The Thick White Duke

MUSIQUES | Après "Cascadeur" l'an dernier, Rover est sans doute la révélation pop française de cette année. Un ovni romantique et bowie, dandy et bestial qui devrait envoûter par sa seule présence, les spectateurs du festival Changez d'Air. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 avril 2012

Pour évoquer les «géants de la pop», on peut utiliser comme seul critère le gabarit et avoir de très beaux résultats musicaux : que l'on songe à Brian Wilson des Beach Boys (qui n'aurait jamais pu tenir sur un surf), Antony (qui derrière sa voix de vieille blues woman a la taille d'un buffle) et aujourd'hui Win Butler d'Arcade Fire (fameux joueur de basket) ou Sébastien Tellier (le Christ version Pépitos).

Bien entendu cela exclut nombre de crevettes comme Brian Jones, Bob Dylan, David Bowie, Neil Hannon mais fort heureusement, l'important, comme le disait si justement un jour Amanda Lear, ce n'est pas la taille, c'est le goût.

Alors oui c'est vrai, ce qui frappe en premier chez Rover, Timothée Régnier de son vrai nom, c'est cette masse pareille à celle d'un trou noir sur pattes, combattant lettré ou écrivain romantique de combat qui aurait fait le tour du Monde et en porte le poids sur ses larges épaules voûtées.

En ce qui concerne Rover : de la Suisse aux États-Unis, en passant par le Liban, d'où il fut expulsé en 2006 pour atterrir en Bretagne. Le tour du monde des disques aussi : de Bowie aux Beach Boys, de Dylan aux Beatles. Le Big Four. 

Plein de grâce

C'est sans doute ce qui explique que Rover, plus «vagabond» que bagnole de luxe, ne passe jamais en force tout au long d'un disque prodigieux à l'élégance jamais feinte (arrangements luxueux mais enregistrement en analogique dans les conditions du live).

Bowie est, avec sa taille de guêpe, la référence la plus évidente. Et quand on dit Bowie, on veut dire tous les Bowie, toutes périodes confondues, le freak comme le crooner, le rocker comme le chercheur de tendances.

Il en a la voix élastique, donnant parfois l'impression de flotter dans l'espace (oddity), capable de côtoyer les aigus un peu geignards sur Champagne aussi bien que gracieux et Lennoniens sur Lou (son A day in the life, son Jealous Guy) et les graves les plus frissonnants.

L'avant-dernier titre de l'album, Full of Grace, résume bien par son titre l'ensemble du disque tout en évoquant, en même temps qu'une BO de films de zombies – ce que Bowie pourrait faire de mieux aujourd'hui s'il nous donnait quelque nouvelle – à supposer que sa santé le permette.

Mais de sa maison de Suisse, l'ex-Thin White Duke, toujours attentif aux mouvements de la jeune génération, doit sûrement entendre les échos de ce monstre musical qu'il n'aurait pu lui-même, même à ses plus grandes heures, imaginer. Et se dire qu'il tient là un fils spirituel de taille. Un Thick White Duke.

Rover + François & The Atlas Mountain
À l'Escale, jeudi 3 mai 
Festival Changez d'air
À Saint-Genis-les-Ollières, du 2 au 5 mai 

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Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Festival | Édition hors-série, limitée question lieux (deux seulement), jauges et horaires, mais édition aguicheuse et conservant l'ADN du festival : Nuits sonores pense futur sans renier ses basiques et convie aussi bien la star Jeff Mills que la newcomer Lala &ce en juillet 2021. On détaille.

Sébastien Broquet | Jeudi 27 mai 2021

Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Au milieu d'un torrent d'incertitudes (debout ou pas ? comment fonctionneront les bars et la restauration ? pass sanitaire ou pas ? ), le festival Nuits sonores a réussi à concocter une programmation fûtée pour gens couchés qui finalement se lèveront peut-être. Avec une grosse dose d'artistes locaux, parfois emblématiques de la ville (on pense à High Tone et Flore), de découvertes, de quelques stars des musiques électroniques aussi — tel Jeff Mills qui vit à Paris, ou Chloé. Bref, une programmation qui ne renie rien des engagements du festival et fait clairement envie. Avec même le groupe le plus excitant du continent africain contemporain, les natifs de Kinshasa Fulu Miziki, dont l'album doit paraître prochainement sur Crammed Discs. « Avec une édition hors-série et pour la première fois estivale, le festival se réinventera autour de nouveaux récits, d’une nouvelle temporaliteL

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Seu Jorge : Black Starman

Nuits de Fourvière | Pour qui se souvient du marin brésilien qui transformait du David Bowie en poésie carioca sur le pont d'un rafiot dans La Vie Aquatique de Wes Anderson, alors la venue de Seu Jorge à Fourvière, dans le cadre d'une tournée hommage au Thin White Duke, est un événement digne d'une grande marée. Grand moment de saudade en perspective que les embruns de l'Orchestre de l'Opéra de Lyon pourraient bien transformer en larmes de joie.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Seu Jorge : Black Starman

Un marin brésilien au bonnet rouge du nom de Pele Dos Santos, interprétant du David Bowie en portugais sur le pont d'une Calypso d'opérette, baptisée le Belafonte, cela aurait pu ne constituer que quelques scènes anecdotiques de La Vie Aquatique (2004) l'un des films les plus cultes – même si souvent décrié – du cinéaste texan Wes Anderson, lui qui aime tant faire regorger ses œuvres de détails croustillants. Au lieu de cela, elles devinrent elles-mêmes cultissimes et firent de leur interprète, le chanteur et acteur brésilien Seu Jorge, pourtant déjà largement reconnu dans son pays, une icône. Sans doute, ce qui avait alors marqué à l'époque s'ancrait-il dans le contraste entre ces moments de pure poésie musicale, presque inexplicables sur le moment (pourquoi diable la musique de Bowie est-elle si sublime en brésilien, accompagnée d'une simple guitare acoustique ? Transposée ici en bossa nova, là en samba triste ?) et l'ambiance plutôt frappadingue des aventures d'océanographes documentaristes menés par Bill Murray, partis explorer les f

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La Loi n’a pas dû marcher : "En guerre"

On ne Loach rien ! | « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Citant Brecht en préambule, et dans la foulée de La Loi du marché, Stéphane Brizé et Vincent Lindon s’enfoncent plus profondément dans l’horreur économique avec ce magistral récit épique d’une lutte jusqu’au-boutiste pour l’emploi. En compétition à Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

La Loi n’a pas dû marcher :

Quand la direction de l’usine Perrin annonce sa prochaine fermeture, les représentants syndicaux, Laurent Amédéo en tête, refusent la fatalité, rappelant la rentabilité du site, les dividendes versés par la maison-mère allemande aux actionnaires, les sacrifices consentis. Une rude lutte débute… Nul n’est sensé ignorer La Loi du marché (2015), pénultième réalisation de Stéphane Brizé, qui s’intéresse à nouveau ici à la précarisation grandissante des ouvriers et des employés. Mais il serait malvenu de lui tenir grief d’exploiter quelque filon favorable : cela reviendrait à croire qu’il suffit de briser le thermomètre pour voir la fièvre baisser. Mieux vaudrait se tourner vers les responsables de ces situations infernales conduisant le vulgum pecus à crever de préférence la gueule fermée. Des responsables que Brizé, et Lindon son bras armé, désignent clairement, révèlent dans leur glaçant cynisme et la transparence de leur opacité.

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Ménagerie et ménages : "Gaspard va au mariage"

Comédie baroque | de Antony Cordier (Fr, 1h43) avec Marina Foïs, Félix Moati, Guillaume Gouix…

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Ménagerie et ménages :

En route pour le mariage de son père, Gaspard offre à l’excentrique Laura rencontrée dans le train de jouer à la compagne-alibi, contre rémunération mais en tout bien tout honneur. Proposition étrange, à la mesure de la famille du jeune homme, qui tient un zoo baroque en déroute… Intéressé depuis toujours par des figures de “transgressions douces” — libertinage adolescent dans Douches froides puis entre adultes dans Happy Few —, Antony Cordier voit plus grand avec cette parentèle gentiment branque, au sein d’un film dont la tonalité (ainsi que le chapitrage) évoquent la folie tendre de Wes Anderson, époque Famille Tenenbaum. Un autre tenant de la comédie contemporaine américaine arty décalée bénéficie au passage d’un hommage explicite : Noah Baumbach, le réalisateur de Margot va au mariage (2007). Mais à l’absurdité romantique des situations dans un zoo artisanal, au gothique des ambiances truffées d’apparitions animales ; au saugrenu

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Christa Théret : « J’ai besoin de sentir le centre de la terre »

Entretien | Déjà une petite quinzaine d’années de carrière pour la comédienne découverte dans Le Couperet de Costa-Gavras et révélée par LOL. Dans Gaspard va au mariage, elle ne voit pas l’ours : elle revêt sa peau.

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Christa Théret : « J’ai besoin de sentir le centre de la terre »

Est-ce le ton comique ou mélancolique du scénario de Gaspard va au mariage qui vous a le plus touchée à la première lecture ? Christa Théret : Sa mélancolie — je suis très mélancolique. Il y a des envolées, de la légèreté, plein de métaphores. Et l’on ressent aussi du spleen. Même si on n’est pas dans Baudelaire ! (rires) Trouvez-vous cette famille “normale” ? Aucune famille ne l’est. Mais celle-ci est en train de se libérer : les choses ne sont pas tues et il n’y a pas d’hypocrisie. Souvent, dans les repas de famille, on dit que chacun doit avoir une place, être bien sous tout rapport… Ici, la folie peut se libérer et il y a une honnêteté dans les rapports. Vous endossez une peau d’ours durant quasiment tout le film. En quoi un costume de cette nature vous a-t-il aidé à composer votre personnage de Camille ? Ça aide toujours, un costume. Avec une peau d’ours, on se sent un peu exclue, et en même temps il y a un côté très familier : c’est un peu comme un cocon, une cabane dont elle n’aurait jamais vo

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Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vu à la TV | Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 décembre 2017

Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement envie de revivre l'émotion de ces concerts ? Ça tombe bien, en guise de cadeau de Noël, les meilleurs moments des trois concerts du festival, captés par Séquence SDP, seront diffusés sur TLM (Télé Lyon Métropole) pendant les fêtes selon le calendrier suivant : Cocoon avec le Quatuor Debussy : le 25 décembre à 21h. Rover : le 26 décembre à 20h. Keren Ann et le Quatuor Debussy : le 27 décembre à 20h. Quelle meilleure manière pour se remettre en douceur des agapes de Noël qu'un festin de musique ?

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Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Pop Contemporaine | La première édition du Petit Bulletin Festival s'est achevé ce dimanche 29 octobre en La Chapelle de la Trinité. Une première réussie avec trois concerts complets mais surtout trois moments hors-du-temps dans la droite ligne de l'ambition du festival : proposer des concerts pas comme les autres. Ce qui fut fait et pas qu'un peu avec Cocoon, Keren Ann et Rover. Petit bilan pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 octobre 2017

Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Ça y est, c'est terminé et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est passé vite. Le Petit Bulletin Festival s'est achevé dimanche soir après trois soirs de concerts vibrants en une Chapelle de la Trinité comble à chaque fois. De public, mais aussi d'émotions. Tout avait commencé le vendredi soir avec la création opérée par Cocoon et baptisée Chupee Chapel. Accompagné de la pianiste et chanteuse Thea et, sur certains morceaux, du Quatuor Debussy, c'est un Mark Daumail aux anges qui entamait le concert par un Cathedral joué au milieu du public et sans micro, avant de délivrer un mélange des classiques de Cocoon (On my way, Hummingbird, Tell me, Comets, Sushi) et d'extraits de son dernier album, W

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Rover « La petite enfance des chansons »

Petit Bulletin Festival | Au sortir d'une longue tournée consécutive à la sortie de son deuxième album, Let It Glow, Rover remet le couvert avec Out Of The Blue, nouveau concept scénique qui le voit revenir aux sources de la création de ses chansons et qui passe par le Petit Bulletin festival, en compagnie du violoncelliste Gaspar Claus.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Rover « La petite enfance des chansons »

Comment s'est passé l'après Let it Glow et la tournée qui s'en est suivi ? Rover : C'était une très belle tournée, très dense et très riche. Très inspirante. La première tournée, on a tendance à davantage la subir qu'on ne la vit, tout va très vite. La deuxième on prend le temps, ça permet d'être pleinement dans la musique. C'est différent. Ce n'est pas forcément mieux, mais différent. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Les débuts ont été chaotiques du fait des attentats du Bataclan. Le disque était sorti une semaine avant. On a fait la tournée dans ce contexte avec ce genre d'émotion très forte qu'on n'arrive pas à expliquer. Mais ces émotions, la musique permet de les vivre, et de les assimiler un tout petit peu. Quelle est l'origine du projet scénique Out Of The Blue ? En quoi consiste-t-il ? Out Of The Blue signifie en anglais “sorti de nulle part”. Ça fait référence à quelque chose qu

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Un festival, trois étoiles

Petit Bulletin Festival | Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip (...)

La rédaction | Mercredi 20 septembre 2017

Un festival, trois étoiles

Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip Glass, Gabriel Kahane, Yael Naim, The Apartments, Pedro Soler et Gaspar Claus, Chris Thile, Thomas Dybdahl... Depuis novembre 2013, ce sont pas moins de 15 concerts, organisés en partenariat avec Rain Dog Productions, qui ont régalés les spectateurs dans le cadre des Petit Bulletin live. L'idée : inviter un artiste à se produire dans un lieu exceptionnel, atypique, ou les deux : Chapelle de la Trinité, Théâtre des Ateliers, Temple Lanterne, Sucre, Subsistances ou Comédie Odéon. Des artistes confirmés ou à découvrir dans une configuration musicale parfois inédite et souvent intime. La formule a fait ses preuves et quelques heureux, à commencer par nous, mais nous avons décidé de la modifier. Après tant de concerts parsemant la saison musicale, place à un format festival dont la première édition, en collaboration avec Les Grands Concerts se t

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Le Petit Bulletin Festival, première !

Festival | C'est décidé ! Nous lançons notre propre festival, en partenariat avec nos amis de Rain dog productions et en coréalisation avec Les Grands Concerts ! La suite logique des PB Live itinérants, qui se sont baladés dans la cité depuis novembre 2013, accueillant Benjamin Clementine ou encore Gaspar Claus & Pedro Soler. Cette première édition du Petit Bulletin Festival se déroulera du 27 au 29 octobre, à la Chapelle de la Trinité.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Le Petit Bulletin Festival, première !

Trois artistes majeurs de la scène pop française vous invitent à découvrir leur "atelier", en se produisant en solo. Sans les musiciens qui les entourent habituellement sur scène, Cocoon, Keren Ann et Rover replongent à la source de leur inspiration et livrent des versions intimes, proches des premières ébauches de leurs compositions. En accord parfait avec l’acoustique de la Chapelle de la Trinité, Le Petit Bulletin Festival a convié des musiciens classiques (cordes, quatuor, violoncelle) à les rejoindre sur scène pour des collaborations inédites. Cocoon On se souvient du succès de Cocoon il y a une dizaine d'années, de ses tubes d'une douceur tantôt amère, tantôt sucrée. Si Mark Daumail a mis le projet entre parenthèses pendant quelques années, le temps de vivre l'aventure solo qui le chatouillait, le voici revenu dans son cocon séminal, avec le bien nommé Welcome Home, paru l'an dernier. Sans Morgane Imbeaud, cette fois mais, ça et là, bien accompagné, sur des duos avec Natalie Prass et Matthew E. White, également producteur de l'album

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Pet Sounds : le son Wilson aux Nuits de Fourvière

Pop | Événement aux Nuits de Fourvière : Brian Wilson, grand maître d'œuvre des Beach Boys, vient célébrer son chef d'oeuvre Pet Sounds, album mythique et concurrent sérieux au titre de meilleur album d'une pop music qu'il contribua à révolutionner, l'élevant au rang d'art majeur.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Pet Sounds : le son Wilson aux Nuits de Fourvière

L'année même des cinquante ans de Sgt. Pepper, se pose fatalement la question de savoir quel est le meilleur album pop de tous les temps. Dans la balance, on trouve bien sûr Sgt. Pepper – sinon on n'en parlerait pas – mais aussi deux ou trois autres pépites du Fab Four : Rubber Soul, Revolver, l'album blanc, les avis divergent... Mais comme il n'y a pas que les Beatles dans la vie, d'autres vous répondront que le meilleur candidat à opposer à l'œuvre tardive des Beatles est celle d'un génie fou de 23 ans (à l'époque), qui en 1966 accoucha d'un album intitulé "Bruits d'animaux de compagnie", Pet Sounds. Un disque dont on pourrait dire qu'il est lui aussi un album des Beatles. Car c'est en se comparant à la grandeur des liverpudliens et à leur Rubber Soul que Brian Wilson – puisque c'est de lui qu'il s'agit – a fomenté son propre chef d'œuvre contre vents, marées et attaques de panique. Un disque des Beach Boys, mais composé en solo et assumé comme tel. À l'époque, les Beach boys sont considérés comme un boys band des plus efficaces et Wilson comme un redout

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Arcade Fire à Fourvière : le feu dans l'arène

Rock | Réputé pour ses prestations live flamboyantes, Arcade Fire revient à Fourvière retrouver le public qui l'avait tant aimé il y a dix ans, alors qu'il entamait leur ascension fulgurante. Communion collective en vue.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mai 2017

Arcade Fire à Fourvière : le feu dans l'arène

Dans le live filmé à la Salsathèque de Montréal en 2013 par nul autre que Roman Coppola, alors qu'Arcade Fire se livrait à une série de concerts happenings secrets, en apéritif de leur dernier album en date Reflektor, une poignée de caméos venaient pimenter le moment, incluant James Franco, Ben Stiller, Bono ou Michael Cera. Parmi eux, Zach Galifianakis (aka le gros barbu de Very Bad Trip) y allait de cette blague : « Lors de vos premiers concerts, il y avait plus de personnes sur scène que dans le public, vous n'avez pas besoin de trois batteurs. » S'il y a un peu de vérité dans cette blague de sale gosse, tant la troupe Arcade Fire pourrait reprendre pour elle le slogan d'Anonymous (dont ils sont un peu le versant rock) : « nous sommes légion », cela n'a pas duré longtemps. Il aura suffit, il y a douze ans, d'un buzz né des internets, à l'époque beaucoup moins prescripteurs qu'aujourd'hui où la viralité ne connaît pas de limite, puis de la sortie de Funeral, pour qu'Arcade Fire passe en quelques mois de curiosité indé à nouveau sauveur du rock des années 2000. Fanfare rock et f

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Bowie, d’ailleurs

ECRANS | Rarement titre fut plus approprié pour décrire le comédien interprétant le rôle principal d’un film. L’Homme qui venait d’ailleurs (1976) n’aurait pu être interprété (...)

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Bowie, d’ailleurs

Rarement titre fut plus approprié pour décrire le comédien interprétant le rôle principal d’un film. L’Homme qui venait d’ailleurs (1976) n’aurait pu être interprété par personne d’autre que le Thin White Duke. Ni réalisé par personne d’autre que Nicolas Roeg, chef opérateur d’exception et pape d’un cinéma flirtant avec l’expérimental. Dans cet histoire au sous-texte apocalyptique, Bowie joue un extraterrestre et un survivant ; grâce à la projection, il le sera encore un peu pour les spectateurs qui bénéficieront en sus, avant le film, d’une intervention musicale autour de son univers. Let’s dance ! L’Homme qui venait d’ailleurs Au cinéma Les Alizés le mardi 2 mai à 20h

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Arcade Fire et Brian Wilson aux Nuits de Fourvière

Festival | Le festival Nuits de Fourvière vient de dévoiler sa programmation et ne déçoit pas : Arcade Fire, Benjamin Clementine ou encore Brian Wilson seront à Lyon cet été.

Sébastien Broquet | Jeudi 23 mars 2017

Arcade Fire et Brian Wilson aux Nuits de Fourvière

Musique On connaissait le nom de l’artiste chargé de l’ouverture : M, avec son projet infusé au Mali, Lamomali. Il faut ajouter aux dates immanquables du calendrier Arcade Fire ou encore la légende Brian Wilson, venant fêter les 50 ans du culte album Pet Sounds. Le programme complet : 1er au 3 juin : M présente Lamomali 5 juin : Arcade Fire + Barbagallo 16 juin : Julien Doré 19 juin : Benjamin Biolay + La Femme 20 juin : Paolo Conte 28 juin : Foals + Pumarosa 29 juin : Benjamin Clementine 4 juillet : Alt-J 5 juillet : Titi Robin + Rebel Diwana 6 juillet : Goran Bregovic & l'Orchestre National de Lyon 7 juillet : Yann Tiersen + François & the Atlas Mountain 9 juillet : Gaëtan Roussel & Rachida Brakni + Labelle

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Dans les yeux de Bowie

Street Art | Big Ben rend hommage à l'auteur de Rebel Rebel disparu il y a un an, avec une œuvre intense à dénicher au cœur des pentes de la Croix-Rousse.

Louis Beaufort | Mardi 24 janvier 2017

Dans les yeux de Bowie

« J’essayais pratiquement tout. J’étais vraiment avide de découvrir tout ce que la vie avait à offrir, de la fumerie d’opium à n’importe quoi d’autre. Et je pense que j’ai fait à peu près tout ce qu’il est possible de faire. Sauf des choses vraiment dangereuses, comme être un explorateur. Mais je me suis introduit dans la plupart de tout ce que la culture occidentale a à offrir. » Cette citation fait référence à un moment sombre de l'année 2016. Pour le monde de la musique, et bien au-delà. Nous ne faisons bien évidemment pas allusion à la dernière tournée de Keen'V, mais à la mort de David Bowie : véritable icône de la pop culture, ce fut la première étoile disparue de cette année mortifère, laissant derrière elle des millions d'admirateurs attristés. Parmi eux, l'artiste Big Ben. Dès l'annonce du décès, ce dernier savait qu'il dédierait l'une de ses pièces à Bowie : il s'agissait juste de trouver l'endroit idéal pour lui rendre hommage. Peintre pochoiriste depuis 2012, Big Ben utilise les mu

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Belle de journées

Festival | Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2016

Belle de journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises en terre berjalienne, ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre (nos) chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) annoncés mais convertis tout de même en grande claque, celle de la surprise de surpasser nos attentes (l'album de Grand Blanc, le second LP de Rover) et valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès (on repense avec émoi à son grand incendie), le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore, on compte quelques valeurs montantes comme Broken Back. Parmi elles, s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce s

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Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Top 10 | Entre une réédition d'A-ha et un disque de Xiu Xiu jouant la musique de Twin Peaks, le Disquaire Day, c'est plus de 200 références tous azimuts, toutes périodes, inédits, rééditions, collector, attrape-couillons, ayant pour seul point commun le support aussi authentiquement vinyl que le toupet de Dick Rivers. On y a subjectivement picoré dix petites perles pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Allen Toussaint – Live in Philadelphia 1975 (Rhino) Parce qu'il n'y a pas plus bel hommage à rendre au king of New Orleans, qui nous a quitté en novembre, que de se déhancher sur ces titres saisis sur le vif dans la cité de l'Amour Fraternel, quarante ans avant sa mort. Big Star – Complete Columbia : Live a University of Missouri 4/25/93 (Columbia) Avril 1993, les mythiques inventeurs de la power pop se reforment (partiellement) à Missouri University. Un live mythique ici réédité, remasterisé et agrémenté de cinq inédits. David Bowie – The Man Who Sold the world, picture disc 12'' (Parlophone) On ne va pas épiloguer. On tombe dessus, on achète ce disque (un sublime vinyl peint et une pochette ad hoc), quitte à vendre le monde. Elvis Presley – I'm Leavin : Elvis Folk Country (Sony Music) De Dylan à Gordon Lightffoot, voici rassemblés les divers enregistrements folk du king entre 1966 et 1973. Florence & the Machine – Delilah/Only Love can break your heart 7'' (Island)

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« Enregistrer sur un chant céleste »

MUSIQUES | Après l'impressionnant Aqualast, le vagabond Rover, revenu de tout et surtout de partout, passe avec succès l'épreuve de la confirmation avec Let it Glow. Réussissant le tour de force, aux commandes de cette étrangeté apatride qui fait sa singularité, de faire plus avec moins et de sonner cosmique avec des méthodes d'enregistrement terre à terre. Rencontre du troisième type et du second album prévue à l'Epicerie moderne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 janvier 2016

« Enregistrer sur un chant céleste »

Avec ton premier album Aqualast, tu es passé en quelque mois d'une vie à reconstruire après ton expulsion du Liban, au succès, à la médiatisation, aux récompenses, à des centaines de dates. Comment as-tu encaissé ça ? Rover : Il y a une forme de violence dans ce passage de l'intimité de l'écriture à une exposition plus large, mais elle est assez positive, d'autant que ça n'a pas été un succès radical basé sur un seul titre. J'avais déjà connu l'exposition médiatique, même si elle était moindre, avec mon groupe au Liban : ça a été moins brutal que si j'avais eu 20 ans et aucune expérience. C'est beaucoup de joie qu'un label vous accorde la possibilité de faire un disque, de pouvoir s'y exprimer sans contrainte. On est pris dans une espèce de tourbillon, il y a une ampleur médiatique qui nourrit le projet. Une forme de reconnaissance aussi : les Victoires de la Musique, la télévision. On s'installe un peu dans le paysage et c'est une situation très confortable pour envisager un deuxième disque. Justement, après la réclusion de l'écriture d'

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Rover : Étranger en pays étrange

MUSIQUES | Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Rover : Étranger en pays étrange

Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui signifie « étranger en ces lieux ») : « For (…) I've been a stranger in a strange land ». Autrement dit, « un étranger en pays étrange ». Un homme de l'exil permanent. L'expression inondera la pop culture. Donnant son titre, à des dizaines de chansons, des Byrds à U2, et surtout, à un fameux roman des années 60 de Robert Heinlein, comptant le retour sur terre d'un astronaute, seul survivant d'une mission sur Mars, qui d'un coup se sent étranger sur sa propre planète. Le pitch rappelle peu ou prou celui de L'Homme qui venait d'ailleurs, le film Nicolas Roeg qui fit de Bowie l'alien le plus classe de tous les temps. Cet étranger, au vu de son parcours de vie et à l'écoute de ses disques, ce pourrait être Timothée Régnier aka Rover. Né en France, Timothée a grandi à l'étranger, de New-York à ce Liban dont il a été chassé comme un malpropre pour un problème de visa, atterrissant après un détour par Berlin seul en Bretagne, d

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Dheepan

ECRANS | Jacques Audiard a décroché une Palme d’or avec un très bon film qui n’en avait pourtant pas le profil, même si cette histoire de guerrier tamoul cherchant à construire une famille en France et se retrouvant face à ses vieux démons est plus complexe que son pitch ne le laisse croire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 18 juillet 2015

Dheepan

Prenons une métaphore footballistique : si Un prophète était dans la carrière de Jacques Audiard un tir cadré et De Rouille et d’os un centre décisif, Dheepan fait figure de passe en retrait… Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne conduira pas à un but, et c’est bien ce qui est arrivé à Cannes, puisqu’il est reparti avec une Palme d’or qui a surpris tout le monde. Mais c’est peut-être le propre des grands films que d’apparaître sous un jour fragile tout en laissant la sensation d’assister à quelque chose de fort qui nous accompagnera longtemps après. Dheepan s’ouvre sur la préparation d’un bûcher où l’on va brûler des cadavres. Nous sommes au Sri Lanka et la guerre civile se termine, soldant la défaite des Tigres tamouls. Parmi eux, Dheepan observe les dépouilles de ses compagnons avec résignation ; la guerre est derrière lui, mais que lui réserve l’avenir ? C’est une femme, Yalini, qui lui offre une porte de sortie : elle traverse le camp de réfugiés à la reche

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Un Feu sur la langue

MUSIQUES | Rien que de très classique dans cette saison francophone. Du très bon, du bon, du moins bon, Kyo, et au milieu coule une rivière en Feu! Chatterton, inconcevable objet pop aux aspirations littéraires qui feront se gausser ou s'incliner. C'est à voir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Un Feu sur la langue

Oubliez les Sébastien Tellier (le 18 octobre au Transbo), Julien Doré (le 15 décembre au Radiant) et Stromae (le 1er novembre à la Halle) qui repassent une énième fois par ici ; zappez les vingt ans des Ogres de Barback et le retour de Kyo, tous deux au Radiant (les 6 et 27 novembre), repaire de morts-vivants. Omettez ces trois grands Bretons que sont Miossec, Daho, Tiersen (19 et 5 décembre au Transbo, 16 octobre à l'Epicerie) et Emilie Simon (7 novembre au Radiant, forcément). Bon si vous aimez tous ces artistes, ce qui pour la plupart d'entre-eux est bien légitime (cherchez néanmoins l'intrus), vous pouvez tout de même vous faire plaisir en allant les voir, on ne vit qu'une fois après tout, sauf Daho et Kyo. Mais rappelez vous une chose : la next big thing, celle dont tou

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Le Start Festival, ce n'est que le début

MUSIQUES | A peine ses trois petits tours (de Lyon, de France et du monde) estivaux terminés, le Sucre embraye sur la deuxième édition du Start Festival. Et reçoit pour l'occasion une belle brochette de bâtisseurs et un sonneur de cloche de rentrée tout trouvé. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 2 septembre 2014

Le Start Festival, ce n'est que le début

Premier temps fort de la saison, mais aussi premier paradoxe : alors que sa pyramide des âges est d'une largeur à faire se retourner Khéops dans son sarcophage, Le Sucre commencera par nous entretenir d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Une époque, qui s'étire des 70's aux 90's, au fil de laquelle Lyon s'est imposée dans une curieuse indifférence comme une plaque tournante des musiques alternatives. Le festival la fera revivre au cours d'une conférence, la première d'une série consacrée à l'underground d'ici, fut-il de pierre (comme le Palais d'hiver, l'Olympia du coin, ou le fameux Pez Ner) ou de chair (de la new wave unisexe de Marie et les garçons aux Deity Guns, cousins passagers de Sonic Youth). Cinq jours plus tard, le coup d'envoi d'un autre cycle de rencontres mettra un terme à l'événement. Sa vocation : discuter des mutations de l'espace urbain. Son invité : le controversé Rudy Ricciotti, Grand prix national d’architecture auquel on doit, entre autres réalisations, le superbe cube alvéolé abritant le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à

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The Rover

ECRANS | Après "Animal Kingdom", David Michôd pratique un étonnant hara-kiri commercial avec ce film post-apocalyptique qui tient autant de Beckett que de "Mad Max", c’est-à-dire une véritable provocation au divertissement-roi. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

The Rover

The Rover, c’est Mad Max rencontre En attendant Godot. Rien que ça. Dès le carton pré-générique, on nous annonce que l’action se déroule en Australie quelques années «après la chute». La chute de quoi ? Du pays ? Du monde ? De l’économie ? Peu importe, car ce futur est saisi au présent, dans toute sa désolation, avec paysages arides et personnages hagards dont les motivations paraissent dérisoires. C’est le cas d’Eric, vagabond errant dans une bagnole qu’il a le malheur de se faire piquer par une bande de gangsters hallucinés, ayant laissé pour mort un des leurs, Rey, après un braquage qui a mal tourné. L’impassible Eric (sobre et étonnante composition de la part de Guy Pearce, d'ordinaire cabotin) va donc former un tandem improbable avec Rey (Robert Pattinson, excellent, dont la carrière post-Twilight prend un virage passionnant), soit un homme froidement brutal et un autre à moitié idiot et à moitié crevé, qui vont passer une heure quarante à arpenter les routes australiennes pour retrouver une voiture. Post-cinéma Si

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Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

ECRANS | "The Rover" de David Michôd. "The Disappearence of Eleanor Rigby" de Ned Benson. "It follows" de David Robert Mitchell. "Les Combattants" de Thomas Cailley.

Christophe Chabert | Dimanche 18 mai 2014

Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais osé jusque-là : laisser tomber la compétition, et se promener à travers les séances des sections parallèles, pour espérer y trouver des films stimulants, différents, bref, autre chose que de l’art et essai formaté, long et plombé. À ce petit jeu, The Rover, présenté en séance de minuit, repousse les limites de la bizarrerie. De la part du réalisateur d’Animal kingdom, David Michôd, rien ne laissait présager un tel virage ; si son premier film était puissant et abouti, il s’inscrivait dans un genre codifié — le film de gangsters — et sa mise en scène cherchait avant tout une forme d’efficacité sans refuser pour autant d’apporter de réelles innovations. Avec The Rover, Michôd fait exploser toutes les catégories et signe le premier film post-apocalyptique beckettien, que l’on pourrait réduire à ce pitch : deux hommes, l’un à moitié idiot, l’autre impavide, recherchent à travers une Australie désolée une voiture. Point. Le premier plan, qui montre pendant une minute Guy Pea

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Bob Dylan ou la quête du Greil

CONNAITRE | A la poursuite de la chimérique Vérité dylanienne depuis près de 50 ans, et déjà auteur de plusieurs ouvrage sur la question, le critique rock et théoricien pop Greil Marcus compile près de 40 ans d'articles sur l'homme qui a révolutionné le rock. Drôle, souvent acide, d'une érudition sans borne, "Bob Dylan by Greil Marcus" constitue l'énième chapitre patchwork de la quête d'un Graal sans doute plus belle que sa résolution. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 28 octobre 2013

Bob Dylan ou la quête du Greil

En 1963, Greil Marcus, 18 ans, assiste à un concert folk dans le New Jersey. Joan Baez y convoque sur scène un jeune chanteur à l’allure étrange que Marcus, scotché, croise ensuite par hasard à l’arrière de la scène : «J’ai aperçu ce type, dont je n’avais pas bien saisi le nom, alors je suis allé vers lui. Il était en train d’essayer d’allumer une cigarette, il y avait du vent, ses mains tremblaient ; il ne prêtait attention à rien d’autre que l’allumette. Ma stupéfaction était telle, que ma bouche s’est ouverte : “Vous avez été formidable”, ai-je dit. “J’ai été nul à chier”, a-t-il rétorqué sans même lever la tête».   L’échange résume 50 ans de ce qui se tisse alors entre celui qui vient instantanément d'entrer en religion et l'oeuvre de son idole, décortiquée avec la patience du légiste, la perversité du fétichiste et la justesse morale d'un Salomon. Mais un autre fait illustre le rapport compliqué entre l’exégète exigeant et le missionnaire démissionnaire : Bob Dylan by Greil Marcus

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Les Quatre Poptastiques

MUSIQUES | Pour un soir et pour Just Rock ?, le Transbo dégaine le plus improbable et le plus beau plateau de super-héros pop qui soit : la Grimes du Vercors, un chic type nommé Daisy, un pilote de chasse et un géant au nom de 4x4. Le résultat : sublime. Oui, grâce à nos pouvoirs magiques on y était et on vous raconte. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 octobre 2013

Les Quatre Poptastiques

Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement dans le salon Louis-Philippe qui sert de loge au Transbordeur : une fille à la Peau synthétique, un garçon nommé Daisy, un type en nage sous sa combi spatiale et son casque de pilote de Mig-28, et une armoire à glace aux traits féminins et en manteau noir capable de tout envoyer valser dans la pièce d'un simple accès de charisme («Hé ho doucement avec mes fauteuils Voltaire» s'écrie le maître de maison). Un film de David Lynch ou, ce qui revient au même, un rêve sous antihistaminique ? Non : le programme de la soirée du 23 octobre au Transbordeur. Sans doute la soirée phare de cette édition de Just Rock? : Peau, Daisy Lambert (aucun lien), Cascadeur et Rover, réunis tout exprès pour vous envoyer au 7e Ciel et qui vient d'y parvenir.   Last Aqualast

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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Le tourbillon de la vie

SCENES | La journée de deux enfants confrontés à la vie, la vraie : "Ma mère qui chantait sur un phare" est un agréable spectacle de François Rancillac, porté par deux comédiens épatants. Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mercredi 3 avril 2013

Le tourbillon de la vie

Le théâtre a plusieurs buts. Il peut questionner, alerter, dénoncer... Il peut aussi amuser, enchanter, voire divertir (un gros mot pour certains puristes). Le metteur en scène François Rancillac et l’auteur Gilles Granouillet ont, eux, pris le parti de se contenter de faire du théâtre, avec des outils tout simples : un texte, quelques éléments scéniques et une poignée d’acteurs. Un alliage léger qui suffit à embarquer le public dans une aventure familiale drôle, touchante et amère à la fois, racontée du point de vue de deux gamins contraints de rentrer de plein fouet dans le monde des adultes. Car leur mère, quittée par leur père, n’a plus la force de continuer à vivre, préférant s’abandonner à son chagrin, là-haut, sur le phare. Finis alors les jeux avec les grenouilles et les tentatives pour noyer les chiots, il faut aller la secourir. Mais que peuvent bien faire deux petits êtres face au tourbillon de la vie que personne, pas même les grands autour d’eux, ne semble pouvoir contrôler ? Mon frère L’écriture de Gilles Granouillet, simple et imagée, ne s’interdit rien, allant

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Let's folk !

MUSIQUES | Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 janvier 2013

Let's folk !

Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la Maison du Livre, de l'Image et du Son de Villeurbanne. D'abord, autour de l'ouvrage Folk et Renouveau (Le Mot et le Reste), publié en 2011 par Bruno Meillier et l'immense Philippe Robert : une plongée dans pas moins de neuf décennies d'americana, d'Harry Smith à Bon Iver, en passant par les incontournables Dylan, Donovan, Young, Jansch et consorts pour comprendre non seulement d'où elle vient mais également où elle va. À ce titre, il sera aussi utile d'aller à la rencontre de Yann Tambour, alias Stranded Horse, petit gars du Cotentin bercé au rock anglais et toqué de kora, instrument traditionnel mandingue dont la pratique est traditionnellement réservée à la caste des griots mais dont il fait son miel en même temps qu'une drôle de tambouille, entre folk, musique africaine et pop anglo-saxonne. Sur le sublime Humbling Tides, il reprenait par exemple

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Villagers

MUSIQUES | {Awayland} (Domino/Pias)

Stéphane Duchêne | Lundi 21 janvier 2013

Villagers

Il est une devise de notre maître-écrivain lyonno-québécois Alain Turgeon, qu'on confesse volontiers citer un peu trop souvent – sans toutefois envisager une seconde de s'en excuser – un adage que l'on peut faire sien pour caresser ses désillusions : « attendez-vous au meilleur, vous serez mieux déçus ». On y pense lorsqu'on entend pour la première fois le single Nothing Arrived, extrait de {Awayland}, le deuxième album de Villagers.   Sur ce titre qui oscille entre le romantisme benêt mais arrache-coeur d'un Tom Petty – le type sait tricoter une mélodie ascensionnelle qui vous retient à jamais par le col –, la grandiloquence éthylique d'un Mike Scott (The Waterboys), et les cavalcad

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Sufjan Stevens

MUSIQUES | Silver & Gold – Songs for Christmas (Vol. 6-10) (Asthmatic Kitty/Differ-ant)

Stéphane Duchêne | Lundi 24 décembre 2012

Sufjan Stevens

Point n'est besoin de préciser que depuis des décennies, l'album de Noël est devenue une tarte à la crème. Ou plutôt puisque c'est le thème, une bûche, bien crémeuse, dont l'opportunisme commercial le dispute à la digestibilité musicale. Tous les plus grands (Elvis, Sinatra, Beach Boys, on en passe...) se sont collés à l'exercice – et d'ailleurs les plus petits aussi, ce qui prouve bien à quel point on a raison.   On se souvient par exemple d'un exercice dylanien, Christmas in the Heart (2009), à faire fuir la magie de Noël à dos de rennes boiteux, poignardant pour le coup de manière assez littérale Noël en plein cœur – « in the heart » –, ce qui le rendait aussi rigoureusement indispensable que tout grincheux à la table du réveillon.     Mais force est de reconnaître qu'au fil des ans l'exercice obligatoire consi

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Missile solaire

MUSIQUES | Toujours aussi affûté dans sa politique d'import/export (d'import surtout), le Kafé nous dégoupille cette semaine Monogrenade. Une bombe québécoise lancée très haut et qui ne devrait pas tarder à exploser. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 octobre 2012

Missile solaire

Quand un groupe a pour leaders un type nommé Jean-Michel Pigeon (précisons, pour ceux qui auraient suivi l'actualité médicale de ces dernières semaines, qu'il n'est pas médecin) et une fille baptisée Martine Houle, on ne peut que se laisser avoir et/ou emporter.   En tant que groupe québécois aux paroles saugrenues – visiblement une marque de fabrique locale – et aux ambiances à l'avenant, Monogrenade est le digne héritier d'un groupe comme Malajube – filiation évidente sur De toute façon. En moins farfelu tout de même, malgré cet aveu :« de toute façon, nous on fait les cons ». Et sans doute, ce n'est pas un vain mot, en plus musicalement ambitieux.   On pourrait tout aussi bien, sur certains morceaux les qualifier d'Arcade Fire francophone pour ces morceaux aux structures complexes, cavalantes et volontiers dissonantes. Il y a des cordes tantôt mélancoliques – comme sur L'araignée

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Aux frontières du Raël

MUSIQUES | Génie de la lampe pop française, Sébastien Tellier s'est mué avec "My God is blue", son dernier album, en gourou bleuté salement illuminé. Pour le meilleur et pour le rire. Alors, abus de Pépitos bleus, crise mystique, foutage de gueule ? Tentative d'explication. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 octobre 2012

Aux frontières du Raël

Les chanteurs sont-ils destinés à devenir des gourous ? Par définition oui, puisque les meilleurs d'entre eux sont l'objet d'un culte et culbutent de la groupie/adepte à tour de bras. Mais de vrais gourous, au sens propre du terme ? Aussi. On oublie notamment trop souvent – et sûrement vaut-il mieux l'avoir oublié – qu'avant d'exercer la profession de gourou à succès, Raël fut autrefois, dans les années 60, chanteur sous un autre pseudonyme, Claude Celler, dans un style singeant plutôt grossièrement Jacques Brel.   En dépit de titres aussi forts que Madam' Pipi ou Monsieur votre femme me trompe – où déjà point le crevard de la fesse, cette première carrière n'a malheureusement pas les retombées escomptées et le suicide de son producteur marque la fin de l'expérience. En 1973, Claude Vorilhon, son vrai nom, un temps journaliste sportif, se lance donc, sans doute à la suite d'un bilan de compétence mal branlé, dans une double carrière de «messager» de nos cousins ste

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High Cool Musical

MUSIQUES | Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer School is Cool ? Une bande de jeunes anversois aux ambitions musicales démesurées, déjà prophète en son pays et qui pourrait bien faire office de révélation musicale de l'année dans pas mal d'autres contrées.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2012

High Cool Musical

Si l'on sait pertinemment, à force de l'entendre, que « La montagne ça vous gagne ! » ou que « le cheval c'est génial !», on n'a en revanche encore trouvé personne, de quelque côté de l'estrade que ce soit, pour affirmer qu'« A l'école qu'est-ce qu'on rigole ! ». Surtout en cette période où l'on voit défiler sur les plateaux télés des chapelets de profs qui, en guise de goûter, ont mangé du bourre-pif à la récré.   Fort heureusement, dès qu'il est question de prendre les chose à la « cool », il y a la Belgique : un pays, berceau du surréalisme, passé maître dans l'art de l'autogestion humoristique et de la dérision. C'est là qu'est né un groupe dont le seul nom, School is Cool – choisi un peu par défaut et parce que ça sonne bien –, nous redonne à lui tout seul foi en l'institution scolaire. Et musicale.   Car la pop du quatuor ne fait rien d'autre que de mettre un bon coup de tatane dans la fourmilière rock d'Outre-quiévrain.   Au point q

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Le Blues de la rentrée

MUSIQUES | En cette rentrée musicale, Lyon a, comme tout un chacun, le blues. Sauf qu'en l'espèce, c'est plutôt très bon signe et annonciateur d'un automne riche en fibre musicale. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Le Blues de la rentrée

Inutile de présenter le blues du dimanche soir, c'est une réalité identifiée (quasi) scientifiquement. On sait d'ailleurs depuis cet été – en tout cas, pour ce que ça vaut, un sondage l'a montré – que le blues du dimanche soir commence en réalité le dimanche... matin pour atteindre un pic vers 16h13 – la science est implacable et précise comme une Rolex. Prenons donc ce phénomène et multiplions-le par la racine carrée de la rentrée scolaire, que multiplie la nostalgie d'un été doré, moins les bouchons et les marmots qui braillent à l'arrière du Kangoo, plus l'arrivée imminente de l'automne, et la perspective d'un dimanche après-midi de novembre devant Michel Drucker, et vous obtenez une sorte de super blues du dimanche soir : le blues de la rentrée. Avec ceci de spécifique qu'il peut – cela a été établi par nos soins à l'aide d'une savante approximation – durer jusqu'à Noël. Talk about the blues Car même si l'on s'en tient à un strict point de vue musical, notre rentrée 2012, «elle vient de là, elle vient du blues», comme dit notre poète national. Ça a même commencé très fort le 4 septembre dernier, le jour même de la rentrée scolaire (comment

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Antony Queen

MUSIQUES | Comment parler de ce concert à venir d'Antony au Théâtre Antique, sans évoquer celui que l'Anglo-New-Yorkais donna en 2009 avec l'orchestre de l'Opéra de Lyon dans des conditions similaires. La nuit tombait doucement sur Fourvière, le vent soufflait en rafale, mais c'est la voix d'Antony qui faisait virevolter les poils sur les bras.

Stéphane Duchêne | Vendredi 29 juin 2012

Antony Queen

            Antony and The Johnsons aux Nuits de Fourvière par NuitsdeFourviere Et l'on doit dire que peu de ceux qui étaient présents lors de cet événement bouderont leur plaisir face à cette nouvelle performance baptisée Cut The World. Surtout si l'on se souvient que l'on y avait découvert un Antony détendu – si cela est possible –, bavard et même cabotin. Ce qui n'était guère le cas à ses débuts. Dans les bras d'un orchestre, concentré sur la maîtrise insensée d'une voix comme on n'en a rarement entendue, Antony peut déployer toutes les palettes de couleurs souvent sombres de cette pop pour laquelle le terme transgenre n'aura jamais aussi bien porté son nom. Sombres, mais pas que, car entre les histoires borderline, les amours compliquées et les tourment identitaires, se glissent parfois

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Sébastien Tellier au Transbordeur

MUSIQUES | Son quatrième album, My god is blue, pas encore sorti dans les bacs (mais déjà disponible en digital), Sébastien Tellier annonce déjà une date lyonnaise pour (...)

Christophe Chabert | Vendredi 20 avril 2012

Sébastien Tellier au Transbordeur

Son quatrième album, My god is blue, pas encore sorti dans les bacs (mais déjà disponible en digital), Sébastien Tellier annonce déjà une date lyonnaise pour y porter sa bonne parole musicale. Car l'ami Tellier, après avoir parlé Politics et Sexuality sur ses précédents disques, s'improvise ici gourou futuriste d'un mouvement visiblement adepte de l'électro disco psychédélique... On adore ou on déteste, mais on sera tous au Transbordeur pour l'écouter le mercredi 17 octobre.

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Housse music

MUSIQUES | Jadis groupe concept alliant, on ne sait trop pourquoi, pop et tennis, Housse de Racket a depuis un moment délaissé les passing-shots et livré l'an dernier un album qui mériterait de figurer dans les dix premiers du classement "ATPop". Sortez les Stan Smith, ils débarquent au Kao et ça va danser au filet. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 avril 2012

Housse music

«Le sport c'est des notes et un blouson, c'est autant visuel que sonore», a déclaré, la semaine dernière, Sébastien Tellier dans les Inrocks. Une devise qu'auraient pu faire leur les Housse de Racket à leurs débuts. À ceci près que le duo de Chavile avait considéré qu'en été un blouson, ça tient chaud : mieux vaut un short, un bandeau à visière, des poignets en éponge et (au cas où on aurait envie de faire un tennis), une raquette. Au point qu'on s'était alors demandé si les enfants cachés de Pit & Rick ne s'étaient pas mis en tête de donner une suite à «La Cicrane (dont les ailes étaient en raquettes de tennis, souvenez-vous, lol) et la Froumi». Bref, on a un peu cru à la blague. Savant mélange plutôt efficace – quoi qu'un peu putassier – d'inspiration house (de racket) et de pop à la Phoenix, on goûtait un peu moins les paroles en français un peu pourraves, ce qui n'empêcha guère le petit succès de Forty Love et du single Oh Yeah !, y compris à l'étranger où l'on ne comprenait pas un traître mot de tout ça.

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Bonnes étoiles à Fourvière

CONNAITRE | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 mars 2012

Bonnes étoiles à Fourvière

Les fuites ayant été nombreuses cette année (mais comment, à l’heure d’internet, garder sous cloche pendant trois mois les dates de tournée d’artistes que leurs fans observent comme le lait sur feu ?), on savait déjà que Les Nuits de Fourvière 2012 allaient envoyer du lourd. Cela faisait un bail que les organisateurs rêvaient d’accueillir Björk (le 30 juin), et ce sera donc chose faite cette année, après le lancement (passé un peu inaperçu) de son album concept multimédia Biophilia. Rêve aussi avec la reformation des Stone Roses (le 25 juin), groupe culte de la brit-pop flamboyante des années 90, dont le concert s’est inscrit in extremis dans la programmation. Enfin, retour en force de Bartabas, certes un habitué du festival, mais avec une de ses productions XXL, Calacas, où les cavaliers célèbrent la fête des morts mexicaine déguisés en squelettes sur leurs toujours impressionnantes montures (du 11 juin au 17 juillet au Parc de Parilly). Mais tout cela, on le savait déjà, donc. De A à Ben En revanche, deux poids lourds s’ajoutent à la liste : Ben Harper (le 17 juillet

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Concert à la carte

MUSIQUES | Web / Le 5 août dernier, toutes les personnes dotées d’un minimum de goût ont eu un orgasme artistique... Probablement désireuse de redorer son image (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 18 novembre 2010

Concert à la carte

Web / Le 5 août dernier, toutes les personnes dotées d’un minimum de goût ont eu un orgasme artistique... Probablement désireuse de redorer son image ternie par des années de pratiques douteuses, la société American Express a lancé, en partenariat avec les sites Youtube et Vevo, le premier live de la série Unstaged : la retransmission en direct d’une performance filmée par un metteur en scène de renom, disponible pendant quelques jours en intégralité et gratuitement (bon, honnêtement, si vous maitrisez l’outil Internet, vous pouvez toujours le trouver). Pour inaugurer cette belle initiative, le choix se porta sur le concert d’Arcade Fire au Madison Square Garden, avec aux manettes ni plus ni moins que le grand Terry Gilliam, qui, pour une fois, ne fut frappé d’aucune malédiction dans ses velléités de metteur en scène. Il put ainsi disposer d’un nombre confortable de caméras (dans la fosse, dans divers points du public, en hauteur, sans oublier un raccord avec les vidéos diffusées sur l’écran en fond de scène pour quelques surimpressions du meilleur effet). Que ses contempteurs se rassurent, le cinéaste met provisoirement de côté son goût prononcé pour les torsions de focale et autr

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Discographie Arcade fire

MUSIQUES | 2004 : "Funeral"Le buzz Arcade Fire débute sur le net, si bien que quand "Funeral" sort enfin en France, toute la blogosphère n’a déjà plus que ses chansons (...)

Christophe Chabert | Mercredi 17 novembre 2010

Discographie Arcade fire

2004 : "Funeral"Le buzz Arcade Fire débute sur le net, si bien que quand "Funeral" sort enfin en France, toute la blogosphère n’a déjà plus que ses chansons à la bouche. Pour les autres, c’est la découverte d’un rock puissant, échevelé, écorché vif, où guitares, batterie et cordes entrent dans des transes spectaculaires. 2005 : "The Arcade fire"Ce mini-album est en fait composé de chansons antérieures à celles de Funeral. On y entend pourtant l’incroyable "No cars go", qui avait déjà enthousiasmé les fans au cours des concerts et qui deviendra un des sommets de "Neon bible". 2007 : "Neon bible"Enregistré dans une église à Montréal, "Neon bible" révèle un Arcade fire inquiet, réfléchissant dans ses chansons les problèmes du monde, découvrant un peu plus ses influences (Bruce Springsteen en particulier). L’album réussit le tour de force de ne pas décevoir après le choc "Funeral".

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AF vs ONU

MUSIQUES | Sketch / Véritable institution de la télévision américaine, le Saturday Night Live (dont Les Nuls avaient tenté une version française avec L’Émission) est depuis (...)

Christophe Chabert | Mercredi 17 novembre 2010

AF vs ONU

Sketch / Véritable institution de la télévision américaine, le Saturday Night Live (dont Les Nuls avaient tenté une version française avec L’Émission) est depuis trente ans un réservoir à talents comiques. John Belushi, Dan Aykroyd, Mike Myers, Jim Carrey, Will Ferrel ou Tina Fey y ont fait leurs armes. Entre les sketchs du show, le SNL a l’habitude d’inviter des groupes à se produire en live. Arcade fire avait déjà fait sensation lors de sa première venue, à l’époque de "Néon bible". Mais pour son retour le 13 novembre dernier, le groupe a frappé fort. Non seulement il a interprété deux titres ("We used to wait" et "Sprawl II"), mais il a aussi participé à un des sketchs de la soirée — Justin Timberlake avait fait de même avec un hilarant «Jizzing in my pants». Tout se déroule devant une assemblée onusienne (habiles contrechamps sur des images d’archives siglées MSNBC, la filiale info de NBC qui diffuse le show) étudiant la proposition d’une taxe internationale. Un speaker annonce que le gagnant d’un concours va exposer sa vision de l’Histoire mondiale. C’est Richard Reed Parry, le multi-instrumentiste de génie d’Arcade Fire, qui fait son entrée, accompagné de trois enfants portan

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Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?

MUSIQUES | Véritable mammouth du rock en live, on pensait qu’Arcade Fire capitaliserait sur son succès et sortirait un troisième album calibré pour leur démesure scénique. Or, "The Suburbs" est intimiste, cohérent et conceptuel. Un disque majeur, à réécouter avant leur concert à la Halle Tony Garnier. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 novembre 2010

Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?

Ceux qui ont assisté à un concert d’Arcade Fire lors de la tournée de Neon bible ou, plus chanceux encore, de Funeral, savent que le groupe a peu de concurrence niveau débauche d’énergie sur scène et capacité à faire entonner leurs hymnes par des publics en transe. On pourrait ergoter que leur musique y laisse quelques plumes, au bord de la cacophonie ou du brouillard sonique… Et les mélomanes exigeants pourront s’amuser à pister ce qui, dans les albums eux-mêmes, prépare l’auditeur à participer à la grand-messe. Arcade fire, groupe indé ayant réussi en un temps record à entrer dans la catégorie des groupes de stade façon U2 ou Muse, aurait pu se contenter de gérer cette popularité-là, faisant de chaque nouveau disque le prélude à un futur happening collectif débraillé et cathartique, ou en rajouter une couche dans le lyrisme rock incisif et électrique, avant de décupler le tout sur scène. Mais pour leur troisième album, le déjà sous-estimé The Suburbs, ils font tout l’inverse, au risque vérifié de dérouter leur public. Circuit fermé Si Neon bible affichait quelques envies de renouvellement (notamment par d’i

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Happy few

ECRANS | D’Antony Cordier (Fr, 1h47) avec Roschdy Zem, Marina Foïs, Élodie Bouchez…

Christophe Chabert | Mardi 7 septembre 2010

Happy few

Qu’ont donc les cinéastes français trentenaires avec la question de la liberté sexuelle ? Après "Peindre ou faire l’amour" des frères Larrieu, Antony Cordier, qui avait signé le déjà surestimé "Douches froides", en remet une couche : deux couples se rencontrent, et échangent leur partenaire tout en restant ensemble. Peu de drames, pas de vagues, tout cela est montré avec une normalité qui sent le volontarisme. Cette banalité contamine tous les étages du film : l’image est affreuse, la caméra à l’épaule produit plus de flous que de nets, les dialogues sont exsangues… On nage dans l’auteurisme le plus creux, jusqu’au dernier tiers où Cordier se rend quand même compte qu’il va falloir faire entrer un peu de scénario dans son film. D’où une série de renversements qui non seulement sont totalement factices, mais finissent par produire un discours réactionnaire bien de son temps, comme un sursaut moralisateur dans un film plus faux-cul que vraiment cul. CC

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L'histoire sans fin

MUSIQUES | Ça a commencé le 7 juin 1988 à Concord, Californie et personne n'imaginait que ça durerait encore 22 ans plus tard. Quoi donc ? Le Never Ending Tour. Bob (...)

Dorotée Aznar | Lundi 14 juin 2010

L'histoire sans fin

Ça a commencé le 7 juin 1988 à Concord, Californie et personne n'imaginait que ça durerait encore 22 ans plus tard. Quoi donc ? Le Never Ending Tour. Bob Dylan a beau en récuser l'appellation, il n'en demeure pas moins que cette tournée éternelle (100 dates par an depuis lors) est un peu l'Odyssée de cet Ulysse folk. Avec un cahier des charges à la fois simplissime et très compliqué : changer de set list tous les soirs et ne jamais jouer un morceau deux fois de la même manière. Pour cela, Dylan s'est entouré de musiciens de confiance, dont le plus ancien à ses côtés s'appelle... Tony Garnier.

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Country for Old Bob

MUSIQUES | Musique / Au crépuscule de sa carrière et au turbin de son Never Ending Tour depuis 22 printemps, Bob Dylan est revenu depuis quelques années à ses premières amours : la country et le blues, dignes grands-parents d'une des plus grandes œuvres musicales du XXe siècle. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Lundi 14 juin 2010

Country for Old Bob

Dans La République Invisible, l'un des indispensables ouvrages d'exégèse de Bob Dylan, Greil Marcus écrivait : «Bob Dylan ne donnait pas tant l'impression de se tenir à un tournant décisif de l'espace-temps culturel que d'être ce tournant décisif». Un résumé parfait de l'influence de Bob Dylan sur son époque : dans les années 60, Dylan n'était pas seulement le pilote, il était la route. Non qu'il l'ait souhaité : lui qui se voulait simple conteur comme son idole Woody Guthrie, bluesman comme Muddy Waters, poète comme Allen Ginsberg, ne s'était jamais réellement rêvé porte-parole d'une génération ou prophète folk. Mais en art comme en religion, parfois le peuple choisit pour vous, vous hisse sur un autel ou vous colle sur une croix. Quoi qu'il en soit, Dylan a révolutionné la musique de son temps, mis l'Ancien Testament folk sur la carte de la branchitude, puis électrifié ce folk pour écrire quelques-unes des plus beaux évangiles rock de l'Histoire, cette fameuse trahison de Newport que les fans des débuts ont tenue pour un péché originel. Le Zim' a vécu mille vies. Il a été l'égal des Beatles, qu'il initia à la drogue et à l'abstraction ; il a c

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BOB DYLAN Christmas in the Heart Columbia

MUSIQUES | En chantant Noël, Bob Dylan nous offre la possibilité d’avoir tout vu et tout entendu. Et le bon moyen de lâcher une bonne fois pour toute devant les (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 17 décembre 2009

BOB DYLAN
Christmas in the Heart
Columbia

En chantant Noël, Bob Dylan nous offre la possibilité d’avoir tout vu et tout entendu. Et le bon moyen de lâcher une bonne fois pour toute devant les enfants, et sans nous mouiller, que le Père Noël c’est de la foutaise. On est d’ailleurs beaucoup plus proche ici de «Le Grinch chante Noël» que de Tino Rossi ou des roucoulades à la cannelle d’un Elvis. En fait, c’est comme si, de sa voix la plus rauque (visiblement, quelqu’un a abusé de marrons trop chauds), le vieux Bob s’était mis en tête de «saloper» d’un glaçage de fiel et de dérision, les habituelles sucreries et autres bondieuseries (il faut l’entendre grincer «Amen» !) inhérentes à l’arrivée du Petit Jésus et à la descente d’un gros bonhomme dans le conduit de la cheminée (son "Here Comes Santa Claus" paraît échappé de chez Tim Burton). Marquant une distance amusée avec les bons sentiments d’usage, il parvient même à nous faire ressentir l’angoisse que peut être pour beaucoup la période des fêtes : comme son interprétation de "Little Drummer Boy", retrouver sa famille à Noël peut donner l’impression de monter au front. Bien sûr, au finale, c’est le miracle de Noël, Bob apparaît tel qu’en lui-même : comme les vieux grigous des

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Premiers spots

ECRANS | Reprise en salles de Bugsy Malone d’Alan Parker et des Prédateurs de Tony Scott, premiers films de cinéastes ayant œuvré dans le clip et la pub, qui s’amusaient alors à jouer avec leur passé comme avec leur nouveau media. CC

Christophe Chabert | Vendredi 17 avril 2009

Premiers spots

La première scène des Prédateurs est le genre d’ouverture à la fois remarquable d’efficacité et pleine de sens pour toute personne cherchant, au-delà des images, à faire parler l’histoire de leur auteur. Dans une boîte de nuit aux relents gay underground, le chanteur de Bauhaus interprète, face caméra, le tube de ce groupe mythique de la cold wave : Bela Lugosi’s dead. En montage parallèle, on voit d’un côté deux dandys (Catherine Deneuve et David Bowie, so chic) lever deux autres clubbers, de l’autre des images de singes enragés. Les Prédateurs est un film de vampires moderne. Le but de Tony Scott, alors frère de Ridley et jeune prince de la pub anglaise, est donc de signer l’enterrement définitif du Dracula mythique incarné par Bela Lugosi en créant un cinéma de vampires 80’s, où l’homosexualité n’est plus un sous-entendu et les vieilles breloques (crucifix, pieux dans le cœur…) sont rangées au grenier de mémé pour faire de la place au groupe de rock venu animer la soirée gros rouge à la cave. Les vampires sont donc androgynes et sexy, ils baisent autant qu’ils boivent, et ils meurent de mort presque naturelle ; au lieu de passer trente ans à se délabrer, eux le font en une semai

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Antony & The Johnsons Another World

MUSIQUES | Secretly Canadian

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 octobre 2008

Antony & The Johnsons Another World

Là où d’autres se contentent petitement de rêver d’un autre monde, Antony Hegarty a façonné rien moins qu’un univers par la seule grâce de sa voix et du vagabondage de ses mains sur un piano. Cela a donné deux album plutôt sublimes, des concerts frissonnants et une multitude de collaborations précieuses (Björk, Boy George, Lou Reed) dont la dernière, Hercules and Love Affair, lui faisait arpenter les sentiers jusqu’ici peu battus par lui du disco. Sur Another World, Ep 5 titres préfigurant un troisième album, The Crying Light, qui sait se faire désirer, jamais la voix d’Antony n’aura autant sonné comme celle d’une vieille mamma du Sud cotonneux en robe de princesse Disney, comme sur Crackagen. Sur Shake that Devil, l’incantation s’accompagne tout juste d’un bourdon sur lequel fugue le timbre d’Antony avant que la virée ne tourne casaque blues secouée d’un saxo free-jazz. Surprenant quand on sait que jusqu’ici les intentions saxophoniques du chanteur s’étaient cantonnées à quelques sirupeux sanglots que son organe sauvait de la ringardise. Le reste, morceau-titre en tête, est plus classique (au sens «Antony» du terme, s’entend) et, sans atteindre la puissance lacrymale de certaines

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