Sept seuls-en-scène pour s'esclaffer ce semestre

Humour | Humour saignant, tendre ou givré, à chacun sa recette. Voici sept humoristes qui sauront vous régaler dans les prochains mois.

Louise Grossen | Mardi 4 janvier 2022

Photo : © Elodie Arnould


Élodie Arnould, Future grande ?

Nœud dans les cheveux et veste à paillettes forment l'attirail de cette petite brunette géminée d'une pile électrique. Le quatrième mur, ce n'est pas son truc, à Élodie Arnould. Son propos ? Un passage à la vie d'adulte — et de femme — difficile, semble-t-il. L'humoriste au visage ultra expressif et au capital sympathie indéniable partage ses appréhensions du « monde des grands ». Pourtant, c'est une femme et mère bien accomplies qui s'adresse à nous avec autodérision (sur sa taille, son accouchement, ses relations…). Un spectacle tendre et pétillant conviant même chant et danse.

Au Radiant le mardi 18 janvier


Noémie Delattre, Féministe pour hommes

L'humoriste (actrice, dramaturge, metteuse en scène, essayiste) à la langue acérée présente Féministe pour hommes. Entre cabaret burlesque, tribune, stand-up et lettre ouverte, Noémie de Lattre parle des hommes et des femmes, aux hommes et aux femmes, dans un registre à part, sous une plume percutante.

À L'Aqueduc le vendredi 4 mars


Aymeric Lompret, Tant pis

Avec Aymeric Lompret, on est loin du traîté philosophique, quand il lâche : « je suis très compliqué à réconforter, faut vraiment aller jusqu'à la glotte. » Parfois désabusé, ou révolté, souvent trash, l'humoriste au look d'anar négligé pose ses valises pleines de nonchalance et d'humour corrosif à Décines. On s'en délecte, mais mieux vaut prévoir un jour de congé pour digérer.

Au Toboggan le vendredi 11 mars


Tristan Lopin, Irréprochable

On paye pour l'écouter parler de ses névroses. Et on en redemande. L'humoriste roi des potins est de retour avec un seul-en-scène cru et corrosif, résultat d'une introspection de confinement. Il explore avec une autodérision parfois barbare son anxiété permanente, ses blessures les plus intimes, ses incohérences, histoire de nous conforter dans nos propres psychoses. « Je m'aperçois que je suis habillé en Zara alors que ce matin j'ai liké un post de Glucksmann sur les Ouïgours, c'est l'enfer » confiait-il récemment au micro d'Augustin Trapenard sur France Inter.

À La Bourse du Travail le vendredi 1er avril


Alex Vizorek, Ad Vitam

Vizorek aussi a décidé de se moquer de nos angoisses. Et quelle angoisse plus universelle que celle de la mort ? Après l'art, l'humoriste belge star de France Inter a choisi une posture de conférencier philosophe pour faire d'un thème funèbre l'objet principal de son deuxième one-man-show. La mort donc, dans toutes ses nuances : la petite mort – le sexe –, la mort dans l'art, qui a inspiré énormément d'artistes, mais aussi sa propre oraison funèbre. Classieux, brillant, Alex Vizorek mêle avec habileté sujets intellos – on rit du concept du Dasein d'Heidegger – et blagues potaches sur la masturbation.

À La Bourse du Travail le jeudi 23 juin


Eve TGA

Eve Ta Gueule Adam – « parce qu'il y a toujours quelqu'un en soirée pour me demander où est Adam quand je me présente » (propos recueillis par CCC media) – fait partie de la scène émergente du stand-up lyonnais. Fervente défenseuse de la liberté du corps, de celle d'envoyer chier les gens et de la liberté de dialogue, elle milite pour la diversification des scènes locales, avec un premier rendez-vous féminin LGBT+ au Rita Plage. Tantôt au Nid de Poule, parfois à la Girafe qui se Peigne et tous les samedis à l'Alma Bar, il faut la voir.

À l'Alma Bar chaque samedi


Lucas Hueso

Le mardi au Paradox, le mercredi à la Grooverie, Lucas Hueso monte sur scène pendant 8 minutes et raconte sa vie. Passé par Kandidator (concours de stand-up à l'applaudimètre) puis par l'ENH à Montréal, il a, depuis, gagné sa place dans le petit milieu lyonnais. Son style ? « En perpétuelle évolution. J'essaye de te donner assez d'outils pour embarquer avec moi qui que tu sois. Ça passe parfois par des choses bateau comme l'autodérision, mais j'aime la discussion. » Et si son nom ne vous dit encore rien, 2022 sera sûrement son année.

À La Grooverie chaque mercredi

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Élodie Arnould : « le monde de l’humour est encore très sexiste »

Humour | Après avoir conquis les Lyonnais, Élodie Arnould sillonne désormais la France avec son premier spectacle, Future Grande, qu'elle jouera au Radiant-Bellevue le mardi 18 janvier — seule date dans la métropole. D’ingénieure à humoriste, du Boui Boui à Montreux... elle nous raconte son parcours.

Louise Grossen | Lundi 10 janvier 2022

Élodie Arnould : « le monde de l’humour est encore très sexiste »

Comment passe-t-on d'ingénieure en mécanique à EDF à humoriste ? Élodie Arnould : Ça s’est fait progressivement. Je ne connaissais personne quand je suis arrivée à Marseille pour le travail. Alors pour rencontrer du monde, j’ai commencé à faire de l’improvisation. Ça fait un peu de la peine : la raison pour laquelle j’ai commencé la scène, c’était pour me faire des amis ! J’ai vite adoré jouer. J'ai commencé à faire cinq minutes de blagues, puis dix, trente. Après, on a un spectacle. Un spectacle qui mêle aussi chant et danse ? Future Grande, c'est un vrai divertissement. J’adore les pièces de show à l’américaine. Il y a des feux d'artifice, de la danse, du chant, un poney… (hahaha, non, pas ça !). J'ai envie que les gens déconnectent pendant deux heures. Je raconte les difficultés à devenir une femme pour une jeune comme moi, qui peut être un peu immature ou feignante. Les difficultés à devenir mère, le mythe de l'instinct maternel ou du "bonheur" de l’accouchement. Toujours avec mon œil de grande enfant qui décortique ces choses. Je termine sur la difficulté d'être une femme tout court. Être

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Alex Vizorek : « je ne m’attendais pas à ce que l’humour soit ma meilleure facette »

Humour | À quelques jours de son nouveau spectacle au centre culturel Charlie Chaplin à Vaulx-en-Velin le samedi 9 octobre, rencontre avec celui qui a choisi de se rire de la mort : l'humoriste / journaliste / animateur télé / animateur radio / comédien, Alex Vizorek.

Louise Grossen | Mercredi 6 octobre 2021

Alex Vizorek : « je ne m’attendais pas à ce que l’humour soit ma meilleure facette »

Télévision, radio et nouveau spectacle : vous dormez parfois ? Peu. Tout le monde voulait faire les choses en septembre à cause de cette angoisse de devoir refermer. J’ai fait des dates de report, la rentrée radio et la télévision… Ce rythme, je ne pourrai pas le tenir sur la longueur, c’est clair. Et pourtant, vous avez fait un billet sur le sommeil pendant le confinement ? Putain de sa mère… c’est vrai, il faudrait sans doute que je me réécoute. Je me suis rendu compte que jusqu’en juin 2022, j’ai deux week-ends de libres. Tout le reste, c’est le boulot. Mais j’adore ça ! Je suis l'héritier d’un patronyme polonais de mineur… Moi, je ne descends pas à la mine. Je monte sur scène et c’est plutôt joyeux. Présentez-nous Ad vitam, votre nouveau spectacle... La thématique, c’est la mort. Dans toutes ses nuances. Je parle du comportement aux enterrements, de la vie, de la mort en philosophie, de la petite mort — le cul — et je parle de la mort dans l’art qui a inspiré énormément d’artistes. Ça fait un

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Au Complexe du Rire, la longue vue d'Aymeric Lompret

Café-Théâtre | Avec l'air de ne pas y toucher, entre flegme surjoué et formules qui font mouche, Aymeric Lompret signe un one-man acide.

Nadja Pobel | Mardi 29 août 2017

Au Complexe du Rire, la longue vue d'Aymeric Lompret

Une chanson guillerette, mais qui prédit la fin du monde (Gérard Palaprat dans les enceintes) sert d'entame à un spectacle qui ne contient pas un brin d'optimisme. Aymeric Lompret n'est pas là pour ça. Ça va être long, nous dit-il. Il va falloir pour lui et pour nous tenir une heure. Et de décompter au fur et à mesure ce qu'il lui reste... Voilà pour l'ambiance. Il est déprimé, largué de son boulot et par sa copine, et cuve une dépression, bière et vodka à la main, fustigeant au passage de façon un peu facile les psys qui ne sont tout juste bon qu'à vous piquer 50 balles. Un thème déjà développé au sein de l'un de ses plus de trente passages dans le sacro-saint télé-crochet de Ruquier, On ne demande qu'à en rire, où il officia entre 2013 et 2015. Il en recycle d'autres dans ce spectacle, qui malgré une absence claire de colonne vertébrale tient assez solidement la route. « Aymeric, Ayyymeric, Aymeriiiiiccccc ! » C'est quand il dézingue en trois-quatre mots, nous épargnant des discours convenus et professoraux sur la société, qu'il est le plus convaincant. Parce que (véritable conviction plutôt qu'effet de style)

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Humour à Lyon : Deux festivals et des stars

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Sébastien Broquet | Mardi 6 septembre 2016

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Commençons par ce qui gratte : deux festivals d'envergure pour le café-théâtre à Lyon, c'est une belle idée et clairement, il y a un public pour les faire vivre tous les deux. Sauf que... quelle idée saugrenue de les organiser exactement aux mêmes dates, tous deux prenant fin le 1er octobre ! Collision regrettable, mais programmations délectables pour qui aime les bons mots. À l'Espace Gerson, c'est la 4e édition du festival d'Humour qui accueille en parrain Vincent Roca cette année, lequel donnera deux soirs d'affilée son Délirium Très Mots (26 et 27 septembre) créé en 2010 : virtuose de la langue, jongleur de mots, concurrent direct des titreurs de Libé, il s'est offert une belle notoriété en alignant les chroniques sur France Inter durant onze ans, dans le Fou du Roi de Stéphane Bern. Côté découvertes, se côtoieront Jérémy Vaillot, Margot Winch et Félix Dhjan (le mercredi 28 septembre), Ben H, Timothé Poissonnet et Pierre Daverat qui oscillent entre chanson et humour (jeudi 20 septembre) ou encore Haroun, Mathias Pradenas et Perrine Rouland (vendredi 30 septembre) avant un final hors-les-murs en c

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Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

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Benjamin Mialot | Mardi 5 janvier 2016

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«Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys Tel reprendront dès le 9 janvier Milady en sous-sol, leur relecture au vitriol de La Belle au bois dormant (sur un texte de Jacques Chambon, dont la comédie avec ballon rond Carton rouge reprend au Complexe du Rire le 20), et du côté du Rideau Rouge où, à partir de la même date, Jocelyn Flipo peaufinera encore un peu sa dernière comédie sous-culturelle Le Mariage de mon super pote. Tandis que le second ouvre sa programmation à l'effeuillage burlesque (dès la fin du mois), la cave du premier verra aussi les débuts du nouveau one-man-show phallo-centré de David Pagliaroli (9 janvier encore) et le retour de la boîte à sons humaine Jibé (dès le 23). Le non moins cartoonesque Max Bird sera lui à Gerson du 27 au 30. Nombre de valeurs sûres le suivront : Aymeric Lompret (10 au 13 février), l'énorme Greg Romano (17 au

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L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

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Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, celui qui débute ces jours fait la part belle aux concepts inédits et aux futurs grands. Au Comédie-Odéon par exemple, deux rendez-vous réguliers peuvent valoir le détour. D'un côté La Revue de presse, sorte de Petit rapporteur

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