Emmanuel Venet : le fou et l'artisan

Psychiatrie | Le psychiatre et écrivain lyonnais Emmanuel Venet publie "Manifeste pour une psychiatrie artisanale" aux éditions Verdier. Critique.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2020

Photo : © Pascal Vienot


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Raconte moi la vie

Performance littéraire | Moins dense qu'à l'origine, où il prenait la forme d'un festival, l'événement littéraire Threads est revenu en mai dernier sous le nom de "Threads se la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 octobre 2017

Raconte moi la vie

Moins dense qu'à l'origine, où il prenait la forme d'un festival, l'événement littéraire Threads est revenu en mai dernier sous le nom de "Threads se la raconte (la vie)". Où il s'agit pour trois écrivains de livrer une performance littéraire sous la forme d'un de ces "commencement speech" ayant cours lors des cérémonies de remise de diplômes des grandes universités américaines. Un discours d'édification sur la vie et ce qu'il faudrait en faire, souvent empreint d'autodérision. Après, Thomas Clerc, Valérie Mréjen et Héléna Villovitch en juin, vient le tour de Constantin Alexandrakis (dont le premier récit, Deux fois né, est à paraître en octobre), Alain Turgeon (ce trop rare génie québécois de Lyon auteur de Gode Blesse et Tu moi, entre autres) et Emmanuel Venet (dont l'on a régulièrement parlé ici notamment pour Rien et Marcher droit, tourner en rond). Quand on connaît leur regard acéré sur les choses de la vie, leur sympathique propension à se la raconter (la vie) et leur sens aigu de l'autodérision, justement, nul doute que ces trois-là devraien

Continuer à lire

Éloge de la différence

Villa Gillet | Ce jeudi 16 février, la Villa Gillet réunit trois écrivains sous le signe de la différence et de l'altérité... Dans l'ordre alphabétique : le turque Metin (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 février 2017

Éloge de la différence

Ce jeudi 16 février, la Villa Gillet réunit trois écrivains sous le signe de la différence et de l'altérité... Dans l'ordre alphabétique : le turque Metin Arditi pour L'Enfant qui mesurait le monde, Marcus Malte pour Garçon dont le personnage principal est un enfant mutique, et Emmanuel Venet pour Marcher droit, tourner en rond, dont le narrateur est un autiste atteint du Syndrome d'Asperger...

Continuer à lire

Emmanuel Venet : fan de scrabble et de vérité

CONNAITRE | Avec Marcher droit, tourner en rond et son narrateur autiste, Emmanuel Venet livre un constat acide et drôle sur... la condition humaine.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

Emmanuel Venet : fan de scrabble et de vérité

Après Rien (paru en 2014), l'écrivain et psychiatre lyonnais Emmanuel Venet se (et nous) projette dans un personnage-narrateur atteint du syndrome d'Asperger. Comme l'indique le titre du roman, le narrateur marche, à rebours de son entourage, droit (dans sa tête), ce qui ne l'empêche pas au final de « tourner en rond » (dans sa tête). « Pour n'avoir aucune gêne à faire ce que je dis comme à dire ce que je fais, je ne tolère ni les propos trompeurs, ni les cachotteries. En toute transparence, je peux expliquer que je vis avec mon père depuis que ma mère nous a quittés, il y a trente ans cette année, et je me partage entre mes deux passions : le scrabble et les recherches sur les catastrophes aériennes. » Un sans-gêne de propriétaires Cette droiture, morale autant que pathologique, donne lieu, dans le livre d'Emmanuel Venet, à des points de vue désopilants sur les démêlées et les fourvoiements hypocrites de l'environnement humain du narrateur. Car no

Continuer à lire

Emmanuel Venet de Passages

Littérature | Les "Asperger", du nom de ce syndrome autistique qualifiant certains autistes géniaux, ont toujours été une matière à fiction fort riche (de Rain Man à la série (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 septembre 2016

Emmanuel Venet de Passages

Les "Asperger", du nom de ce syndrome autistique qualifiant certains autistes géniaux, ont toujours été une matière à fiction fort riche (de Rain Man à la série The Bridge), du fait notamment de leur rapport unique au premier degré, à l'hypocrisie et aux conventions sociales grandement pourvoyeur de situations décalées. Entre les mains d'Emmanuel Venet, par ailleurs psychiatre même si on le lui rappelle assez, un personnage atteint de ce syndrome ne peut (c'est malheureux à dire) qu'offrir de belles promesses de roman et même de roman drôle pour ne pas dire de drôle de roman drôle. On avait découvert chez l'auteur de Marcher droit, tourner en rond (tous les paradoxes du personnage sont dans le titre), avec son premier roman, Rien, belle surprise d'il y a trois ans, déjà publiée chez Verdier (éditeur de figures comme Pierre Michon, gage de qualité), un sens de l'humour uni

Continuer à lire

Rien de grave

CONNAITRE | Au commencement, une question, tristement banale, après l'amour : «A quoi penses-tu ?». Qui ouvre les vannes de l'esprit du musicologue qui a emmené sa (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 septembre 2013

Rien de grave

Au commencement, une question, tristement banale, après l'amour : «A quoi penses-tu ?». Qui ouvre les vannes de l'esprit du musicologue qui a emmené sa femme Agnès fêter dans le luxe du Negresco leurs vingt ans d'«amour». Une divagation qui convoque Jean-Germain Gaucher, auquel l'homme se sent lié, moins parce qu'il a écrit une thèse à son sujet que parce qu'il a séjourné jadis dans une chambre voisine avec une maîtresse fuyante. Musicien de la Belle Epoque, talentueux, génial peut-être, Gaucher s'est raté dans les grandes largeurs, ne se réalisant guère que comme musicien de cabaret à Pigalle, et encore, traînant le boulet d'un mariage de dépit avec une Marie-Louise «austère comme une allégorie de la tempérance». Ce qu'il ne rate pas en revanche, c'est le piano demi-queue qui le broie mortellement dans un escalier, mettant un terme définitif au fiasco. Un accident aux allures de suicide. Ce en quoi ne croit pas, par évidente dénégation, le narrateur de ce fascinant premier roman du psychiatre lyonnais Emmanuel Venet, qui allume les mèches de bien des questionnements.

Continuer à lire