Un Moi(s) de cinéma #6

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mercredi 3 juin 2015

Au sommaire de ce sixième numéro :

Cannes 2015 : bilan rapide
Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg
Vice Versa de Pete Docter
Une seconde mère d'Anna Muylaert


Loin de la foule déchaînée

De Thomas Vinterberg (Angl-EU, 1h59) avec Carey Mulligan, Juno Temple...

De Thomas Vinterberg (Angl-EU, 1h59) avec Carey Mulligan, Juno Temple...

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Epoque victorienne, dans la campagne anglaise la jeune héritière Bathsheba Everdene se fait courtiser par trois hommes de différentes classes sociales.


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"Drunk" : Qui abuse, boira…

Film du mois d'octobre 2020 | Thomas Vinterberg s’empare d’une théorie tordue pour s’attaquer à un nouveau “pilier culturel“ scandinave : la surconsommation d’alcool. Une fausse comédie et une vraie étude de mœurs à voir cul sec.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Ils sont quatre potes, au bas mot quadragénaires et profs dans le même lycée. Quatre à ressentir une lassitude personnelle et/ou professionnelle. Quatre à se lancer, « au nom de la science » dans une étude secrète : tester la validité de la théorie d’un chercheur norvégien postulant qu’un humain doit atteindre une alcoolémie de 0, 5 g/l pour être dans son état normal : désinhibé et créatif. Commence alors une longue descente — et pas qu’aux enfers… Drunk se décapsule sur une séquence qu’on croirait documentaire, montrant ce qui ressemble à une soirée d’intégration entre étudiants (en réalité, il s’agit d’élèves de terminale), en train de se livrer à une sorte de compétition sportive. Sauf qu’ici, l’enjeu pour les participants n’est point tant de courir vite, mais pour chacun d’engloutir le contenu d’une caisse de bière, de le vomir, avant d’aller semer sa “bonne humeur“ éthylique dans les rues de la ville et ses transports en commun. Ce ne sont pas tant les débordements (somme toute minimes et potaches) causés par ces lycéens bien peignés qui choquent ; pl

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Pas besoin de console

Jouer pendant le confinement | Le jeu vidéo ne cesse d’évoluer : il fut un temps où il fallait posséder une console ou même un micro-ordinateur pour les plus anciens afin de jouer. Aujourd’hui, le jeu vidéo n’a jamais été aussi accessible, même sans console.

Gary Ka | Jeudi 2 avril 2020

Pas besoin de console

Nous possédons tous un smartphone, un ordinateur. Si vous nous lisez, c’est forcément le cas. Le mobile est l’une des plateformes privilégiées de la scène indépendante du jeu vidéo, qui ne peut pas investir des millions et produire des blockbusters sur les consoles actuelles. Êtes-vous déjà allé fouiller sur l’App Store ou Google Play ? Avec la multitude de choix, on est très vite perdu, et les jeux mis en avant sont souvent ceux qui plaisent à votre maman ou votre neveu (Candy Crush, Fortnite, Clash of Clans…). Clairement, il faut chiner pour trouver la pépite. On vous dévoile notre coup de cœur, on est plusieurs au Petit Bulletin à y jouer : Stardew Valley. On y un incarne un ou une citadine qui travaille dans des bureaux et qui ne va pas tarder à faire un burn out. Votre personnage aurait pu choisir d’ouvrir un coffee shop dans le 7e, mais c’était sans compter la ferme qu’elle a hérité de son grand-père, dans une petite bourgade très loin de la ville. Jardinage, récoltes, aménagement de la ferme animeront votre nouvelle vie. Vous allez même trouver votre âme sœur parm

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L'expo "Design-moi un jeu vidéo" prolongée jusqu'au 22 mars

Expo x Jeu vidéo | Devant le succès de son exposition consacrée aux jeux vidéos, "Design-moi un jeu vidéo", la Cité du design prolonge cette présentation jusqu'au 22 mars. Il (...)

Nicolas Bros | Jeudi 20 février 2020

L'expo

Devant le succès de son exposition consacrée aux jeux vidéos, "Design-moi un jeu vidéo", la Cité du design prolonge cette présentation jusqu'au 22 mars. Il était initialement prévu qu'elle se clôture le 8 mars.

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Entrez dans le game

Jeux vidéo | 200 documents, 30 jeux à tester, 5 espaces, l’expo "Design-moi un jeu vidéo" à la Cité du design est un événement avec d’un côté un contenu fourni permettant de comprendre les étapes de création du jeu vidéo, mais également pour son côté accessible, ludique et une entrée gratuite pour les moins de 25 ans. Une réussite qui met à l'honneur le 10e art, devenu le divertissement préféré au monde.

Nicolas Bros | Mercredi 4 décembre 2019

Entrez dans le game

Un marché mondial de 120 milliards de dollars en 2018 selon les chiffres avancés par Bpifrance (à titre de comparaison, le box-office mondial a généré 41, 7 milliards de dollars de revenus en 2018), un âge moyen de joueurs passés entre 1999 et 2016, de 21 à 34 ans (selon le S.E.L.L.*), 49% des Français y jouant régulièrement… Pas de doute : le jeu vidéo est incontestablement un divertissement incontournable. Mais, là où les coulisses de "fabrication" du cinéma sont connues depuis bien longtemps, le jeu vidéo reste une zone blanche pour de nombreuses personnes. Cette méconnaissance de la création du jeu vidéo fait perdurer des idées reçues sans fondement sur son compte. En mettant en avant le game design, cette discipline ayant connu un boom énorme au cours des dernières décennies avec la demande croissante de jeu vidéo dans le monde entier, la Cité du design essaie ainsi de casser les stéréotypes qui collent à la peau des gamers et de leur activité favorite. En proposant l’exposition Design-moi un jeu vidéo, l’institution stéphanoise œuvre dans le sens d’une meilleure compréhension d’un phénomène mondial qui ne peut être mis de côté plus longtemps. En confiant le commis

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Une nouvelle vue du prochain Parc Expo de Saint-Étienne

ACTUS | Une nouvelle vidéo de présentation du futur Parc Expo de Saint-Étienne vient d'être dévoilée (à découvrir ci-dessous). L'ouverture du nouveau complexe réceptif est (...)

Nicolas Bros | Mercredi 25 septembre 2019

Une nouvelle vue du prochain Parc Expo de Saint-Étienne

Une nouvelle vidéo de présentation du futur Parc Expo de Saint-Étienne vient d'être dévoilée (à découvrir ci-dessous). L'ouverture du nouveau complexe réceptif est prévue en septembre 2020.

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Geoffrey Saint-Joanis : «Avec notre structure, nous voulions mixer nos passions »

Tête(s) de culture | Co-fondateur du studio de création audiovisuel AUUNA avec ses deux amis Alexandre Fournel et Laurent Gibert, Geoffrey Saint-Joanis est un jeune homme – né en 1992 – très présent auprès des artistes, notamment stéphanois, par la réalisation de vidéos, de photos ou de graphismes. Nous sommes revenus sur son parcours déjà bien chargé entre rédaction de presse, reportages en indépendant et création de son entreprise.

Nicolas Bros | Vendredi 9 février 2018

Geoffrey Saint-Joanis : «Avec notre structure, nous voulions mixer nos passions »

Comment en es-tu arrivé à travailler dans la réalisation de clips, de films, etc ? J'ai d'abord passé un Baccalauréat littéraire puis je suis entré en prépa de journalisme audiovisuel au lycée Saint-Louis à Saint-Étienne. À la fac, j'ai validé une double licence histoire-sciences politiques à Lyon 2. Parallèlement à mes études, j'ai écrit pour un petit magazine qui s'appelait Le Journal International. J'ai fait un peu le forcing pour rentrer dans cette rédaction, car ils n'étaient pas très chauds à l'idée de m'intégrer au début. Je me suis rendu compte qu'il y avait un potentiel énorme avec l'actu internationale traitée par des correspondants étudiants installés dans le monde entier... J'en suis devenu le rédacteur en chef et nous avons développé le réseau de correspondants jusqu'à atteindre le nombre de 200. Ça a pris de l'ampleur et nous nous sommes faits remarqués par L'Express et le Figaro car nos correspondants étaient les premiers lors des révoltes de la place Taksim à Istanbul, ainsi que sur l'attentat du marathon de Boston... Nous avons pu établir un partenariat avec Le Figaro qui publiait un article par semaine d'un de nos correspondants.

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Émergences #8 : Compagnie Sans Lettres

Vidéos Émergences | La Ville de Saint-Étienne, avec le soutien du Petit Bulletin, vous présente "Émergences", l'émission web qui met en avant les talents locaux qui feront parler d'eux demain. Le huitième volet est disponible sur la chaîne YouTube du Petit Bulletin et parle de la Compagnie Sans Lettres.

Nicolas Bros | Mercredi 12 juillet 2017

Émergences #8 : Compagnie Sans Lettres

Chaque trimestre, Émergences, l'émission web de la Ville de Saint-Étienne, avec le soutien du Petit Bulletin, met en avant des acteurs de l'émergence culturelle stéphanoise. Sous le format d'une vidéo courte, des groupes de musique, des compagnies de théâtre ou de danse, des designers... sont présentés de manière originale. La huitième vidéo de la série est consacrée à la compagnie de danse stéphanoise Sans Lettres, emmenée par Maylis et Patrick De Oliveira ainsi que Richard Gratas. Travaillant leur univers artistique dans les moindres détails, la compagnie est conçue comme une plateforme d'expérimentation d'outils artistiques dédiés à la danse.

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Émergences #6 : Cie LalalaChamade

Vidéo Émergence(s) | La Ville de Saint-Étienne, avec le soutien du Petit Bulletin, vous présente "Émergences", l'émission web qui met en avant les talents locaux qui feront parler d'eux demain. Le sixième volet est disponible sur la chaîne YouTube du Petit Bulletin et traite de la Compagnie de théâtre Lalalachamade.

Nicolas Bros | Mercredi 1 février 2017

Émergences #6 : Cie LalalaChamade

Chaque trimestre, Émergences, l'émission web de la Ville de Saint-Étienne, avec le soutien du Petit Bulletin, met en avant des acteurs de l'émergence culturelle stéphanoise. Sous le format d'une vidéo courte, des groupes de musique, des compagnies de théâtre ou de danse, des designers... sont présentés de manière originale. Après avoir suivi le Collectif X, le groupe Doorsfall, la Compagnie de danse ALS, les designers de l'Atelier Regards et le festival de courts métrages Kinoctambule, c'est au tour de la compagnie théâtrale Lalalachamade de se coller à l'exercice. « Un théâtre fait par les enfants de notre âge » Occupés par la création de Figaro divorce, adaptation du livre du Hongrois Ödön von Horváth en forme de suite du Mariage de Figaro, et par les représentations de leur création jeune public Le Panier, Sylvain Delcourt et Alice Tedde, tous deux à la tête de la compagnie, nous ont accordé quelques mots. Ils reviennent sur leur intention de proposer « un théâtre fait par les enfants de notre âge tout en créant du "vivre ensemble". Tout cela en retranscrivant la complexité du monde à travers un prisme poétique

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Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

4 questions à... | Après avoir campé dans Steve Jobs un créateur d’ordinateur, Michael Fassbender endosse pour l’adaptation du jeu vidéo Assassin’s Creed le double rôle de Cal et d’Aguilar, coiffant en sus la capuche de coproducteur. Il mise gros jeu…

Vincent Raymond | Mercredi 4 janvier 2017

Michael Fassbender : « Je ne suis pas un gamer »

Êtes-vous adepte des jeux vidéo ? Je ne suis pas un gamer, mais je me suis mis à Assassin’s Creed après avoir accepté d’entrer dans ce projet — par respect pour les gens d’Ubisoft d’une part, de l’autre parce que j’avais envie de connaître ce monde qu’ils avaient créé et qu’ils m’avaient tellement bien expliqué. Pour m’inspirer également de la “physicalité” du personnage que je devais interpréter, dans ses mouvements pour les combats, dans sa pratique du parkour… Mais je ne suis pas le seul à m’être totalement immergé dans cet univers : ma partenaire de jeu Ariane Labed a été plutôt hardcore dans sa préparation : elle allait tellement fort dans les combats avec les cascadeurs qu’elle a fini avec la main en sang ! Votre personnage est amené à puiser au fond de sa “mémoire génétique”. Avez-vous déjà éprouvé ce besoin pour un rôle ? Je suis pas sûr que cela soit le cas. En général, j’interprète à l’écran des personnages existant ou ayant existé ; je puise alors des informations sur eux en regardant des vidéos sur Youtube ou en lisant des livres qu’ils ont écrits, pour avoir

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Eska nous invite à bord

Vidéo | Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant (...)

Nicolas Bros | Mardi 20 décembre 2016

Eska nous invite à bord

Avant la sortie de son nouvel EP prévu début janvier, le rappeur stéphanois Eska a lancé une série de vidéos inédites intitulée Les carnets de bord d'Eska, présentant les nouveaux titres qui composeront ce disques. Ces prises nous invitent à découvrir des titres pris en live acoustique, dans lesquels l'artiste partage l'affiche avec d'autres créateurs. Le premier épisode propose un duo de l'auteur-compositeur avec la jeune et talentueuse Leïla Huissoud.

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Prendre sa ville pour une lanterne

ARTS | Voici un projet unique et inédit, créé par l'artiste stéphanoise Sara Millot. Adoptée par la cité phocéenne, elle a tout de même conservé un cœur ancré dans la capitale (...)

Nicolas Bros | Mercredi 4 mai 2016

Prendre sa ville pour une lanterne

Voici un projet unique et inédit, créé par l'artiste stéphanoise Sara Millot. Adoptée par la cité phocéenne, elle a tout de même conservé un cœur ancré dans la capitale forézienne. Avec sa résidence intitulée Lanterna Magica, qui durera jusqu'à la fin de l'année 2016, la créatrice a apporte son regard neuf sur Saint-Étienne et ses habitants. Par une sélection de séquences vidéos itinérantes projetés sur des murs aveugles, des dents creuses ou des façades vierges du centre-ville (Place Dorian, du Peuple et quartier des Saint-Jacques), la réalisatrice met en avant une vision de la vie stéphanoise. Des portraits, des récits graphiques, des fragments de documentaires (tel que son documentaire Stadium, consacré à la passion des Verts de l'ASSE), des fresques animées, ... caractérisent ce travail qui se veut ouvert aux passants. « L'important est de s'inscrire dans un processus. C'est aussi important que le résultat final » explique Sara Millot. « Cette expérimentation permet de sortir des formes cloisonnées et aborde la question de l'éphémère. » L'ensemble des projections se déroulent la nuit et se déplacent toutes les quatre semai

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Décembre : le mois des films hottes

ECRANS | Fêtes de fin d’année, trêve des confiseurs, solstice d’hiver, mauvais temps… Tout, en décembre, nous incite à nous réfugier dans les salles de cinéma. Seulement attention ! Certains films sont pareils aux paquets-cadeaux sous le sapin : l’emballage ne présage en rien de la qualité du contenu… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 1 décembre 2015

Décembre : le mois des films hottes

Quel est l’autre film que vous avez prévu d’aller voir au cinéma en décembre ? Car, cette année, il sera difficile de faire l’impasse sur Star Wars Épisode VII : Le Réveil de la Force (16/12) de JJ Abrams. Il constitue un passage (presque) obligé pour les spectateurs : si l’on ôte les aficionados de la saga, les fans de Abrams, ceux qui ne voudront manquer un phénomène de société et les accompagnateurs, il ne reste plus grand monde. Et comme la France le sortira deux jours avant le reste du monde, nos salles accueilleront un public venu parfois de fort loin — enfin, pas de Tatooine, quand même. Heureusement, le mois compte 5 mercredis et donc une foule d’alternatives… « Fallait pas » Qui n’a jamais remercié par politesse, en pestant intérieurement, l’auteur d’un présent déplacé — du style cravate à motifs hideux offerte à un militant du T-shirt ? Faut-il, au nom de l’esprit de Noël se montrer pareillement indulgent avec les réalisateurs qui nous gratifient, entre la dinde et la bûche, de films totalement dispensables ? En toute bienveillance, l’on répond par la négative. Surtout après avoir vu le nouveau Lelouch,

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Le Fils de Saul

ECRANS | Comment raconter une tragédie intime au sein de l’une des plus immenses et indicibles tragédies de l’histoire humaine ? László Nemes s’y risque dans son premier long métrage. Grand Prix à Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Le Fils de Saul

Représenter la Shoah figure parmi les pires casse-dents pour un artiste, en particulier au cinéma. Trop peu montrer la réalité des camps d’extermination, c’est risquer d’en minorer l’abomination, voire de la nier à force de prendre des précautions : il faut avoir le sens de la symbolique comme Costa-Gavras dans Amen et être capable d’activer un hors-champ suffisamment puissant pour faire comprendre, par l’absence ou à travers les réactions des observateurs directs, ce que la monstruosité provoque. Mais trop montrer, c’est encourir l’obscénité et la spectacularisation de l’horreur — soit, sa banalisation. Pendant près de trois quarts de siècle, les cinéastes ont rivalisé d’acrobaties éthiques pour parvenir à une mise en image digne dans des films à vocation historique. Peut-être parce qu’il appartient à une toute jeune génération, bien à distance des faits (il a 38 ans), László Nemes ose se servir de ce contexte douloureusement sacré pour y installer une fiction — qui n’a rien d’anodine. Membre des Sonderkommandos (ces détenus en sursis chargés de "l’entretien" des fours crématoires d’Auschwitz), Saul reconnaît son fils parmi les corps qu’il doit brûler. Avec o

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Une seconde mère

ECRANS | Val est femme de ménage pour une famille bourgeoise de Sao Paulo, avec qui elle habite vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; elle est même devenue (...)

Christophe Chabert | Mardi 23 juin 2015

Une seconde mère

Val est femme de ménage pour une famille bourgeoise de Sao Paulo, avec qui elle habite vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; elle est même devenue une deuxième mère pour Fabinho, le fils un peu glandeur qui prépare des études d’architecture. Sauf que Val a aussi une fille, Jessica, qu’elle a abandonnée et dont elle se contente de payer les études à distance, mais qui va débarquer dans sa vie — et dans la maison de ses employeurs — chamboulant les règles strictes imposées à sa mère. Qu’on ne s’y trompe pas, Anna Muylaert n’a pas choisi la voie du drame social pour évoquer ce qui est le thème principal du nouveau cinéma brésilien, au diapason de la réalité du pays : la lutte des classes persistante malgré le boom de son économie. Une seconde mère oscille entre le rire et les larmes, tirant vers une forme de marivaudage où les valets et les maîtres s’observent, se défient, se mélangent parfois, s’écartent souvent. C’est l’idée principale de la mise en scène : le cadre est souvent découpé en deux, posant une frontière entre chaque partie puis les faisant dialoguer par une théâtralité assumée — Val qui commente cachée dans la cuisine les agissements de la famille

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Loin de la foule déchaînée

ECRANS | De Thomas Vinterberg (Ang-ÉU, 1h59) avec Carey Mulligan, Matthias Schoenaerts, Michael Sheen…

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Loin de la foule déchaînée

Après La Chasse, où son savoir-faire virait à la manipulation contestable, Thomas Vinterberg continue sa carrière sinueuse avec cette nouvelle adaptation du roman de Thomas Hardy. Au XIXe siècle dans le Dorset anglais, une femme, Batsheba Everdene, va déchaîner les passions des hommes, d’abord celles de Gabriel Oaks, un berger taciturne, puis de William Boldwood, un propriétaire terrien psychologiquement fragile, et enfin du sergent Troy, un soldat dont elle tombera follement amoureuse. Vinterberg approche cette matière hautement romanesque avec une fidélité scrupuleuse, montrant comment d’une suite de hasards peut surgir une forme de fatalité : la perte d’un cheptel, un héritage imprévu, un mariage raté à cause d’une erreur sur le nom de l’église… Les personnages, malgré ces incessants revirements du destin, gardent tous leur rectitude et leurs principes : Batsheba cherche à préserver sa liberté et son indépendance, Oaks se pose en ange gardien dissimulant ses sentiments derrière sa droiture morale, Boldwood ronge son frein sans comprendre pourquoi elle se refuse à lui, alors qu’il possède le rang et l’argent nécessaire pour faire un bon mari…

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Vice Versa

ECRANS | Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant et exaltant, voici une date majeure dans l’histoire du cinéma d’animation. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Vice Versa

Vice Versa tombe à pic pour rappeler deux choses essentielles : d’abord, que les studios Pixar sont de grands aventuriers du cinéma, des pionniers qui ne se reposent pas sur leurs lauriers et semblent se nourrir de défis toujours plus ambitieux. Il a fallu huit ans au génial Pete Docter, déjà auteur de Monstres et compagnie et de Là-haut, pour venir à bout de Vice Versa ; on comprend à sa vision à quel point tous les projets montés par le studio entre temps n’étaient que des récréations — parfois formidables comme Toy Story 3 ou Rebelle, parfois décevantes comme les suites de Cars et de Monstres et Compagnie — en attendant d’accoucher de cette œuvre majeure. Deuxième rappel : le cinéma d’animation n’est pas, comme trop de productions Dreamworks ou Disney récentes ont eu tendance à l’affirmer, une recette commerciale visant à séduire les bambins en leur servant des produits formatés et opportunistes. Pixar travaille le genre dans ce qu’il a de plus noble : une ouverture vers un imaginaire figuratif illimité qui permet de nouer un dialogue riche et intuitif avec les jeunes spectateurs, tandis que les

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Une odeur de liberté sur les écrans

ECRANS | Au Brésil, en Colombie mais surtout sur un fleuve français descendu par le génial Bruno Podalydès, le cinéma ce mois-ci rêve d’évasion, champêtre, politique ou sociale. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Une odeur de liberté sur les écrans

Partir à l’aventure et quitter une vie devenue routine : voilà le projet qui germe dans la tête de Michel, l’anti-héros incarné par Bruno Podalydès dans son nouveau film Comme un avion (10 juin). Il rêvait de piloter des avions mais, à cinquante ans, ce rêve a les ailes brisées. Or, qu’est-ce qu’un avion sans ailes ? Un kayak ! Ce qui pourrait n’être qu’une lubie de plus va devenir une réalité : il laisse sa femme sur la rive — Sandrine Kiberlain, lumineuse — pour descendre un fleuve avec un «matos» de pointe, source de gags hilarants pour ce citadin qui se pique de découvrir la vie sauvage. Tout cela finira en partie de campagne avec canotiers perchés (le tandem Vuillermoz / Brouté), aubergiste tentatrice (Agnès Jaoui) et jeune fille en fleur (Vimala Pons). Le film est aussi libre et euphorique que le parcours de son personnage, fourmillant d’idées formidables, renversant sans arrêt ses stéréotypes pour offrir un grand bain de bonheur avec un doigt de mélancolie. Podalydès retrouve ici la santé qui irriguait son génial Dieu seul me voit, et signe sans conteste la comédie française de l’année.

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Marion Stalens à DesArts//DesCinés #5

SCENES | Le festival stéphanois dédié à la danse et au cinéma DesArts//DesCinés fête cette année sa cinquième année d'existence. Avec une programmation éclectique et destinée à tous (...)

Nicolas Bros | Mercredi 15 avril 2015

Marion Stalens à DesArts//DesCinés #5

Le festival stéphanois dédié à la danse et au cinéma DesArts//DesCinés fête cette année sa cinquième année d'existence. Avec une programmation éclectique et destinée à tous les types de publics allant de spectacles de danse funky et groovy de la Compagnie Engrenage à des ateliers dirigés par le chorégraphe Éric Oberdorff (qui proposera aussi spectacle et projections de films) en passant par un flashmob géant en hommage aux Blues Brothers place Jean Jaurès ou encore de la danse hip hop avec la Compagnie Stylistik... Bref, un festival complet et ouvert qui innove encore cette année avec la mise en place d'un concours international de vidéodanses sur le thème de la "mémoire". Afin de présider le jury de professionnels (composé entre autres par les réalisateurs stéphanois Raphaëlle Bruyas et Anthony Faye) pour ce concours, l'équipe du festival a fait appel à la réalisatrice documentariste Marion Staelens (en photo ci-dessus) qui possède à son actif des films tels que L’Afrique danse ! en 2012/2013 ou un documentaire intimiste sur sa soeur : Juliette Binoche, dans les yeux en 2009. Elle sera la marr

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Tueurs en scierie

ECRANS | Le cycle Retour(s) vers le futur du Méliès fait ce mois-ci dans la rareté et le cinéma culte, mettant en lumière quelques joyaux oubliés ou restaurés du patrimoine cinématographique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 5 novembre 2014

Tueurs en scierie

Désormais, le cinéma de patrimoine a pignon sur rue à Saint-Étienne : avec la programmation de Retour(s) vers le futur au(x) Méliès, les classiques défilent joyeusement sur les écrans, avec une belle diversité de programmation. En témoigne le menu de novembre, à commencer par l’exceptionnelle restauration de Massacre à la tronçonneuse pour les quarante ans de la sortie du film, qui a su conserver l’image cracra et les vrilles sonores de cette œuvre séminale du cinéma d’horreur. Préférant la carte du choc suggéré plutôt que celle du gore effréné, Tobe Hooper plonge le spectateur dans une atmosphère glauque et putride dont on ne ressort pas indemne, notamment grâce à l’éprouvante et grand-guignolesque scène du repas de famille. Dans le même genre culte, Videodrome de David Cronenberg avait, en 1982, fait découvrir aux spectateurs français la légende des snuff movies, ces bandes montrant d’authentiques scènes de torture non simulées. Ce n’est cependant qu’un prétexte pour le cinéaste : Videodrome cherche avant tout à réfléchir à la mutation des images et à la manière dont l’homme fait corps avec elles, à la fois r

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La Chasse

ECRANS | La calomnie d’une enfant provoque un déchaînement de violence sur un innocent assistant d’éducation. Comme un contrepoint de son tube «Festen», Thomas Vinterberg montre que la peur de la pédophilie est aussi inquiétante que la pédophilie elle-même, dans un film à thèse qui en a la qualité (efficace) et le défaut (manipulateur). Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 12 novembre 2012

La Chasse

On sort de La Chasse un peu sonné, pris comme le héros dans un engrenage asphyxiant où chaque tentative pour rétablir la vérité l’enfonce dans le désespoir et renforce l’injustice à son encontre. Thomas Vinterberg a de toute évidence réussi son coup : il laisse peu de place à la réflexion durant ces 110 minutes — jusqu’à la fin «ouverte» narrativement, mais totalement close philosophiquement. Les interrogations viendront après, une fois la distance retrouvée avec un spectacle efficace mais fondamentalement pipé. La Chasse raconte comment Lucas, assistant d’éducation en bisbille avec sa femme pour la garde de son fils, va voir le ciel lui tomber sur la tête après qu’une des petites filles de l’école où il travaille l’ait accusé de «lui avoir montré son zizi». L’enfant a en fait une réaction d’amoureuse déçue face à un homme qu’elle avait identifié comme un possible père de substitution, lui prodiguant l’affection que son vrai paternel ne lui témoignait plus. La calomnie va prendre des proportions terribles : directrice, professeurs, parents, voisins vont prendre fait et cause pour la gamine et harceler le pauvre Lucas. Chantage à l’émotion

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«Mes films parlent de la fragilité humaine»

ECRANS | Entretien avec Thomas Vinterberg, réalisateur de "La Chasse". Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 12 novembre 2012

«Mes films parlent de la fragilité humaine»

Partez-vous toujours d’un sujet pour vos films et, dans le cas de La Chasse, s’agissait-il de la sacralisation de la parole de l’enfant ?Thomas Vinterberg : Mes films viennent d’endroits très variés, mais toujours de quelque chose qui relève de la fragilité humaine. Mon prochain film parlera du rejet d’une femme vieillissante, à cause de sa chair. Festen parlait d’un secret profondément enfoui chez un personnage. Dans La Chasse, j’étais intéressé à la fois par l’enfant et par l’homme en tant que victimes. Il y a entre eux une amitié très forte, presque une histoire d’amour. C’est un très bon couple, tous les deux rejetés par leur famille et c’est pour cela qu’ils se comprennent si bien. Pas sur un plan sexuel, évidemment… Dans le cas de la petite fille, à cause d’un mensonge, tout son monde s’écroule autour d’elle, ce qui est très touchant. Quant à l’histoire de Lucas, elle m’intéresse car il est sacrifié sur l’autel du besoin qu’ont les gens d’incarner leurs peurs à travers un bouc émissaire. Dans les cas réels que j’ai étudiés, les petites filles avaient grandi avec une mère qui pleure et un père violent qui le

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Haneke ressort de la glace

ECRANS | Reprise opportune de La Trilogie de la Glaciation Émotionnelle de Michael Haneke, accompagnée de son film le plus polémique, "Funny Games", durant tout le mois d’octobre au Méliès : les prémisses d'une œuvre forte, paradoxale et inquiète. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 28 septembre 2012

Haneke ressort de la glace

Quand Benny’s video est sorti sur les écrans français, une décharge électrique a parcouru le cerveau des cinéphiles. Ou plutôt un tir de pistolet à grenaille, image à la fois centrale et manquante du film, d’abord montrée en vidéo pour l’abattage d’un cochon, puis laissée hors champ lors du meurtre d’une adolescente. On parlait alors de Bresson (pour le jeu blanc des comédiens), de Wenders (pour la réflexion sur l’image qui déresponsabilise l’individu)… Mais très vite, ce style et ces thèmes seront ceux de Michael Haneke, tellement reconnaissables qu’ils vont créer une foule d’imitateurs, dans son pays, l’Autriche, puis partout dans le monde — ce mois-ci, on pourra mesurer à quel point le jeune Michel Franco subit l’influence d’Haneke dans son Después du Lucía. Benny’s video était en fait le volet central d’une trilogie dite «de la glaciation émotionnelle». Avant, Haneke mettait en scène dans Le Septième continent le lent suicide d’une famille qui choisissait de disparaître comme elle avait vécue : avec la même désespérante routine existentielle. Ensuite, avec 71 fragments d’une chronologie du hasard, il donnait une forme plu

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