Mots et merveilles

SCENES | A travers le portrait croisé d'un maître de cérémonie aussi candide que zinzin, le metteur en scène et comédien Cédric Marchal signe avec Et pourquoi pas la Lune ? l'un des spectacles les plus réussis de la saison. Et synthétise deux décennies d'une carrière sous le signe de l'émerveillement collectif. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 20 mai 2014

«Le spectacle vivant l'est parce que vous êtes là pour le lui rappeler». C'est par ce bon mot que Cédric Marchal conclue les représentations d'Oskar & Viktor, le pittoresque duo de juke-boxes de chair et de sang qu'il compose avec François Thollet depuis bientôt quinze ans. C'est sur elle que semble avoir été construit Et pourquoi pas la Lune ?, un seul-en-scène et demi – le marionnettiste Aïtor Sanz Juanes lui "donne la réplique" – qui voit cet artiste à tout faire embrasser d'un geste plein de fantaisie et de virtuosité les obsessions qui le travaillent depuis le début des années 90.
 
A l'époque, Cédric Marchal, né à Strasbourg et aujourd'hui installé à Lyon, est un jeune produit du conservatoire de Chambéry, au sein duquel il trompait l'ennui que lui inspirait l'enseignement. De sa scolarité, il garde toutefois deux souvenirs : celui de ses premiers pas sur une scène, à l'âge de onze ans, dans une adaptation de L'Enfant sauvage de Truffaut ; et celui d'un prof d'arts plastiques autodidacte, qui lui tint un jour ce discours : «tant que tu n'as pas essayé, personne n'a le droit de te dire que tu n'es pas capable».

Bonjour chez vous

Fort de ce credo, il imagine une première pièce d'après La Comédie du langage de Jean Tardieu. Ce sera la seule fois qu'il montera un texte qui n'est pas le sien : «Au début, j'ai fait ça par humilité, nous avoue-t-il entre deux éclats d'un rire espiègle. Je me disais : "Qui suis-je pour m'approprier les écrits d'un autre ?". Maintenant, je me rends compte que c'est finalement plus prétentieux de tout faire soi-même». Ce premier essai rencontre en tout cas assez de succès pour qu'il se voit proposer un projet en Russie. Le coup d'état de Moscou (1991) en décidera autrement. Qu'à cela ne tienne, il décide de conserver la structure montée pour l'occasion (et le numéro de téléphone d'Eugene Ionesco), le Priviet Théâtre : il lui servira de base d'opérations en Savoie – cinq ans plus tard, il s'implantera aussi en Isère avec Les Boules au Plafond – et contient dans son nom, traduisible par "Salut", toute la philosophie de son fondateur. Explication : «Dans tous mes spectacles, le quatrième mur, l'élément qui est censé me donner une légitimité, est modulable. Cela me permet de créer de la convivence, qui est pour moi une sorte de communion laïque, une façon d'affirmer un émerveillement dans un ici et un maintenant».

Cet émerveillement, Cédric Marchal l'a depuis fait surgir dans une bonne vingtaine de pièces, souvent d'un désœuvrement. Celui d'employés condamnés à répéter inlassablement les mêmes actions (Hors-Saison, 1993). Celui, aussi, d'habitués d'un troquet confronté à la fermeture de leur lieu de rassemblement (Grand Café, 1998). Celui, encore, d'un chef surpris par une grève (L'Homme-orchestre, 2000). Au-delà de cette idée de réenchantement, ses travaux ont en commun d'être pluridisciplinaires (chant ténor, tuba, magie, chaque création est prétexte à un nouvel apprentissage), mus par un sens de la formule à faire passer les cadors du café-théâtre pour des pigistes de Carambar, et d'avoir pour la plupart connu une vie en dehors des circuits traditionnels de diffusion. Comprendre au plus près de leurs destinataires.

Pan, dans la Lune

Ces dernières années, Cédric Marchal a même poussé le vice jusqu'à concevoir un univers spécifiquement pensé pour les communes où la culture se résume à des célébrations calendaires : Le village de Marcellin, bourgade itinérante dont chaque habitant est un musicien et matière à approfondir le travail sur les pratiques amateurs qu'il mène par ailleurs dans le cadre de défilés populaires (comme ceux de la Biennale de la danse en 2000 et 2010) ou de commandes commémoratives de son département d'adoption (pour les 150 ans du rattachement de la Savoie à la France, par exemple). Autant d'événements participatifs dont le gigantisme lui permet également de renouer avec son amour des comédies musicales.

Faute de formation littéraire, ce qui ne l'empêche pas d'envisager la mise en scène d'un des textes les plus inadaptables de Witold Gombrowicz, Opérette, Cédric Marchal avoue en effet puiser son inspiration première dans le cinéma. Notamment celui de Méliès, qui lui a transmis son goût du bricolage et son souci du détail quasi-pathologique. C'est d'ailleurs sur une allusion explicite au Voyage dans la lune que s'ouvre sa dernière création, Et pourquoi pas la Lune ?, «retour à la maison»dans lequel il dresse le portrait à plusieurs voix de MC, queer exubérant bien décidé à faire de son «cabaret de tous les possibles» l'un des plus sensationnels qui soient. Et Cédric Marchal de joindre le geste à l'intention : d'illusions nonchalantes en performances transformistes et de chorégraphies slapstick (courtoisie de Thomas Guerry, de la fidèle compagnie Arcosm) en harrangues polyglottes, il fait théâtre de tout. Ou plutôt spectacle de tout. Lui qui concède que jouer pour d'autres «repose et ressource» s'offre au passage avec ce rôle régressif et schizophrène l'un des plus marquants de sa pourtant admirable carrière parallèle de comédien – proche de Nino d'Introna, son sourire chanceux a illuminé le Yaël Tautavel et l'Everest du directeur du TNG. Bluffant de bout en bout (un JT-cadavre exquis démultiplié sur quatre écrans, de prodigieuses scènes de dédoublement, un duo dansé autour d'une porte), volontiers irrévérencieux et forcément crépusculaire, Et pourquoi pas la Lune ? sonne comme un aboutissement. A en croire son auteur, il est surtout un tournant : «Le bilan, on est tout le temps à deux doigts de le déposer. Mais je suis incapable d'imaginer le mot fin».


Et pourquoi pas la Lune ?
Au Théâtre de Givors, vendredi 23 mai


Et pourquoi pas la lune ?

De Cédric Marchal, ms et chor Thomas Guerry, 1h15. Cabaret
Théâtre de Givors 2 rue Puits Ollier Givors
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Vous vous êtes rencontrés au CNSMD il y a une quinzaine d’années. Qu’est-ce qui vous a attiré l’un vers l’autre ? Thomas Guerry : C’est le langage qui nous a rapprochés. Camille utilisait son corps comme instrument, ma danse était très musicale, on se comprenait sans se parler. Au sortir du Conservatoire, frustrés du manque de passerelles qu’il y avait là-bas entre la musique et la danse, on a partagé un atelier le temps d’un été, sans autre volonté que d’échanger. A l’issue de cette session, on a présenté quelques rendus dans un festival et c’est André Curmi, directeur de la Scène Nationale d’Angoulême, qui nous a mis au défi de monter un spectacle à partir de cette matière. L’été suivant, nous avons créé Echoa. Camille Rocailleux : Il n’y avait aucun plan de carrière au départ. Nous étions portés par un sursaut d’énergie lié au terme de notre cursus et voulions simplement voir comment nos univers pouvaient s'imbriquer.

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Nino d’Introna et l’auteur Stéphane Jaubertie, déjà complices sur les brillants Jojo au bord du monde et (surtout) Yaël Tautavel, devaient se retrouver au sommet de l’Everest, à 8848 mètres d’altitude, pour sceller leurs retrouvailles artistiques. Le résultat, qui porte précisément le nom du plus haut pic du monde, n’atteint malheureusement pas ces hauteurs fulgurantes. Pourtant, toutes les conditions semblaient réunies, à commencer par un comédien central épatant : Cédric Marchal, déjà vu dans Yaël, qui occupe tout l’espace. Il incarne un enfant qui vient de manger par inadvertance son père devenu aussi petit qu’une cerise. Une fois recraché, celui-ci aspire à grandir en dévorant les principaux ouvrages de la littérature car, dit-il, «la réalité est dans les livres». Le même sort sera ensuite réservé à la mère, entre temps partie avec le voisin antiquaire. En explorant de façon surréaliste voire dadaïste l’enfance livrée à elle-même, la déresponsabilis

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Vous rêviez d'une sorte de huis clos sartrien sous forme de puzzle baroque chorégraphique et musical ? Alors courrez au Toboggan du 7 au 11 décembre voir "La Mécanique des anges" de Thomas Guerry (chorégraphe et metteur en scène) et Camille Rocailleux (compositeur et percussionniste). Huit danseurs, comédiens, chanteurs, musiciens rock et classique s'y adonnent avec énergie à un tourbillon fantasque et lyrique s'adressant plus aux sens qu'à l'esprit logique ou dramaturgique. Les autres, ceux pour qui les images même les plus réussies formellement ont besoin de consistance, passeront leur chemin. JED

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