Yoa, destinée à la lumière

Publié Mercredi 11 février 2026

Pop / Star en puissance d'une nouvelle pop française décomplexée, Yoa s'épanouit en revisitant des sonorités familières pour mieux les redéfinir et se les approprier en toute intimité. 

Photo : Yoa © Colin Solal

La découverte accidentelle d'Indécise a marqué notre première rencontre avec la chanson polymorphe de Yoa. Le texte, précis et sans détour, à la fois accrocheur et revendicatif, servait de liant à un morceau mêlant lyrisme et saccades rythmiques croissantes. La douceur de la voix de la chanteuse s'accordait étrangement à des pulsations agressives. En un titre, elle dissonait dans un paysage formaté (auquel elle assume sans mal d'appartenir) avec une volonté palpable de faire triompher une vision moderne et sans enclave.

Attitude de baddie

Dans cette musique mouvante et non figée, l'écriture très parlée, en rupture avec une tradition littéraire, crée un effet troublant. Elle impose une proximité naturelle tout en créant un univers "premier degré", dénué d'ironie et de cynisme. Entre crudité poétique et douceur incisive, Yoa dévoile un tempérament intransigeant où les émotions ne sont jamais dissimulées. L'empathie et la vulnérabilité apparaissent comme les moteurs d'une proposition intimiste aux inspirations plurielles. Qu'elle relate une rupture amicale (Contre-cœur), la peur de l'abandon (Bombe), ou évoque la solitude à l'état pur (Chanson triste), ses expériences personnelles se transforment en manifestes musicaux. Sa démarche libre et immédiate se plaît à subvertir délicatement une esthétique accessible.

Pulvériser ton monde

Yoa élabore une pop frondeuse et assurée jusque dans ses doutes et incertitudes. De chansons douces à des morceaux parcourus de digressions électro (Là-bas part.2), elle bouleverse les représentations et les attentes. La fluidité et la simplicité apparentes de sa proposition contrastent avec des thématiques peu légères. Cette gravité assumée dans un écrin séduisant se révèle à la fois galvanisante et émouvante. Elle parachève un dessein fédérateur et libérateur, ouvert et exigeant, où les frontières poreuses avec les genres constituent un eldorado créatif.

Yoa
Mercredi 18 février 2026 à 20h au Radiant-Bellevue (Caluire) ; 30€

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