La tragédie du dedans

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 18 novembre 2011

Photo : ©Gérard Llabres


Théâtre / «Toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien» écrivait Racine à propos de Bérénice, où le sang ne coule pas et où l'action est réduite à la portion congrue. La déchirure est ici intérieure, au sein du corps et de l'esprit, entre l'amour et le désir d'un côté, la raison et la loi sociale de l'autre. Bérénice aime Titus, et lui de retour, mais s'il veut régner sur Rome il lui est interdit d'épouser une reine étrangère. Un troisième monarque, Antiochus, est lui partagé entre son amitié pour Titus et son amour rival et caché pour Bérénice.

Ce théâtre des passions et des pulsions réfrénées est plutôt bien rendu par la mise en scène de Laurent Brethome. Il y règne notamment une tension sourde et une ambiance continuellement hantée : il utilise pour cela une musique diffusée à bas volume tout au long de la pièce et de grands voiles noirs translucides à travers lesquels apparaissent des «images» fantomatiques, ou bien entre lesquels rôdent certains personnages.

Le travail du délicat chorégraphe Yan Raballand a certainement beaucoup participé à cette étrange présence des corps, de gestes subreptices, de déambulations périphériques et effacées, en contrepoint à d'autres éclats plus sensuels. Au centre de la scène, les trois protagonistes principaux, vêtus de costumes mélangeant les époques, se débattent avec leurs contradictions. Et les comédiens avec les vers, beaux et difficiles, jusqu'à parfois s'époumoner et se vider de leur salive. Racine n'est jamais facile, mais Brethome signe là une adaptation honorable.

Jean-Emmanuel Denave

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En fin de conte : "Le Prince Oublié"

Le Film de la Semaine | Le combat de personnages pour pouvoir survivre après la défection de leur public épouse celui d’un père pour rester dans le cœur de sa fille. Beau comme la rencontre fortuite entre Princess Bride et une production Pixar dans un film d’auteur français signé Hazanavicius.

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

En fin de conte :

Tous les soirs, Djibi raconte à sa fille Sofia des histoires qu’il crée pour elle, où un Prince triomphe du diabolique Pritprout. Mais à son entrée au collège, Sofia se met à s’inventer ses propres histoires, causant la mise au chômage des personnages de l’univers imaginé par son père… De la même manière que l’histoire du Prince oublié navigue continûment entre deux mondes, la sphère du “réel“ et celle de l’imaginaire, le cinéma de Michel Hazanavicius offre au public un double plaisir : suivre le spectacle déployé par la narration (à savoir les aventures/mésaventures des personnages) tout en l’incitant à demeurer vigilant à la mécanique du récit, à sa méta-écriture et aux fils référentiels dont il est tissé. L’approche hypertextuelle constitue d’ailleurs une composante essentielle de son œuvre depuis le matriciel La Classe américaine ; au point qu’Hazanavicius semble avoir voulu illustrer par l’exemple les différentes pratiques recensées par Gérard Genette dans Palimpsestes : pastiche et travestissement pour les OSS 117

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Dom Juan, bloqué dans l’ascenseur social

Théâtre | Mais qui est-il, ce Dom Juan ? Le colérique et survitaminé Nicolas Bouchaud chez Sivadier ? Le rationaliste de Vilar, le jouisseur en proie au doute (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2020

Dom Juan, bloqué dans l’ascenseur social

Mais qui est-il, ce Dom Juan ? Le colérique et survitaminé Nicolas Bouchaud chez Sivadier ? Le rationaliste de Vilar, le jouisseur en proie au doute de Lassalle... ou encore l'agnostique qu’Olivier Maurin a récemment présenté au TNP ? Pour Laurent Brethome et Philippe Sire, directeurs des conservatoires de La Roche-sur-Yon et de Lyon, il est un déclassé social, vivant sans le sou comme un étudiant dépendant des alloc', malgré un paternel blindé, rêvant de paillettes et de son quart d’heure de célébrité. Alors, il ne va cesser de s’imaginer plus beau et grand qu’il n’est ; comme le révèlera le quatrième acte, dans un container de fortune qui lui sert de logement au sein duquel il se cogne à tous les angles. Au premier abord, ce n’est pas cela qu’incarne Laurent Brethome, mais un Dom Juan volontairement agaçant, p’tit gars qui roule les mécaniques dans un décor presque vernis sur lequel rien n’adhère ; il dragouil

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Drame de cœur à vous l’honneur : "Le Jeu"

Phone Game | de Fred Cavayé (Fr, 1h30) avec Bérénice Bejo, Suzanne Clément, Stéphane De Groodt…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Drame de cœur à vous l’honneur :

Une soirée comme Vincent et Marie en organisent souvent : autour d’un bon repas entre amis. Sauf que cette fois-ci, l’idée émerge que tous les messages parvenant sur les smartphones durant le dîner soient partagés à haute et intelligible voix. Un jeu bien anodin aux effets dévastateurs… Connu du grand public grâce à des polars à force interchangeables car redondants, Fred Cavayé s’était récemment aventuré dans la comédie (Radin) ; on n’imaginait pas que tout cela le préparait à signer avec Le Jeu son meilleur thriller, une étude de mœurs aussi acide que rythmée dissimulée sous des oripeaux d’un vaudeville à la Bruel et Danièle Thompson. Remake d’un film italien à succès, Perfetti sconosciuti (jusqu’à présent inédit dans nos salles, également adapté par Alex de la Iglesia), cette fausse comédie chorale bifurque rapidement sur une voie dramatique perturbante, révélant comme dans Carnage les visages de chacune et chacun lorsque se fissurent les masques des convenances so

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Bérénice Gulmann : « Michaël Lévinas est un visionnaire »

Biennale Musiques en Scène | Bérénice Gulmann, déléguée artistique de la Biennale Musiques en Scène, nous emmène au cœur de la nouvelle et palpitante édition État(s) Limite(s). Des créations multiples qui posent la question des frontières, du virtuel et du réel, qui reposent la question des états humains. Quid de cet état entre rêve et sommeil, de ce lieu entre enfance et âge adulte ?

Pascale Clavel | Mardi 20 février 2018

Bérénice Gulmann : « Michaël Lévinas est un visionnaire »

Lorsque l’on regarde la programmation de cette édition, on a le tournis. Pourquoi ce trop ? Bérénice Gulmann : 47 concerts, c’est beaucoup. Grame est une sorte d’incubateur tout au long de l’année et la Biennale est là comme un moment phare qui montre la création contemporaine dans toute sa diversité. Les artistes s’emparent de disciplines sœurs, travaillent dans la transdisciplinarité. Un festival, c’est un moment où tout est possible, où le public est à même d’aller d’une proposition à une autre sans avoir une idée préconçue, il se laisse emmener par la dynamique, par l’énergie. C’est le cas par exemple du Crazy Week-end à l’Auditorium. Il y a de plus en plus de propositions participatives qui sont possibles grâce aux recherches faites à Grame et aux nouvelles technologies. On a tissé une programmation à la fois très savante et en même temps très ludique. Comment faire venir un public qui se détourne parfois de la musique de son temps ? On essaie, au sein d’une même programmation, d’avoir une musique de notre temps assez convenue, plus attendue et d’autres plus surprenantes. À l’Auditorium, da

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Margot aux Célestins

Théâtre | Elle « avance vers nous depuis sa nuit » et Laurent Brethome lui rend la lumière. Margot, adapté de Marlowe, est la pièce avec laquelle le metteur en scène synthétise tout ce qu'il a approché jusque-là : un goût assumé du spectacle au profit d'un texte coriace.

Nadja Pobel | Lundi 22 janvier 2018

Margot aux Célestins

On pourrait lui en faire le reproche mais, à bien réfléchir, il n'y a rien là d'incohérent. Dans le Margot de Laurent Brethome, il y a un peu de l'air du temps théâtral : une pincée de Thomas Jolly (pour une esthétique noire-rouge-blanche et les breloques pas forcément nécessaires en accompagnement de costumes très justes : contemporains et a-temporels), du Julien Gosselin (personnages déclamatoires micro en main – en très courtes séquences il faut le reconnaître), parfois même du Joël Pommerat (ah, la séduisante scène de fiesta post couronnement d'Henri III qui rappelle les images de Ma Chambre froide ! ). Mais il y a, in fine, entièrement Laurent Brethome. En mettant en scène, dans une version délicatement décalée de Dorothée Zumstein, Le Massacre à Paris de Christopher Marlowe qui avait ouvert le TNP villeurbannais en 1972 sous la direction de Chéreau et dans les décors du grand Peduzzi, le Vendéen n'est jamais poseur et d'une fidélité épatante à ce qu'il fut : les corps

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Dans les pas de Margot

Théâtre | C'est sa pièce totale. Seize comédiens pour environ soixante rôles. Laurent Brethome a créé Margot en novembre, après l'avoir déjà esquissé en 2014 avec les (...)

Nadja Pobel | Mardi 9 janvier 2018

Dans les pas de Margot

C'est sa pièce totale. Seize comédiens pour environ soixante rôles. Laurent Brethome a créé Margot en novembre, après l'avoir déjà esquissé en 2014 avec les élèves du Conservatoire de Lyon. Sans moyen, il revisitait déjà la pièce de Marlowe de façon forte et efficace, une montagne de chaussures exprimant la nuit de la Saint-Barthélémy. Là, en 2h35, et avec notamment la dernière des pépites du Cons', Savannah Rol, il donne la pleine mesure de son savoir-faire. Pièce emblématique du TNP (c'est avec l’adaptation de Chéreau que le théâtre ouvrait ainsi ses portes à Villeurbanne en 1972), Margot sera cette fois-ci aux Célestins, du 17 au 23 janvier.

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JLG, portrait chinois : "Le Redoutable" de Michel Hazanavicius

Le Film de la Semaine | Une année à part dans la vie de Godard, quand les sentiments et la politique plongent un fer de lance de la Nouvelle Vague dans le vague à l’âme. Une évocation fidèle au personnage, à son style, à son esprit potache ou mesquin. Pas du cinéma juste ; juste du cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

JLG, portrait chinois :

1967. Au sommet de sa gloire, Jean-Luc n’est pas à une contradiction près : s’il provoque en public en professant des slogans marxistes ou égalitaristes, il aspire en privé à une union conformiste de petit-bourgeois jaloux avec la jeune Anne. Tiraillé entre son Mao et son Moi, le cinéaste passe de l’idéologie au hideux au logis. L’insuccès de La Chinoise ne va rien arranger… Toutes proportions gardées, la vision du Redoutable rappelle celle de AI (2001), cette étonnante symbiose entre les univers et manière de deux cinéastes (l’un inspirateur, l’autre réalisateur), où Spielberg n’était jamais étouffé par le spectre de Kubrick. L’enjeu est différent pour Hazanavicius, à qui il a fallu de la témérité pour se frotter à un Commandeur bien vivant — certes reclus et discret, mais toujours prompt à la sentence lapidaire ou la vacherie définitive. Hommage et dessert En savant théoricien-praticien de l’art du détournement, Hazanavicius a extrait du récit autobiographique d’Anne Wiazemsky

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"Fais de beaux rêves" : L’incompris et le non-dit

ECRANS | de Marco Bellocchio (It-Fr, 2h10) avec Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Guido Caprino…

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

En charge de la cession de l’appartement familial, Massimo, un journaliste, replonge dans son passé et notamment un événement le hantant depuis l’enfance : cette nuit fatale où sa mère mourut subitement, sans l’avoir bordé… Tout à la fois portrait psychologique empli de subtile délicatesse et traversée dans l’Italie des quarante dernières années, cette nouvelle réalisation de Marco Bellocchio témoigne de sa virtuosité tranquille comme de l’importance de ce mémorialiste discret. Si l’Histoire est une toile de fond (en plus d’être la “matière première” dont se nourrit le héros au quotidien), elle n’a rien d’une surface lisse : on y lit les soubresauts d’un État chahuté, marqué par les crises et les collusions entre sport, affaires, criminalité — est-ce d’ailleurs un hasard si un ancien Président du Conseil a brillé dans les trois catégories ? Alternant les séquences de passé(s) et de présent dans une construction “en lasagne”, Fais de beaux rêves accouche d’une vérité évidente pour tout spectateur, mais aussi sans doute pour Massimo : sa révélation tient de la délivrance. C’est contre ce silence qu’il a bâti son existe

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"L’Économie du couple " : un douloureux huis clos

ECRANS | Un film de Joachim Lafosse (Bel/Fr, 1h40) avec Bérénice Bejo, Cédric Kahn, Marthe Keller…

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

Déjà qu’il est peu plaisant d’être le témoin privilégié d’une dispute de couple ; alors imaginez une compilation de soupe à la grimace, d’arguties fielleuses, de museaux bouffés servie par un duo jamais à court de reproches mutuels, achoppant sur sa séparation à cause d’une appréciation différente de la valeur du domicile conjugal. Des considérations tristement mesquines, à hauteur de porte-monnaie, montrant combien (sic) la passion est volatil, et ce qu’il peut rester d’un mariage lorsque la communauté amoureuse se trouve réduite… aux acquêts. Douloureux, éprouvant à voir — pour ne pas dire à subir —, ce quasi huis clos est moins insupportable lorsque des amis, invités dans cet enfer domestique, sont pris à témoins par les deux belligérants. Le temps d’une seule séquence, qu’on soupçonne d’être le prétexte du film — un court-métrage aurait suffi. Pour achever la punition, on se mange ici après Camping 3 un nouveau titre de Maître Gims in extenso. Pas très charitable pour le spectateur…

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Avec "Riquet", Laurent Brethome a tout d'un grand

SCENES | Tendre et cruel, fourmillant d’inventions, le "Riquet" version Laurent Brethome est un conte pour petits et grands bouleversant de sincérité et de foi en la force naïve et sublime de l’art théâtral. Après avoir ouvert le In d’Avignon, le voici au Toboggan. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 27 octobre 2015

Avec

Il était une fois… rien du tout, en fait. Déjà chez Charles Perrault, rien ne se passait comme prévu. La fable enfantine avait du plomb dans l’aile, même si elle était empreinte d’un amour courtois et phallocrate, fatalement phallocrate. Le prince moche avait le choix d’épouser une princesse laide et intelligente ou sa sœur, belle et bête. Laurent Brethome, alors gosse vendéen suractif, en lutte contre tout et d’abord lui-même et ses tics nerveux (des "mouvements" comme disent alors joliment les médecins), y avait trouvé un miroir de son monde, pas bien sous tous rapports et dans lequel l’enfance, puisqu'elle déraille, n'a rien de sanctuarisé. Devenu trentenaire et adoubé par la critique, les programmateurs et les spectateurs (un prix Impatience du public pour Les Souffrances de Job, une longue tournée des Fourberies de Scapin qui passera d’ailleurs par Saint-Priest en décembre), Brethome n’a pas oublié sa rencontre avec cette histoire-là et a confié à son complice Antoine Herniotte le soin d’une réécriture qui s’avère piquante, drôle, directe, crue et empreinte d’une constante tendresse. Car quoi ? Quelle est donc l’histoire dans l

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Les reprises de 2015/2016

SCENES | Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

SCENES | Des spectacles à venir, "Riquet" (délesté de sa houppe) est sans conteste le plus émouvant et le plus abouti. Retour sur ce travail de Laurent Brethome qui passera par le Toboggan et tour d’horizon des propositions jeune public de la saison. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 9 septembre 2015

Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

C’est quoi être différent ? Comment faire avec ce qui manque ? La beauté pour cette fille laide mais intelligente, la jugeote pour sa ravissante sœur, que leur père fatigué de porter la couronne veut marier à un prince repoussant ? De toutes ces aspérités handicapantes, il émane une humanité qu’Antoine Herniotte a su magnifiquement retranscrire dans son adaptation de Riquet et que Laurent Brethome a transposé sur le plateau en éléments très concrets. Les robes de princesse sont en papier froissé, le château se dessine en direct, les baguettes magiques sont des brosses à WC... À cette apparente économie de moyens correspond une débauche de créativité et, surtout, un goût pour une forme artisanale de théâtre qui ramène à des émotions très enfantines. Invité à ouvrir rien moins que le In d’Avignon cet été, Brethome a une nouvelle fois livré un spectacle très organique (la peinture dans Les Souffrances de Job, l'eau dans

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The Search

ECRANS | De Michel Hazanavicius (Fr, 2h14) avec Bérénice Bejo, Annette Bening, Maxim Emelianov…

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

The Search

Mal accueilli à Cannes, judicieusement remonté depuis, The Search prouve que son cinéaste, Michel Hazanavicius, possède un très estimable appétit de cinéma. Après le triomphe de son néo-muet The Artist, il signe le remake d’un mélodrame éponyme de Fred Zinnemann, qu’il réinscrit dans le cadre de la deuxième guerre de Tchétchénie en 1999. En parallèle, on suit deux destins : l’errance d’un enfant dont les parents ont été massacrés sous ses yeux par l’armée russe recueilli par une chargée de mission de l’Union Européenne, et un jeune un peu paumé que ladite armée va transformer en machine de guerre. On ne révèlera pas ce qui les réunit, tant il s’agit d’un des tours de force de The Search. L’autre, c’est la sécheresse avec laquelle Hazanavicius parvient à raconter son histoire, différant longuement la montée émotionnelle pour s’en tenir à un classicisme bienvenu et efficace. Peu de musique externe, une volonté de trouver la bonne distance face aux événements et de ne pas chercher la fresque mais plutôt le désarroi qui émane des ruines ou des colonnes

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Laurent Brethome mène Scapin à bon port

SCENES | On l’avait laissé ce printemps avec un épatant travail avec les élèves du Conservatoire de Lyon ("Massacre à Paris"), revoici Laurent Brethome qui rend aux "Fourberies de Scapin" leur noirceur, nous entraînant dans les bas-fonds portuaires armé d’une solide équipe de comédiens. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 7 octobre 2014

Laurent Brethome mène Scapin à bon port

Mille fois joué, vu, lu, Molière est inaltérable. Sa langue et son sens de l’intrigue subjuguent encore, en particulier dans cette comédie entre fils de bonne famille. Laurent Brethome, qui n’en est pas à sa première adaptation d'un classique (Bérénice, On purge bébé), a su en saisir la noirceur sans pour autant condamner – bien au contraire – la farce. Nous voici donc au cœur des docks (à l'origine, l'action se déroule à Naples), entre des cubes métalliques, un brouillard comme émanant d’une mer proche qu’on imagine sans peine. Un décor aux abords duquel Calais et ses camps de migrants ne dépareilleraient pas. Octave voudrait épouser Hyacinthe, mais est promis par son père à une autre. Léandre, lui aussi est empêché par son paternel de se marier à la soi-disant gitane Zerbinette. Au milieu Scapin œuvre pour la paix des ménages en maniant la batte de baseball. Surgit de leurs dialogues non pas une pantalonnade, mais bien le côté obscur de ces pères tout puissants, fussent-ils habillés comme les bandits modernes de la finance (Argante) ou, plus négligemment, comme des dandys ratés (Géronte), leur avarice et leurs petits arrangements avec la justice, corr

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Le Dernier diamant

ECRANS | D’Éric Barbier (Fr, 1h45) avec Yvan Attal, Bérénice Béjo…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Le Dernier diamant

Dans la grande poubelle à films foireux du mois d’avril, Le Dernier diamant est un exemple fascinant : ce film d’arnaque à la française où un escroc fraîchement libéré de prison tente de dérober un diamant inestimable à une riche héritière révèle, même au moins attentif des spectateurs, sa fabrication chaotique. Il démarre comme une comédie policière enlevée façon Ocean’s eleven et s’achève dans un bain de sang à la Johnnie To ; les dialogues — surtout ceux de Bérénice Béjo, qui grille en un rôle toute la crédibilité acquise chez Hazanavicius et Farhadi — sont grotesques de sérieux explicatif, comme le scénario qui récapitule sans cesse l’intrigue pour les mal-comprenants, jusqu’à une scène où des révélations top confidentielles se font au milieu d’un parc public — super discret, donc. Mais le plus incroyable reste le montage hystérique du film, aussi vain qu’épuisant, qui vient compenser la mollesse manifeste d’une mise en scène accumulant les gros plans jusqu’à la nausée. Éric Barbier a longtemps été considéré comme le cinéaste maudit de la génération IDHEC — celle de Desplechin, Rochant, Ferran… En fait, après cette daube hallucinante, on se

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Classe sup’

SCENES | Pétaradante, précise et inventive, la nouvelle promotion du Conservatoire présente le très casse-gueule et ambitieux "Massacre à Paris", mis en scène par un Laurent Brethome plus convaincant que jamais. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 12 mars 2014

Classe sup’

Au commencement était le COP-spé, acronyme barbare désignant le Cycle d’Orientation Professionnelle spécialisée du Conservatoire de Lyon, une classe unique en son genre. Le comédien Philippe Sire l’a imaginée il y a de cela huit ans pour des élèves qui envisagent un avenir professionnel dans le spectacle vivant. Les précédentes promotions ont accouché de La Meute, du collectif Bis – deux des toutes meilleures compagnies actuelles en Rhône-Alpes – et d’un groupe adoubé et embauché par Gwenael Morin dans son Théâtre du Point du jour. C’est dire la pression qui repose sur les épaules des douze étudiants actuels à l’heure de faire leurs premières preuves. Pari réussi haut la main cette semaine au Théâtre de l’Elysée. Non contents d’être attendus au tournant, ils devaient en plus recevoir en héritage un texte marqué à tout jamais du sceau de Patrice Chéreau qui, tout jeune, l'a mis en scène pour l'ouverture du TNP à Villeurbanne au printemps 1972 - les images de la scénographie expressionniste et démesurée de Richard Peduzzi ornent encore les murs du théâtre. Potentiellement encombrante, l’ombre du maître n’a pas effrayé la juvénile équipe, les élèves endossant avec fluidité,

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La relève

SCENES | C’est une date qui compte dans l’histoire du théâtre : en mai 1972, en montant Massacre à Paris, texte de Christopher Marlowe ancré dans la nuit de la (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

La relève

C’est une date qui compte dans l’histoire du théâtre : en mai 1972, en montant Massacre à Paris, texte de Christopher Marlowe ancré dans la nuit de la Saint-Barthélémy, Patrice Chéreau ouvrait le bal de l’aventure du TNP, tout juste transféré de Chaillot dans les murs du Théâtre de la Cité à Villeurbanne, que Planchon dirigeait alors. Une pièce que la plupart d'entre nous sont trop jeunes pour avoir vue mais dont la scénographie, signée Richard Peduzzi et immortalisée en photo, imprime fortement les rétines. Cette semaine et jusqu’au samedi 15 mars, au Théâtre de l’Elysée, Laurent Brethome tisse, en reprenant ce texte, un lien filial fort entre le metteur en scène récemment disparu et la jeune promotion du cycle d’orientation professionnelle spécialisée du Conservatoire de Lyon. Des élèves passionnés, issus de formations et zones géographiques éclatées, qui personnalisent la vitalité à nulle autre pareille de cet établissement en prise directe avec le plateau : deux d’entre eux ont monté un lieu d’expérimentation dans le 8e, Le Plongeoir, tandis que La Meute et le Collectif Bis, soit ce qui se fait de plus vif en ce moment dans le jeune théâtre lyonna

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Le Passé

ECRANS | Pour son premier film tourné hors d’Iran, Asghar Farhadi prouve à nouveau qu’il est un des cinéastes importants apparus durant la dernière décennie. Mais ce drame du non-dit et du malentendu souffre de la virtuosité de son auteur, un peu trop sûr de son talent. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 18 mai 2013

Le Passé

Il n’aura pas fallu longtemps à Asghar Farhadi pour devenir la star du cinéma d’auteur mondial. Découvert par les cinéphiles avec le très fort A propos d’Elly, puis couvert de récompenses — ours d’or, césar, oscar — et adoubé par le grand public pour Une séparation, le voilà qui quitte son Iran natal pour tenter l’aventure en français dans le texte avec Le Passé. Il faut rappeler ce qui a fait la force du cinéma de Farhadi : une vision inédite des classes moyennes iraniennes, dont les cas de conscience exposés dans des récits puissants et brillamment construits avaient quelque chose d’universel, et que le cinéaste parvenait à faire vivre grâce à des mises en scènes tendues comme des thrillers. Le Passé peut d’abord  se regarder comme un grand jeu des sept erreurs : qu’est-ce qui reste du Farhadi iranien dans sa version française, et qu’est-ce qui s’en écarte ? La classe moyenne est toujours au centre du récit, mais comme une donnée presque routinière, et le choc des cultures entre un mari iranien et sa femme française, qui plus est vivant avec un nouvel amant d’origine algérienn

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The Artist

ECRANS | Hommage déférent et fétichiste au cinéma muet hollywoodien, le nouveau film de Michel Hazanavicius échoue à dépasser son maniérisme pour raconter une histoire forte et attachante, et la fantaisie de départ se transforme en cours de route en ennui. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 6 octobre 2011

The Artist

The Artist commence par un tour de force très impressionnant : nous regardons un film muet avec dans le rôle de la star Georges Valentin. C’est une comédie un peu inepte, mais le pastiche est réussi. Le rideau se ferme, le cadre s’élargit et l’on découvre les spectateurs du film. Et là, stupeur, leurs applaudissements ne produisent aucun son. Astucieuse mise en abyme qui permet à Michel Hazanavicius de justifier instantanément le postulat arbitraire de The Artist : faire en 2011 un film à la manière des muets hollywoodiens des années 30. La période n’est pas innocente, car il s’agit du moment où le parlant va faire son apparition, balayant ainsi toute une génération de comédiens incapables de s’adapter à cette révolution dans leurs codes de jeu. Si Chantons sous la pluie de Stanley Donen envisageait la chose du point de vue des metteurs en scène, si Sunset boulevard en inspectait les conséquences tardives et névrotiques chez une star persuadée qu’elle pouvait encore faire son come back, The Artist saisit le désa

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Toute première fois

SCENES | Théâtre / Laurent Brethome propose son premier grand classique au Théâtre de Villefranche-sur-Saône, Bérénice. «Une leçon d’humilité», pour le jeune metteur en scène. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 10 janvier 2011

Toute première fois

Au sortir du premier «bout-à-bout» du «Bérénice» signé Laurent Brethome, une question se pose : où sont donc passées les «brethomeries» auxquelles nous avaient habituées le jeune metteur en scène ? Peu de «matières» déversées sur scène, des corps pudiques, des acteurs tout en retenue… «Avec l’équipe, nous avons fait de multiples tentatives, mais en multipliant les effets, je me suis aperçu que l’on perdait l’essentiel : le texte de Racine. Bérénice est une leçon d’humilité». Un texte exigeant, difficile à apprivoiser et qui rend les artifices vains dans le meilleur des cas, ridicules dans les pires. Car dans Bérénice, il n’y a que la parole : celle contenue pendant de longues années de l’amant ignoré, celle que Titus refuse de prononcer, celle que Bérénice ne veut pas entendre. On menace souvent de partir dans cette pièce, pourtant les acteurs de cette tragédie ne bougent pas, comme condamnés à dire indéfiniment leur malheur dont la mort ne viendra jamais les soulager. Alors Brethome a souhaité se concentrer sur cette parole, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à demander aux acteurs de «déposer» le texte comme un fardeau dont ils ne supporteraient plus le poids. «Llorando por tu amor»

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«Un théâtre de l’insolence»

SCENES | Entretien / Laurent Brethome et Philippe Sire de la Compagnie Le menteur volontaire se présentent en duo pour succéder à Philippe Faure. Propos recueillis par DA

Dorotée Aznar | Jeudi 2 décembre 2010

«Un théâtre de l’insolence»

Petit Bulletin : Laurent Brethome, pourquoi voulez-vous diriger la Croix-Rousse ?Laurent Brethome : Le Théâtre de la Croix-Rousse, c’est un théâtre et une équipe que je connais bien pour y avoir eu mes premiers succès et y avoir développé un important travail d’action culturelle, que ce soit l’animation d’ateliers amateurs, des présentations de chantiers, un travail en milieu carcéral… On vous a incité à postuler ?Laurent Brethome : Je termine mes trois années de résidence au Théâtre de Villefranche. Depuis quelques mois et plus particulièrement depuis les récents succès de mon travail au niveau national, je reçois des encouragements à postuler pour la direction d’un lieu. Mon attachement à Lyon et la possibilité de poursuivre ma collaboration avec Philippe Sire à travers un projet ambitieux et militant m’encouragent à présenter cette candidature. C’est ce lieu en particulier qui vous intéresse ?Laurent Brethome : J’ai songé à postuler à la direction du CDN de Poitiers, mais je n’en avais pas vraiment envie. J’ai un lien très fort avec le Théâtre de la Croix-Rousse, c’est ce lieu en particulier qui m’intéresse effectivement.

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Claques gratuites

SCENES | Théâtre / Nous sommes chez Job, un riche homme d’affaires. Le festin s’achève à peine que les messagers se succèdent pour annoncer à Job une succession de (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 3 mars 2010

Claques gratuites

Théâtre / Nous sommes chez Job, un riche homme d’affaires. Le festin s’achève à peine que les messagers se succèdent pour annoncer à Job une succession de catastrophes. Sans explication, il va tout perdre : ses richesses, ses enfants, la santé, la vie. S’il est question de Dieu, il n’y a pourtant pas de rédemption dans «Les Souffrances de Job» du dramaturge israélien Hanokh Levin. Ici, on ne fait que s'enfoncer toujours plus profond, l’acmé n’est jamais atteint, la souffrance n’a d’autre explication et d’autre but que la souffrance. La pièce est à l’image du supplice du pal auquel Job sera soumis. Quand on s'élève, c'est pour mourir, quand on s'approche du ciel, c'est pour constater qu'il est désespérément vide. Levin triture le poème biblique, l’actualise et nous livre une œuvre noire, violente, sans issue. Qu’y a-t-il après la mort ? Son exploitation commerciale : la mort en direct. Le drame et la farce, l’horreur et le rire, tout est chez Levin. Pour faire entendre le texte, le jeune metteur en scène Laurent Brethome a choisi de travailler essentiellement «par allusions». Pas de violence intolérable sur scène.

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«S’adresser aux intestins du spectateur»

SCENES | Entretien / Laurent Brethome fait partie de ces jeunes metteurs en scène talentueux qui délivrent un véritable discours d’artiste sur leur travail. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Mercredi 3 mars 2010

«S’adresser aux intestins du spectateur»

Petit Bulletin : "Les Souffrances de Job", réinterprétation théâtrale du mythe biblique par Hanokh Levin (l’un des plus grands auteurs contemporains israéliens), était un texte réputé immontable…Laurent Brethome : C’est effectivement ce qu’on m’a renvoyé pendant trois ans. C’était un défi de mettre en scène cette pièce très baroque et épique, qui mélange tous les genres théâtraux. Pour dire à quel point elle pose question : elle n’a jamais été montée ailleurs qu’en Israël. Il y a un programmateur à Lyon qui m’a dit : "j’ai envie de soutenir ton travail et ta compagnie, mais pas sur un texte comme ça, trop violent, qui fait peur. Je ne sais pas comment va réagir mon public" – j’adore d’ailleurs quand les programmateurs disent : "mon public" ! Pour moi, aujourd’hui, il y a ce qui fait œuvre, et ce qui est de l’ordre de la production. Soit on s’adresse à des spectateurs, soit on s’adresse à des consommateurs. Il est clair que Les Souffrances de Job s’adresse à des spectateurs et fait œuvre : c’est un texte radical, une vision de l’être humain carnassière, violente mais malheureusement très vraie. C’est donc un spectacle qui dérange, mais en bien puisque la majorité d

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Fais dodo caca mon bébé

SCENES | Théâtre / En re-création, On purge bébé s’autorise un ravalement de façade et un coup de jeune pour prouver que Feydeau n’a pas sombré dans la naphtaline du théâtre de grand-mère. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 20 février 2009

Fais dodo caca mon bébé

Le metteur en scène Laurent Brethome dit de son décor qu’il est «clean façon Ikéa». Certes il y a bien deux, trois chaises repérées dans le catalogue mais elles jonchent le sol et sont amputées de leurs pieds ou de leurs barreaux. Le curseur du dérèglement est là : haut placé. Ça commence comme un Feydeau, diction bien articulée et mise en place de l’intrigue trop simple pour être vraiment passionnante : M. Follavoine attend M. Chouilloux avec qui il espère bien signer le contrat de sa vie en vendant à l’armée française des pots de chambre en porcelaine soi-disant incassables. Rien n’aspire à la tranquillité dans un décor bancal et instable. Les portes sont présentes pour être claquées mais elles ne se referment sur rien, éparpillées qu’elles sont sur scène, tenant juste sur un portique métallique. Mme Follavoine perturbe ce rendez-vous d’affaire accoutrée dans ses dessous de satin et obsédée de voir son fils enfin avaler une purge. Passées les vingt premières minutes rappelant que Feydeau sans fantaisie serait ennuyeux, le spectacle s’accélère. L'élocution se fait plus rapide, les portes font des tours sur elles-

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Bouquet final

ECRANS | De Michel Delgado (Fr, 1h41) avec Didier Bourdon, Bérénice Béjo…

Dorotée Aznar | Vendredi 31 octobre 2008

Bouquet final

Pour ne pas finir dans la même déchéance que ses parents “artistes“ (bouh, le vilain mot), le jeune Gabriel accepte un boulot de directeur commercial dans une entreprise de pompes funèbres et doit se former auprès d’un cador de la boîte. Spectateurs français, on vous ment. Cette pseudo comédie trash, qui confond politiquement incorrect et vulgarité gratuite, n’est en fait qu’un long plaidoyer pour le sinistre conformisme ambiant, morale fumeuse à l’appui. En lieu et place de la réinterprétation promise du délicat art de l’humour noir à l’anglo-saxonne, nous n’en avons ici que son basique assaisonnement à la sauce France d’après. FC

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