Vania Vaneau, un corps phénix

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 17 novembre 2021

Photo : © Vincent Laisney


Originaire du Brésil, formée à la danse dans son pays puis à Bruxelles, Vania Vaneau a été interprète pour certains des plus aventureux des chorégraphes contemporains : Wim Vandekeybus, Christian Rizzo, Maguy Marin… En 2014, elle crée à Lyon sa première pièce, le solo Blanc, puis ce sera un duo, Ornement, en 2016 avec Anna Massoni, et un trio en 2019. Fruit d'une résidence aux Subsistances, sa nouvelle création Nebula revient au dispositif en solo, et poursuit les questionnements de l'artiste sur les liens entre psychique et physique, intérieur et extérieur, gestes ancestraux et danse contemporaine.

Le point de départ de la pièce est un paysage post-apocalyptique, jonché de matériaux bruts, au sein duquel Vania Vaneau propose une sorte de rituel de guérison visant à construire ou à reconstruire un corps.

Une grande partie de la pièce a été travaillée en extérieur, au milieu de la campagne (la pièce se déclinera en deux versions : une en salle, une en extérieur) et les mouvements résonnent avec quelques formes et rythmes simples et "naturels" : le cercle, la spirale, la répétition… « La base de ce travail sera le corps, un corps déchet, matière, instrumentalisé, mais aussi pulsion de vie, de transformation de renaissance. Un corps pouvant se transformer en pierre, en arbre, en tigre, en rivière, en étoiles, en d'autres êtres… » écrit la chorégraphe dans ses notes d'intention.

Vania Vaneau, Nebula
Aux Subsistances du mardi 30 novembre au samedi 4 décembre


Nebula

Par Vania Vaneau
Les Subs 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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L'époque, vous l'aurez noté, est au "trans" : transculturalité, transnationalité, transdisciplinarité, transgenre, transidentité... L'étymologie latine indique qu'il s'agit d'une attirance pour «l'autre côté», anciennement celui des dieux et du surnaturel avec le chamanisme et les rites de possession, aujourd'hui celui de l'autre culture (métissage), de l'autre sexe, de l'autre à l'intérieur de soi (le «Je est un autre» de Rimbaud), de l'autre du réel (le virtuel, le simulacre numérique cher à Jean Baudrillard). Quand, dans son livre fracassant Les Renards pâles (Gallimard, 2013), Yannick Haenel imagine une insurrection politique, celle-ci prend la figure d'une grande marche tribale et masquée, proche de la transe, dont l'un des buts est d'échapper à la réduction à l'identique, au "même côté" : « Nous nous mêlions ainsi les uns aux autres, dans une confusion tranquille, sans chercher aucune unité. La communauté, si elle existe, déjoue la clôture ; et c'est ce qui avait lieu : l'absence d'identité absorbait l'espace ».   Le philosophe Michel Fouc

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