De plateaux en platines

MUSIQUES | Avec Impermanence, Agoria livre l’album qui reflète le mieux son amour pour les musiques de cinéma, les découvertes vocales et la techno toujours tournée vers Detroit. Parcours et portrait d’un électron lyonnais qui tutoie librement les sommets. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 26 janvier 2011

Il était parti pour être assistant réalisateur, il est devenu Dj et producteur. Sans regret. Sans s'étonner non plus si, aujourd'hui, le cinéma revient naturellement vers lui. Il faut dire qu'Agoria n'est pas du genre à cloisonner les univers, son parcours musical ressemblant depuis Blossom à un bouquet multicartes, multicolore et grand ouvert. En 2004 déjà, sa première compile mixée s'ouvrait sur le thème de Mulholland Drive. L'influence de Badalamenti ressurgissant quatre ans plus tard sur la bande originale de Go Fast, une musique de film qui tourne à l'album perso, rien d'étonnant non plus si, aujourd'hui encore, les ambiances de salles obscures continuent d'imprégner des morceaux comme Under The River. Chez Agoria comme au Rex Club, sa résidence parisienne, les clubbers ne sont jamais loin des salles de cinéma. «C'est vrai. Il se trouve qu'on m'a proposé de faire la musique du film Viva Riva (sortie au printemps dans les salles – NdlR) pendant que je travaillais sur Impermanence. Finalement, je n'ai pas été retenu, mais j'ai quand même utilisé les ébauches que j'avais composées, ce qui m'a donné pas mal de matière pour l'album. Depuis Go Fast, je reçois diverses propositions de BO, et je suis plutôt heureux que le cinéma vienne vers moi. D'ailleurs plus ça va, et plus je vois des similitudes entre l'écriture scénaristique et la composition d'un morceau. J'espère qu'un jour j'aurai le temps de faire les deux»OVERBOOKÉ
Le temps. Voilà sans doute la chose qui manque le plus, depuis quelques années, dans l'agenda proprement surbooké du plus fameux Dj lyonnais. Entre ses résidences au Rex et à Sao Paulo, son label InFiné, ses productions, remixes et tours du monde en 80 000 soirées, Sébastien Devaud ne touche plus souvent terre entre Bellecour et les Terreaux. À tel point que pour l'interviewer, il nous faut désormais caler un créneau téléphonique, à Londres, alors qu'il s'apprête à jouer le soir même à Fabric. Le prestigieux club anglais l'a d'ailleurs sollicité pour réaliser le prochain volet de ses compiles mixées : après Cute & Cult, At The Controls et Balance l'an passé, Agoria s'apprête donc à sortir son quatrième Dj mix. Un exercice qu'il affectionne particulièrement, et qu'il considère comme un laboratoire annexe. «C'est un peu le pendant "Dr Jekyll" de mes Dj sets, le reflet de la musique que je joue en soirées, avec encore plus de liberté. J'aime beaucoup me prêter au jeu en mélangeant des tracks qui sont à priori hétérogènes et hétéroclites. C'est ce travail de puzzle qui m'excite». À l'instar de Laurent Garnier, avec qui il a d'ailleurs livré un ping-pong en osmose lors des dernières Nuits Sonores, Agoria fait partie de ces Dj's pluralistes pour qui un bon mix, c'est d'abord une histoire, un voyage qui prend du sens sur la durée. «J'aime pouvoir jouer pendant 5 ou 6 heures d'affilée, pour avoir le temps d'emmener les gens dans un maximum de styles musicaux».PANORAMIX
Tel un Panoramix de l'électro, ses disques et ses Dj sets offrent ainsi une vision grand angle de la techno, qui joue sur tous les paysages (acid, house, minimale…) et sur tous les tempos. Avec un virage plus pop qui se confirme sur Impermanence, Agoria participe à distance au renouveau du son de Detroit, en poussant notamment Carl Craig à donner de la voix : cela donne Speechless, un titre qui ajoute le mythique producteur de Planet E sur la prestigieuse «vocal guest list» de sa discographie. Même si, après avoir fait chanter des divas de la trempe de Neneh Cherry, Tricky ou Peter Murphy, Sébastien reconnaît aujourd'hui «avoir fait le plein de name dropping. Autant sur mes premiers albums, je rêvais de produire ces gens que j'admirais, autant sur Impermanence, il s'est passé l'inverse. J'ai laissé la voie ouverte à de nouveaux guests, au hasard des rencontres et du feeling». En ce sens, Impermanence révèle aussi un flair majeur, derrière la patte du producteur : Agoria s'avère un fin limier pour dénicher de nouvelles voix. On lui doit notamment sur cet album la découverte de Kid A, une chanteuse black de Washington qui déconcerte par sa voix lutine et diaphane, plus proche de Björk que de Nina Simone. Surprise aussi avec Scalde, avec qui Little Shaman atteint des sommets de transe pointilleuse et pointilliste, à mille lieues des tandems pop-house de Go Fast. Entre celui qu'Agoria considère comme «le plus talentueux musicien lyonnais» et le producteur, l'aventure se pérennise. Elle donne même un supplément d'âme à cet album, qui, s'il revendique l'impermanence dans son titre, pourrait pourtant bien marquer son époque, en lui offrant une BO cosmopolite.AGORIA
Au Transbordeur, vendredi 4 février

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Agoria passe par Hypnotik

Clubbing | Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 2 octobre 2018

Agoria passe par Hypnotik

Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de kids vidant quelques cocktails maison sur le parking avant de s'engouffrer dans les grands halls pour danser des heures durant : la recette type du grand raout électronique façon fin des 90's a toujours ses adeptes et Hypnotik, qui se déroule ce samedi 6 octobre à Eurexpo dès 22 heures, en est l'incarnation parfaite. Dans la salle techno, donc, on guettera l'indémodable Ellen Allien et le plus jeune Schlømø, dans la salle house c'est le régional de l'étape Agoria qui devrait fédérer les foules (il y a aussi N'To, on fera l'impasse, et Polo & Pan). La salle hardcore est dévolue à Rave Feed qui invite Warface, Deetox et Phuture Noize. Enfin, dans la salle psytrance c'est classiquement Hadra - gage de qualité - qui programme et invite Captain Hook, Vertical Mode et Module Virus. À 6 heures, il faudra chercher l'after !

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Lundi 20 novembre 2017

Insomniaque

24.11.17 > LE SUCRE RADIO MEUH Parfait before pour lancer les festivités du côté de Confluence avec cet après-travail concocté par Radio Meuh, qui a su fidéliser les mélomanes en quête de groove par ses playlists bien senties. Les savoyards déboulent en bande, squattant évidemment les platines avec leurs pépites mais animant aussi la salle avec des ateliers... raclette, eh oui, et typographie. Fondus. 24.11.17 > TRANSBORDEUR ØVERSTEPS Le week-end s'ouvre au Transbordeur en compagnie de Modeselektor, paire allemande de DJs dynamiteurs, récemment revenus au clubbing pur après l'arrêt de leur projet Moderat : valeur très sûre. Comme Paula Temple, discrète et respectée figure de la scène techno, aux sets sombres et puissants. Avalon Emerson et CLFT Militia complétant le line-up. Open. 26.11.17 > LA MACHINERIE SAPIENS On clôture ces trois jours de fête en format après-midi dès 17h, en compagnie du nouveau label mené par Agoria, Sapiens. Le patron sera bien évidem

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Agoria, premier de la classe

1997-2017 : 20 ans dehors ! | À l'époque tout jeune DJ prenant ses marques dans les raves de la région, Agoria n'avait pas encore conquis la planète et convaincu les grands anciens de Detroit, ni imaginé qu'il co-fonderait Nuits sonores. Mais il était déjà présent partout où ça comptait le vendredi soir venu.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Agoria, premier de la classe

Où sortiez-vous en 1997 ? Agoria : Dans n'importe quelle soirée, du moment qu'il faille appeler une infoline, obtenir le chemin d'accès. Qu'écoutiez-vous ? De la techno made in Détroit, de la house made in Chicago, de la trance made in Germany : les labels Axis, Underground Resistance, Djaxupbeats, Frankfurtbeat, Eye Q. Quel film regardiez-vous ? Dans quel cinéma ? J'habitais à la campagne, je crois que j'allais principalement à la salle polyvalente du village. Quel spectacle ou expo vous a marqué ? Je consacrais 150% de mon temps au mix dans ma chambre, au squat des disquaires, à écouter les radios diffusant des morceaux entre 130 et 140bpm, à faire des cassettes démo que j'insérais dans une enveloppe matelassée à destination de promoteurs locaux rencontrés aux pélerinages du vendredi et du samedi soir. Les expos sont venues avec le statut d'intermittent du spectacle, bien plus tard. Comment vous déplaciez-vous ?

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Insomniaque : vos trois soirées du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 7 juin 2016

Insomniaque : vos trois soirées du week-end

10.06.16 > TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Le come-back du fils prodigue : Agoria est de retour au Transbordeur pour une nuit où il fait non seulement office de headliner pétri de talent, dont les sets regorgent de ressources, naviguant sur toutes les vagues des musiques électroniques pour agiter le dancefloor, mais aussi d'hôte parfait ; car c'est lui qui convie ici une moitié d'Âme, celle se produisant live, à savoir Frank Wiedemann l'esthète d'une house hypnotique comme on peut la savourer sur son label Innervisions. Communion. 10.06.16 > DV1 KEEPSAKES Voilà, c'est fini. C'est la dernière pour ce petit club du bas des pentes, qui depuis de longues années ne se contentait pas de programmer du DJ techno à la chaîne mais savait donner sa chance à de jeunes talents, à des promoteurs débutants. La mort d'un club, c'est souvent un bout de l'âme d'une ville qui s'envole. Mais aussi, parfois, une

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Les soirées du 14 au 27 octobre

MUSIQUES | 16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Les soirées du 14 au 27 octobre

16.10 Encore Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas prononcer le nom du duo suédois Shxcxchcxsh – "sèche-cheveux", nous propose notre correcteur orthographique. On reste en revanche intimement persuadé que la techno qu'il produit, aqueuse et inquiétante, est l'une des plus singulières du moment – et son live d'autant plus immanquable qu'il sera précédé du sensationnel Ritual de Flore et d'un concert de l'architecte post-indus Kankding Ray, principale attraction du dernier Mirage Festival.

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Insomniaque - Semaine du 3 au 9 juillet

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 27 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 3 au 9 juillet

05.07 Un été suédoisOn connaissait l'été indien, cette saison qui n'existe que dans le nord de l'Amérique. C'en est un scandinave que la marque suédoise WeSC invite à passer gratuitement tous les vendredis (jusqu'au 30 août) à La Plateforme, avec la complicité de quelques méritants collectifs locaux (Basse Résolution, Palma, Propagang...) et de Clara Moto, dans le rôle du solstice. Vous auriez trouvé plus logique et exceptionnel que se produise The Field ou The Embassy ? Nous aussi. Mais nous avons trop d'estime pour la tech house so cute de la belle Autrichienne pour faire la fine oreille. 06.07 La GuinguetteComme nous vous l'annoncions dans nos colonnes en mai, Sophie Broyer quittera prochainement la direction de L'Épicerie Moderne. Le samedi qui vi

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

MUSIQUES | 12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, collectif rapologique multicéphale que nous n'avons de cesse de brosser dans le sens du poil (soyeux le poil). Il en fêtera la parution au Marché Gare, en compagnie de ses acolytes à crinière bien sûr (et de La Microfaune, autre chouette bande de kickeurs lyonnais), le temps d'une carte blanche qui, connaissant la sympathie et la vitalité de tout ce petit monde, devrait rapidement virer à la teuf entre potes.   12.04 Club 69Prenez un magazine culturel de qualité (Snatch) et un organisateur de neverending parties au goût sûr (Mercredi Production). Enfermez-les dans une salle de réunion sans fenêtre, laissez-les tempêter du c

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

MUSIQUES | À quelques heures du coup d'envoi du premier bouquet final de la dixième édition de Nuits Sonore (le second étant, comme vous le savez, le highly anticipated concert de New Order), prenons quelques minutes pour faire le point.

Benjamin Mialot | Samedi 19 mai 2012

Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

Des rumeurs plus ou moins folles voire carrément démentes circulent quant à l'identité des mystérieux Dj's qui auront l'honneur/la lourde tâche de tenir la grande scène de Brossette samedi soir pour la Ten years secret stage. Agoria Co-fondateur du festival et poster boy de la musique électronique d'ici, Sébastien Devaud ne peut pas ne pas être du lot. Probabilité : 100% Laurent Garnier Un habitué des lieux qu'on ne présente plus. Il se murmure qu'il mixera en compagnie de son collègue du dessus. En tout cas, il sera forcément là : il n'a plus de place dans son calendrier, sauf, comme par hasard, le 19 mai. Probabilité : 100% Clara Moto L'Autrichienne a droit à un portrait dans le journal frappé du sceau Red Bull qui circule sur le festival... alors qu'elle n'est pas programmée. Coïncidence ? On ne pense pas. Probabilité : 80% Daft Punk Le ouï-dire le plus invraisemblable, à tel point qu'il a depuis sa diffusion été

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Agoria, de permanence

MUSIQUES | Viendra un jour où Sébastien Devaud figurera, aux côtés du Gang des Lyonnais, des Canuts en colère, de la Fête des Lumières, du saucisson à cuire, des traboules et (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 février 2012

Agoria, de permanence

Viendra un jour où Sébastien Devaud figurera, aux côtés du Gang des Lyonnais, des Canuts en colère, de la Fête des Lumières, du saucisson à cuire, des traboules et des néo-nazis, en bonne place sur la liste des spécificités lyonnaises. Pour l'heure, si vous n'avez jamais assisté à un DJ set de celui qui, sous le nom d'Agoria, écrit depuis une douzaine d'années les plus belles pages de la techno, sachez qu'il n'est pas trop tard : le bonhomme, par ailleurs entré dans la légende locale pour avoir participé à la création des Nuits sonores, sera en effet de passage au Ninkasi Kao samedi 11 février. Accompagné pour l'occasion du parigot Dj Deep, pionnier de la house tricolore, il y fêtera à quelque jours près la première année d'existence discographique de son troisième album, Impermanence.

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Échos au crépuscule

ACTUS | Insomniaque / C’est bientôt la fin pour les Échos sonores : arrivés à leur centième rendez-vous, ils couperont définitivement le son… Une dernière salve qui est aussi, pour Arty farty, un moyen de préparer un avenir chargé. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Dimanche 13 novembre 2011

Échos au crépuscule

Créés dans la foulée de la deuxième édition de Nuits Sonores, les Échos sonores ont permis à Lyon de se replacer sur la carte de l’électro et du clubbing hype, et pas seulement le temps d’une semaine de festival. Pensés comme un pendant régulier de ce grand raout annuel, mais aussi comme sa vitrine auprès du public lyonnais, les Échos sonores ont beaucoup navigué durant ces sept années ; si La Plateforme a accueilli la majorité de leurs escales, ils se sont aussi amarrés du côté de Jazz à Vienne, du DV1, de l’Épicerie Moderne à Feyzin, des Subsistances et du Transbordeur, notamment depuis le changement de sa direction. Quant aux artistes invités, ils représentent une histoire fidèle de ce qui s’est passé en matière de musique électronique depuis 2003 : de la déferlante Justice au culte Squarepusher, du phénomène Birdy Nam Nam au vétéran Kevin Saunderson, toutes les esthétiques, des plus fashion aux plus alternatives, sont passées par les Échos. Comme un drôle de présage, un des habitués du rendez-vous, Dj Medhi, n’a pas pu honorer la cinquième date qu’il devait faire à Lyon sous ce label pour cause de chute mortelle, et ce l’année où les Échos sonores ont décidé de baisser le ri

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Agoriaphilie

MUSIQUES | Inspirant au passage la philosophie bouddhiste avec son concept d'impermanence (cf : Le Bouddhisme pour les Nuls), Héraclite disait : «On ne peut jamais (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 janvier 2011

Agoriaphilie

Inspirant au passage la philosophie bouddhiste avec son concept d'impermanence (cf : Le Bouddhisme pour les Nuls), Héraclite disait : «On ne peut jamais descendre deux fois dans la même rivière, car de nouvelles eaux s'écoulent toujours sous vous». Manière de dire que choses et êtres changent en permanence, au gré d'atomes plus ou moins crochus. Cela vaut bien sûr pour les artistes, les musiciens, et même, si ça se trouve, les mîmes. Certes, il est pourtant des artistes dont l'immobilisme forcené nous incite parfois à remettre en doute la vieille loi d'impermanence. Il y a ceux, aussi, qui envoient tout valser (comme le chantait si bien Zazie ou François Feldman, à force on ne sait plus) et qu'on ne reconnaît pas d'un jour sur l'autre. Et puis il y a Agoria, dont le nom aurait presque quelque chose de philosophique côté grec, et dont l'Impermanence musicale semble être, comme l'indique le titre de son dernier album, le moteur. Non, forcément que le Dj globe-trotter chercherait par la démonstration d'une hypercréativité tous azimuts à s'acheter une crédibilité de musicien (le fameux «complexe du Dj», généralement circonscrit aux mauvais Dj's). En réalité, ici, Agoria reste le même t

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InFiné : label épique

MUSIQUES | Le label ovni fondé par Agoria a érigé la simplicité au rang d'exigence. Et inversement. SD

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 janvier 2011

InFiné : label épique

«Easy music for the hard to please», tel est, depuis 2005, le mantra du label InFiné, sa punchline, sa raison sociale, valant raison d'être. Autant dire qu'ici on n'a pas mis les pieds sur du dance-floor hard-discount. Reste que le go-go pas nécessairement danseur se dira qu'il y a peut-être comme un petit biais linguistique qui vaudrait quasiment publicité mensongère. «Easy, easy», même pour les chats difficiles, voilà qui semble plus facile à dire qu'à écouter. Car le catalogue InFiné au fond, c'est quoi : une guirlande de bizarreries où un musicologue ne retrouverait pas ses petits. Logiquement un peu vite catalogué label techno, InFiné en propose, ne serait-ce qu'à commencer par Agoria, son fondateur, qui est donc ici chez lui. Mais parfois dans des versions suffisamment tordues ou épurées pour faire perdre le La à l'auditeur en quête de repères : Arandel et son électro des bois bloqué en Ré, Ark et son kolossal minimalisme. Mais l'exemple le plus flagrant de l'esprit InFiné, en même temps que l'un de ses plus beaux fleurons, est sans doute Francesco Tristano, également membre d'Aufgang. Un type à qui une fée a dit un jour : «tiens, toi tu t'appelles Francis Tristounet, voilà u

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Agoria en quelques dates

MUSIQUES | 1988 : Première claque sonore avec la découverte de Good Life d’Inner City. Une vocation est née.1993 : Première date marquante aux platines. Agoria joue au (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 26 janvier 2011

Agoria en quelques dates

1988 : Première claque sonore avec la découverte de Good Life d’Inner City. Une vocation est née.1993 : Première date marquante aux platines. Agoria joue au Space en ouvrant pour Carl Cox et Richie Hawtin.1999 : Sortie du Kubick 01. «Un disque inaudible aujourd’hui, avoue Sébastien, mais c’est le premier que j’ai fait». Produit par Cyrille Bonin.2003 : Création de Nuits Sonores. «Je suis heureux d’avoir participé à la genèse de cette odyssée. C’est une expérience qui m’a beaucoup appris et apporté».2006 : Création du label InFiné avec Alexandre Cazac et Yannick Matray.

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AGORIA

MUSIQUES | La nuit lyonnaise et l’évolution de la scène électro vue par le producteur et Dj que le monde entier nous envie. Propos recueillis par Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 15 décembre 2010

AGORIA

La scène lyonnaise en 1997, c'était... AGORIA : Très difficile en terme de jouissance et de communion électronique. On était en pleine vague de répression, même si quelques lueurs pointaient. C'était l'époque des rendez-vous sur une aire d'autoroute, des infolines, des vers luisants à la recherche d'un lieu de festivités qui parfois n'existait pas. C'était l'époque où les commissions de sécurité annulaient une soirée techno, même en club, sous prétexte qu'une prise de courant était trop proche d'un évier ! C'était frustrant et donc excitant. Cela a formé des irréductibles devenus pour la plupart des collègues ou amis. Un acteur majeur de cette période est Cyrille Bonin. En créant Kubik, il a distribué des disques techno du monde entier, mais aussi des artistes rhônalpins. Kubik était une sorte de coopérative, un village gaulois, qui oeuvrait pour la défense d'un Michigan français. On se retrouvait dans un hangar de la zone industrielle de Corbas avec Kiko, Oxia, The Hacker, Miss Kittin, Miloch, Strat, P.Moore, Marc Twins, Pat du Peuple de l'Herbe et d’autres petites gloires locales. On écoutait des vinyles de Detroit, les nouveaux Underground Resistanc

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Musique – Électro

MUSIQUES | ÉCHO SONORE 79 – AGORIA

Dorotée Aznar | Jeudi 10 décembre 2009

Musique – Électro

Vendredi 18 décembre, Agoria viendra mixer all night long à La Plateforme, et on connaît des blasés qui vont forcément soupirer : «Agoria pour le dernier Écho Sonore de l’année ? Ben c’est pas très exotique comme soirée…». Nous devrons alors expliquer à ces rabats-joie que, primo, Agoria n’a pas joué à Lyon depuis des mois, réclamé comme il est en tant que superstar Dj, il faut savoir qu’il passe désormais plus de temps entre ses résidences au Rex Club et à Sao Paulo qu’entre Bellecour et les Terreaux. Deuxio, même si sa présence à La Plateforme a l’air moins exotique que celle de Kenny Larkin, reste que Sébastien Devaud est à ce jour le seul artiste français à avoir signé un remix sur l’«imblanchissable» label UR, ce qui situe tout de suite le niveau «Detroit d’esprit», mondial de cœur dans sa musique.

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Agoria face à l'agora

MUSIQUES | Musique / «Si un jour je fais un live, ce qui risque d'arriver, il faudra que je chante sur scène, alors...». Voilà ce que nous disait Agoria en septembre (...)

| Mercredi 7 mars 2007

Agoria face à l'agora

Musique / «Si un jour je fais un live, ce qui risque d'arriver, il faudra que je chante sur scène, alors...». Voilà ce que nous disait Agoria en septembre dernier, juste après la sortie de son deuxième album très réussi, The Green Armchair. Comme s'il prenait subitement conscience que ses audaces discographiques, l'électisme de ses productions et la liberté de ses inspirations allaient un jour devoir trouver un équivalent en concert ! Car si, en tant que Dj, il a déjà fait le tour du monde et tenté des duels de platines avec des pointures de l'électro, l'exercice du live restait pour lui un pas vers l'inconnu. En effet, les disques d'Agoria ne sont pas qu'un agencement brillant et dansant de samples bricolés sur des machines ou des ordinateurs ; sur un album d'Agoria, on y chante, on y chante. Et pas n'importe qui... Tricky, Neneh Cherry, Peter Murphy, Princess Superstar ou notre cher Scalde ont fait partie des invités spéciaux de ses morceaux. Même lui, sur le dernier titre de The Green Armchair, avait osé faire entendre sa voix, dans un exercice casse-gueule de spoken word relevé haut la main, qui rappelait Mirwais reprenant Gainsbourg sur son album Production. C'est donc le matc

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