Nuits de Fourvière 2013 - La programmation

MUSIQUES | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 23 mars 2013

Cette année, c'est ve lundi 25 mars à 11h que les Nuits de Fourvière ont annoncé qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août.

La colline a des vieux

S'il fallait résumer la teneur de cette édition 2013 des Nuits en un mot qui n'existe pas, ce serait vénérabilité. Et pour cause ! L'événement a beau accueillir chaque année son lot de mythes vivants, on a rarement vu une telle concentration d'artistes aux carrières longues comme des jours sans communiqués de presse (notre pain quotidien) à son affiche.

Jugez plutôt : outre le rereretour du metteur en scène Georges Lavaudant (en ouverture du 4 au 12 juin avec un Cyranoc de Bergerac), les antiques hauteurs de Lyon verront défiler les chorégraphes Angelin Preljocaj (du 4 au 6 juillet pour une interprétation voluptueuse des Mille et une nuits) et Sidi Larbi Cherkaoui (les 11 et 12 juillet, avec une nouvelle création axée sur le tango), l'éternel jouisseur Christophe (le 14 juin, dans le cadre d'une carte blanche à Raphaël), Kid Creole et ses guiboles à ressort (le temps d'une nuit «New York latino» programmée le 16 juin), le trompettiste Archie Shepp (le 17 juin), les rude boys cintrés de Madness (le 7 juillet, tenue incorrecte exigée), George Clinton, le petit pépère du P-funk (le 15 juillet), Sinéad O'Connor a.k.a. la plus belle voix (et le plus beau crâne rasé) d'Irlande (le 17 juillet avec Lescop et Cocorosie, histoire de bien bien se marrer), la fidèle Patti Smith (le 23 juillet), les mélancoliques Tindersticks (en première partie d'Archive le 25 juillet), Jacques Higelin (avec Stéphan Eicher le 18 juillet), le pianiste d'exception Keith Jarrett (le 19 juillet), Salif Keita, sa peau laiteuse et son blues exorcisant (le 28 juillet) ou encore les icônes du rap IAM (le 29 juillet).

Bref, Richard Robert – jadis l'une des plumes les plus érudites des Inrocks, il occupe désormais le poste de conseiller artistique du festival - s'est fait plaisir.

Le périple jeune

Et si une canicule surprise venait décimer tout ce beau monde ? Pas de problème, la jeunesse, bien qu'en infériorité numérique, est assez représentée pour tenir la baraque jusqu'à la trêve aoutienne. A ce titre, la date qui devrait faire le plus parler d'elle est celle du 8 juin, qui verra le démiurge pop lyonnais Woodkid se produire en compagnie de L'Orchestre National de Lyon. Dans ce même registre cosmogonique, les paysagistes sonores de Sigur Rós succèderont à Björk dans le rôle du quota islandais le 30 juillet et Rufus Wainwright viendra rappeler qu'il est l'un des songwriters les plus extravagants et, par moments, les plus flamboyants de son temps le 10 juillet.

Matthew E. White, auteur avec Big Love d'un bien beau disque de soul charnelle, ouvrira lui pour Clinton (celui évoqué ci-dessus, pas le "Comeback Kid" de la Maison Blanche, bien qu'il soit saxophoniste), tandis que le bricoleur folk Devendra Banhart partagera la scène avec Lou Doillon le 24 juillet. Et puisqu'on parle jeunesse et nouveauté, on veillera à assister, aux mêmes dates que le Cyrano de Lavaudant, à une représentation de l'Antigone de Gwenaël Morin, le directeur du Théâtre du Point du Jour inaugurant un nouvel espace scénique à ciel ouvert au cœur des ruines du Sanctuaire de Cybèle.

Pour le reste, les Nuits 2013 restent fidèle au vœu de pluridisciplinarité et de prestige formulé à leur création il y a maintenant soixante-huit ans. On y verra donc de l'opéra, avec un Carmen par Mario Tronco, des créations d'envergure, à l'image de Anna, une comédie musicale d'Emmanuel Daumas avec Cécile de France du 29 juin au 2 juillet ou, côté cirque, de FoResT de Jérôme Thomas (le jongleur qui a réinventé la discipline, pas le champion de boxe amateur) du 7 au 14 juin et Opus de la compagnie Circa (du 19 au 21 juin), un grand final bigarré (le 31 juillet avec, notamment, l'héroïque Benjamin Biolay)...

Autant dire que l'ouverture de la billetterie, seul moment de l'année où l'on peut se réjouir que le monde se dématérialise, devrait, comme d'habitude, ressembler à un coup d'envoi du Black Friday, ce jour de soldes succédant à Thanksgiving durant lequel des Américains meurent piétinés par leurs avides semblables.

 

Théâtre
Du 4 au 12 juin, Odéon, Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand, mise en scène Georges Lavaudant
avec Patrick Pineau (Cyrano), Marie Kauffman (Roxane)
Du 4 au 12 juin, Ruines romaines, Antigone de Sophocle mise en scène Gwenaël Morin

Théâtre musical
Du 29 juin au 2 juillet, Odéon, Anna. Mise en scène Emmanuel Daumas avec Cécile de France, Grégoire Monsaingeon.
Du 25 au 26 juin, Théâtre de la Renaissance, Musicbanda Franui avec André Wilms. Une vie
minuscule, Antoine Peluchet Pierre Michon

Opéra
Du 23 au 26 juin, Grand Théâtre Romain, Carmen de Georges Bizet. Direction artistique et musicale
Mario Tronco en collaboration avec l'Opéra Théâtre de Saint-Etienne

Danse
Du 4 au 6 juillet, Grand Théâtre Romain, Les mille et une nuits, chorégraphie Angelin Preljocaj
Du 8 au 9 juillet, Odéon, El Djoudour, chorégraphie Abou Lagraa
Du 11 au 12 juillet, Grand Théâtre Romain, Milonga, chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui
14 juillet, Grand Théâtre Romain, Battle des Nuits, round 3.

Musique
8 juin, Grand Théâtre Romain, Woodkid avec L'Orchestre National de Lyon, en première partie Harold Martinez
13 juin, Grand Théâtre Romain, M
14 juin, Grand Théâtre Romain, Carte Blanche à Raphaël avec Christophe, Herman Dune..., en première partie Buridane
15 juin, Grand Théâtre Romain, Trio Joubran, Stabat Mater Dolorosa par l'ensemble Al Kindi et les derviches tourneurs de Damas et d'Istanbul
16 juin, Grand Théâtre Romain, Nuit New York Latino avec Kid Creole and the Coconuts, Marc Ribot y Los Cubanos Postizos, Spanish Harlem Orchestra
17 juin, Grand Théâtre Romain, Archie Shepp, Attica Blues
27 juin, Grand Théâtre Romain, Dead Can Dance, en première partie Emel Mathlouthi
28 juin, Grand Théâtre Romain, Requiem de Mozart par le Quatuor Debussy
3 juillet, Odéon, Trio Portal, Auzet, Jodlowsky
7 juillet, Grand Théâtre, Madness
10 juillet, Odéon, Rufus Wainwright
13 juillet, Odéon, Claire Diterzi, Barbara Carlotti, en première partie Theodore, Paul & Gabriel
15 juillet, Grand Théâtre, George Clinton, Rickie Lee Jones, en première partie Matthew E White
17 juillet, Grand Théâtre, Sinéad O'Connor, Cocorosie, en première partie Lescop
16 juillet, Grand Théâtre, Crosby, Stills & Nash
18 juillet, Grand Théâtre, Jacques Higelin, Stephan Eicher
19 juillet, Grand Théâtre, Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack Dejohnette
21 juillet, Odéon, Canzoniere Grecanico Salentino, Gianmaria Testa, Piers Faccini et VincentSegal
22 juillet, Grand Théâtre, Diana Krall, en première partie Nick Mulvey
23 juillet, Grand Théâtre, Patti Smith, Rokia Traore
24 juillet, Grand Théâtre, Lou Doillon, Devendra Banhart
25 juillet, Grand Théâtre, Archive, Tindersticks, en première partie Valérie June
26 juillet, Grand Théâtre, Melody Gardot, Elena Duni Quartet
27 juillet, Grand Théâtre, Nick Cave & The Bad Seeds, Bertrand Belin, en première partie Julia Holter
28 juillet, Grand Théâtre, Salif Keita, Ukandanz
29 juillet, Grand Théâtre, PSY4 de la Rime, IAM
30 juillet, Grand Théâtre, Sigur Ros
31 juillet, Grand Théâtre, Fatoumata Diawara, Benjamin Biolay, Les Franglaises

Cirque
Du 7 au 14 juin, Cirque Lili esplanade, FoResT, Cie Jérôme Thomas
Du 25 juin au 13 (ou 20) juillet, Chapiteau esplanade, Pour le meilleur et pour le pire, Cirque Aïtal
Du 28 juin au 1 août, Chapiteau Parc de Parilly, Tempus Fugit ? Cirque Plume
Du 19 au 21 juin, Odéon, OPUS, par la compagnie Circa et le Quatuor Debussy. Direction artistique
Yaron Lifschitz.

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Brendan Perry : Night of the Living Dead

Pop | Une poignée de semaines après la sortie du dernier Dead Can Dance, Brendan Perry, moitié masculine de ce duo mythique en perpétuelle résurrection, entame une tournée solo passant par le Ninkasi nous annonçant du nouveau – un troisième album solo en vingt ans – pour la fin de l'année. Certains diront qu'ils ont failli attendre.

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Le moins que l'on puisse dire c'est que Brendan Perry n'est pas un homme pressé. Depuis sa mise en congé de Dead Can Dance, totem d'abstraction musicale et fer de lance du pas-comme-les-autres labels 4AD dans les années 80-90 (âge d'or dudit label), Perry a semblé avancer à pas aussi feutrés que lents, loin de ces marches forcées que dictent bien souvent les carrières. Le tarif : un album solo tous les dix ans. Et encore, le dernier en date eut-il été vraisemblablement mis sur les rails par l'échec de la collaboration artistique d'avec Lisa Gerrard censé accoucher d'un nouveau Dead Can Dance post-reformation – nous sommes alors en 2005. Rendus chacun à un bout du globe, lui en Irlande, elle en Australie, affublés de visions musicales faisant le grand écart et (surtout ?) toujours en proie à des différents pas tout à fait aplanis, les deux avaient dû se rendre à l'évidence : l'alchimie ne fonctionnait plus guère – ce serait pour plus tard et les albums Anastasis (2012) et il y a quelques mois Dionysus. L'A

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Archie Shepp, Louis Sclavis : libres !

Jazz | Double shot de pointures jazz cette semaine : Archie Shepp pose son saxo à l'Auditorium, Louis Sclavis squatte l'Opéra Underground. Enfin le réveil de la note bleue à Lyon ?

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Nadja Pobel | Mardi 27 juin 2017

L'Envol de Plume

C'est une aventure comme on n'en fera sans doute plus en France : ces superproductions qu'il faut trois années pour amortir s'éteignent peu à peu, contrairement à des locomotives comme le Cirque du Soleil. Il ne reste plus dans cette catégorie que Ariane Mnouchkine, et Bartabas. Et le Cirque Plume. Ces deux derniers sont les seuls à pouvoir remplir trente soirs d'affilée un chapiteau de mille places. Pourtant, il reste une forme d’artisanat derrière ces chiffres. Créée chez eux à Besançon en mai dernier, cette Dernière saison est pour Plume le commencement de la fin. Ce cirque a été précurseur, dès sa création en 1983, avec Amour, jonglage et falbalas, d'une façon de faire vivre le spectacle de rue, la magie, la musique... « C'était une histoire sociale » comme le précisait encore en mars dernier Bernard Kudlak son directeur, « il fallait faire ça pour mille raisons, politiques, personnelles. Nous étions nourris par le Living Theater (NDLR qui fit scandale à Avignon en 1968), le festival international de Nancy (NDLR qui révéla Bob Wilson), Augusto Boal et son théâtre ama

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Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Jazz à Vienne | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable Archie Shepp pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait "Trane" ?

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Jazz à Vienne rend hommage à John Coltrane avec Archie Shepp

Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960, au Five Spot à New-York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui déjà un poids lourd, comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor. Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman de ces pionniers, inspirés par quelques travaux remontant aux années 40 déjà, qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop décident d'en briser les conventions, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser. Ascension C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il

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Benjamin Biolay au Deezer Festival

Festival | Pour cette première édition, le leader du streaming en France bourlingue entre Nantes, Lyon et Marseille. Sur une scène à 360°, les Lyonnais pourront (...)

Corentin Fraisse | Mardi 13 juin 2017

Benjamin Biolay au Deezer Festival

Pour cette première édition, le leader du streaming en France bourlingue entre Nantes, Lyon et Marseille. Sur une scène à 360°, les Lyonnais pourront notamment profiter des concerts de Benjamin Biolay, Broken Back, Joris Delacroix et Jorrdee : un line-up aussi varié que relevé. Soirée gratuite en guise d’amuse-bouche, plus que festival, histoire de patienter tranquillement avant de pouvoir savourer ceux de l’été.

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Plume sur le départ

Nuits de Fourvière | 33 ans après sa naissance, le Cirque Plume vit son ultime spectacle, une bien nommée Dernière saison avant que cette troupe avant-gardiste du nouveau cirque plie définitivement son chapiteau. A quelques mois de s'installer aux Nuits de Fourvière, Bernard Kudlak, le directeur se confiait.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

Plume sur le départ

Ils ont voulu mettre la rêverie et l'esprit vagabond sur un plateau, ils ont inventé le cirque sans animaux, rendant aux humains leur part d'animalité (No animo mas anima, 1990). Alors que les arts du cirque n'étaient pas institutionnalisés en CNAC, les membres de Plume ont défriché un nouveau. Voilà l'épilogue de leur histoire. Qu'est-ce que le cirque pour vous ? Bernard Kudlak : La culture du cirque a à voir avec l'inconscient. Le mot "poétique" n'était pas bien vu à nos débuts. Il fallait être plus guerrier que poète. Le cirque est un art resté longtemps marginal, avec pour fait essentiel de partager un large public sans étiquette sociale. À quoi va ressembler cette Dernière saison ? Nous sommes des gens de la campagne, des indiens, des apaches (sic), on travaille sur les feuilles, la mer... On va créer une 5e saison. On se baladera notamment dans une forêt, cet endroit interdit avec des fuyards, des réprouvés, des immigrés, des hommes sauvages... On sera quinze : sept circassiens et huit musiciens, des Catalans, Italiens, Argentins.

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Benjamin Biolay, release party

MUSIQUES | Sous-titré Palermo Hollywood volume 2, le nouvel opus de Benjamin Biolay s’appelle Volver, soit “retourner” en espagnol. C’est peu dire que le (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Benjamin Biolay, release party

Sous-titré Palermo Hollywood volume 2, le nouvel opus de Benjamin Biolay s’appelle Volver, soit “retourner” en espagnol. C’est peu dire que le mouvement le traverse : un va-et-vient temporel, musical et intercontinental confirmant — si besoin en était encore — la prééminence du Caladois sur la scène contemporaine, et notre addiction à ses créations. Vendredi 19 mai à 12h30, soit le jour de la sortie de cet album, il sera en rencontre et show-case à la FNAC Bellecour… avant de remettre le Volver en fin d’après-midi à Paris. Superbe. Benjamin Biolay À la FNAC Bellecour le vendredi 19 mai à midi

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"Fractus V" de Cherkaoui

Danse | Tant dans sa gestuelle que dans ses modes de collaboration et de création, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui fait montre d'une exceptionnelle souplesse. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 mai 2017

Tant dans sa gestuelle que dans ses modes de collaboration et de création, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui fait montre d'une exceptionnelle souplesse. Sa pièce Fractus V (présentée du 16 au 19 mai à La Maison de la Danse) s'inspire de la critique des médias de Noam Chomsky et rassemble des musiciens et des danseurs d'horizons très divers (hip-hop, flamenco, nouveau cirque...). Soit neuf artistes au total pour un entre-tissage s'annonçant fluide et intense !

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Le dernier tour du Cirque Plume

SCENES | Les Nuits de Fourvière réinvestissent en 2017 le parc de Parilly et présentent, avec la Maison de la Danse, la der des der création du Cirque Plume, la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 2 février 2017

Le dernier tour du Cirque Plume

Les Nuits de Fourvière réinvestissent en 2017 le parc de Parilly et présentent, avec la Maison de la Danse, la der des der création du Cirque Plume, la bien-nommée Dernière saison. Du 30 juin au 5 août, 30 dates sont prévues pour mille spectateurs attendus chaque soir sous l'immense chapiteau de cette compagnie historique du nouveau cirque, née au début des années 80. Déjà venus à ce même endroit pour Tempus fugit en 2013, Bernard Kudlak et sa troupe travaillent cette fois-ci, non pas sur un best of de 30 ans de carrière comme pour le précédent, mais sur la matière qui émaille le déroulement d'une année : les feuilles, la neige, la mer... Cette balade se fera avec sept circassiens dont beaucoup de petits nouveaux venus de Catalogne, Italie, Argentine, et les fidèles musiciens (piano, accordéon, basse, clarinette). Pour cette compagnie, grandiose par l'ambition de son entreprise mais artisanale dans son fonctionnement économique et artistique, ce spectacle est aussi

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Les pas de deux de Preljocaj

Danse | Focus sur le chorégraphe français Angelin Preljocaj : l'on pourra revoir Roméo et Juliette, un patchwork de duos et découvrir sa nouvelle création, La Fresque.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Les pas de deux de Preljocaj

Difficile de cataloguer sous une étiquette le chorégraphe Angelin Preljocaj, et c'est, au fond, plutôt bon signe pour un artiste. Formé sur les terres de la danse classique, il s'est tourné ensuite vers l'abstraction de Merce Cunningham ou l'incongruité fantasque de Dominique Bagouet, avant de fonder en 1984 sa propre compagnie et de signer quelques cinquante pièces. Du solo épuré aux formes chorales les plus lyriques, de la musique de Prokofiev à celle de Karlheinz Stockhausen, des contes pour enfants à l'univers littéraire de Laurent Mauvignier, l’œuvre du chorégraphe s'avère être pour le moins protéiforme... On lui connaît aussi des collaborations avec des artistes aussi hétéroclites que le DJ Laurent Garnier, le couturier Jean-Paul Gaultier, le cinéaste Olivier Assayas, l'artiste contemporain Claude Lévêque ou... l'auteur de bande dessinée Enki Bilal. Ce dernier a signé les costumes et les décors de Roméo et Juliette, pièce créée à

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Danse, un nouvel élan

La Rentrée Danse | L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Danse, un nouvel élan

L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival visant à déplier la diversité de nos identités à travers le mouvement. Carolyn Carlson y présentera, par exemple, trois soli inspirés par les éléments naturels (vent, vagues...), le suisse Thomas Hauert une mise à nu de l'ambivalence des sentiments humains sur un madrigal de Monteverdi, et Maud Le Pladec une création à forte teneur autobiographique... Au même moment (du 25 janvier au 3 février), la Maison de la Danse consacrera un "archipel" à l'une des figures les plus connues de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj. Avec trois pièces au programme de cette mini-rétrospective : la reprise du ballet Roméo et Juliette dans des décors d'Enki Bilal créé à Lyon en 1996, une "soirée de duos" traversant plusieurs pièces de Preljocaj, et une création inspirée d'un conte médiéval chinois où le réel et l'imaginaire viennent à se confondre.

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10 concerts à ne pas manquer en décembre

MUSIQUES | Votre calendrier en décembre est déjà bien rempli ? Nul doute que vous trouverez une petite place pour ces dix concerts immanquables.

Gabriel Cnudde | Vendredi 2 décembre 2016

10 concerts à ne pas manquer en décembre

Oxia Dans le cadre du festival Elekt’rhône, Oxia viendra faire danser le Petit Salon en début de mois. Incontournable derrière les platines de la région, le Grenoblois propose depuis plus de dix ans une techno en perpétuelle évolution. Agrémentant ses tracks de funk, de rythmes tribaux ou proposant une techno minimale dans la plus pure tradition du genre, Oxia a toujours su utiliser la bonne recette au bon moment. Au Petit Salon le vendredi 2 décembre Benjamin Biolay Après avoir passé plusieurs années au fond du gouffre, mélangeant spleen, alcool et médicaments, Benjamin Biolay est de retour avec Palermo Hollywood, un album placé sous le signe du renouveau. Enregistré en Argentine, cet opus permet enfin au chanteur de laisser s'exprimer son côté festif – si, si, il en a un – sans délaisser sa moitié mélancolique. Biolay s'est

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Du rock dans les salles de cinéma

ECRANS | Cela fait à présent quelques années que les cinémas ont gagné en polyvalence en s’ouvrant à toutes les formes de spectacles vivants (opéra, danse, théâtre, musique), (...)

Vincent Raymond | Vendredi 2 septembre 2016

Du rock dans les salles de cinéma

Cela fait à présent quelques années que les cinémas ont gagné en polyvalence en s’ouvrant à toutes les formes de spectacles vivants (opéra, danse, théâtre, musique), proposant parfois des “saisons” complètes de retransmissions de concerts. Les salles profitent de leurs grandes capacités, de leur confort, de leurs équipements techniques et du fait qu’elles sont implantées partout sur le territoire, pour offrir des shows promotionnels exclusifs — comprenez ressemblant plus à l’atmosphère d’un vrai live que s’ils étaient simplement diffusés en télévision. Nouvelles pointures annoncées en septembre, Nick Cave & The Bad Seeds et The Beatles ! Pour le premier, c’est la sortie de l’album (9 septembre), Skeleton Tree, qui est prétexte à la diffusion la veille de One more time with feeling, un film consacré à la genèse de cet opus. Un relai promotionnel assuré par les écrans Gaumont-Pathé, comparable à une mini-tournée qui ne dev

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"Irréprochable" : Marina Foïs modelée dans la noirceur

ECRANS | Un film de Sébastien Marnier (Fr, 1h43) avec Marina Foïs, Jérémie Elkaïm, Joséphine Japy, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

On ne spolie pas grand-chose de l’intrigue en laissant entendre que Constance, jouée par Marina Foïs, est ici tout sauf irréprochable. Crampon vaguement crevarde au début, elle se révèle ensuite mytho et érotomane, avant de dévoiler au bout du bout un visage plus trouble. Une cascade de “retournements”un peu outrés, censés changer notre point de vue sur ce personnage donné (trompeusement) pour bohème sympa. Le problème, c’est que l’on sait d’entrée qu’il y a un souci : regard fixe et lourd, attitudes maniaques, Constance n’a rien de la fille à qui vous confiriez votre sandwich ni votre code de carte de crédit ; elle respire le vice plus que la vertu. Modeler de la noirceur et des ambiances intrigantes ou inquiétantes semble davantage intéresser Sébastien Marnier qu’animer un personnage cohérent. Dommage, car il dispose par ailleurs d’atouts non négligeables : une distribution surprenante (mais qui fonctionne), ainsi qu’une excellente bande originale signée Zombie Zombie — un adjuvant essentiel.

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Sigur Rós : Route One direction

Nuits de Fourvière | En sortie de projets parallèles joueurs et en cours de tournée, en attendant l'album le trio islandais Sigur Rós fait une halte par le Théâtre antique. Comme dirait son chanteur : « Tjú tjúúúúúúú !!! ».

Stéphane Duchêne | Mardi 28 juin 2016

Sigur Rós : Route One direction

Glorieuse incertitude du spore musical. Le désormais trio à cordes et à cris (d'angelots), à tambours et trompettes (parfois) Sigur Rós se lance dans un projet méga-concept (même si d'une simplicité évangélique) ? Soyons francs, Radiohead nous faisant le même coup on s'étranglait avec nos propres bâillements. Là non, ça prend, ça essaime, ça fascine. Glorieuse incertitude de la subjectivité aussi, donc. Mais il faut revenir sur cette idée de simplicité dans la sophistication. Quand Sigur Rós taille la route pour une tournée locale triomphale à domicile en 2006, il ne s'embarrasse pas de Zénith, de stades ou de fan-zones. Et pas parce que pour trouver un Zénith dans la péninsule d'Ísafjörður, tu peux toujours te lever avec le soleil d'été, qui lui ne se couche pas, t'es pas rendu. Parce qu'ils sont comme ça, c'est tout : ils investissent un champ, un cirque de pierre, un bord de route, les gens viennent en masse, s'assoient dans l'herbe, le groupe filme le tout et les coulisses (Jonsi, le chanteur boit une tisane, un vieux jouet traîne, ce genre) et c'est à pleurer — Heima, disponible dans le commerce. Là donc, pour en revenir au sujet, les voilà empr

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10 concerts à voir en juin

MUSIQUES | En attendant d'entrer pleinement dans la saison des festivals, voici dix concerts à ne pas louper dans la ville.

Stéphane Duchêne | Lundi 13 juin 2016

10 concerts à voir en juin

Billie On l'avait laissé sur un Baiser, on la retrouve sur un French Kiss. Le Baiser, c'était son premier album d'étrange chanson française d'obédience krautrockeuse et conteuse. Le French Kiss, c'est ce moment de retrouvailles traditionnellement organisé par le Club Transbo pour fêter la sortie (ou la release comme on dit en étranger) d'un album ou d'un EP d'un ami du coin. Là c'est un EP, Nuits Aquatiques produit par Erotic Market en mode plus r'n'b et plus coulant, quoique. Comme il se doit l'affaire se joue gratuitement sur réservation avec pléthore d'invités surprises. Au Club Transbo le mercredi 15 juin Neil Young & Promise of the Real Au rythme où ça va, gageons que Neil Young est parti pour enterrer tous ses pairs. Le fait qu'il est l'un des derniers de sa génération à sortir des albums dignes de ce nom — pas toujours, l'avant-dernier n'étant pas une réussite — et porteurs d'une capacité de régénération plutôt hors du commun. DHEA ? Non, enthousiasme, car Neil pr

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"Vicky" : une autofiction signée Victoria Bedos

ECRANS | de Denis Imbert (Fr, 1h28) avec Victoria Bedos, Chantal Lauby, François Berléand, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

En théorie, on devrait éprouver compassion et bienveillance pour Victoria Bedos, la pauvre petite fille riche racontant ici sa difficulté d’avoir pour père un comédien misanthrope et pour frère un monstre d’égoïsme se servant d’elle comme d’un paillasson — de préférence les soirs de pluie. C’est à cause, ou grâce, à ces modèles masculins étouffants qu’elle a voulu se réinventer en devenant chanteuse underground, car elle a du talent, elle aussi… Mais notre empathie, on s’assoira dessus, puisque la comédienne-scénariste affirme qu’il ne faut chercher aucun règlement de compte dans ce film servant sa gloire et fusillant les affreux machos autocentrés de sa parentèle. Elle s’est pourtant donné bien du mal pour accentuer les ressemblances, pour que chacun identifie sans peine les Bedos derrière les Bonhomme. Cela dit, en étant de presque tous les plans dans l’autofiction qu’elle se consacre, Victoria montre

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

ARTS | Du foot aux migrants, tout ce qui fait tourner nos JT – avec un manque de hiérarchisation affolante – sera disséqué dans les musées d'histoire lyonnais cette saison, au rang desquels celui des Confluences qui, pour sa première rentrée, a blindé son cartable.

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l’expo permanente – d’une qualité irréprochable, on ne le redira jamais assez – voisinera de février à mars avec Rêver d’un autre monde. Représentation du migrant dans l’art contemporain. Il ne s’agit pas là pour le musée de surfer sur cette actu brûlante – l'exposition a été pensée bien avant la vague d’émotion de ce début de mois – mais d'une sorte de continuité aux mémorables Voyages pendulaires (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et Tchétchènes hors sol qui traitaient déjà de l’exil. Point de photoreportage cette fois, mais une matière purement artistique qui devrait permettre d'aborder par l'intime et en profondeur ce sujet douloureux. Sur cette idée de survie en terre hostile, le musée Gadagne propose lui une expo longtemps promise et très imagée : Guignol 14-18 (de novembre à février). Ou comment la marionnette populaire s’est faite tour à tour critique et patriotique, à l’avant comme l’arrière du front. Et puisque, en tant que musée historique de l

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Sidi Larbi Cherkaoui au nirvana

SCENES | Fruit de l'improbable rencontre entre le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui et des moines du temple Shaolin, "Sutra" donne à voir les puissants contrastes de la Chine dans un grand et beau geste martial. Et arrive enfin à Lyon, sept ans après son triomphe en Avignon. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

Sidi Larbi Cherkaoui au nirvana

Quand ils ne sont pas occupés à se forger un corps et un mental d'acier, les pensionnaires du monastère Shaolin se donnent en spectacle aux quatre coins du monde, dans des démonstrations d'arts martiaux où leur virtuosité est employée à mauvais escient :comme une couverture d'un trafic de bracelets porte-bonheur, là où elle devrait être pur véhicule de leur pensée bouddhiste. Elle l'est toutefois dans Sutra, une pièce pour une vingtaine de moines guerriers et un danseur imaginée en 2007 par Sidi Larbi Cherkaoui lors de séjours au dit temple, perché au sommet de l'une des cinq montagnes sacrées que compte la Chine – le mont Song, à l'est du pays. Fan de Bruce Lee et alors en quête d'une sérénité ravie par l'accueil mitigé réservé à son précédent travail (Myth), le chorégraphe y a fait l'expérience d'une discipline de vie plus raccord avec ses aspirations – il est végétarien et indifférent à l'alcool depuis l'adolescence – que celle de sa Belgique natale. Et rencontré des jeunes gens mus par «une véritable envie de s’exprimer, de tendre une main». A fond la caisse Sa belle idée est de les avoir laissé le faire à l

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L’Art de la fugue

ECRANS | De Brice Cauvin (Fr, 1h40) avec Laurent Lafitte, Agnès Jaoui, Benjamin Biolay, Nicolas Bedos…

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

L’Art de la fugue

Tiré d’un best-seller de Stephen McCauley, L’Art de la fugue se présente en film choral autour de trois frères tous au bord de la rupture : Antoine se demande s’il doit s’engager plus avant avec son boyfriend psychologue ; Gérard est en instance de divorce avec sa femme ; et Louis entame une relation adultère alors qu’il est sur le point de se marier. Le tout sous la férule de parents envahissants et capricieux — savoureux duo Guy Marchand / Marie-Christine Barrault. On sent que Brice Cauvin aimerait se glisser dans les traces d’une Agnès Jaoui — ici actrice et conseillère au scénario — à travers cette comédie douce-amère à fort relents socio-psychologiques. Il en est toutefois assez loin, notamment dans des dialogues qui sentent beaucoup trop la télévision — les personnages passent par exemple leur temps à s’appeler par leurs prénoms, alors qu’ils sont à dix centimètres et qu’ils entretiennent tous des liens familiaux ou professionnels… C’est un peu pareil pour la mise en scène, plus effacée que transparente, tétanisée à l’idée de faire une fausse note. Malgré tout cela, le film se laisse voir, il arrive même à être parfois touchan

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20000 jours sur Terre

ECRANS | Ni docu rock, ni biopic, 20000 jours sur Terre est un objet aussi étrange que son sujet, Nick Cave. Du moins aussi étrange et énigmatique que ledit sujet (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 décembre 2014

20000 jours sur Terre

Ni docu rock, ni biopic, 20000 jours sur Terre est un objet aussi étrange que son sujet, Nick Cave. Du moins aussi étrange et énigmatique que ledit sujet voudrait paraître. Ce pourrait être le simple récit de la journée type d'une rock star : la star écrivant à son bureau sur une antique machine à écrire ; la star chez le psy ; en voiture ; consultant ses archives (ben oui, quand on est une star, on a des archives) ; matant Scarface avec ses deux jumeaux. Si ce n'était qu'une vaste illusion contrôlée. Rien de tout ceci n'est "réel", outre les différents protagonistes jouant chacun leur propre rôle, fut-il fantômatique (sa femme, Susie, rendue au statut d'icône, et quelques autres apparitions premium). Tout a été minutieusement scénarisé, y compris par Cave lui-même, reconstitué et monté, surtout monté, admirablement, (le film a obtenu, à juste titre les prix de la réalisation et du montage à Sundance). Car il s'agit ici de dresser l'esquisse d'un univers où les chansons et le réel fantasmé fusionnent, à la fois réflexion sur la création et la mémoire – plutôt sélective – d'une carrière passionnante, où l'homme Nick fait jaillir la cr

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Gaby Baby Doll

ECRANS | De Sophie Letourneur (Fr, 1h27) avec Lolita Chammah, Benjamin Biolay, Félix Moati…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Gaby Baby Doll

Qu’est-il arrivé à Sophie Letourneur ? Depuis son prometteur La Vie au Ranch, elle s’est enfermée dans un cinéma de plus en plus autarcique et régressif. Les Coquillettes sentait le truc potache vite fait mal fait, un film pour happy few où la blague principale consistait à reconnaître les critiques cinéma parisiens dans leurs propres rôles de festivaliers traînant en soirées. Gaby Baby Doll, à l’inverse, choisit une forme rigoureuse, presque topographique, reposant sur la répétition des lieux, des actions et des plans, pour raconter… pas grand-chose. Car cette love story campagnarde longuement différée entre un ermite barbu et épris de solitude (Biolay, égal à lui-même) et une Parisienne qui ne supporte pas de passer ses nuits seule (Lolita Chammah, plutôt exaspérante) est pour le moins inconsistante. Letourneur semble parodier la forme de la comédie rohmerienne en la ramenant sur un territoire superficiel et futi

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Arrêt sur images

ARTS | Un retour sur la Grande guerre, des photos de Lyon en couleurs, d'autres en noir et blanc, des roses, et la ré-ouverture d'une exposition permanente complètement modernisée au musée de l’Imprimerie : coup d’œil sur les temps forts qui vont rythmer l’année à Gadagne, au CHRD & co.. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 16 septembre 2014

Arrêt sur images

La guerre en couleurs. Pas de vieux clichés colorisés, mais une exceptionnelle collection de soixante images prises par un Lyonnais sans histoire, Paul Nerson, qui durant la Seconde Guerre mondiale a photographié son épouse, aussi bien chez eux que dans les rues de la ville. Voilà le trésor, et l'éclairage inédit qu'il offre du quotidien pendant le conflit, que le CHRD proposera entre juin et septembre. Auparavant, après au terme de la très émouvante et très documentée expo sur le Débarquement (le 4 janvier), ce sont soixante-neuf dessins et un carnet de croquis qui seront présentés de mars à juin : ceux du déporté Arthur Goldschmidt, qui a réalisé des portraits de ses co-détenus lors de son internement au camp de Theresienstadt. Le CHRD avait fait peau neuve fin 2012. Le 12 novembre, c’est le vieillissant musée de l’Imprimerie qui s’offre, pour ses cinquante ans, une totale refonte de son parcours permanent - en garnde partie déjà visible - et adjoint à son nom la particule "et de la communication graphique". Une large part des collections sera dédiée

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L'amour à la française

MUSIQUES | Revenue au sommet sous l'impulsion de Benjamin Biolay, Vanessa Paradis, cette délicate pâte à modeler, retrouve son Pygmalion le temps d'une paire de concerts avec l'orchestre du CRR de Lyon. Un événement "made in" Nuits de Fourvière. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

L'amour à la française

Plus de vingt-cinq ans que Vanessa Paradis navigue dans le monde de la chanson française, sous-catégorie variété haut de gamme. Une longévité remarquable pour celle qui n’écrit pas (ou si peu) ses morceaux : le pari, risqué, la rend dépendante d’autres. Mais ce serait sans compter sur ce mystère qui lui permet de subtilement diffuser sa sève, pour que les disques qu’on lui écrit semblent venir directement d’elle. Normal, puisqu’elle s’est souvent associée à des auteurs-compositeurs de renom, principalement des hommes, avec lesquels il lui est arrivée d'entretenir une relation plus que professionnelle – fut-elle amicale ou amoureuse. Serge Gainsbourg en 1990 pour le moins cul-cul qu’il n’y paraît Variations sur le même t’aime, Lenny Kravitz en 1992 pour l’envoûtant (et tout en anglais) Vanessa Paradis, ou encore Matthieu Chédid et quelques autres musiciens de la même veine en 2000 pour l’écrin Bliss 

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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La Loi du retour

MUSIQUES | A force de la pratiquer, on le sait, la programmation musicale n’est régie par rien d’autre que les antiques lois de l’éternel retour. Nouvelle année, nouveau printemps, perpétuel recommencement. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 janvier 2014

La Loi du retour

On peut, en cette période d’Epiphanie généralisée et à la manière de Nietzsche dans le Gai Savoir, voir l’«éternel retour du même» comme une malédiction ou une bénédiction. C’est tout l’enjeu de l’expérience humaine. Pour ce qui nous intéresse ici, gageons qu’il faille prendre le mouvement renouvelé des saisons musicales, la succession des «cycles de manifestation», pourrions nous-dire en tordant un concept si cher à l’essayiste Pacôme Thiellement, comme une chance de (re)vivre des instants essentiels. A ceux pour qui rater un concert équivaut à passer à côté de sa vie, quelle belle saison s’ouvre devant vous après un automne de carême : auriez-vous loupé, en vrac, le lutin démiurgique Woodkid (le 21 février à la Halle), les exorcistes de la «Mauvaise Nouvelle» Fauve («Ne crains rien, car je suis avec toi. (…) Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante

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Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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A bout de soufre

MUSIQUES | Au milieu d'une tournée dantesque dans la droite ligne du tellurique "Kveikur", les Islandais ascensionnels et sensationnels de Sigur Rós entendent bien, en quasi clôture des Nuits de Fourvière, faire trembler le Théâtre antique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 11 juillet 2013

A bout de soufre

«Le feu sous la glace». S'agissant de musique islandaise le cliché est non seulement éculé mais surtout rongé jusqu'à l'os. Et pourtant, à l'écoute des deux derniers albums de Sigur Rós, parus à quelques mois d'intervalles à peine, c'est bien la première image qui vient en tête. Surtout quand on sait que Brennisteinn, premier extrait du récent Kveikur, qui ouvre également les concerts de la tournée afférente,  signifie «soufre» et que le second a pour titre Ísjaki, soit «iceberg». Qui plus est, après le glacé et contemplatif Valtari, le groupe islandais fracasse ici thermomètres, échelle de Richter et compteurs Geiger dès les premières notes dudit Brennisteinn. Les infra-basses, semblables à celles des bandes-annonces de blockbusters qui font le bonheur des systèmes de son 5.1, rappellent sans doute aux Islandais les tremblements de terre quasi-incessants qui secouent leur pays. Entre temps, Sigur Rós a connu ce qui aurait pu

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Léger, léger

SCENES | Dans le cadre des Nuits de Fourvière et pour célébrer ses trente ans, le Cirque Plume investit le Parc de Parilly durant un mois avec "Tempus fugit ?", une décevante succession de numéros sans âme ni génie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 1 juillet 2013

Léger, léger

Jusqu'au début du mois d'août, le Cirque Plume offre les premières représentations mondiales (à part un rodage à domicile, à Besançon) de sa nouvelle création, Tempus fugit ?, à un public lyonnais qui le lui rend bien : près de mille personnes chaque soir, vingt-neuf dates complètes auxquelles s’en sont rajoutées deux... Pourtant, force est de constater que le résultat est loin d’être à la hauteur de l’événement. Et c’est d’autant plus flagrant que l’offre en nouveau cirque n’a jamais été aussi dense dans l’agglomération lyonnaise, à commencer par ce que proposent les Nuits de Fourvière, justement : le collectif Les 7 doigts de la main les années précédentes, le très bon Opus cette année (par Circa et le Quatuor Debussy) et l’excellent Pour le meilleur et pour le pire par le Cirque Aïtal. Le festival UtoPistes des Célestins a aussi permis ces derniers jours de revoir les fascinants Yoann Bourgeois et Mathurin Bolze (Nuage) en plein air ou d

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A la folie

MUSIQUES | La folie douce ne semble pas décidée à déserter, après trente-quatre ans de carrière, la musique des forts bien nommés Madness, increvables figures de proue du ska britannique – et mondial. Pas plus que l'enthousiasme ne menace de quitter une formation jamais aussi redoutable qu'en live. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 juin 2013

A la folie

Oui oui si si ja ja da da. Si un groupe voulait, avec toute la force de conviction qui le caractérise, montrer à quel point il voit depuis toujours les choses de manière positive, il ne s'y serait pas pris autrement que Madness. En baptisant ainsi son dernier album, la troupe du chanteur Suggs entend ainsi faire passer dans toutes les langues un message vieux de trente ans et plus. De leur ska originel, il ne reste pas grand chose ou, disons, beaucoup plus que cela. Peut-être parce que Madness – nom hérité d'un titre du Jamaïcain Prince Buster – est avant tout un grand groupe pop, qui au fil des années s'est goinfré, avec une gourmandise non feinte, de tous les styles passant à sa portée : on y croise reggae (normal, atavique), ambiances kinksiennes, mambo, northern soul et même mariachis. Avec ce tour de force que l'ensemble demeure, bien entendu, indécrottablement british, ne serait-ce que par son sens de l'humour, et estampillé rude boys, du nom de ces gam

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A la Cave comme au ciel

MUSIQUES | Sous la voûte céleste de Fourvière, Nick Cave et ses mauvaises graines vont tenter, le 27 juillet, de repousser les limites du ciel aux commandes d'un album bouleversant : le bien nommé "Push the Sky Away". Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mardi 18 juin 2013

A la Cave comme au ciel

C'est sans conteste l'un des événements de l'année : la venue à Fourvière de Nick Cave et de ses Bad Seeds, en pleine tournée de Push the Sky Away. Un titre qui sied bien aux circonstances dans lesquelles l'Australien et son groupe vont jouer - sous la voûte étoilée, mais s'il pleut il sera bienvenu de demander au ciel de se pousser un peu. Un titre qui pourrait aussi faire office de résumé d'une carrière ayant toujours repoussé les limites, et même de testament, façon de dire au ciel : «pousse-toi de là et fais moi une petite place dans ton panthéon». Push the Sky Away ressemble en effet à une splendide veillée funèbre, à un dernier gospel – le sublime Wild Lovely Eyes, à un dialogue avec des puissances qui nous dépassent, à une murder ballad dont Cave serait le personnage principal – ce Water's Edge qui résonne du mythique Mercy Seat, merveilleusement repris en son temps par Johnny Cash et donne

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Nueva York

MUSIQUES | Du Spanish Harlem Orchestra à Marc Ribot en passant par le cintré Kid Creole, ce sont trois facettes de la très vivace tradition latino de New-York qu'entendent nous faire découvrir les Nuits de Fourvière. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 juin 2013

Nueva York

Incarnation moderne linguistique et sociologique autant que culturelle de la Babel antique, New York aura été bien plus qu'une des capitales mondiales de la contre-culture, des beats, du folk, du punk, du free jazz, du hip hop et de nombreux courants underground. La Grosse Pomme est aussi le creuset d'un métissage culturel et artistique, hérité de ses différentes vagues d'immigrations, et notamment le berceau de la salsa, musique au croisement des rythmes traditionnels cubains (mambo, guaracha et surtout son montuno...) et porto-ricains (bomba, plena...), emportés dans leurs valises par des hispaniques installés dans Spanish Harlem, ancien quartier...italien d'East Harlem. Devenu un terme générique aux multiples variantes, la salsa est le symbole de la vivacité des musiques latino. Mais elle compte aussi, parmi la jeune génération de "nuyoricains", ces New-yorkais d'origine porto-ricaines, quelques gardiens de la tradition. C'est le cas, comme l'indique le titre de l'album Viva la Tradicion !, du Spanish Harlem Orchestra, né dans le "barrio" d'East Harlem – même si partir en quête de tradition séminale da

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"Remember Attica !"

MUSIQUES | A 76 ans, le protée jazz Archie Shepp convie son big band sur la scène du Théâtre Antique pour jouer une pièce essentielle de l'Histoire – musicale mais pas seulement – américaine : "Attica Blues", sorti en 1972, un brasier de "Great Black Music" né des cendres de l'un des plus tristes et sanglants épisodes du militantisme noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 juin 2013

Qui a vu Un Après-midi de Chien (A Dogday Afternoon) de Sidney Lumet se souvient sans doute de cette scène où Al Pacino, campant Sonny Wortzik, un braqueur de banque aux abois, tient tête à des forces de l'ordre tétanisées par son charisme exalté. Ralliant les badauds à sa cause au cri d'«Attica ! Attica ! Remember Attica !». Si le film sort en 1975, il se déroule en 1972 et s'inspire d'un fait divers survenu à Brooklyn cette même année. Or en 1972, les trois syllabes «A-tti-ca !» forment à la fois le cri de ralliement et le symbole d'une lutte contre le pouvoir au croisement du pacifisme et de l'antiracisme ; du Weather Underground, mouvement gauchiste particulièrement radical, aux Black Panthers. Réputé pour accueillir certains des détenus les plus dangereux des Etats-Unis et nombre de dissidents politiques, le centre correctionnel d'Attica devient mondialement célèbre le 9 septembre 1971. Quelques jours plus tôt, menés par le militant d'extrême-gauche Sam Melville les détenus entreprennent une grève du... petit-déjeuner, suite à la mort du Black Panther George Jackson – auque

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