En tenue Dave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 novembre 2008

Photo : © Dave St-Pierre


Amies lectrices réjouissez-vous. Un peu de tendresse bordel de merde vous offre l'opportunité de reluquer allégrement, voire de toucher lors de leurs passages au milieu du public, une dizaine de danseurs nus, hystériques et coiffés de longues perruques blondes… Bienvenue dans l'univers du chorégraphe canadien Dave St-Pierre ! Deuxième volet d'une trilogie (Sociologie et autres utopies contemporaines), Un peu de tendresse… est tout à la fois une pièce délurée, obscène, burlesque, jouissive, décevante, énervante, émouvante. Un mélange brut de décoffrage qui fait feu de tout bois, de moments ratés comme de moments fulgurants… En plus de nos fols danseurs blonds, vous pourrez découvrir plusieurs jeunes filles en manque cruel d'affection et une présentatrice de soirée bilingue, pleine de morgue et d'ironie.

Bateau ivre, la pièce alterne séquences d'hystérie collective, séquences de danse sombres et muettes, saynètes théâtrales voire «coïtales»... Côté danse, St-Pierre jette ses danseurs sur le plateau comme autant d'ondes de chocs, de forces vives et viscérales qui claquent l'une contre l'autre, se fracassent au sol, ou explosent en soudaines étincelles d'émotion. L'influence de la danse physique de Wim Vandekeybus ou des rituels de Jan Fabre est palpable. Comme ses collègues belges, le canadien fait le pari du trop, de l'excès, de l'exubérance, tant dans l'expression des sentiments que dans la prise de risque physique des interprètes. Dans ce chaudron bouillonnant d'obscénité généreuse, au milieu de moments un peu faciles ou lourdingues, le chorégraphe arrache de beaux morceaux d'émotion crue.

Jean-Emmanuel Denave

Un peu de tendresse bordel de merde !
À la Maison de la Danse du 4 au 6 décembre.

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La danse à contre-pied

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La danse à contre-pied

Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en événements chorégraphiques. C'est d'abord Anne Teresa de Keersmaeker qui viendra transmettre, pour la première fois, l'une de ses pièces à une autre compagnie que la sienne, celle du Ballet de l'Opéra de Lyon en l'occurrence (du 7 au 11 avril à l'Opéra). Il s'emparera de Drumming Live, créée en 1998 sur une partition de Steve Reich et qui entrecroise le vocabulaire abstrait et rigoureux de l'artiste belge et une énergie physique explosive. Dans le cadre de la deuxième édition du festival Sens dessus dessous (du 24 au 29 mars à la Maison de la danse), le chantre de la "non danse" Christian Rizzo présentera quant à lui D'après une histoire vraie... Soit un retour à la "danse dansée" propulsant huit danseurs sur les rythmes effrénés de deux batteurs, passant de folklores méditerranéens à de véritables transes rock et tribales. Après ses grandes frasques collectives, le chorégraphe québécois Dave St-Pierre change lui au

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