Pommerat refait les contes

SCENES | Plus de deux ans après sa création, "Cendrillon", enfin, passe par la région lyonnaise. Pièce maîtresse de l’œuvre de Joël Pommerat, ce conte, ici plus fantastique que merveilleux, décline ce qui intéresse tant l’incontournable metteur en scène : tenter d’être soi dans un monde hostile. Une réussite totale et inoubliable. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

Photo : ©CiciOlsson


«Ta mère est morte. Ta mère est morte. Comme ça maintenant tu sais et tu vas pouvoir passer à autre chose. Et puis ce soir par exemple rester avec moi. Je suis pas ta mère mais je suis pas mal comme personne. J'ai des trucs de différent d'une mère qui sont intéressants aussi». Voilà ce que se racontent Cendrillon et le jeune prince lorsqu'ils se rencontrent. Pour le glamour, la tendresse et les étoiles dans les yeux, Joël Pommerat passe son tour. Tant mieux : en ôtant toute mièvrerie au conte originel, en le cognant au réel, il le transforme en un objet totalement bouleversant qui, lors de sa création, a laissé les yeux humides à plus de la moitié de salle. Du jamais vu pour ce qui nous concerne.

«Ecrivain de spectacles», comme il aime se définir, Pommerat connaît depuis plus de dix ans un succès inédit dans le théâtre français, jouant à guichet fermé partout où il passe. Et il passe partout. Le seul cap qu'il s'était d'ailleurs fixé en renonçant à faire du cinéma, constatant qu'il ne pourrait jamais faire comme son héros David Lynch, était de créer une pièce par an et de la faire jouer à chaque fois le plus longtemps possible. Pari réussi cette saison : six pièces se baladent en France pour pas moins de 245 dates, dont Une année sans été (pour la première fois depuis longtemps, il s'agit du texte d'un autre que lui, en l'occurrence d'une autre, Catherine Anne), bientôt aux Ateliers Berthier du théâtre parisien de l'Odéon, où sa résidence de trois ans va se terminer, avant qu'il ne soit associé dès la rentrée à Philippe Quesne aux Amandiers de Nanterre.

Cendrillon, quant à elle, est une pièce qui trouve parfaitement sa cohérence dans son parcours mais qui, exceptionnellement, n'est pas interprétée par sa troupe fidèle. Et pour cause : créee au Théâtre National de Bruxelles, ce sont des acteurs d'Outre-Quiévrain qui se glissent avec un talent absolu dans ses personnages heurtés.

Connais-toi toi-même

Après Le Petit Chaperon rouge en 2004 et Pinocchio en 2008, Pommerat poursuit donc son investigation des contes, qu'il envisage autant comme des spectacles pour adultes que ses fables sociales (Les Marchands, Je tremble, Ma chambre froide, La Grande et Fabuleuse Histoire du commerce, La Réunification des deux Corées…). Mais si toute la dialectique du conte traditionnel s'attache à faire naître une histoire d'amour entre des jeunes gens pour qu'ils accèdent à l'état d'adultes, Joël Pommerat place lui son curseur sur la douleur originelle de ses protagonistes principaux.

Cendrillon, qui se nomme d'ailleurs Sandra - et est méchamment surnommée Cendrier, car elle sent la clope de son père - croit que, dans son dernier souffle, sa mère lui a intimé de ne jamais oublier de penser à elle, sans quoi elle mourrait pour de bon. Affublée d'une grosse montre fuchsia, qui sonne un air strident de «à vous dirais-je maman», elle donne l'impression d'accepter les brimades de sa salle belle-mère et de ses horripilantes filles. Mieux, elle s'acquitte volontiers des tâches ingrates. Mais sa bonté apparente n'est pas gratuite. Ce comportement masochiste lui permet en fait de se délester de sa culpabilité de ne pas avoir assez aimé sa mère : «si ça se trouve je suis une vraie salope et j'ai oublié de penser à ma mère pendant je ne sais pas combien de temps…». Le conte n'est pas binaire et surtout pas lissé chez Pommerat. Les mots sont crus, souvent grossiers, et fréquemment drôles aussi. La fée a perdu ses pouvoirs et sa splendeur, elle fume comme un pompier et «s'emmerde depuis trois cents ans». Incapable de fabriquer un habit de princesse pour se rendre à la fête-karaoké du prince (adieu le bal !), elle pousse tout de même la jeune fille à accepter la mort de mère, au terme de rites initiatiques typiques des contes mais eux aussi malmenés. A moins de les percevoir pour ce qu'ils sont : des passages douloureux mais libérateurs. La jeune fille, enserrée par un corset, finira ainsi par s'en défaire. Et tant pis si la fin ne s'accompagne pas de promesse romantique type «ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants». Car l'apaisement de Cendrillon n'est pas d'avoir rencontré le prince charmant mais de s'être trouvée elle-même en se confrontant au jeune homme.

Karaoké princier

De l'onirisme du conte à la rude réalité de la perte d'un parent, le spectre est large pour rendre en images et en sons le parcours de Sandra (parfaite Deborah Rouach, aux allures et intonations d'Anouk Grinberg). Travaillant à même le plateau à partir de quelques notes, Joël Pommerat a imaginé avec Eric Soyer (scénographie et lumières) et François Leymarie (son) une boîte noire tour à tour cave, lieu de fête ou maison vitrée contre les parois desquelles se cognent des oiseaux hitchcockiens. La vidéo, discrète mais très présente, permet d'esquisser différents plans et une profondeur qui dit d'où revient la petite héroïne.

Loin d'être terne, ce spectacle est comme toutes les très bonnes œuvres des grands artistes : il creuse le même sillon que les autres créations, mais d'une manière légèrement différente, aboutissant à une unité remarquable. Pommerat a pour constante cette volonté de raconter une histoire, d'inviter explicitement par une voix-off les spectateurs à entrer dans un imaginaire suffisamment universel pour que chacun puisse y retrouver des moments très personnels. Les mots de Cat Stevens et de son Father and Son, chantés maladroitement par un petit prince rabougri et laid, prennent soudain une dimension majestueuse. «De la magie magique» et non «de la magie amateur», comme le dit plus tôt Cendrillon à la fée.

Cendrillon
Au TNP, du jeudi 13 au samedi 22 mars


Cendrillon

D'après le mythe de Cendrillon, écrit et ms Joël Pommerat, 1h30. Une petite fille n'a pas bien entendu les derniers mots qu'a prononcé sa mère avant de mourir. Elle croit qu'elle doit penser à elle sans cesse et règle l'alarme sur sa montre pour ne jamais l'oublier
Théâtre National Populaire 8 place Lazare-Goujon Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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En raison de la grève nationale du mardi 10 décembre, la première représentation prévue au TNP de Contes et légendes de Joël Pommerat est annulée. La pièce se joue néanmoins jusqu'au 21 décembre. Plus de renseignements sur le site https://www.tnp-villeurbanne.com.

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Coup de balai

Une danseuse de Ballet (de l'Opéra de Lyon) qui passe le balai (à l'Opéra), et c'est toute une métaphore ironique que met en scène la chorégraphe Maguy Marin dans Cendrillon. Ici, les rêveries de princesse et de prince, sur fond musical de Prokofiev, reviennent littéralement aux cendres de l'enfance : et c'est très logiquement que Maguy Marin revisite Cendrillon en installant sa chorégraphie dans un décor de magasin de jouets un peu poussiéreux, peuplé de "soldats de bois" (le prince par exemple), de poupées, de pantins, tous aussi maladroits qu'un enfant sans formation se lançant dans un pas de deux. Cette pièce créée en 1985 (et fruit d'une commande de l'Opéra de Lyon), bourrée de grotesque grinçant et d'une critique à peine voilée de la société de consommation, est paradoxalement devenue un tube de la danse contemporaine ! Et ne cesse, de saison en saison, d'être reprise au programme du Ballet de l'Opéra... au grand dam sans doute de ses danseurs étriqués et étouffés dans de pesants costumes. Pour celles et ceux qui ne l'aura

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Nadja Pobel | Mardi 26 janvier 2016

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Pour ceux dont les souvenirs remonteraient aux vieilles années du lycée, il y a urgence à réentendre ce texte. Plus puissant que Fin de partie ou Premier amour qui tournent partout, En attendant Godot est un chef d’œuvre, parfaite alchimie entre une désespérance profonde et un espoir ultime, celui d’être ensemble, toujours, même - et surtout - face à l’inéluctable. Laurent Fréchuret n’a pas souhaité faire le malin face à ce texte-monstre, bien lui en a pris : il suit les très précises indications que Beckett a livré en didascalies et c’est dans ces contraintes qu’il trouve la liberté de rire. Pour cela, le Stéphanois a convoqué un acteur immense, Jean-Claude Bolle-Reddat. Parfait Estragon qui, entre mille autres choses, a été membre de la troupe du TNS époque Martinelli, est passé dans le décapant Prix Martin de Labiche mis en scène par Boëglin, ou a joué au cinéma sous l’œil du surdoué en surchauffe François Ozon (Une nouvelle amie). En une fraction de seconde, Bolle-Reddat est juste et il tiendra cette tension deux heu

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Nadja Pobel | Mardi 12 janvier 2016

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Quand, en avril 2005, le TNG accueille Le Petit Chaperon rouge de Joël Pommerat, le metteur en scène débarque à Lyon comme la mère de la petite fille : marchant sur la pointe des pieds, mais faisant résonner le bruit de talons invisibles. Entendez par là : il arrive le plus discrètement possible, mais fait son effet. Cette pièce est la première qu’il consacre aux enfants (suivront les sombres et néanmoins féériques Pinocchio et Cendrillon), mais il fait alors du théâtre depuis plus de dix ans et s’apprête à être invité du Festival d’Avignon l’année suivante. Acteur, il a rapidement cessé de l’être, à 23 ans, pour se lancer dans «l’écriture de spectacles» selon ses mots. Du monologue Le Chemin de Dakar en 1990 à la création des Marchands en 2006, il fait ses armes, avant de rencontrer un succès qui ne s’est plus démenti. Associé aux Bouffes du Nord puis à l’Odéon, et désormais aux Amandiers-Nanterre, il crée à un rythme effréné des pièces d’une qualité constante, qui toutes creusent les paradoxes de l’Homme et la manière dont la mécanisation du travail le broie (Les Marchands, Ma Chambre froide

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Au TNP, Joël Pommerat fait sa Révolution

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Nadja Pobel | Mardi 12 janvier 2016

Au TNP, Joël Pommerat fait sa Révolution

«Il n’y a pas de point de vue» reprochent à Ça ira les rares qui osent critiquer aujourd’hui Joël Pommerat, devenu en quinze ans une figure absolument singulière et, pour tout dire, monumentale du théâtre français actuel, de surcroît plébiscitée par les spectateurs partout sur le territoire. À Nanterre, où il est artiste associé, il a affiché complet durant tout novembre et les malchanceux dont la représentation tombait sur les deux jours d’annulation post-attentats ont dû jouer sévèrement des coudes pour rattraper au vol des billets sur Le Bon Coin. Cette supposée absence de point de vue – aucun personnage n’étant désigné comme bon ou mauvais – est en fait la preuve qu’il y en a une multitude. Tout le monde s’exprime au cours de cet épisode de l’Histoire dont le choix constitue en lui-même un acte politique fort, comme Pommerat en signe depuis ses débuts. Comme il le précise souvent, «il ne s’agit pas d’une pièce politique mais dont le sujet est la politique», soit la vie de la cité, selon l’étymologie du mot. Plutôt que de proposer un manifeste, Pommerat amène à mieux comprendre la naissance de la Révolution et même, puisqu’il n’es

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Joël Pommerat fait sa révolution

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Nadja Pobel | Mardi 5 janvier 2016

Joël Pommerat fait sa révolution

La pièce débute ce vendredi 8 janvier et elle se tiendra jusqu’au 28 au TNP, qui pour assurer une si longue série a uni ses forces à celles des Célestins. Grand bien leur en a pris, car Ça ira (1) Fin de Louis est un spectacle hors norme – que nous ne traiterons ici qu'en surface pour mieux lui accorder notre Une la semaine prochaine. Aux Amandiers à Nanterre, où il fut créé, il nous a plongé de prime abord dans une certaine incrédulité avant de nous convaincre totalement. Car pour raconter la Révolution française (jusqu'à 1792), Joël Pommerat a tout misé sur la parole et atténué ses effets scéniques, qui reposaient essentiellement sur un usage sidérant des lumières. Par ailleurs, lui qui a toujours eu un discours si grinçant sur l’aliénation au travail laisse ici s’exprimer toutes les contradictions des puissants et des faibles, ne prenant pas position. Tiède ? Au contraire. En 4h30, il montre avec brio comment, aux cours de débats passionnés, des hommes et des femmes ont tenté de rendre la société plus égale – et y sont parvenus. Sans égréner de dates-clés ni nommer de protagonistes (à l’exception de Louis), mais avec ses comédiens fidèles et son a

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Rentrée théâtre 2016 : n’ayons peur de rien

SCENES | Lancée par la venue de Joël Pommerat et Romeo Castellucci, la seconde partie de saison s’annonce dense et exigeante. Tour d’horizon de ce qui vous attend au théâtre sur les six prochains mois.

Nadja Pobel | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée théâtre 2016 : n’ayons peur de rien

D'un côté la Révolution française revue et corrigée en costard-cravate par Pommerat en 4h30 dans Ça ira (1). Fin de Louis (au TNP, co-accueil avec les Célestins dès cette semaine), de l'autre de vrais singes et des instruments SM pour reconstituer le destin tragique des Atrides dans L’Orestie (aux Célestins, co-accueil avec le TNG plus tard en janvier) du remuant et très rare Romeo Castellucci : le premier mois de l’année ne devrait pas vous laisser indemne. D’autant que s’ajoutent la nouvelle création de Michel Raskine, Quartett d’après Les Liaisons dangereuses (Célestins), pour laquelle il rappelle son duo fétiche Marief Guittier / Thomas Rortais et celle, écouteurs aux oreilles, de Joris Mathieu, l’intriguant Hikikomori (TNG) qui murmurera trois histoires différentes aux spectateurs. Aussi intranquille sera Phia Ménard, artiste transgenre associée au TNG avec son classique Vortex

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Une saison théâtrale sous le signe du politique

SCENES | Souvent taxé d’art vieillissant, le théâtre ne cesse pourtant, à l’instar des sociologues ou historiens, d’ausculter le monde contemporain. Cette saison, plusieurs auteurs décryptant la trivialité des rapports sociaux seront portés au plateau. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison théâtrale sous le signe du politique

Christine Angot le déclarait fin août au Monde : «il n’y a pas de vérité hors de la littérature». Théâtre inclus. Le festival international Sens Interdits, en prise directe avec les maux du Rwanda, des réfugiés ou de la Russie, en sera une déflagrante preuve en octobre. Plus près de nous, avec la vivacité d’un jeune homme, Michel Vinaver (88 ans) a repris la plume pour signer Bettencourt boulevard ou une histoire de France, une pièce en trente épisodes mettant au jour les rouages de la fameuse affaire. Ne surtout pas chercher dans ce texte monté par Christian Schiaretti au TNP (du 19 novembre au 19 décembre) des règlements de comptes entre un chef d’État, une milliardaire et un photographe-abuseur, des comptes-rendus judicaires ou de grands discours. Vinaver fait de ses célèbres protagonistes les personnages d’une tragédie grecque contemporaine, remontant à leurs origines et évoquant leur rapport à la judéité, montrant ainsi, loin des polémiques, comment une vieille dame absolument sénile se laisse courtiser par un bellâtre peu scrupuleux. Ce simple jeu d’influence

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La saison 2015/2016 des Célestins

ACTUS | Toujours plus internationale et comptant 8 créations et 9 co-productions, la nouvelle saison des Célestins, au cours de laquelle sa co-directrice Claudia Stavisky se mesurera au très caustique "Les Affaires sont les affaires" de Mirbeau, s'annonce prometteuse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

La saison 2015/2016 des Célestins

Belgrade, l'un de leur meilleur spectacle de la saison en cours, n'a pas encore été joué que déjà les Célestins dévoilent déjà leur programmation 2015-2016. Bien que des mastodontes nationaux et internationaux soient à l'affiche, la jeunesse s'y fait une place avec : Piscine (pas d'eau) (du 3 au 13 février), pièce trash de Mark Ravenhill et inspirée de la biographie de la photographe Nan Goldin, récemment passée (plus que furtivement) à Nuits Sonores. La metteur en scène Cécile Auxire-Marmouget travaille par ailleurs avec Claudia Stavisky sur le projet La Chose publique, médiation avec les habitants de Vaulx-en-Velin. Pour Piscine, elle a notamment convié l'excellent David Ayala, l'amant un peu rustre de En roue libre cette année. Un beau ténébreux (du 10 au 13 mars) du très précieux mais pas si populaire Julien Gracq, mis en scène par Matthieu Cruciani, déjà aux manettes de Non réconciliés de François Bégaudeau, vu à la Célestine La fidélité qui caractériste par ailleurs le théâtre permettra cette saison de revoir des artistes particuli

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La saison 2015/2016 du TNP

ACTUS | 22 spectacles dont 9 émanant de sa direction ou de ses acteurs permanents : la saison prochaine, le Théâtre National Populaire fera la part belle aux talents maison, à commencer par la création très attendue de "Bettencourt Boulevard" par Christian Schiaretti. Autre temps fort : "Ça ira", fable plus que jamais politique du maître Joël Pommerat. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 20 mai 2015

La saison 2015/2016 du TNP

L’an dernier à la même époque, Christian Schiaretti pouvait encore rêver de devenir patron de la Comédie Française, tandis que l’État et le Département supprimaient respectivement 100 000€ et 150 000€ de dotation à ce Centre National Dramatique majeur (sur un budget de presque 10M€). Depuis, le Ministère comme le Rhône ont rendu ce qu’ils avaient pris, le TNP peut rouler sur des rails paisibles. Quoique : la troupe permanente de 12 comédiens a été réduite à 6. Le coût de la vie augmentant, il faut bien faire des économies et puisqu’il n’est pas possible de baisser les frais de fonctionnement de cet énorme paquebot, ce sont les artistes qui trinquent. Mais de cette contrainte nait de l’inventivité. Le TNP proposera ainsi neuf spectacles dans lesquels des comédiens de la mini-troupe se feront metteur en scène, tout le monde travaillant de fait à flux constant. Julien Tiphaine portera à la scène La Chanson de Roland, Clément Carabédian et Clément Morinière s’attèleront au Roman de Renart, Damien Gouy au Franc-Archer de Bagnolet d’un anonyme du XVe siècle et Juliette Rizoud

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Dix incontournables pour 2014/2015

SCENES | Outre les spectacles cités dans notre gros plan et les panoramas lisibles par ailleurs, voici une dizaine de spectacles qui attisent notre curiosité ou réveillent de bons souvenirs. Bien plus, en tout cas, que les deux mastodontes avignonnais un peu fades qui passeront par là, au TNP, "Orlando" d'Olivier Py et "Le Prince de Hombourg" de Giorgio Barberio Corsetti.

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Dix incontournables pour 2014/2015

Phèdre Avec Les Serments indiscrets l’an dernier, Christophe Rauck présentait une version très personnelle, entre suavité et force, de la pièce méconnue de Marivaux. Il s’attaque maintenant au classique de Racine que tous les grands comédiens ont un jour joué dans leur vie, à commencer par Dominique Blanc sous la houlette de Patrice Chéreau. Dans ce casting-ci, on retrouvera la mythique Nada Strancar (dans le rôle de Oenone, nourrice de Phèdre), au milieu d'un décor agrègeant une nouvelle fois les apparats de l’époque Louis XIV à un univers moins propret, aux murs à nu voire lézardés. Rauck se garde de ripoliner les œuvres majeures pour mieux les révéler. Faisons-lui à nouveau confiance. Nadja Pobel Du 8 au 17 octobre aux Célestins  

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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Cendrillon

SCENES | Pour Cendrillon, sa première création en 1985 avec le ballet de Lyon, Maguy Marin ne ménage ni ses interprètes ni les fondements de la danse classique. La (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 20 décembre 2012

Cendrillon

Pour Cendrillon, sa première création en 1985 avec le ballet de Lyon, Maguy Marin ne ménage ni ses interprètes ni les fondements de la danse classique. La célèbre pièce de répertoire est transposée ici dans un univers de jouets, de pantins maladroits, de pantomime où le féerique et la naïveté le disputent à la cruauté et aux angoisses infantiles. Cendrillon est un peu godiche en esquissant ses entrechats et en se raccrochant à son balai ; son prince est un peu fade et fat dans ses mouvements aux raideurs de soldat de plomb. Maguy Marin a distillé tellement d'obstacles et de difficultés dans sa pièce que celle-ci exige paradoxalement une technique ultra-maîtrisée. Sa critique discrète de la société de consommation (ici représentée par un grand décor de magasin de jouets) et ses moqueries humoristiques vis-à-vis des mythes classiques n'ont jamais empêché le spectacle d’enthousiasmer le public, petits et grands ensemble. La musique de Prokofiev, jouée par l'orchestre de l'Opéra en direct, y est certainement aussi pour quelque chose. Jean-Emmanuel Denave Cendrillonà l'Opéra jusqu'au mardi 1er

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Prime Pommerat

SCENES | Quoi qu’il fasse, Joël Pommerat le réussit avec une virtuosité inouïe. Dans son spectacle le plus dépouillé et peut-être le moins complexe techniquement, il livre à nouveau une cinglante fable sur le monde moderne. "La Grande et fabuleuse histoire du commerce" est un chef-d’œuvre de plus dans sa singulière carrière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 9 novembre 2012

Prime Pommerat

Ainsi donc, ils se retrouvent en fin de journée, dans un basique hôtel de province après une journée de travail. Quatre hommes, représentants de commerce, accueillent un petit nouveau dans leur équipe. Comme dans le préambule d’Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin, les personnages nous sont sommairement présentés : «voilà c’est Franck, le fils de ma sœur, lui, c’est René le plus intelligent…». Et comme chez le cinéaste, Pommerat va ensuite observer ce qui grince dans la vie de ses personnages simples qu’il ne regarde jamais de haut. Ils doivent vendre, vendent et vendront. Sous le sceau de cette sainte-trinité moderne, ils ne sont plus que des machines oubliant pourquoi ils s’exécutent, trouvant même qu’en vendant à leurs clients des choses dont ils n’ont nul besoin, ils leur font une faveur ! Quand l’un d’eux est pris d’un accès de conscience, il est insulté : «communiste !» lui crient ses collègues, vieux loups rodés aux combines du métier. Puis la pièce, jusque-là baignée dans les années 60 (où Mai 68 se résume à une baisse des ventes !), bascule à

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Fable moderne

SCENES | Le cadeau d’un patron est-il vraiment un cadeau ? Travailler pour soi est-il vraiment plus épanouissant que travailler pour les autres ? Ces questions (...)

Nadja Pobel | Jeudi 22 décembre 2011

Fable moderne

Le cadeau d’un patron est-il vraiment un cadeau ? Travailler pour soi est-il vraiment plus épanouissant que travailler pour les autres ? Ces questions sont d’emblée posées dans Ma chambre froide par le boss, Blocq, qui considère ses sociétés comme ses créations. Il fait le ménage dans ses troupes et demande à deux d’entre eux de choisir qui doit garder son poste. «Un travail aujourd’hui, c’est un privilège, et un privilège, faut que ça se mérite ; c’est ça la démocratie». Sans faire de leçon partisane, Pommerat, en auscultant à quel point le travail pousse chacun dans ses derniers retranchements, livre une grande fable sociale acerbe et donc forcément politique, dans son acceptation la plus large. Quand Blocq annonce son décès imminent (une tumeur) et la cession de ses entreprises à ses employés (car il hait sa famille), il bouscule la sacro-sainte répartition simpliste des rôles dans lesquels chacun trouvaient bon an mal an son compte : patron-profiteur et employé-exploité. Il n’y a plus ni supérieur ni hiérarchie et tout se déglingue. La bonhomie d’Estelle, sur qui tout le monde se reposait avant,

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La science des rêves

SCENES | L’homme par qui la magie fait sens : l’indispensable metteur en scène Joël Pommerat ne lésine avec les artifices du théâtre pour passer à la loupe ses contemporains sans oublier de montrer leurs rêves et cauchemars. La preuve par l’exemple avec "Ma chambre froide" accueilli au TNP pendant dix jours. Portrait et critique.

Nadja Pobel | Mercredi 21 décembre 2011

La science des rêves

Joël Pommerat a cessé d’être acteur à 23 ans en 1986. Pas encore très vieux mais une évidence est là : il ne veut pas être une marionnette sur laquelle un metteur en scène tout puissant dépose un rôle préconçu. Car pour lui, l’acteur est au cœur du dispositif théâtral, le metteur en scène doit composer avec son être entier et le dépouiller de ses automatismes et de son savoir-faire. Pommerat se met alors à «écrire des spectacles». Ni metteur en scène, ni écrivain, mais bien auteur de spectacle. Ses pièces sont pourtant publiées, mais deux mois après le début des représentations car elles sont écrites au plateau, fignolées en jeu. Avec sa troupe fidèle, il fonde la compagnie Louis Brouillard au début des années 90. Ce nom, pas tout à fait anodin, donne une idée du bonhomme : «Je me dis parfois que Louis Brouillard a vraiment existé comme Louis Lumière, qu’il a inventé le théâtre et que je suis le seul à le savoir» disait-il en plaisantant récemment au micro de France Culture. Plus sérieusement, il fige ce nom à une époque où le théâtre du Soleil est omniprésent, où les jeunes compagnies prennent un nom de météo (embellie, vent…). Lui opte pour le brouil

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Cendrillon au pays des jouets

SCENES | Danse / Ils transpirent, étouffent, en bavent littéralement, les danseurs du ballet de l'Opéra derrière leurs masques à la fois poupon et étranges, et trop l'étroit (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 décembre 2010

Cendrillon au pays des jouets

Danse / Ils transpirent, étouffent, en bavent littéralement, les danseurs du ballet de l'Opéra derrière leurs masques à la fois poupon et étranges, et trop l'étroit dans leurs habits boursoufflés... Pour "Cendrillon", sa première création en 1985 avec le ballet de Lyon (avant "Grossland" en 1989, puis "Coppélia" en 1993), Maguy Marin ne ménage pas ses interprètes ni les fondements de la danse classique. «Je ne renie pas cette pièce même si elle est très loin de moi, à présent, que je ne suis plus trop dans cet esprit. Mais ça fait partie d'un processus. C'est un exercice intéressant de se confronter à une partition et un livret déjà écrits, ça permet de traverser des choses singulières et de passer entre elles pour exprimer autre chose, justement», déclarait-elle. La pièce de répertoire est transposée ici dans un univers de jouets, de pantins maladroits, de pantomime, où le féerique et la naïveté s'y disputent à la cruauté et aux angoisses infantiles. "Cendrillon" est un peu godiche en esquissant ses entrechats et en se raccrochant à son balai ; son prince est un peu fade et fat dans ses mouvements aux raideurs de soldat de plomb. Maguy Marin a inclus tellement d'obstacles et de di

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Le Cas Pommerat

SCENES | Après "Les Marchands" en novembre, le TNP accueille "Je tremble, 1 et 2", autres pièces immanquables de l'auteur et metteur en scène Joël Pommerat. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 23 avril 2010

Le Cas Pommerat

Joël Pommerat est un grand auteur de spectacles. Certes ce n'est pas nouveau (son premier grand succès date de 2004 avec "Au monde", ses premières créations remontent à 1990), mais cela ne cesse de se confirmer. En janvier, il proposait "Cercles/fictions", son dernier spectacle dans les murs décrépis du théâtre parisien des Bouffes du Nord où il est en résidence pour encore quelques mois. Cette pièce sombre et grinçante était une succession de fragments des maux du monde (la solitude, le pouvoir de l'argent, la déréliction de l'homme) affublée d'une bonne dose de fantasmagorie (l'apparition burlesque d'un cheval entre autres). C'est avec «Je tremble», en 2007, que Pommerat avait amorcé cette déconstruction du récit et projeté sur scène un Monsieur loyal que l'on retrouve dans chacun de ses spectacles. Micro en main, ce speaker accompagne le déroulé du spectacle et se moque d'un éventuel suspens qu'il annihile en annonçant sa mort au terme de la pièce. Ce qu'il y a à entendre compte autant que qu'il y a à voir. Avec «Je tremble», Pommerat s'affranchit de la narration classique et se débarrasse du décor. En fond de scène, seul un rideau rouge à paillettes habille l'espace. Ce pour

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La prophète

SCENES | Théâtre / Joël Pommerat présente au studio 24 - TNP 'Les Marchands', créé en 2006. Une fable sociale sur la misère humaine et le travail glaçante, radicale mais surtout profondément émouvante. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 5 novembre 2009

La prophète

Combien sont-ils les metteurs en scène qui en cinq minutes de spectacle à peine ont déjà marqué de leur «patte» leur travail ? Joël Pommerat est incontestablement de ceux-là. Pour qui a déjà vu ses créations («Le Petit Chaperon rouge» et «Pinocchio» sont passés par Lyon), les souvenirs affluent dès l'amorce de cette pièce, pour les autres, ils viennent de découvrir une manière radicale et enchantée de faire du théâtre. Dans «Les Marchands» et comme souvent, Joël Pommerat use du style indirect. Une voix-off raconte toutes les actions. Elle est l'amie du personnage central, mais pourrait tout aussi bien être chacun d'entre nous. Sa voix résonne deux heures durant dans une cage grise traversée de faisceaux lumineux. Pommerat dessine l'espace à l'aide de son fidèle scénographe Eric Soyer qui est aussi logiquement le responsable lumières. Quelques chaises, une table puis un meuble tentent de trouver une place dans l'appartement d'une femme désœuvrée. Elle n'a plus de travail, s'ennuie chez elle. La télévision est sa seule distraction, son lien au monde. Face au vide, elle trouve que les gens qu’elle côtoie ont des ressemblances avec sa mère décédée, elle fait d'un homme dont on ne sa

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Le Chaperon rouge mis à nu

SCENES | Joël Pommerat offre une version du Petit Chaperon rouge épurée. Retour aux fondamentaux avec ce metteur en scène au travail limpide. A voir ou à revoir au théâtre de Vénissieux. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 3 décembre 2008

Le Chaperon rouge mis à nu

Tout le monde connait l'histoire du Petit chaperon, mais Joël Pommerat décide de la raconter comme si c'était la première fois. Il fait appel à un narrateur. Debout, droit comme un piquet, un peu sombre, omniprésent. Sa voix grave énonce : «La petite fille pensait souvent à la mère de sa maman. Elle y pensait tellement souvent qu'elle demandait si c'était aujourd'hui le jour d'aller la voir». Les dialogues sont économisés. C'est pour Pommerat un artifice peu nécessaire pour donner des informations. Le narrateur raconte ; les personnages, pantins désarticulés, incarnent. Transposé dans une époque qu'on devine être la nôtre, la petite fille n'a plus de chaperon ni de rouge sur les épaules ; elle s'ennuie, s'agrippe à une mère insaisissable, happée par une autre vie. Cette mère avance mécaniquement sur le plateau, trace de longues lignes en marchant sur la pointe des pieds. Un bruitage strident accompagne ses pas d'un claquement de talon. Pommerat dessine son espace scénique comme un architecte : un carré de lumière pour espace de jeu, deux chaises et des variations d'intensités d'éclairage pour construire une forêt, dire la balade insensée de la petite fille à la recherche de sa g

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Jouissance entravée

SCENES | Théâtre / "Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants". À force de n'en entendre que la fin, on oublie que les contes pour enfants sont bien moins (...)

Dorotée Aznar | Mardi 22 avril 2008

Jouissance entravée

Théâtre / "Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants". À force de n'en entendre que la fin, on oublie que les contes pour enfants sont bien moins niais qu'il n'y paraît. Tortures physiques, solitude, injustice, abus de confiance, Joël Pommerat a choisi de garder ce qui fait l'essence du Pinocchio de Carlo Collodi. Il montre ce qui est redouté, pour mieux le mettre à distance par l'ironie et le rire, dans une version qui ne se veut pas moderne à tout prix. Certes Pommerat réécrit le conte, coupe des passages, supprime des personnages et remet quelques éléments au goût du jour (les liasses de billets ont remplacé les écus d'or), pourtant, dans son adaptation, le metteur en scène ne se débarrasse pas des accès moralisateurs et des théories éducatives discutables dont Pinocchio fait les frais dans la version originale. Ce qui fait son actualité, sa "modernité", c'est cette mise en images, en sons et en mots de la violence ; la violence de renoncer aux plaisirs et à la jouissance immédiats, la violence de se confronter à la réalité. Avant d'accéder à l'humanité et de devenir un vrai petit garçon, le Pinocchio de Pommerat devra comme l'original renoncer à ses désir

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