Parfait équilibre

Nadja Pobel | Mercredi 3 juillet 2013

Photo : © Christophe Raynaud de Lage


Quand la prouesse physique et technique est au service d'une histoire simple et racontée sans filtre, cela donne Pour le meilleur et pour le pire, deuxième création du Cirque Aïtal, duo de haut vol composé de Victor Cathala et Kati Pikkarainen. Sous chapiteau, sur une piste en terre - la piste aux étoiles est cachée en-dessous et sera dévoilée plus tard - les deux acolytes jouent les amoureux entre disputes, réconciliations et amour infini. Sans paroles mais au rythme des chansons qui passent sur la bande FM dans leur vieille Simca 1000 rouge, ils inventent leur langage, sur la base d'une maîtrise impressionnante d'un porté spécifique, le main à la main : Kati se hisse sur son compagnon pour tendre haut l'antenne de l'auto-radio et mettre fin à ses grésillements puis, habillée en mécano, grimpe au bout d'un mât chinois bricolé à partir du pot d'échappement de la voiture, effectue des plongeons, rattrapée à la seule force des bras par Victor...

Nulle action ne vire à la démonstration de puissance, chacune constitue un élément de ce récit (quasi) muet. Lorsque Victor casse des planches en bois avec son front, c'est n'est qu'une expression de sa colère, sûrement pas un signe de virilité. Entre tendresse et spleen parfois, le Cirque Aïtal livre ainsi un spectacle d'une rare authenticité. Aucun accessoire inutile ne l'encombre. Pas de gigantisme au programme, ni d'envie d'épater la galerie. Au contraire, loin des paillettes de certains cirques, Victor et Kati ont choisi une matière organique, la terre, comme terrain de jeu. Un choix qui en dit long sur leur humilité, cette substance ne leur facilitant pas la vie : elle virevolte, leur colle aux chaussettes ou les salit vraiment lorsqu'elle est mouillée. Mais cette contrainte donne encore plus d'épaisseur à un spectacle qui ne se révèle pour autant jamais cradingue et encore moins hippie.

La lumière (comme la bande son) est même parfaitement soignée, au point que certaines scènes, irrésistiblement cinématographiques, évoquent nettement le Finlandais Aki Kaurismäki (Au loin s'en vont les nuages en tête). Sa compatriote, la petite Kati (1, 56 m, 45 kg et des airs de la Gelsomina de La Strada de Fellini), a trouvé avec Victor (1, 86 m et 103 kg) son parfait équilibre. Et vice-versa. Le splendide finale chorégraphié qui clôt Pour le meilleur et pour le pire en est l'ultime preuve.

Nadja Pobel

Pour le meilleur et pour le pire
Aux Nuits de Fourvière, jusqu'au samedi 13 juillet   


Pour le meilleur et pour le pire

Par le Cirque Aïtal
Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Aïtal, pour le meilleur

Cirque | Pas de village cirque cette année à Lacroix-Laval car l'espace est occupé par le Cirque Aïtal qui depuis quelques semaines répète in situ sa nouvelle création. Leur duo magnifique s'est agrandi. Explications.

Nadja Pobel | Mardi 26 juin 2018

Aïtal, pour le meilleur

En 2013, quand ils débarquent aux Nuits sous un chapiteau planté sur l'esplanade en contrebas de l'Odéon, ils sont la divine surprise du festival. Deux circassiens tombés du ciel s'inspirent de leur vie pour déployer leur technicité et leur douceur apprises dans l'école phare française du centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Elle, Kati Pikkarainen, s'entraîne depuis son enfance en Finlande et a migré ici pour se professionnaliser ; lui, Victor Cathala, a fait foot-étude dans le sud-ouest, intégré le GAEC familial et appris la voltige équestre non loin. De leur rencontre, naîtra un premier spectacle : La Piste là, puis Pour le meilleur et pour le pire et une famille. Ils collaborent aussi avec les géants suisses Martin Zimmermann, ils étaient à l'école ensemble, et Dimitri de Perrot sur Öper Öpis. Saison de cirque est la nouvelle étape de

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Des Nuits magiques

Nuits de Fourvière | Pour la première fois, la magie (nouvelle) fait son entrée aux Nuits de Fourvière qui accueillent Yann Frisch. Au menu de ce festival, la création mondiale de l'excellent cirque Aïtal et des maîtres de la mise en scène au service d'étudiants de grandes écoles.

Nadja Pobel | Mardi 19 juin 2018

Des Nuits magiques

Le cirque avait eu l'honneur d'ouvrir les Nuits de Fourvière 2016 qui pour la première fois de leur histoire abandonnait le théâtre au profit des canadiens des 7 Doigts de la main en lever de rideau. Un signe fort en direction de cet art qui depuis une trentaine d'années ne cesse de se réinventer. Et comme l'équipe des Nuits a, dans son ADN, la fidélité aux troupes accueillies, elle patientait pour faire revenir le Cirque Aïtal. En 2013, avec le duo Pour le meilleur et pour le pire, les deux circassiens de la compagnie avait ébloui le festival de leur technicité alliée à leur talent de récitateurs. Avec des lancés ariens, des portés, ils racontaient l'histoire d'un couple traversé par toutes les émotions. Littéralement bouleversant. Entre temps, Kati Pikkarainen et Victor Cathala ont eu deux enfants et créent aux Nuits, sous un chapiteau dans le parc de Lacroix-Laval, une fable pour neuf interprètes, quatre musiciens et cinq chevaux. Saison de cirque est pour eux une façon de mélanger tous les c

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Les Pixies aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Après Etienne Daho, Stromae et Phoenix, une quatrième tête d'affiche musicale rejoint la programmation des Nuits de Fourvière 2014 : les Pixies. La bande de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 7 janvier 2014

Les Pixies aux Nuits de Fourvière

Après Etienne Daho, Stromae et Phoenix, une quatrième tête d'affiche musicale rejoint la programmation des Nuits de Fourvière 2014 : les Pixies. La bande de Frank Black, qui préfigura le grunge à la fin des années 80 et "offrit" à David Fincher l'un des plus beaux génériques de l'histoire du cinéma, se produira le 2 juillet sur la scène du théâtre antique (mais sans Kim Deal, qui a quitté le groupe l'été dernier). Mise en vente des places le lundi 17 mars.

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The Jackson One

MUSIQUES | Visage de déesse grecque et crinière de gorgone folk, Valerie June charrie par la seule grâce de sa voix, un univers rempli de disques sans âge et de bêtes du Sud sauvage. A la croisée des chemins entre Dolly Parton et gospel ensorcelleur. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 11 juillet 2013

The Jackson One

«We got married in a fever, hotter than a pepper sprout / We've been talkin' 'bout Jackson, ever since the fire went out / I'm goin' to Jackson, I'm gonna mess around / Yeah, I'm goin' to Jackson / Look out Jackson town». On n'a jamais trop su à quelle Jackson Johnny Cash et sa femme June faisaient référence dans cet immortel duo où il s'agissait ni plus ni moins que de prendre la ville, de la mettre à ses pieds et d'y mener grande vie. Mais même s'il n'a pas écrit cette chanson – œuvre de Billy Wheeler, reprise par un autre fameux "couple" : Lee Hazlewood et Nancy Sinatra – au vu de la situation géographique de Johnny Cash, on peut sans crainte opter pour Jackson, Tennessee. Et comme l'Histoire fait bien les choses, c'est précisément là qu'a vu le jour une autre June, Valerie de son prénom, que l'on pourrait fantasmer en fruit des pérégrinations énoncées dans ladite chanson. La gamine du Tennessee a néanmoins quelque chose – et aussi quelque

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A bout de soufre

MUSIQUES | Au milieu d'une tournée dantesque dans la droite ligne du tellurique "Kveikur", les Islandais ascensionnels et sensationnels de Sigur Rós entendent bien, en quasi clôture des Nuits de Fourvière, faire trembler le Théâtre antique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 11 juillet 2013

A bout de soufre

«Le feu sous la glace». S'agissant de musique islandaise le cliché est non seulement éculé mais surtout rongé jusqu'à l'os. Et pourtant, à l'écoute des deux derniers albums de Sigur Rós, parus à quelques mois d'intervalles à peine, c'est bien la première image qui vient en tête. Surtout quand on sait que Brennisteinn, premier extrait du récent Kveikur, qui ouvre également les concerts de la tournée afférente,  signifie «soufre» et que le second a pour titre Ísjaki, soit «iceberg». Qui plus est, après le glacé et contemplatif Valtari, le groupe islandais fracasse ici thermomètres, échelle de Richter et compteurs Geiger dès les premières notes dudit Brennisteinn. Les infra-basses, semblables à celles des bandes-annonces de blockbusters qui font le bonheur des systèmes de son 5.1, rappellent sans doute aux Islandais les tremblements de terre quasi-incessants qui secouent leur pays. Entre temps, Sigur Rós a connu ce qui aurait pu

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Le grand saut

SCENES | "Pour le meilleur et pour le pire" est la pépite inattendue des Nuits de Fourvière 2013, le Cirque Aïtal, duo acrobatique formé par Victor Cathala et Kati Pikkarainen, y réussissant la prouesse d’être à la fois infiniment technique et poétique. Rencontre avec ce couple à la scène comme à la ville, qui manie comme personne l’art de l’équilibrisme. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 4 juillet 2013

Le grand saut

Vous avez des parcours très différents. Quels chemins vont ont menés au cirque ? Kati Pikkarainen : Enfant, j’ai voulu faire du cirque comme un hobby. J’ai commencé à huit ans dans une école de loisirs en Finlande, mon pays, dans une petite ville à côté de Helsinki. Et j’ai aussi été formée en Russie, car il y avait des échanges avec une école de cirque de là-bas. C’était vraiment accessible, ça ne coûtait pas cher, dans une banlieue un peu retirée... Un monsieur avait monté cette école pour sortir les enfants des rues. J’y ai rencontré mes copines, c’est devenu une passion, on faisait des spectacles chaque week-end. Vers treize ans, ces spectacles sont devenus plus professionnels et à seize, j’étais convaincue que je voulais en faire mon métier. Mais je ne savais pas vraiment comment m’y prendre. J’avais par ailleurs du mal à me concentrer à l’école, j’étais un peu paumée. Puis un de mes enseignants de cirque, un Français, m’a dit qu’il y avait de bonnes écoles où décrocher un diplôme en France et à Montréal. J’ai choisi la France car il y avait une école d’état qui ne coûtait rien, le CNAC [Centre

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Léger, léger

SCENES | Dans le cadre des Nuits de Fourvière et pour célébrer ses trente ans, le Cirque Plume investit le Parc de Parilly durant un mois avec "Tempus fugit ?", une décevante succession de numéros sans âme ni génie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 1 juillet 2013

Léger, léger

Jusqu'au début du mois d'août, le Cirque Plume offre les premières représentations mondiales (à part un rodage à domicile, à Besançon) de sa nouvelle création, Tempus fugit ?, à un public lyonnais qui le lui rend bien : près de mille personnes chaque soir, vingt-neuf dates complètes auxquelles s’en sont rajoutées deux... Pourtant, force est de constater que le résultat est loin d’être à la hauteur de l’événement. Et c’est d’autant plus flagrant que l’offre en nouveau cirque n’a jamais été aussi dense dans l’agglomération lyonnaise, à commencer par ce que proposent les Nuits de Fourvière, justement : le collectif Les 7 doigts de la main les années précédentes, le très bon Opus cette année (par Circa et le Quatuor Debussy) et l’excellent Pour le meilleur et pour le pire par le Cirque Aïtal. Le festival UtoPistes des Célestins a aussi permis ces derniers jours de revoir les fascinants Yoann Bourgeois et Mathurin Bolze (Nuage) en plein air ou d

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A la folie

MUSIQUES | La folie douce ne semble pas décidée à déserter, après trente-quatre ans de carrière, la musique des forts bien nommés Madness, increvables figures de proue du ska britannique – et mondial. Pas plus que l'enthousiasme ne menace de quitter une formation jamais aussi redoutable qu'en live. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 juin 2013

A la folie

Oui oui si si ja ja da da. Si un groupe voulait, avec toute la force de conviction qui le caractérise, montrer à quel point il voit depuis toujours les choses de manière positive, il ne s'y serait pas pris autrement que Madness. En baptisant ainsi son dernier album, la troupe du chanteur Suggs entend ainsi faire passer dans toutes les langues un message vieux de trente ans et plus. De leur ska originel, il ne reste pas grand chose ou, disons, beaucoup plus que cela. Peut-être parce que Madness – nom hérité d'un titre du Jamaïcain Prince Buster – est avant tout un grand groupe pop, qui au fil des années s'est goinfré, avec une gourmandise non feinte, de tous les styles passant à sa portée : on y croise reggae (normal, atavique), ambiances kinksiennes, mambo, northern soul et même mariachis. Avec ce tour de force que l'ensemble demeure, bien entendu, indécrottablement british, ne serait-ce que par son sens de l'humour, et estampillé rude boys, du nom de ces gam

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À Fourvière exactement

SCENES | Emmanuel Daumas donne une seconde vie à "Anna", téléfilm culte de Pierre Koralnik diffusé en 1967. Exit Jean-Claude Brialy et Anna Karina (mais pas Serge Gainsbourg, auteur de la mythique bande son de cette histoire d'amour évitée) et place à d’anciens élèves de l’ENSATT, dont Cécile de France. En attendant de l'entendre interpréter "Sous le soleil exactement", entretien avec le metteur en scène et coup d'oeil sur les répétitions. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 20 juin 2013

À Fourvière exactement

, D’où vient cette idée d’adapter le téléfilm Anna à la scène ? C’est une commande des Nuits de Fourvière ?Emmanuel Daumas : Au départ c’est Jean-Marc Ghanassia [agent et producteur, NdlR] qui a eu l’idée. Quand il me l’a soumise, je ne connaissais pas le téléfilm, mais j’avais beaucoup écouté l'album de Gainsbourg, que j’aimais et connaissais même par cœur. Ce projet m’a donc tout de suite vraiment excité et je me le suis approprié facilement. Dans le téléfilm, les deux protagonistes ne s’adressent pas la parole, ce qui est très peu théâtral. Comment peuvent-ils tenir tous les deux sur une même scène ?C’est vrai que quand on voit le film, l’idée d'en faire un spectacle musical, une espèce de concert amélioré par ces petites histoires, peut paraître étrange. Le film est déstabilisant. En revanche, quand on lit le scénario, on se rend compte qu'il est très bien construit, que ce petit conte de personnages qui s’aiment et ne se rencontrent pas est efficace. J’ai pensé qu’on aurait beaucoup d’éléments à transformer ou de choses à ajouter mais

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A la Cave comme au ciel

MUSIQUES | Sous la voûte céleste de Fourvière, Nick Cave et ses mauvaises graines vont tenter, le 27 juillet, de repousser les limites du ciel aux commandes d'un album bouleversant : le bien nommé "Push the Sky Away". Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mardi 18 juin 2013

A la Cave comme au ciel

C'est sans conteste l'un des événements de l'année : la venue à Fourvière de Nick Cave et de ses Bad Seeds, en pleine tournée de Push the Sky Away. Un titre qui sied bien aux circonstances dans lesquelles l'Australien et son groupe vont jouer - sous la voûte étoilée, mais s'il pleut il sera bienvenu de demander au ciel de se pousser un peu. Un titre qui pourrait aussi faire office de résumé d'une carrière ayant toujours repoussé les limites, et même de testament, façon de dire au ciel : «pousse-toi de là et fais moi une petite place dans ton panthéon». Push the Sky Away ressemble en effet à une splendide veillée funèbre, à un dernier gospel – le sublime Wild Lovely Eyes, à un dialogue avec des puissances qui nous dépassent, à une murder ballad dont Cave serait le personnage principal – ce Water's Edge qui résonne du mythique Mercy Seat, merveilleusement repris en son temps par Johnny Cash et donne

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Nueva York

MUSIQUES | Du Spanish Harlem Orchestra à Marc Ribot en passant par le cintré Kid Creole, ce sont trois facettes de la très vivace tradition latino de New-York qu'entendent nous faire découvrir les Nuits de Fourvière. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 juin 2013

Nueva York

Incarnation moderne linguistique et sociologique autant que culturelle de la Babel antique, New York aura été bien plus qu'une des capitales mondiales de la contre-culture, des beats, du folk, du punk, du free jazz, du hip hop et de nombreux courants underground. La Grosse Pomme est aussi le creuset d'un métissage culturel et artistique, hérité de ses différentes vagues d'immigrations, et notamment le berceau de la salsa, musique au croisement des rythmes traditionnels cubains (mambo, guaracha et surtout son montuno...) et porto-ricains (bomba, plena...), emportés dans leurs valises par des hispaniques installés dans Spanish Harlem, ancien quartier...italien d'East Harlem. Devenu un terme générique aux multiples variantes, la salsa est le symbole de la vivacité des musiques latino. Mais elle compte aussi, parmi la jeune génération de "nuyoricains", ces New-yorkais d'origine porto-ricaines, quelques gardiens de la tradition. C'est le cas, comme l'indique le titre de l'album Viva la Tradicion !, du Spanish Harlem Orchestra, né dans le "barrio" d'East Harlem – même si partir en quête de tradition séminale da

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"Remember Attica !"

MUSIQUES | A 76 ans, le protée jazz Archie Shepp convie son big band sur la scène du Théâtre Antique pour jouer une pièce essentielle de l'Histoire – musicale mais pas seulement – américaine : "Attica Blues", sorti en 1972, un brasier de "Great Black Music" né des cendres de l'un des plus tristes et sanglants épisodes du militantisme noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 juin 2013

Qui a vu Un Après-midi de Chien (A Dogday Afternoon) de Sidney Lumet se souvient sans doute de cette scène où Al Pacino, campant Sonny Wortzik, un braqueur de banque aux abois, tient tête à des forces de l'ordre tétanisées par son charisme exalté. Ralliant les badauds à sa cause au cri d'«Attica ! Attica ! Remember Attica !». Si le film sort en 1975, il se déroule en 1972 et s'inspire d'un fait divers survenu à Brooklyn cette même année. Or en 1972, les trois syllabes «A-tti-ca !» forment à la fois le cri de ralliement et le symbole d'une lutte contre le pouvoir au croisement du pacifisme et de l'antiracisme ; du Weather Underground, mouvement gauchiste particulièrement radical, aux Black Panthers. Réputé pour accueillir certains des détenus les plus dangereux des Etats-Unis et nombre de dissidents politiques, le centre correctionnel d'Attica devient mondialement célèbre le 9 septembre 1971. Quelques jours plus tôt, menés par le militant d'extrême-gauche Sam Melville les détenus entreprennent une grève du... petit-déjeuner, suite à la mort du Black Panther George Jackson – auque

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Orchestral Manoeuvre in the Dark

MUSIQUES | «Quand un vrai génie paraît en ce monde, on peut le reconnaître à ce signe que tous les imbéciles sont ligués contre lui» écrivait le bon Jonathan Swift dans Pensées (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 mai 2013

Orchestral Manoeuvre in the Dark

«Quand un vrai génie paraît en ce monde, on peut le reconnaître à ce signe que tous les imbéciles sont ligués contre lui» écrivait le bon Jonathan Swift dans Pensées sur divers sujets, moraux et divertissants. Si l'on s'en tient là, se pose alors le cas du Lyonnais Woodkid dont le sobriquet est devenu sur les réseaux sociaux une insulte («Va donc hé, Woodkid !»). Mais faire de lui un génie précisément pour cette raison, aussi respectueux que l'on soit des fulgurances de l'auteur de Gulliver, serait infiniment malhonnête. Certes les orchestrations sombres et galopantes de The Golden Age vous chopent assez facilement par le col mais pour ne pas vous emmener bien loin. Le problème étant que ces dernières constituent la colonne vertébrale de morceaux dont elles ne devraient être que l'habit d'apparat. Tout y est donc monté à l'envers et là où beaucoup d'albums se dévoilent avec le temps, The Golden Age est une sorte d'illustration musicale de l'obsolescence programmée : au fil des écoutes, l'envie se désagrège. On sait – pour l'avoir vu – qu'un Antony Hegarty – passé deux f

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Nuits de Fourvière - En attendant la prog

MUSIQUES | En attendant de savoir qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 22 mars 2013

Nuits de Fourvière - En attendant la prog

En attendant de savoir qui, à l'instar de M (13 juin), Dead Can Dance (27 juin), Crosby, Stills & Nash (16 juillet) et Nick Cave (27 juillet), aura cet été l'insigne honneur d'être enseveli sous des coussins – au contraire du Cirque Plume qui, pour rappel, investira le Parc de Parilly du 28 juin au 1er août, Géraldine Mercier, sécrétaire générale des Nuits de Fourvière, nous dit deux mots de ce qui vous attend. Benjamin Mialot & Nadja Pobel

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Le Cirque Plume à Fourvière

SCENES | Le Cirque Plume, troupe franc-comtoise qui depuis trente ans mêle comme aucune autre virtuosité et poésie, fête en 2013 ses trente années d'activité avec Tempus (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 janvier 2013

Le Cirque Plume à Fourvière

Le Cirque Plume, troupe franc-comtoise qui depuis trente ans mêle comme aucune autre virtuosité et poésie, fête en 2013 ses trente années d'activité avec Tempus Fugit, oeuvre musicale et acrobatique sur le temps et la mémoire. Après Besançon, c'est Lyon qui en aura la primeur dans le cadre des Nuits de Fourvière. Le festival accueillera en effet le spectacle du 28 jun au 1er août au Parc de Parilly, là où Zingaro avait installé son écurie mobile l'an passé. Les places sont d'ores et déjà en vente à l'adresse suivante : http://www.nuitsdefourviere.com

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