Le Papagalli show !

François Cau | Vendredi 18 novembre 2011

Le spectacle Salle défaite est né de la volonté de la mairie de Pont-de-Claix, qui a décidé de produire seule une création de l'inénarrable Grenoblois Serge Papagalli. Ce dernier s'est ainsi vu confier les clés de l'ancien foyer municipal, au charme très limité, pour proposer une pièce dans l'idée populaire, qui se jouerait pendant deux mois. Et voilà le résultat : entouré de sa troupe de fidèles (dont les toujours très efficaces Valère Bertrand et Gilles Arbona, qui offrent des moments gratinés), l'auteur-acteur-metteur en scène a écrit un texte convoquant le rire à chaque phrase.

Car en dévoilant les coulisses du théâtre (une troupe essaie en vain de monter Roméo et Juliette), il a abondamment joué avec l'image des différents corps de métier… en appuyant des fois un peu trop sur certains personnages – notamment les deux féminins. Mais qu'importe : la mise en abyme fonctionne pendant les 1h40 d'une représentation qui renferme une force indéniable, même si évidemment, les récalcitrants à ce genre d'humour risquent de passer complètement à côté du propos. Une aventure singulière, tant sur la forme que sur le fond, et unique, puisque ce spectacle ne tournera pas ensuite.

AM

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Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Théâtre | Pour célébrer ses 50 ans de carrière, le comédien, metteur en scène et auteur Serge Papagalli, comique dauphinois par excellence, propose un western-spaghetti de 2h20 avec, à ses côtés, 13 comédiennes et comédiens de la scène grenobloise qui lui sont fidèles. Avant la première de cet intrigant "Western !" mardi 13 octobre sur la scène de la MC2 (et la tournée iséroise qui suivra), on lui a posé quelques questions.

Aurélien Martinez | Mardi 6 octobre 2020

Serge Papagalli : « Il n'y a pas d'humour intéressant sans tragique »

Fêter ses 50 ans de scène, ça doit être vertigineux ! Serge Papagalli : Ce n’est pas anodin, en effet. Ça peut même être vertigineux, certes, mais comme j’ai fait un peu d’escalade dans ma jeunesse, je me cramponne aux rochers pour tenir ! Plus sérieusement, disons que quand on démarre dans ce métier à hauts risques, surtout à l’époque où j’ai commencé, on le fait avec passion, sans calcul et donc sans savoir réellement où l’on va. Être encore vivant après ce demi-siècle de théâtre, c’est génial ! Quand vous vous retournez sur ces 50 ans de carrière, que vous dites-vous ? Vous en êtes fier ? Vous avez des regrets ? Bien sûr que j’en suis fier, surtout que je suis encore là comme on le disait, avec un public toujours aussi fidèle. C’est incroyable ! Après, puisqu’on parle de regrets, je pense à l’époque où nous étions à Paris au début des années 1980. J’avais 33-34 ans, le Café de Gare était plein, des gens comme Patrice Leconte venaient nous voir sans qu’on ait un attaché de presse qui s’en occupe, nous faisions l’Olympia, je remplaçais Desproges sur France Inter dans Le Tribunal des flagrants d

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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Fête grandeur nature au Pot au Noir

Événement | Week-end / La Fête à Rivoiranche aura bien lieu cette année : trois jours et plusieurs spectacles en plein air, dans le Trièves, ça ne se loupe pas !

Aurélien Martinez | Mardi 8 septembre 2020

Fête grandeur nature au Pot au Noir

C’est l’un des lieux culturels de la région les plus bucoliques, niché à une trentaine de kilomètres au sud de Grenoble, en pleine nature, dans le Trièves, près du village de Saint-Paul-lès-Monestier. Son nom ? Le Pot au Noir, « espace de travail et de création en milieu rural » piloté par le comédien Valère Bertrand et actif depuis plus de 20 ans. Une bulle de nature (dans un monde culturel tout de même très bétonné) qui, chaque année, organise sa fameuse Fête à Rivoiranche, du nom du lieu-dit. Une fête qui, malgré le coronavirus, aura bien lieu cette année, et tant mieux ! Sur trois jours, on pourra alors découvrir plusieurs spectacles (on ne va pas tous vous les lister ici parce que ce serait fastidieux à lire, mais sachez que ce sera varié, tant sur les genres que sur les formes – oh, une « petite bacchanale agricole » par la décalée Julie Desprairies ; oh un film qui montrera de la danse dans le Musée de Grenoble grâce à la compagnie Épiderme ; oh un vide-grenier artistique…), le tout pensé en lien avec la compagnie grenobloise L’Atelier du metteur en scène Benjamin Moreau, associée au lieu. Comm

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Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Des créations très attendues, des succès enfin à Grenoble, des découvertes... Suivez-nous dans les salles grenobloises et de l'agglo.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

La Buvette, le tracteur et le curé Et voici la nouvelle pièce de l’inénarrable humoriste dauphinois Serge Papagalli, qui sera créée début octobre et tournera ensuite dans pas mal de villes autour de Grenoble. Avec toujours cette fameuse famille Maudru, dont Aimé, le chef de famille (Papagalli lui-même, parfait), et Désiré, le neveu un peu attardé (Stéphane Czopek, grandiose). Où cette fois, visiblement, il sera question d’une énième reconversion de cet agriculteur à la retraite, mais aussi d’un curé un peu strict nouvellement venu. Vivement les retrouvailles ! À partir d’octobre dans de nombreuses villes de l’Isère Tournée complète sur www.papagalli.fr Incertain Monsieur Tokbar

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"Pourquoi ? Parce que !" : Papagalli façon puzzle

Humour | L'humoriste dauphinois sera au Théâtre municipal de Grenoble du jeudi 29 novembre au samedi 1er avant de repartir en tournée iséroise.

Aurélien Martinez | Mardi 27 novembre 2018

« Pourquoi les danseuses classiques marchent-elles sur la pointe des pieds alors qu’il serait plus simple d’en faire danser des plus grandes ? » : voilà l’une des nombreuses questions posées par Serge Papagalli dans son nouveau spectacle baptisé Pourquoi ? Parce que ! en grande tournée iséroise depuis sa création. Une question toute aussi saugrenue et savoureuse que d'autres à laquelle il ne donne pourtant pas de réponse – d’où le titre. Car l’aventure a plutôt pour but de laisser la verve et les capacités comiques du plus dauphinois des humoristes s'épanouir une nouvelle fois sur scène. Un solo qui a donc tout pour satisfaire les fans de l’homme à accent qui, sur scène et par moments accompagné du génial (mais sous-exploité ici) Stéphane Czopek (qui, pour info, joue le neveu de la famille Maudru, le personnage le plus fort des pièces de groupe de Papagalli), alterne absurde, humour potache et réflexions plus personnelles – sur son père italien et sa maman dauphinoise par exemple. Rien de bien nouveau sous le soleil papagallien donc (on a même l'impression que l'homme est en mode automatique

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"Papagalli chante ! (mais cause toujours)" : et Papagalli chantera à la MC2

Spectacle | « Dans une autre vie, j’aurais aimé être Mick Jagger. Ou même Bruce Springsteen. » Voilà ce que le facétieux comédien et metteur en scène Serge Papagalli, figure (...)

Aurélien Martinez | Mardi 12 juin 2018

« Dans une autre vie, j’aurais aimé être Mick Jagger. Ou même Bruce Springsteen. » Voilà ce que le facétieux comédien et metteur en scène Serge Papagalli, figure dauphinoise par excellence vue sur toutes les planches de la région mais aussi ailleurs (comme dans la série Kaamelott), a déclaré à nos confrères du Dauphiné libéré. Une interview-portrait pour promouvoir le drôle de projet qu’il présentera vendredi 15 et samedi 16 juin à la MC2 : Papagalli chante ! (mais cause toujours). Visiblement, il chantera large (sont annoncés des morceaux de figures aussi variées que Sinatra, Dylan, Bashung, Cabrel, Stromae…), tout ça saupoudré d’adresse (forcément décalée) au public comme l’annonce le titre. « Il faut toujours parler ; même pour ne rien dire » (extrait de sa note d’intention). D’accord !

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La belle vingtaine de la Fête à Rivoiranche

Festival | En ce troisième week-end de septembre, le Pot au Noir fait sa rentrée culturelle avec un événement de taille : la 20e édition de la Fête à Rivoiranche. Au programme 20 spectacles pour démontrer la richesse du festival pluridisciplinaire de spectacle vivant organisé par la salle, mais surtout faire la fête comme il se doit lorsqu’on a 20 ans.

Charline Corubolo | Mardi 12 septembre 2017

La belle vingtaine de la Fête à Rivoiranche

Il est ennuyeux de croire qu’à 20 ans on devient raisonnable. Pour parer à cet ennui, la Fête à Rivoiranche organisée par le Pot au Noir, « espace de travail et de création en milieu rural » situé dans le magnifique domaine de Rivoiranche à Saint-Paul-lès-Monestier, dans le Trièves, suit l’adage des breuvages alcoolisés : tel un bon whisky de 20 ans d’âge, elle devient meilleure avec le temps, tout en restant enivrante, voire chargée. Du vendredi 15 au dimanche 17 septembre, le festival va ainsi souffler ses 20 bougies avec 20 représentations. « En septembre 1998, nous donnions un premier rendez-vous au public, et depuis, nous n’en avons jamais loupé un. Pour cette 20e édition, on réinvite les 6 artistes présents lors de la première et on fait la fête sur deux soirs et deux jours » nous confie le comédien Valère Bertrand, à la tête de cette salle labellisée "scène ressource départementale". La manifestation pluridisciplinaire promet un week-end haut en couleur mai

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Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

Panorama 2016/2016 | Pour cette saison 2016/2017, on vous a concocté un programme varié entre spectacles coups de poing, aventures atypiques et classiques rassurants. Suivez-nous, que ce soit à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre de Grenoble, à la Rampe, à la Faïencerie, au Théâtre en rond...

Aurélien Martinez | Jeudi 13 octobre 2016

Théâtre : les temps forts de la saison grenobloise

LA 432 « Un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir » : voilà comment les légendaires Chiche Capon présentent leur LA 432, que l’on a classé en théâtre parce qu’il faut bien le mettre quelque part. Sauf que c’est beaucoup plus que ça : un déferlement burlesque et musical (leur ritournelle Planète Aluminium reste très longtemps en tête) porté par des comédiens clownesques survoltés qui n’hésitent pas à secouer le public (ou à lui taper dessus). Joyeusement régressif ! Au Théâtre municipal de Grenoble mardi 22 novembre ________ Fables Un spectacle où certaines fables de Jean de La Fontaine (1621 – 1695) sont mises en scène par deux joyeux comédiens qui s’amusent véritablement à camper les différents animaux

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Serge Papagalli : Dauphinois gratiné

Portrait | Alors qu’il est en ce moment à la MC2 à l’affiche de "Presque Falstaff… et les autres", pièce écrite par son complice Gilles Arbona, on est allés à la rencontre de Serge Papagalli, le plus dauphinois des comédiens, auteurs et metteurs en scène de France. Histoire de revenir avec lui sur une très longue carrière (du théâtre, des sketchs, la série "Kaamelott"…) qui est visiblement loin d’être terminée. Tant mieux.

Aurélien Martinez | Mardi 10 mai 2016

Serge Papagalli : Dauphinois gratiné

« J’ai toujours eu la chance de travailler avec des gens que j’aime bien et qui m’aiment bien. Je ne les choisis jamais en fonction de leurs qualités intrinsèques ou je ne sais pas quoi. Bien sûr, s’ils sont bons, ce n’est pas plus mal ! » Voilà comment le Grenoblois Serge Papagalli, 69 ans, résume sa foisonnante carrière qui pourrait perdre plus d’un biographe. On le retrouve dans les studios de France Bleu Isère, radio sur laquelle il tient une chronique matinale depuis 15 ans, pour évoquer tout ça, et notamment le fait qu’il soit difficilement classable. « Mon éclectisme a été une difficulté au départ, indéniablement – je parle de temps plus anciens comme j’ai commencé le théâtre en 1971 ! Il fallait choisir d’être dans le music-hall burlesque ou dans le théâtre dit public. En gros, choisir entre Coluche et Shakespeare. Pas mal d’amis ont pris une rubrique et y sont restés toute leur carrière, ce qui leur a financièrement sans doute mieux réussi qu’à moi. Sauf que moi, j’aime autant le hard rock que le baroque ! » « Rire d

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Au Pot au noir, le théâtre est dans le pré

ACTUS | Dix-huit ans que le Pot au noir, « espace de travail et de création en milieu rural » situé dans le magnifique domaine de Rivoiranche à Saint-Paul-lès-Monestier, dans le Trièves, célèbre chaque année la rentrée culturelle un peu avant tout le monde. À l’occasion de la nouvelle édition de cette "Fête à Rivoiranche", zoom sur ce théâtre atypique avec son directeur artistique Valère Bertrand.

Aurélien Martinez | Mardi 1 septembre 2015

Au Pot au noir, le théâtre est dans le pré

« Le Pot au noir, c’est une zone située dans l’Atlantique à équidistance du continent africain et du continent sud-américain. Une zone où, quand les alizés nord et sud ne se rencontrent pas, il n’y a pas de vent : les marins sont alors en panne. Et quand ils se croisent ça pète, c’est dangereux. Donc c’est un lieu de grand calme ou de grande agitation. Quand, à l’ouverture, on refaisait la charpente, les ouvriers nous ont dit qu’elle était de type bateau. Le terme nous a parlé. Surtout qu’en psychanalyse, le Pot au noir est un passage entre l’âge adolescent et l’âge adulte. » Voilà pour l’origine du nom de ce lieu de création artistique niché en pleine nature, dans le magnifique cadre du Trièves, au pied du Vercors, à trente minutes au sud de Grenoble. Un théâtre tout juste majeur fondé en 1997 par le comédien Valère Bertrand, avec l’idée de mettre en place un espace pour les artistes. « J’ai 30 ans à l’époque, dont dix ans de métier au sein des équipes grenobloises [il a fait le conservatoire – NDLR]. On était au moment où il y avait des équipes permanentes et où tu pouvais encore être apprenti

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Made in Dauphiné

SCENES | Serge Papagalli : une figure locale incontournable, en place depuis déjà un paquet d’années. Adepte d’un théâtre généreux et drôle, il est suivi par un public de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 4 novembre 2014

Made in Dauphiné

Serge Papagalli : une figure locale incontournable, en place depuis déjà un paquet d’années. Adepte d’un théâtre généreux et drôle, il est suivi par un public de fidèles (pas forcément très jeunes !) qui le retrouvent à chaque nouvelle création. Surtout quand c’est une qui tourne autour des Maudru. « Depuis 1996, je raconte avec tendresse les aventures de cette famille de petits agriculteurs dauphinois en moyenne montagne qui essaye de survivre, tant bien que mal, face à ce monde qui se mondialise de plus en plus et s'éloigne du leur, sans cesse » explique-t-il en note d’intention. Des personnages forts en gueule qui deviennent les porte-voix attendrissants de la verve fleurie de Papagalli. Dans ce nouvel épisode baptisé La Santé par les plantes, les Maudru sont bien décidés à utiliser leur propre alambic, même si ce n’est pas vraiment permis par la loi. Une comédie en cave rondement menée, avec notamment un Stéphane Czopek fantastique dans le rôle du neveu dérangé. À découvrir les 7 et 8 novembre à Champ-sur-Drac, le 25 au Laussy de Gières, le 28 à la salle Edmond Vigne de Fontaine ou encore les 12 et 13 décembre au Coléo de Pontcharra. Toutes les info

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Le théâtre d’abord

SCENES | C’est l’histoire d’un ancien trader arrogant venu faire une conférence pour expliquer comment exercer le même métier que lui. C’est l’histoire d’un mec révolté (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 mars 2014

Le théâtre d’abord

C’est l’histoire d’un ancien trader arrogant venu faire une conférence pour expliquer comment exercer le même métier que lui. C’est l’histoire d’un mec révolté qui décide de porter un grand coup au système en assassinant un trader. C’est l'histoire de deux histoires qui, par la force des choses, n’en feront plus qu’une. Pour sa nouvelle création, le Dauphinois Serge Papagalli a choisi la pièce de théâtre avec fond politique – ce qui n’est pas si étonnant quand on connaît un tant soit peu le personnage. Le texte, qui est de lui, s’intitule La Position de l’autruche : un titre explicite qui illustre bien ses intentions (démontrer que si l’on continue à faire comme si de rien n’était, on risque de foncer droit dans le mur). Sur scène, le comédien, metteur en scène et auteur interprète le fameux trader cynique et provocateur : une attitude qui contraste avec celle du forcené très agité (Stéphane Czopek), bien décidé à en découdre. La Position de l’autruche, c'est donc une pièce sur l’économie ? Oui mais pas que... Car finalement, tout ceci n’est qu’un prétexte, qu’une toile de fond parfois grossièrement dessinée par le saltimbanque Papagalli

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« Offrir une première chance »

SCENES | La première édition du festival Les Jeunes Pousses(ent), sous-titré "éclosions théâtrales", se déroulera dans trois lieux différents : le Théâtre de Poche de Grenoble, l’Autre Rive d’Eybens, et le Pot au Noir de Saint-Paul-les-Monestiers. Avec pour but de donner leur chance à de nouveaux metteurs en scène, qui présenteront leur création dans les trois lieux. Rencontre avec trois des organisateurs pour en savoir plus sur l’esprit du projet. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 5 avril 2012

« Offrir une première chance »

Comment est né ce festival ?Valère Bertrand, du Pot au Noir, et ancien du Tricycle : L’idée a germé au sein du Tricycle, grâce à Gilles Arbona [l’un des membres du dit Tricycle  – NdrR]. Le collectif a ensuite rapidement sollicité le Centre culture et loisirs d’Eybens et le Pot au noir, qui ont tous deux répondu à l’appel. Et le festival Textes en l’air nous a ensuite rejoints [deux des trois créations seront présentées cet été à Saint-Antoine-l’Abbaye – NdlR].Gilles Arbona, du Tricycle donc (collectif qui, depuis septembre dernier, gère le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche) : L’idée m’est venue d’un seul coup, comme ça ! En me levant un matin, je me suis dit : tiens, il faudrait faire quelque chose pour ceux qui n’ont jamais rien fait. On demande souvent aux artistes ce qu’ils ont fait, et quand ils ne répondent rien, on leur dit de revenir plus tard, quand ils auront de l’

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Mais y va où le monde ?

ECRANS | De et avec Serge Papagalli (Fr, 1h24) avec Véronique Kapoian, Valère Bertrand…

François Cau | Lundi 14 février 2011

Mais y va où le monde ?

L’affiche ne ment pas : nous sommes bien face à “Papagalli le film“. Pour sa première réalisation cinématographique, le comique reprend ses personnages théâtraux privilégiés, la famille Maudru, entouré de ses interprètes originaux (Véronique Kapoïan et Valère Bertrand) et d’autres complices fidèles de ses frasques absurdes. Les habitués de ses spectacles seront en terrain connu : des caractères paysans bien trempés et gentiment caricaturaux, à la furieuse obsolescence, s’affrontent sur fond de mutation de leur univers, le tout dans cet impénétrable jargon dauphinois (les «Nom de Gu» y pleuvent avec enthousiasme) qui terrorise chaque année de nouveaux étudiants franciliens déracinés. Même si on lui sait gré d’avoir pensé la transposition de son humour en termes réellement cinématographiques (à l’inverse, au hasard, d’un Dany Boon, auquel on a emprunté le principe de sortie avancée dans la région d'origine), il faut tout de même reconnaître que cet opus, dont se dégage une sympathique aura d’OVNI total, convaincra plus les aficionados de toujours du beau Serge que ses récents fans de la série Kaamelott. Mais en même temps, c’est le but presque avoué d’un film qui résonne comme un éch

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"La nage de l’enclume" : Papagalli tout en rupture

SCENES | Avis à chaud sur la nouvelle création signée Serge Papagalli, au lendemain de sa première sur les planches de la MC2.

François Cau | Vendredi 10 octobre 2008

Le numéro est une messe, un rituel quasi sacré : alors que le clown blanc est sur le point de s’asseoir, Auguste retire la chaise au dernier moment et son compère s’écroule. Mais le dindon de la farce a comme une indigestion de cette hostie humoristique, et fait part de sa lassitude au bout de trente années de mécanique trop rodée. Une prémisse qui n’est pas sans rappeler le fabuleux Mort de Rire d’Alex de la Iglesia, mais que Serge Papagalli fait basculer dans une toute autre direction : le combat rhétorique à grands coups d’irrésistibles aphorismes et autres jeux de mots laids. À la pétulante verve papagallienne, réinterprétation foutraque du “style Cioran“, s’oppose le fatalisme hagard d’un Gilles Arbona en douce révolution comique. Le vieux couple prend chair instantanément, au gré d’une écriture maîtrisée et de performances calées avec une précision d’orfèvre. D’autant que le parti pris, assumé jusqu’au bout des ongles, du décalage continu par rapport au fondement même du projet (Papagalli sur les planches de la MC2) fonctionne à merveille. Le texte joue à bon escient de la distance sans tomber dans une quelconque condesc

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