-Vosges. Mais Fairfield n'est pas à une contradiction près : alors qu'à l'entendre, on imagine un hillbilly édenté et calleux, c'est un jeune homme bien mis et gominé qui se présente. Redoutable joueur de banjo, de guitare et de violon, Fairfield fait voyager l'auditeur dans le temps avec une virtuosité et une authenticité qui tuent dans l'oeuf tout procès en singerie. Preuve que quand la musique ne fait pas du jeune avec du vieux, elle fait du vieux avec des jeunes, renversement dont Fairfield est un digne représentant, chevillé à une tradition

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Love à Moore

MUSIQUES | Lorsqu’il s’agit de déterminer qui diable fut le parrain du grunge, on pense, privilège de l’âge, à Neil Young, mais on a tendance à oublier Thurston Moore - (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

Love à Moore

Lorsqu’il s’agit de déterminer qui diable fut le parrain du grunge, on pense, privilège de l’âge, à Neil Young, mais on a tendance à oublier Thurston Moore - qui d’ailleurs avait quelque peu relancé la carrière du "Loner", en lui permettant, inspiré par un feu nourri de larsens, d'enfanter les albums Ragged Glory et Arc. En 1991 (en témoigne le documentaire The Year Punk Broke) Moore était persuadé, sans qu’on sache s’il faisait œuvre de prétention, de foi ou de potacherie (en fait un peu des trois) que Sonic Youth et son entourage, les Dinosaur Jr. Gumball, Babes in Toyland et autres Nirvana, étaient les étincelles qui allumeraient une révolution. Celle d’une Génération X embourbée dans son mal-être au faîte du règne conservateur des Reagan-Bush. Le fait est que Sonic Youth, s’il anticipa de très loin le grunge et en livra les prémices, fit davantage que lui survivre, faisant entrer la noise dans la pop et la pop dans la musique expérimentale et vice-versa. Hasard du calendrier, voilà que Moore se pointe à Lyon la veille d

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Dinosaur Senior

MUSIQUES | Créature à trois pattes et famille dysfonctionnelle, Dinosaur Jr. fut l’un des piliers de l’indie rock des années 80-90 et un annonciateur du grunge, avant d’exploser en une déflagration d’egos et de non-dits. Miraculeusement rabiboché en 2005, le mastodonte de J. Mascis et Lou Barlow connaît une seconde jeunesse plus sereine mais tout aussi bruyante. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

Dinosaur Senior

Avec quelques autres, Dinosaur Jr. a contribué à semer le vent dont Nirvana récolta la tempête. Et s’il fallait comparer chacun des piliers de l’indie rock à un Cavalier de l’Apocalypse, nous dirions que Sonic Youth fut Pestilence (aussi appelé Conquête), le déclencheur, introduisant dans le fruit le ver d’une révolte sonique (voir encadré) ; les Pixies seraient Guerre, cheval rouge comme le visage hurlant de Black Francis, imposant la dynamique furieuse et létale du morceau qui brise la nuque ; Nirvana, bien sûr, serait Mort, incarnant à la fois l’avènement ultime de l’Apocalypse, la Révélation et dans le même temps l’achèvement du mouvement par le geste symbolique que l’on sait. Manque le troisième cavalier, Famine. C’est Dinosaur Jr., cheval (de trait) noir claudiquant car, comme dans la Bible, porteur d’une balance qu’il n’a jamais su maintenir en équilibre. Famine, car Dinosaur Jr. dont on a dit qu’il était à Nirvana ce que Chuck Berry fut aux Beatles, laissa quoi qu’on en dise le monde de l’indie rock sur sa faim, se fossilisant dans sa propre aigreur. «Ear-bleeding

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Casser la voix ?

MUSIQUES | On dit qu'un nom et un prénom ne sont pas pour rien dans la destinée de celui qui les porte. Ce n'est pas le basketteur Mickaël Gelabale qui dira le (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 29 mars 2012

Casser la voix ?

On dit qu'un nom et un prénom ne sont pas pour rien dans la destinée de celui qui les porte. Ce n'est pas le basketteur Mickaël Gelabale qui dira le contraire. Le rapport avec Barrence Whitfield ? Le rapport c'est que le vrai nom de Barrence Whitfield, son nom de naissance est... Barry White. Oui, comme le crooner à tête de morse, de onze ans son aîné. Ce qui tout en lui traçant un destin de chanteur, l'obligea à changer de blase histoire d'éviter les méprises. Pour le reste, les deux chanteurs ne boxèrent jamais vraiment dans la même catégorie. Là où Barry faisait roucouler sa voix de basson sur des cascades d'arrangements sexuellement transmissibles, Barrence est plutôt à ranger dans la catégorie soul screamer, ces types qui font hurler leur joie (et leur peine) d'être au monde (cf. Little Richard, Solomon Burke, Don Covey...) au gré de titres pour lequel le mot endiablé a dû être inventé. Tout en ayant tâté de tous les genres : il faut entendre ses reprises du countryman Merle Haggard ou de l'hymne garage des Sonics, Strychnine. Pourtant quand il calme le jeu, cette légende assez méconnue dans nos contrées (il a pourtant tou

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