Bel(le) épine

MUSIQUES | Révélation 2012 du net et de la scène lyonnaise et (déjà) égérie d'une marque de jeans, Joe Bel, piquante rousse à la musique ondulatoire, cultive des hectares de paradoxes personnels qui imprègnent des textes hérissés de noirceur. Une dialectique qui permet à cette timide volontaire de tracer sa route en naviguant à vue, préférant le voyage et la démarche chaloupée à la certitude du terminus. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 mars 2013

« Une voix, une guitare, des cheveux roux et une robe verte». Voici Joe Bel telle qu'elle s'est pensée et définie lorsque l'ancienne hypokhâgneuse et étudiante en Histoire de l'Art qu'elle fut a décidé de tout envoyer balader – frayeur familiale vite passée – pour assumer enfin ses envies de musique. Envies taraudantes mais longtemps refoulées pour cause de timidité quasi-maladive mais qui se soigne, un peu. Que la musique, au final, soigne même si, elle le sait, on ne se refait jamais vraiment. Encore que : il n'y a qu'à la voir en Ondine terrestre dans le clip de No, No – à ce jour, son meilleur titre disponible – beauté nature et regard d'abord perdu, robe de sauvageonne égarée en forêt bientôt hivernale, puis tunique verte de Diane chasseresse au regard gentiment prédateur. Charme privilégié des beautés brutes qui se sont découvertes sur le tard, commençant à peine à s'apprivoiser dans le regard des autres – ici, toujours par ce même moyen, à la fois détourné et premier : la musique. 

Cette musique d'une simplicité biblique, mais pas si évidente à circonscrire : Joe y découpe les mots en tranche, école "Kate Nash/ Lily Allen des champs" option épines, y décortique des sentiments aussi noirs que ses cheveux sont rouges, en un mélange de folk hoquetant, de soul cool, de reggae boisé, de «hip pop» – elle aime la formule – qui ne se laisse jamais vraiment démasquer. Comme son auteure d'ailleurs, dont on ne connaît pas le vrai nom mais qui prise l'uniforme comme système de défense, jusqu'à avoir longtemps eu tendance à s'habiller toujours de la même façon. Mais ça c'était avant, car cette fan de mode et d'images en général, égérie toute neuve d'une marque de jeans, étoffe peu à peu sa garde-robe de quelques couleurs, à mesure, et ce n'est certainement pas un hasard, qu'elle enrichit ses morceaux. Et ses lives, passés d'une musicienne – elle avec sa guitare – à cinq, avec ce que cela implique d'ouverture au travail en groupe, qu'elle apprend petit à petit avec enthousiasme au contact d'une équipe «qui croit en [elle]». La chance, ingrédient indispensable de la réussite – même si elle n'en demandait pas tant en si peu de temps – est ici à ajouter au talent.

Olympia

Si chez Joe Bel tout semble pensé dans les moindres détails, elle avoue volontiers se laisser porter par les événements, ne pas se laisser griser par une notoriété naissante et cultiver un gros côté «on verra» qui contraste gravement avec ses paroles : «I ain't sure 'bout tomorrow / everyday could be the day I die / No, no, no, no / I ain't sure 'bout us either, we don't know who we'll be in a while / So I say no, no, no, no» («Je ne suis pas sûre de demain / Chaque jour pourrait être celui de ma mort / Non, non, non, non / Je ne suis pas sûre de nous nons plus, nous ne savons pas qui nous serons plus tard / Alors je dis non, non, non, non»). Une peur du lendemain qu'elle semble ne pas connaître ailleurs qu'aux tréfonds d'elle-même.

Ne cherchant même pas à profiter de cette notoriété naissante et grandissante pour enfoncer le clou au plus vite – comprendre : avec un album. «Je n'ai pas envie de me laisser happer, dit-elle, J'ai un peu flippé au début en me disant : "il ne faut pas que ça prenne trop de temps" mais ça vaut le coup de prendre le risque et de faire quelque chose de bien plutôt que de se précipiter. Et puis jusqu'à mon album, je compte bien continuer à évoluer, proposer de nouvelles chansons et de nouvelles vidéos sur Internet. Parce que c'est comme ça que je fonctionne depuis le début. Tout est en évolution constante».

Elle ne croit pas si bien dire quand à l'heure de rédiger ces lignes, on nous fait passer la nouvelle qu'elle attendait : Joe Bel assurera, seule en scène, la première partie de toute la tournée européenne de cette drôle de créature pop qu'est l'Israëlien Asaf Avidan. Cinq pays et un Olympia, rien que ça. On s'enquiert de savoir si elle en est toute retournée, son attaché de presse nous confie que ça n'a pas l'air de la perturber beaucoup.


Fille perdue, cheveux rouges

Cérébrale instinctive, control freak relax, timide désarmante et cash, nature ou shootée arc-en-ciel en Castelbajac, telle est Joe Bel : compositrice vibrante mais auteure à fleur de peau, "fille perdue, cheveux rouges" qui actionne les leviers de paradoxes qui lui permettent d'avancer, droite dans ses bottes mais ne sachant guère, en dépit de sa détermination, où ses pas la mènent, dans la vie comme dans ses chansons – «Every step on the way is a long road» («Chaque pas est une longue route»), «I can't see what's on the other side» («Je ne vois pas ce qu'il y a de l'autre côté»), «In the city I walk alone my feet hurt and it's raining / You'll never find me no / I'm not round home» («Je marche seule dans la ville, mes pieds me font mal et il pleut / Tu ne me trouveras jamais non / Je ne suis pas dans les parages»). Des doutes, un manque d'assurance, enfouis, que la chanteuse exorcise lorsqu'elle résume tout à la fois – à dessein ou pas – sa personnalité, son envie et le chemin parcouru en une formule jetée en l'air comme une paire de dés : «Je ne sais pas où je vais mais je sais comment j'aime marcher».

Joe Bel
Au Radiant-Bellevue, jeudi 21 mars


Joe Bel

Pop folk
Radiant-Bellevue 1 rue Jean Moulin Caluire
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

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Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

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Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

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MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

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La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

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«Je ne sais pas où je vais mais je sais comment j’aime marcher». C’est sur ces mots de Joe Bel que se terminait le portrait que nous lui avions consacré en mars dernier. Depuis, sans savoir où elle allait mais avec sa démarche à elle, plutôt chaloupée si l’on en croit sa musique, la demoiselle, déjà largement remarquée, a fait du chemin. Au printemps, la Bel a suivi le cosmique Asaf Avidan le long d’un tour d'Europe achevé sur la scène de l’Olympia. Immersion idéale dans les exigences d’une tournée et de cette confrontation à un public pas acquis d’avance qui constitue le lot de toute première partie – qui plus est dans un format guitare-voix facilement casse-gueule. D’autres dates ont suivi, dont un improbable stade des Alpes à Grenoble, en ouverture toujours de Ms Dynamite – un surnom qui pourrait tout aussi bien aller à cette Iséroise aux racines franco-hispano-américaines installée à Lyon. Manière de fêter cette année un peu folle, Joe Bel a droit à un Marché Gare en tête d’affiche sur les terres qui l’ont en partie révélée. L’occasion de distiller aussi, en groupe

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Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Biotop(e) pop

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White. Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre)

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