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La voix de la sagesse

Ringard, has been ou simplement mal regardé par les cinéastes ? Christophe Lambert, devenu un gage assuré de nanardise ces dernières années, rebondit avec sa prestation crédible dans "White Material" de Claire Denis. Christophe Chabert
le Vendredi 19 mars 2010 par

La voix de la sagesse

Ringard, has been ou simplement mal regardé par les cinéastes ? Christophe Lambert, devenu un gage assuré de nanardise ces dernières années, rebondit avec sa prestation crédible dans "White Material" de Claire Denis. Christophe Chabert
le Vendredi 19 mars 2010 par Christophe Chabert

La voix de la sagesse

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White MaterialWhite Material

Quand on rencontre Christophe Lambert, on est d’abord frappé par sa voix. Une voix chevrotante, presque une voix de vieillard, comme étouffée au niveau du larynx, ce que les micros de cinéma n’ont pas encore vraiment souligné. Dans White Material, Claire Denis s’occupe plutôt de donner à Lambert un corps nouveau et crédible d’époux, de père et de propriétaire terrien en Afrique. Le film, assez emmerdant dans son auteurisme poseur, se fait d’un coup modeste pour filmer cet acteur-revenant dans un costume d’homme ordinaire qui tente de garder son sang-froid face à la folie du monde. La prestation est convaincante. Mais elle donne envie d’en voir — et d’en entendre — plus de la part de Christophe Lambert.

Vingt ans de nanars

La facilité serait de dire qu’il revient de loin. Facile car, en définitive, il y est encore. Depuis le Claire Denis, Lambert a tourné dans une superproduction allemande dont on ne verra sûrement jamais la couleur chez nous, et qui sent bon le projet foireux, ce dont l’acteur s’est fait le spécialiste depuis près de vingt ans. Sa filmo, commencée sur les chapeaux de roues avec Greystoke, tout de suite dans le décor artistique avec ces deux grosses daubes à la mode que sont Highlander et Subway, est depuis un régal pour les amateurs de nanars : Beowulf, Fortress, Vercingétorix, Hercule et Sherlock, Le Lièvre de Vatanen… Sa marionnette des Guignols a acté cet état de fait : Christophe Lambert fait des films «tout pourris». Pendant ce temps, la presse people fait ses gorges chaudes sur son couple avec Sophie Marceau, avec qui il a déjà tourné deux films, médiocres eux aussi. De temps à autre, un cinéaste a l’idée de lui rendre un peu de dignité : Benchetrit dans Janis et John en version parodique, Richard Kelly en mode pop idol barrée dans son grandiose et inédit Southland Tales. On demande à Lambert ce qui l’a conduit vers ce film-monstre : «J’avais vu "Donnie Darko", j’ai adoré le film et j’ai trouvé ce mec de 25 ans hallucinant. Pour moi, c’était du divertissement et c’est ce que je recherche : être diverti, quelle que soit la lourdeur d’un film, que ce soit du cinéma d’action ou quelque chose de plus intellectuel». Lambert insiste sur sa «curiosité» d’homme et d’acteur, tandis que Claire Denis souligne son «absence de plan de carrière, sa liberté et son indépendance». Il annonce ses projets : un film avec Bernie Bonvoisin, un autre avec Xavier Durringer. Et un troisième, qu’il réaliserait, et dont il réécrit le scénario depuis 20 ans. Il n’en dira pas plus, et il n’a pas dit grand chose en fait, mais on ne se lasse pas d’écouter sa voix, celle d’un chien fou devenu vieux sage.

Tags  • White+Material • Christophe+Lambert+

Quand on rencontre Christophe Lambert, on est d’abord frappé par sa voix. Une voix chevrotante, presque une voix de vieillard, comme étouffée au niveau du larynx, ce que les micros de cinéma n’ont pas encore vraiment souligné. Dans White Material, Claire Denis s’occupe plutôt de donner à Lambert un corps nouveau et crédible d’époux, de père et de propriétaire terrien en Afrique. Le film, assez emmerdant dans son auteurisme poseur, se fait d’un coup modeste pour filmer cet acteur-revenant dans un costume d’homme ordinaire qui tente de garder son sang-froid face à la folie du monde. La prestation est convaincante. Mais elle donne envie d’en voir — et d’en entendre — plus de la part de Christophe Lambert.

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La facilité serait de dire qu’il revient de loin. Facile car, en définitive, il y est encore. Depuis le Claire Denis, Lambert a tourné dans une superproduction allemande dont on ne verra sûrement jamais la couleur chez nous, et qui sent bon le projet foireux, ce dont l’acteur s’est fait le spécialiste depuis près de vingt ans. Sa filmo, commencée sur les chapeaux de roues avec Greystoke, tout de suite dans le décor artistique avec ces deux grosses daubes à la mode que sont Highlander et Subway, est depuis un régal pour les amateurs de nanars : Beowulf, Fortress, Vercingétorix, Hercule et Sherlock, Le Lièvre de Vatanen… Sa marionnette des Guignols a acté cet état de fait : Christophe Lambert fait des films «tout pourris». Pendant ce temps, la presse people fait ses gorges chaudes sur son couple avec Sophie Marceau, avec qui il a déjà tourné deux films, médiocres eux aussi. De temps à autre, un cinéaste a l’idée de lui rendre un peu de dignité : Benchetrit dans Janis et John en version parodique, Richard Kelly en mode pop idol barrée dans son grandiose et inédit Southland Tales. On demande à Lambert ce qui l’a conduit vers ce film-monstre : «J’avais vu "Donnie Darko", j’ai adoré le film et j’ai trouvé ce mec de 25 ans hallucinant. Pour moi, c’était du divertissement et c’est ce que je recherche : être diverti, quelle que soit la lourdeur d’un film, que ce soit du cinéma d’action ou quelque chose de plus intellectuel». Lambert insiste sur sa «curiosité» d’homme et d’acteur, tandis que Claire Denis souligne son «absence de plan de carrière, sa liberté et son indépendance». Il annonce ses projets : un film avec Bernie Bonvoisin, un autre avec Xavier Durringer. Et un troisième, qu’il réaliserait, et dont il réécrit le scénario depuis 20 ans. Il n’en dira pas plus, et il n’a pas dit grand chose en fait, mais on ne se lasse pas d’écouter sa voix, celle d’un chien fou devenu vieux sage.

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