Mauvaise Foi, à la chasse aux Fauves

Sébastien Broquet | Mercredi 10 février 2016

Photo : © Mauvaise Foi


Jean-Christophe Menu a eu du flair, une nouvelle fois : le dessinateur et co-fondateur de L'Association avait sur un stand du festival d'Angoulême l'an dernier acheté un exemplaire du n°5 de Laurence 666, revue - ou objet - graphique collectif à couverture (sérigraphiée à la main) complètement anachronique et imaginatif, histoire d'encourager la bande de jeunes fougueux ayant lancé quelques années plus tôt ce concept tiré au début à 50 exemplaires sur une imprimante de bureau.

La semaine dernière, le bel objet que Menu s'était arrogé a obtenu un Fauve au même festival : celui de la meilleure bande dessinée alternative. Et c'est amplement mérité, tant ce cadavre exquis d'un nouveau genre est d'une beauté formelle aboutie et d'une inventivité foutraque. Chaque numéro est thématisé, celui primé explorait le Moyen Âge via le siège d'un château-fort. Si les intermèdes en couleurs sont concoctés par les cinq membres de Mauvaise Foi, le siège en lui-même est dessiné en noir et blanc et confié aux auteurs invités qui suivent la trame initiale mais laissent libre cours à leur imagination.

La libido de la factrice

Pour le numéro 6 dont on fête la sortie ce jeudi 11 février au Café Galerie, c'est la science-fiction qui est explorée via les aventures de la dernière factrice de l'univers... « L'héroïne découvre sa sexualité au fil des pages. C'est amusant car aucune information à ce sujet n'a été donnée au départ, mais différents auteurs s'en sont emparés » nous explique en souriant Hugo Charpentier, responsable des punchlines au sein du collectif qu'il forme avec Rémy Mattei, Manuel Lieffroy, Chloé Fournier et Benjamin Barat.

Tous se sont rencontrés sur les bancs de... oui, comme d'habitude, l'illustre école Émile Cohl. C'était en 2007, le club des cinq lançant Laurence 666 trois ans plus tard, inspirés par les anciens de Arbitraire - autre revue issue du sérail. « Après l'école, on a voulu continuer ensemble : on s'est installé dans un atelier où l'on fait de la sérigraphie et où l'on continue cette revue à thème dont le but est de raconter une histoire écrite par nous cinq, mais partagée entre des auteurs qui se l'approprient. Dix dessinateurs nous suivent depuis le début, une vingtaine interviennent par numéro » raconte Manuel. La boxe était le thème du second, l'histoire d'un inuit dont l'unique chien de traineau disparaît celui du quatrième... Leur imagination n'est pas prête de se tarir : outre la revue, dont tous les bénéfices sont réinvestis pour les numéros suivants, des albums individuels verront le jour fans le futur. De quoi retourner à la chasse au Fauve du côté d'Angoulême. SB

Lancement de la revue Laurence 666, en présence des auteurs
Attention + David Bouillie + Leome DJ set
Au Café Galerie jeudi 11 février


Lancement de la revue 666

Attention + David Bouillie + Leome
Le Café galerie 19 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Mauvaise Foi : une généreuse et glorieuse conquête

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Dictionnaire de la mauvaise foi musicale Chiflet&Cie

MUSIQUES | Josselin Bordat et Basile Farkas (Chiflet & Cie)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 novembre 2009

Dictionnaire de la mauvaise foi musicale
Chiflet&Cie

Tout livre sur la musique de jeunes débutant par une citation de Jacques Attali, visiblement aussi mélomane qu’un carton de lait, mérite de faire parler de lui. Surtout quand ledit livre s’attaque aux deux mamelles de la critique rock (qu'elle soit amateur ou, dans certaines affections très rares, professionnelle) : l’amour de la musique et celui de la mauvaise foi. Armé d’un (faux) cynisme de compétition, le livre désosse les codes et autres tics du vocabulaire musical, ainsi que les travers et compromissions de l’industrie discographique et de ses (nombreux) tartuffes (à peu près tout le monde). On saura donc enfin dans comment utiliser le terme «éponyme» sans se tromper (comme pour la queue à la Poste, il y a un sens à respecter) ou ce qu’est un album «séminal». Plus généraliste mais infiniment plus vachard et concis que l’anglo-saxon 'Dictionnaire snob du rock', le 'Dictionnaire de la mauvaise foi musicale' se contente parfois d’un mot, d’un calembour assumé pour faire son office («Hanson : Mmbof»). Démontrant surtout que la musique moderne n’est pas une affaire très sérieuse («Toute la grande musique a déjà été écrite par tous ces gars en perruque», disait Zappa, et il

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