Chanson de gestes

Nadja Pobel | Mercredi 16 novembre 2011

Photo : © Estelle Gautier


Théâtre / Parfois avec trois bouts de ficelles, un texte ardu en prose, il est possible de faire un très bon spectacle. Encore faut-il avoir une bonne dose de talent et un sens du spectacle (au sens noble du terme). C'est précisément ce que possède la jeune compagnie La Nouvelle Fabrique. Issus de l'ENSATT, les acteurs, scénographe et créateur-son qui la composent s'amusent avec l'écrivain absurde russe Daniil Harms. C'est déjà la quatrième fois qu'ils triturent ses écrits de la première moitié du XXe siècle. Dans La Vieille (aux Clochards Célestes jusqu'au 3 décembre), le récit grince, couine, rugit, se murmure. Outre Thomas Fitterer, acteur principal en grande forme, ses acolytes, la pianiste Anne Rauturier et le bruitiste metteur en scène Colin Rey, donnent à la pièce des airs de film d'animation. Pourtant l'univers n'a rien de commun avec celui de Tex Avery ou Woody Woodpecker. Une vieille dame meurt chez un jeune homme qui cherche à se débarrasser de cet encombrant cadavre en même temps qu'il laisse filer la jeune femme pour qui il vient d'avoir un coup de foudre. En une heure de temps, sa cavale effrénée dans les rues de Saint-Pétersbourg ne manque jamais de souffle. À noter que cette compagnie présentera également L'Hamblette au théâtre de l'Elysée du 15 au 22 décembre. Nadja Pobel

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Théâtre | À 34 ans, Martha Spinoux-Tardivat vient d’être nommée directrice des Clochards Célestes, où elle exerçait déjà en accompagnant avec entrain tant les artistes que les spectateurs et spectatrices. Portrait.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Depuis six années, Martha Spinoux-Tardivat est un phare aux Clochards Célestes. Enjouée, professionnelle tant à l’égard des compagnies invitées que du public, des professionnels et des étudiants qui parfois font halte pour leur formation dans ce théâtre de 49 places. Martha est arrivée sous l’ère d’Élisabeth Saint-Blancat et aura prolongé son apprentissage aux côtés de Louise Vignaud dans la foulée. Le 27 août dernier, elles étaient réunies sur la place Chardonnet pour un hommage à la comédienne-directrice décédée d’un cancer six jours plus tôt. Une cérémonie simple, chaleureuse et émouvante pour celle qui porta haut, de 1986 à 2017, cette maison fondée en 1978. Alors, quand Louise Vig

Continuer à lire

Les Clochards Célestes annulent leur saison

Théâtre | Ils sont les premiers à Lyon, certainement pas les derniers. À l'instar de ce qu'a fait le Centre Dramatique National de Toulouse en janvier, le théâtre des Clochards Célestes annonce tirer un trait sur le reste de sa saison face à l’incertitude perpétuelle d’une date de réouverture des lieux culturels.

Nadja Pobel | Mercredi 3 février 2021

Les Clochards Célestes annulent leur saison

Aux Clochards Célestes, 14 spectacles sont reportés à l’an prochain — dont le Subutex, adapté de Virginie Despentes, qui devait clore le calendrier à l’orée de l’été. Tant d’autres depuis septembre avaient déjà dû rester au placard... « Alors qu'on nous demande de rester en suspens, prêts à ouvrir quand on nous donnera enfin le feu vert, à une date indicible, je fais le choix de reporter intégralement la saison du Théâtre des Clochards Célestes à l'année prochaine. Puisque cette saison est exceptionnelle, assumons-la comme telle. Attendre le mois de mai pour savoir s'il sera possible ou non de jouer en juin, c'est demander aux compagnies programmées de se maintenir dans le qui-vive ; leur proposer d'ores et déjà un report, c'est leur offrir la possibilité de penser l'avenir. Et c'est nous l'offrir aussi » affirme la directrice Louise Vignaud dans un communiqué paru ce mercredi 3 février. Et c’est probablement là, la plus grande marque de considération due aux spectateurs et spectatrices comme a

Continuer à lire

Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Disparition | Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, (...)

Nadja Pobel | Vendredi 28 août 2020

Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, à 75 ans. Elle n'aura cessé de voir des spectacles (plus de 200 par an) dans les grandes structures mais aussi les MJC, les hangars pour voir ce que les jeunes artistes fabriquaient et les accompagner dans leur éclosion. Joris Mathieu (cie Haut et Court), Ivan Pommet (Théâtre Mu), Quentin Dubois et tant d'autres sont nés auprès d'elle. Un chaleureux hommage lui a été rendu sur la place Chardonnet au soir de ses obsèques, jeudi 27. Ses proches ont rappelé à quel point cette comédienne, danseuse, chanteuse était obsédée par la justesse et clamait à l'envi « Merci la vie ! »

Continuer à lire

Louise Vignaud : « Du temps pour créer ! »

Les Clochards Célestes | C'est ce qui s'appelle une passation de pouvoir réussie. À 29 ans, la metteuse en scène Louise Vignaud succède à Élisabeth Saint-Blancat à la tête des Clochards Célestes avec bienveillance et cohérence et propose une saison plus qu'alléchante dédiée à la jeune création.

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Louise Vignaud : « Du temps pour créer ! »

Quelles étaient vos intentions lorsque vous avez postulé à ce théâtre ? Louise Vignaud : En tant que jeune metteuse en scène, je me suis demandée ce qui était important pour ma génération. Du temps pour créer ! Ici, c'est donc un lieu de découvertes (NdlR, il est labellisé comme tel par les tutelles Ville-Région-DRAC) il faut le maintenir et soutenir la nouvelle création. Comment le faire, concrètement ? J'ai choisi des compagnies qui seront présentes deux mois (un mois de plateau, douze soirs de représentations) pour mener à bien une recherche et qui changeront tous les deux mois. On soutient le processus de répétitions car je sais en tant que metteuse en scène que j'en ai besoin. Il s'agit du Théâtre Oblique, de la Compagnie Démembrée, du collectif la Onzième, des Non-alignés et la Doze. Pendant leur présence, quatre d'entre eux vont montrer d'autres projets : ils

Continuer à lire

Louise Vignaud, nouvelle directrice des Clochards Célestes

SCENES | Après avoir fait en trente ans du théâtre des Clochards Célestes un lieu incontournable pour la jeune création, Élisabeth Saint-Blancat reprend son métier de (...)

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2016

Louise Vignaud, nouvelle directrice des Clochards Célestes

Après avoir fait en trente ans du théâtre des Clochards Célestes un lieu incontournable pour la jeune création, Élisabeth Saint-Blancat reprend son métier de comédienne et passe la main en douceur à Louise Vignaud, officiellement en fonction cet été. Issue du département mise en scène de l'ENSATT, elle a déjà assisté Michel Raskine, Richard Brunel ou récemment Claudia Stavisky sur Tableau d'une exécution. Elle signera dans la Célestine en janvier son quatrième spectacle, Tailleur pour dames de Feydeau.

Continuer à lire

Les bottes de trente lieues d'Elisabeth Saint-Blancat

Théâtre des Clochards Célestes | Trente ans qu’Élisabeth Saint-Blancat est aux manettes du théâtre des Clochards Célestes, créé en 1978 : elle en a fait un lieu incontournable de découvertes pour petits et grands. Rencontre avec une directrice exigeante et épanouie.

Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

Les bottes de trente lieues d'Elisabeth Saint-Blancat

Quand Yves Barroz, qui avait fondé le théâtre des Clochards Célestes à la place d'une épicerie à la fin des années 70, demande à une jeune comédienne toulousaine de reprendre le lieu, elle hésite, n'ayant jamais trempé dans le volet administratif de son art. Mais elle accepte. Nous sommes au printemps 1986 : Élisabeth Saint-Blancat, 40 ans, va pouvoir mettre sa curiosité insatiable au service d'une structure. Si elle n'a l'expérience que des grands lieux (son mari d'alors, Jacques Rossner, l'assistant de Planchon, était directeur du CDN du Nord), elle a chevillé au corps ce goût de la découverte qui l'amène à la fin des 60's à arpenter les coulisses du TNP où travaillent Samy Frey, Francine Bergé. En 2016, elle voit toujours plus de 200 à 300 pièces par an ! C'est avec ce bagage irremplaçable qu'aux Clochards, elle fonde de nombreux (feu) festivals, dont les Aulecquiades consacré aux auteurs contemporains ou ETC dédié à la jeunesse (le Off des rencontres internationales pour le théâtre, l'enfance et la jeunesse initié au Théâtre des Jeunes Années). Ces deux axes, ADN de son théâtre, sont aussi le socle de son exigence. Comédienne à Mouffetard devan

Continuer à lire

Vont, vivent et deviennent

En acte(s) | Grozny Panzani Paradis, de Samuel Pivo ; Ton tendre silence me violente plus que tout, de Joséphine Chaffin : que se trame-t-il, (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

Vont, vivent et deviennent

Grozny Panzani Paradis, de Samuel Pivo ; Ton tendre silence me violente plus que tout, de Joséphine Chaffin : que se trame-t-il, derrière ces titres singuliers ? Ce sont des textes de théâtre écrits sur commande, passée par Maxime Mansion, un comédien sorti de l’ENSATT, ancien membre de la troupe permanente du TNP et initiateur du projet En Acte(s) avec la compagnie La Corde rêve, qu’il dirige avec Elisa Ruschke. Objectif : donner la possibilité à de jeunes auteurs de se confronter directement à la scène, les sortir du confinement de leur chambre d’écriture puisque les classiques (Shakespeare, Marivaux, Molière…) écrivaient pour être portés très rapidement au plateau, rappelle Maxime Mansion. Depuis octobre 2014, à raison d’un lundi par mois (huit par saison), une pièce sur un thème libre mais lié à l’actualité, ne devant pas dépasser une heure de jeu et ne mobilisant pas plus de cinq comédiens est présentée. Pas d’effet technique ni de mise une scène — mais une mise en espace —, trois semaines d’apprentissage de texte pour les comédiens et à peine plus de huit jours de répétition avant la publication de la pièce : voilà les ingrédients d

Continuer à lire

Scènes découvertes en quête d'avenir

SCENES | Les Scènes découvertes craignent des lendemains sombres. Enquête au sein de celles dédiées au théâtre et à la danse, malmenées depuis que l’accord Ville-État-Région n’a pas été reconduit sous sa forme initiale en ce début d'année : du Croiseur à l'Espace 44, l'inquiétude prime.

Nadja Pobel | Mardi 22 mars 2016

Scènes découvertes en quête d'avenir

La culture est une affaire de passionnés. André Sanfratello, directeur de l'Espace 44, a été contraint de vivre de sa retraite quand la DRAC s'est retirée du projet, en 2010 : il a ainsi pu maintenir le salaire de ses cinq salariés en supprimant le sien. Mais la Ville vient de lui retirer 5000€ supplémentaires. Désolé, il constate qu’on lui « prend les petites sommes qu’il a pour survivre. » Ce qui ne l’empêchera pas de fêter les trente ans de son théâtre, du 26 avril au 30 mai. Au Croiseur, seule Scènes découvertes dédiée à la danse, un salarié est devenu bénévole pour pérenniser l'activité d'un lieu subissant la même punition de la DRAC. La plus grande salle de ce dispositif, située dans un quartier moins central à Gerland, est privée de ses 37 000€ annuels, en plus des 5000€ déjà amputés en 2015. Son directeur et fondateur Didier Vignali s'est séparé de deux de ses six permanents. Pour trouver de la trésorerie, il loue la salle à des organisateurs de concerts (cf. Cobra en janvier, organisé par les Briques du Néant). Malgré un « flou absolu » quant à son avenir, il maintient une programmation, dont la Biennale off de la danse et le Frako (avec les

Continuer à lire

Terre de théâtre

SCENES | Métropole, métropole, métropole... En culture comme dans les autres domaines d’activité, la mutation du Grand Lyon est sur toutes les lèvres. L’occasion d’accroître la portée du projet Balises et de regarder de plus près les pièces qui circulent dans l’agglo. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Terre de théâtre

Le 1er janvier, le département du Rhône sera réduit à sa portion congrue (Villefranche et ses environs), lorsque le Grand Lyon se muera en cette "métropole" que couve comme un trésor Gérard Collomb, absorbant au passage des compétences qui ne relevaient pas de lui jusque là, comme la culture. A tel point que figure au septième rang du nouvel organigramme une vice-présidente dédiée, Myriam Picot, par ailleurs fraîchement élue maire du septième arrondissement. Si tout cela est encore un peu flou, cette nouvelle entité pourrait contribuer, justement, à la visibilité de la richesse de l’offre théâtrale dans l’agglomération. En attendant, c’est précisément la mission que mène Jacques Fayard, directeur du théâtre de l’Elysée, avec le projet Balises, auxquel participent cette année pas moins de trente-deux lieux. Plus de quarante spectacles seront mis en avant via ce programme avant tout tarifaire (une place offerte pour une place achetée).   En terrain grimé Dans cette kyrielle de spectacles figure par exemple Une chambre à soi

Continuer à lire

La mécanique du labeur

SCENES | Attention, ceci n’est pas tout à fait du théâtre. Plutôt un objet étrange et atypique qui donne l’occasion à Colin Rey de signer une véritable performance - avec (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 mai 2014

La mécanique du labeur

Attention, ceci n’est pas tout à fait du théâtre. Plutôt un objet étrange et atypique qui donne l’occasion à Colin Rey de signer une véritable performance - avec l'aide de son indispensable complice à la régie, Thibault Champagne. Ils présentent là le neuvième spectacle d’une toute jeune compagnie, La Nouvelle Fabrique, dont les membres sont issus de l’ENSATT et ont déjà été à l’origine de grinçantes adaptations de La Vieille de Daniil Harms et du Numéro d’équilibre d’Edward Bond. Pour l'occasion, privé de ses camarades de jeu, Colin Rey s’est ici offert L'Augmentation de Pérec. Un texte plus qu'ardu, et pour cause : kafkaïen, il repose sur les élucubrations et hypothèses d'un employé cherchant à obtenir un rendez-vous avec son chef de service dans l'idée de lui demander une augmentation - chacun y reconnaîtra une situation vécue, parfois comique, parfois révoltante. Malgré quelques feuilles de secours, Colin Rey a tout avalé et il le recrache avec un allant

Continuer à lire

Une vieille dame en pleine santé

SCENES | Trente-trois rôles annoncés. Trois comédiens. Le metteur en scène Thomas Poulard, qui n’a pas les clés de la Comédie française où La Visite de la vieille dame fut (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 avril 2014

Une vieille dame en pleine santé

Trente-trois rôles annoncés. Trois comédiens. Le metteur en scène Thomas Poulard, qui n’a pas les clés de la Comédie française où La Visite de la vieille dame fut joué très récemment, n’a pas attendu d’avoir un gros casting pour s’attaquer à ce texte de son auteur fétiche, le Suisse Friedrich Dürrenmatt. Il déjoue d’emblée cette difficulté du nombre en faisant défiler un générique en fond de scène énumérant tous les protagonistes. Soit Claire Zahanassian, ses maris et une flopée d’habitants de Güllen, petite ville où cette sale gosse devenue richissime passa son enfance avant de fuir, enceinte et abandonnée par le jeune Afred Ill, devenu l’épicier très apprécié de cette bourgade. La ville dépérit, paralysée par le chômage (causé par la vieille elle-même) et voilà qu’elle propose un milliard (réparti entre la ville et chacun des citoyens) à condition qu'elle puisse acheter sa justice, en l’occurrence faire tuer l'épicier. Alambiqué, cynique, noir et jubilatoire, ce texte est pour Poulard (qui avait déjà travaillé sur Les Physiciens, autre pièce maîtresse de Dürrenmatt) une manière de faire théâtre de tout, comme le disait Vitez. Avec deux ou

Continuer à lire

Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

Continuer à lire

Comme un écho

SCENES | L’espace est sombre, il n’y a plus guère de trace de vie sinon une jeune fille terrée dans un coin, dissimulée sous des couvertures. Elle n’a plus envie de (...)

Nadja Pobel | Lundi 23 avril 2012

Comme un écho

L’espace est sombre, il n’y a plus guère de trace de vie sinon une jeune fille terrée dans un coin, dissimulée sous des couvertures. Elle n’a plus envie de rien sinon d’envoyer valser le monde qui ne tient en équilibre que par un point au milieu de la pièce et qu’elle surveille maladivement. Il n’y a plus âme qui vive dans cet immeuble qui s’apprête à être démoli, sinon elle-même dont le prénom porte l'espoir : Viv. Au milieu de la boue, Edward Bond déniche toujours une once de vie. Dramaturge reconnu dans le monde entier (révélé en France par Alain Françon et notamment ses Pièces de guerre), il n’a, pour autant, jamais servi le théâtre sur un plateau comme un beau gâteau bien sucré qui ferait digérer le goût acre de l’existence. La troupe de la Nouvelle Fabrique l’a bien compris et n’édulcore rien. C’est qu’ils ont un attrait pour le travail bien fait (leur précédente création, La Vieille, est une des très bonnes surprises de cette saison) : plateau en lattes de bois modulables au gré des lieux à représenter, tapisserie arrachée et quatuor d’acteurs parfaitement en rythme. Les c

Continuer à lire

Courtes scènes

SCENES | Ils sont seuls en scène et, pour une durée de spectacle inférieure à une heure, ils se lancent sur un plateau presque nus, quasiment sans accessoire. De (...)

Nadja Pobel | Jeudi 31 mars 2011

Courtes scènes

Ils sont seuls en scène et, pour une durée de spectacle inférieure à une heure, ils se lancent sur un plateau presque nus, quasiment sans accessoire. De jeunes acteurs et metteurs en scène proposent au Théâtre des Clochards Célestes trois pièces par soir, jusqu'au dimanche 10 avril. Hormis «Pénélope et vice-versa» que nous n'avons pas vu, qui est un spectacle de clowns, les deux autres sont du théâtre. Dans «Monologue sans titre» et «Ta lettre, enfin !», les comédiens Baptiste Jamonneau et Guillaume Pigé campent des personnages en attente, l'un de son père qui ne vient pas le sauver de la misère dans laquelle il s'enfonce et l'autre, sur un ton moins réaliste et plus romantique, attend des nouvelles de sa fiancée. Malgré des maladresses dues à l'aridité de l'exercice (un seul en scène), ces deux jeunes artistes font aussi preuve de beaucoup d'inventivité. NP

Continuer à lire

Théâtre Suppose que la mer soit sucrée

SCENES | Il est quasiment impossible de trouver des spectacles pour les touts petits. Avec "Suppose que la mer soit sucrée" Carine Pauchon propose une pièce pour (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 12 février 2010

Théâtre
Suppose que la mer soit sucrée

Il est quasiment impossible de trouver des spectacles pour les touts petits. Avec "Suppose que la mer soit sucrée" Carine Pauchon propose une pièce pour les bébés à partir de 6 mois. Un texte contemporain, un travail sur la langue des signes, des camaïeux de couleur, une création sonore et une robe de douze mètres qui se transforme au fil du spectacle. Un spectacle à découvrir au Théâtre des Clochards Célestes, jusqu'au 19 février.

Continuer à lire

Bal des festivals

SCENES | Théâtre / Plutôt que de débuter une saison par le premier spectacle d'une longue liste, de plus en plus en de théâtres choisissent de faire place aux jeunes compagnies et aux découvertes lors d’un festival de rentrée. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 28 août 2009

Bal des festivals

Le Théâtre des Clochards Célestes n'a pas attendu la nouvelle «mode» des festivals de rentrée. Depuis douze ans, Élisabeth Saint-Blancat, la programmatrice du lieu, tente de mélanger différents publics. La formule est immuable : un spectacle jeune public à 18 heures puis deux ou trois autres pour les adultes dès 19 heures. Et, contrairement aux années précédentes, l'horaire de chaque spectacle n'est pas précisé afin que les spectateurs ne viennent pas faire leur marché en piochant juste un concert ou une pièce. Le but est bien de réunir le public sur l'ensemble de la soirée comme le prouve le tarif attractif de 11€ par soir. Au programme, du théâtre bien sûr mais aussi des lectures, de la musique, des contes par de très jeunes compagnies qui ont répondu à un appel à projets ou par des artistes plus expérimentés. Parmi eux, Guy et Yves Prugnier vont lancer leur nouvelle création, «Correspondances». Fabrique de théâtreOffrir un patchwork de créations au public et une rampe de lancement pour les compagnies : voilà le double objectif des toutes les structures d'accueil. «Nous pouvons ainsi donner une échéance de représentation aux artistes ou leur proposer un lieu de représ

Continuer à lire