Sonnez les platines

MUSIQUES | Nuits Sonores déjoue les attentes avec une édition 2013 chiche en grosses têtes d'affiche et dont les entrées les plus excitantes sont le fruit de collaborations avec des curateurs d'un soir. Ainsi de la scène co-programmée par le festival norvégien Øya, qui verra se produire le minimaliste Pantha du Prince pour un concert plus "spécial" que bien des prestations labellisées comme telles par le passé. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 28 avril 2013

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'accueil des séminaux New Order à la mise en chantier du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir en passant par la conclusion de sa programmation nocturne avec un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. À tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans en rajouter. Vincent Carry et son équipe ont mis fin à nos interrogations de la meilleure manière : en concevant une édition 2013 qui, loin de la surenchère crainte, s'annonce comme l'une des plus pointues et les plus harmonieuses de son histoire.

Un génie, cinq associés, plein de cloches

Hormis Busy P, le fantasque manager du label Ed Banger, Carl Cox, le fidèle Laurent Garnier, Vitalic et à la rigueur Jamie XX, le machiniste des sinistres The XX, la programmation s'articule en effet autour d'artistes d'une notoriété cantonnée à un public un minimum connaisseur (voir notre sélection en pages 4 et 5). Mieux, le traditionnel concert spécial ne figure pas au programme. En tout cas officiellement. Car il est bien une prestation qui mériterait ce qualificatif : celle que donnera à l'invitation conjointe de Arty Farty et du Øyafestivalen, l'un des plus importants festivals scandinaves, Pantha du Prince, référence de la techno dite minimale, avec le Bell Laboratory, un ensemble mené par le compositeur norvégien Lars Petter Hagen de quatre musiciens versés dans l'art de la résonance métallique (un carillonneur, un vibraphoniste, un organiste et un percussionniste).

Et la lumière fut

Un producteur de musique électronique qui se produit avec une formation orchestrale n'est en effet pas chose banale. Dans le cas de cet Hambourgeois né Hendrik Weber, ce rapprochement tombe pourtant presque sous le sens, son travail se caractérisant depuis ses débuts par sa texture organique, obtenue notamment par le recours à des enregistrements de terrain ou par l'incorporation de sonorités émises par des cloches, instruments pour lesquels il se passionne. «Je m'intéresse aux cloches parce qu'elles produisent le son le plus puissant que je connaisse, mais aussi le plus neutre, explique-t-il. Elles ne sont pas associées à une histoire culturelle en particulier. Leur son est en quelque sorte libre. C'est également leur symbolique qui m'intéresse, en ce qu'elles représentent l'accès à un monde immatériel et hors du temps». Ce monde, Weber l'a entrevu à Oslo à l'été 2010, lorsqu'il a entendu jouer le carillon de l'hôtel de ville et s'est émerveillé de la façon dont se propageaient ses notes. La suite, de la conception d'un projet autour d'un dispositif de ce type (celui de Pantha du Prince pèse trois tonnes et embarque cinquante cloches en bronze) à sa première représentation un an plus tard en passant par la rencontre avec les membres du Bell Laboratory, a été coordonnée par le fameux Øyafestivalen.

Éléments concluants

Le disque résultant, lui, s'intitule Elements of Light et a été publié, comme Black Noise, le chef d'œuvre de Pantha du Prince, chez Rough Trade, mythique label originellement dévolu au rock indé. Balayant d'un geste romantique plus de trois mille ans d'histoire – le carillon a été inventé en Chine en 1500 av. J.C. - et résonnant autant avec les recherches des pères du minimalisme (Reich, Riley, Glass) qu'avec les expérimentations philharmoniques du pionnier de la techno Jeff Mills (dont l'un des morceaux phares s'intitule d'ailleurs The Bells), il en partage la portée scientifique. Les mélodies chatoyantes de Black Noise contrastaient avec la notion de bruit noir, une fréquence audio quasi-imperceptible qui précède les catastrophes naturelles.

Les échos hypnotiques d'Elements of Light, eux, partant du principe qu'un aveuglement solaire ou une illumination succède toujours à l'écoute d'un son de cloche, illustrent les états de la lumière. C'est d'ailleurs en blouse que Pantha du Prince et le Bell Laboratory retranscrivent cette ambition, le temps de concerts qui, sans perdre de l'ambition ayant présidé à cette collaboration et bien qu'ils demandent à chacune des deux parties une rigueur extraordinaire, s'apparentent comme toute soirée électro digne de ce nom à des épiphanies collectives. Quand on lui demande ce qui l'a fait tomber dans la techno, Pantha du Prince ne dit pas autre chose : «Plus que la musique en elle-même, c'est sa forme qui m'a interpellée : la célébration de la danse, du corps, d'une certaine idée de l'infini, et le sentiment d'évasion qu'elle procure. C'est quelque chose qui m'a fasciné jusque dans les os».

Pantha du Prince & The Bell Laboratory
Nuit 4, Scène 1 – 23h

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 28 février 2017

Insomniaque

03>03>17 LA MARQUISE DJ CAM Tiens, voici un nom sorti des limbes du passé : le maître de l'abstract hip-hop à la française au fil des années 90, capable d'envolées au groove spirituel nourri de jazz et de beats façon DJ Premier, tente un come-back dans nos contrées muni d'un nouveau best-of. Désormais installé à Miami (son opus de 2015 se nommait Miami Vice et il a composé pour la série Les Experts), il n'a sans doute rien perdu de sa vista aux platines : à vérifier. Revenant. 03>03>17 NINKASI MICROPOINT Les stars du hardcore comme celles de la techno n'en finissent plus de tourner sans relâche, et le passage au Ninkasi de l'une des figures de la musique extrême comme Micropoint l'illustre : le duo aujourd'hui séparé réunissant Al Core et Radium (mais Radium est aussi en solo sur le line-up de cette soirée) était de la première Techno Parade en 1998 et a tatoué toute l'histoire du genre dans l'Hexagone, depuis ses débuts en 1992. Violent. 04>03>17 LE SUCRE PANTHA DU PRINCE Clairement l'un de nos petits favoris, ce Pantha du Prince :

Continuer à lire

Le Start Festival, ce n'est que le début

MUSIQUES | A peine ses trois petits tours (de Lyon, de France et du monde) estivaux terminés, le Sucre embraye sur la deuxième édition du Start Festival. Et reçoit pour l'occasion une belle brochette de bâtisseurs et un sonneur de cloche de rentrée tout trouvé. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 2 septembre 2014

Le Start Festival, ce n'est que le début

Premier temps fort de la saison, mais aussi premier paradoxe : alors que sa pyramide des âges est d'une largeur à faire se retourner Khéops dans son sarcophage, Le Sucre commencera par nous entretenir d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Une époque, qui s'étire des 70's aux 90's, au fil de laquelle Lyon s'est imposée dans une curieuse indifférence comme une plaque tournante des musiques alternatives. Le festival la fera revivre au cours d'une conférence, la première d'une série consacrée à l'underground d'ici, fut-il de pierre (comme le Palais d'hiver, l'Olympia du coin, ou le fameux Pez Ner) ou de chair (de la new wave unisexe de Marie et les garçons aux Deity Guns, cousins passagers de Sonic Youth). Cinq jours plus tard, le coup d'envoi d'un autre cycle de rencontres mettra un terme à l'événement. Sa vocation : discuter des mutations de l'espace urbain. Son invité : le controversé Rudy Ricciotti, Grand prix national d’architecture auquel on doit, entre autres réalisations, le superbe cube alvéolé abritant le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à

Continuer à lire

L'été au Sucre

ACTUS | Sa pré-ouverture fut le fil rouge de l'été 2013, sa programmation pour celui de 2014 aura plutôt l'épaisseur d'un câble sous-marin. On parle bien sûr du Sucre, dont la programmation pour les beaux jours vient d'être dévoilée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ça s'annonce très chaud. Pauline Lambert

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

L'été au Sucre

Du mercredi 3 juillet au dimanche 7 septembre, le rooftop de la Confluence, fidèle à sa volonté d'être un lieu à la fois musical et ludique, consacrera pour commencer chaque mercredi soir à un tournoi de ping-pong. Le jeudi, lui, sous pavillon de l'antenne française de l'ex-radio pirate londonienne Rinse FM, fera la part belle aux disquaires (Sofa le 24 juillet, Groovedge le 7 août, Chez Emile le 14...), DJs (Palma Sound System le 31 juillet, Perrine le 21 août, la team Macadam Mambo le 28...) et initiatives (comme le Rumble Festival, qui fera étape le 10 juillet) lyonnaises qui rythment la vie électronique de la ville.   L'exploration des cultures électroniques se poursuivra avec un véritable "Tour de France" des labels français qui montent le vendredi (de Versatile avec Étienne Jaumet le 4 juillet à Construct Re-Form avec An

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013 - Jour 3

MUSIQUES | L'événement de cette troisième journée de Nuits Sonores était la tenue de la toute première Boiler Room (des DJ sets pour happy few retransmis sur le web) lyonnaise. Nous n'y étions pas. Tant mieux, sans quoi nous serions passés à côté d'un paquet de prestations mémorables. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 11 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 3

Le troisième NS Days était placé sous le signe de la cérébralité, voire de la prise de tête. Le quatrième, lui, aura fait la part belle au corps et à sa mise en pièces méthodique. A coups de kicks plus compacts que les marteaux maniés par Kaori dans le manga City Hunter (Nicky Larson en version franchouillarde) sous la verrière, où les puristes techno Shifted, DVS1, Planetary Assault Systems et Ben Klock ont rivalisé d'implacabilité – surprise, à ce petit jeu, ce n'est pas le patron du label Klockworks, dont le set avait l'an passé failli démolir l'Hôtel-Dieu avant l'heure, qui s'en est le mieux tiré, mais l'Anglais qui a ouvert le bal. A coups de riffs abrasifs du côté du hangar, qui aura notamment vu se succéder Girls Against Boys, le temps d'un concert qui, à défaut d'être à la hauteur de la réputation de ces figures du post-hardcore, a surclassé en tension celles de bon nombre de petites frappes bruitistes, et le duo synth punk australien Civil Civic – qui, joie, n'a rien pe

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013 - Jour 2

MUSIQUES | Chaque festival a son ventre mou. Celui de Nuits Sonores correspond par défaut à la journée se clôturant par le Circuit. Non pas que ce rendez-vous ubiquiste (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 10 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 2

Chaque festival a son ventre mou. Celui de Nuits Sonores correspond par défaut à la journée se clôturant par le Circuit. Non pas que ce rendez-vous ubiquiste soit plus cheap que la programmation régulière. Au contraire, du concert 100% Born Bad donné au Clacson à la célébration des 20 ans du label Kompakt à la Plateforme, il y avait cette année encore de quoi se consoler de ne pas avoir dégoté à temps une place pour les Nuits. Reste qu'il est vu par les festivaliers les plus assidus comme une occasion de s'économiser entre deux insomnies volontaires. Pour notre part, nous nous sommes ainsi contentés d'un coucou aux slack rockers de Purling Hiss au Sonic et au pionnier techno Stacey Pullen au DV1 - et on ne regrette pas nos choix. A notre décharge, il faut ajouter que le NS Days qui l'a précédé était, du set si pointu qu'il en était indansable de Seth Troxler au psychédélisme autistique des Lumerians, de loin celui réclamant le plus de disponibilité cérébrale. Mais la récompense fut souvent à la hauteur des efforts : on n

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013 - Jour 1

MUSIQUES | Après un warm up aussi vert et bon enfant qu'une réunion de fruits Oasis et une inauguration moins guindée que celle de l'an passé, Nuits Sonores 2013 est entré hier dans le vif du sujet. Retour sur une première journée qui, bien que déséquilibrée, n'a pas été avare en torgnoles soniques. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 9 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 1

La tentation était trop grande, y céder n'a pas été sans conséquences : programmés sur la scène principale des Subsistances, l'illustre Carl Cox (qui se produisait pour la première fois au festival) et le fidèle Laurent Garnier ont vampirisé la quasi totalité du public du premier NS Days, jusqu'à imposer au personnel de sécurité l'improvisation, à l'entrée d'une verrière rapidement devenue impraticable, d'un système de file d'attente. On pourrait le déplorer. On pourrait si ces deux "dinosaures" n'avaient pas d'ores et déjà assuré deux des prestations les plus mémorables de Nuits Sonores 2013, le premier dans le registre fédérateur et bouncy qui a fait sa réputation, le second avec l’œcuménisme et la passion qu'on lui connaît depuis maintenant neuf éditions. On pourrait si ce monopole avait empêché les Bordelais de J.C.Satàn, chefs de file du renouveau garage, de livrer un concert survolté et poisseux, et les Strasbourgeois de Electric Electric de prouver qu'avec ou sans Colonie de vacances, ils comptent parmi les faiseurs de bruit les plus excitants du pays.

Continuer à lire

Barbarie Disco Club

MUSIQUES | Le plateau programmé conjointement par Arty Farty et le Oya Festival n'est pas seulement le plus exceptionnel de cette édition 2013 de Nuits Sonores. Il en est aussi, grâce à la présence de Lindstrøm, Todd Terje et Prins Thomas, a.k.a. la Sainte-Trinité de la nu-disco norvégienne, le plus cohérent et le plus dansable. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 26 avril 2013

Barbarie Disco Club

On a vu naître et mourir le nu metal (à prononcer "niou métal" si vous avez moins de quinze ans, à proscrire de votre dictionnaire musical interne dans le cas contraire), rejeton bâtard du heavy metal et du hip hop dont les refrains boursouflés et les poses souffreteuses firent les grandes heures de la chaîne MTV au début des années 90. On connaît la nu soul, mise au soi-disant goût du jour des standards black que les studios Stax et Motown produisaient en quantité quasi-industrielle il y a de cela cinquante piges. On n'a pas jamais trop compris ce qu'était le nu rock, mais on n'a apparemment rien manqué. Depuis le début du siècle, c'est au son de la nu disco, réinvention électronique de la plus moquée des musiques amplifiées (juste après le reggae), que nos veines auriculaires pulsent le plus fort. Les trois fringants Ceci grâce à des gens comme Prins Thomas, Lindstrøm et Todd Terje, trois Norvégiens qui, chacun à leur manière et via leurs propres labels (dans l'ordre F

Continuer à lire

Def from Above

MUSIQUES | Le nom de Yasiin Bey ne vous évoque probablement rien. A moins que vous ne fassiez partie des quarante-quatre jeunes gens interpellés à Lyon mardi 23 avril, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 26 avril 2013

Def from Above

Le nom de Yasiin Bey ne vous évoque probablement rien. A moins que vous ne fassiez partie des quarante-quatre jeunes gens interpellés à Lyon mardi 23 avril, quelques heures après l'adoption du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. Dans ce cas, vous devez être en train de visualiser un méchant salafiste et vous avez comme d'habitude tort sur toute la ligne (de front). Celui de Mos Def en revanche, doit faire remonter d'agréables souvenirs cinématographiques – il était notamment l'un des deux cinéastes du dimanche du Soyez sympas, rembobinez ! de Michel Gondry. Et bien figurez-vous que Yasiin et Mos sont une seule et même personne : un quadra new-yorkais à la mine lunaire et à la langue bien pendue qui, avant de crever l'écran et de se convertir à l'islam (d'où le changement de blase), soit au tout début des années 2000, a redéfini les contours du hip hop indépendant d'une plume trempée tour à tour dans le rock, l'afrobeat, la soul ou le folklore indien. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule il sera, à l'invitation du boss

Continuer à lire

Ensemble, tout devient audible

MUSIQUES | Certains prétendent être une bande de jeunes à eux tout seul. Danilo Plessow, plus connu des flibustiers de l'interweb sous le pseudonyme de Motor City Drum (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 avril 2013

Ensemble, tout devient audible

Certains prétendent être une bande de jeunes à eux tout seul. Danilo Plessow, plus connu des flibustiers de l'interweb sous le pseudonyme de Motor City Drum Ensemble, semble pour sa part se croire aussi sonore et aussi carré qu'une section de percussions – tous nos vœux de rétablissement aux festivaliers qui s'attendaient à ce qu'un véritable orchestre de timbaliers et joueurs de grosse caisse viennent sonner les cloches de Pantha du Prince. Sauf que c'est un peu plus compliqué que ça. La ville motorisée dont il est question ici, c'est Stuttgart, dont sont originaires le fameux Danilo et Karl Benz, l'inventeur de l'automobile. C'est aussi et surtout Detroit, industrieuse cité américaine dans laquelle furent noircies les pages les plus sauvages de l'histoire du rock'n'roll, qui vit naître la techno et où fut fondée l'institution soul Motown. Quant au Drum Ensemble, il fait référence à la collection de boîtes à rythmes que détient ce batteur de formation aux faux airs de Louis Garrel. La suite coule de source, Danilo produisant, à coups de samples vintages et de

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

MUSIQUES | «Nuits Sonores n'est pas un festival de blockbusters». La phrase est de Vincent Carry, le directeur de Nuits Sonores et elle a rarement été aussi appropriée que pour l'édition 2013 du festival, l'équipe d'Arty Farty ayant choisi de rester stable sur ses fondamentaux plutôt que de se lancer dans la course à la surenchère que laissait entrevoir le très solennel dixième anniversaire de l'événement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de jour

Ça pour une belle fête d'anniversaire, c'était une belle fête d'anniversaire : de l'édition du bouquin commémoratif 10 ans sans dormir à l'accueil des séminaux New Order en passant par la conclusion de sa programmation nocturne sur un plateau secret, le festival Nuits Sonores a l'an passé mis les petits plats dans les grands au moment de célébrer sa décennie d'existence. A tel point qu'on ne voyait pas bien comment il allait pouvoir poursuivre sa croissance sans verser dans l'excès. Arty Farty nous a ouvert les yeux ce matin : l'édition 2013 de l'événement ne sera ni plus maousse ni plus timide que les précédentes, elle sera dans leur droite lignée, c'est-à-dire urbaine, sélective, éclectique et réflexive. A ceci près qu'elle durera six jours, mitoyenneté calendaire du 8 mai et de l'Ascension oblige.Pour le reste donc, les habitués du festival seront en terrain connu, en tout cas pour ce qui concerne la partie diurne des

Continuer à lire

Nuits Sonores 2013, les premières infos en direct

MUSIQUES | Pour rien au monde nous n'échangerions notre place avec l'équipe de Nuits Sonores. Non vraiment, la pression qu'ils doivent subir depuis le début des (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 23 janvier 2013

Nuits Sonores 2013, les premières infos en direct

Pour rien au monde nous n'échangerions notre place avec l'équipe de Nuits Sonores. Non vraiment, la pression qu'ils doivent subir depuis le début des préparatifs de l'édition 2013 du festival - laquelle succède, pour mémoire, à une gargantuesque commémoration décénnale, nous n'en voulons pas. Des informations sur la teneur de ladite édition 2013, ça par contre, nous sommes preneurs. Et ça tombe bien, c'est ce jeudi 24 janvier que les premières tomberont, au cours d'une conférence de presse que nous vous relaterons en direct dès 9h30 sur Twitter (et ici-même, par quelque savante manipulation technologique).   //

Continuer à lire

Appel à projets Extra!

MUSIQUES | L'édition 2013 de Nuits Sonores, la onzième, se précise tout doucement. En attendant le dévoilement, jeudi 24 janvier, de sa programmation diurne (les fameux (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Appel à projets Extra!

L'édition 2013 de Nuits Sonores, la onzième, se précise tout doucement. En attendant le dévoilement, jeudi 24 janvier, de sa programmation diurne (les fameux "Days", inaugurés l'an passé), c'est le parcours Extra!, cycle de rendez-vous insolites et participatifs (défilé zarbi, croisière disco, pétanque électronique, cours de cuisine urbain, enregistrement d'émissions de radio pirates...) lancé en 2006 et depuis suivi par pas moins de 62000 personnes, qui fait l'actualité avec son traditionnel appel à projets. Si vous avez la fibre culturelle, "à coeur de créer de la rencontre, du mouvement, de l'émulation" et de l'imagination, vous avez donc jusqu'au vendredi 1er février pour déposer votre candidature sur le site du festival : www.nuits-sonores.com

Continuer à lire