Écrans Mixtes se fait un Grec

ECRANS | Cinquième bougie pour Écrans Mixtes, le festival de films LGBT, et jolie édition 2015 avec comme invité d’honneur le cinéaste grec Panos H. Koutras et des films inédits aussi pertinents sur leurs sujets que surprenants dans leurs formes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

Queer, festif, décalé, militant : Écrans Mixtes, le festival LGBT fête ses cinq ans avec à son frontispice ses adjectifs-là ; en 2015, il paraît plus que jamais au cœur des questions contemporaines, et pas seulement celles directement liées à l'homosexualité. Ainsi, l'invitation faite au cinéaste grec Panos H. Koutras n'est pas le moindre des symboles — même si sa venue a été annoncée avant la victoire de Syriza aux dernières élections. Koutras a bâti en quatre films une œuvre qui balance entre réalisme et fantaisie, tradition et modernité : de ce faux film Z qu'était L'Attaque de la moussaka géante au road-movie Xenia, Odyssée d'aujourd'hui à travers une Grèce dévorée par la crise et la violence, le cinéaste se plaît à empoigner les mythes, les sujets et les genres pour les passer au prisme d'une modernité queer.

Écrans mixtes propose l'intégrale de ses films — dont l'inédit Real Life, tourné en 2004 — et lui a laissé carte blanche. Il a donc choisi deux films : le classique Stella, femme libre de Michael Cacoyannis — auquel son propre Strella rendait hommage — qu'il présentera à l'Institut Lumière le même soir que Xenia, le jeudi 5 mars, et Johann, mon été 75 de Philippe Vallois, décrit comme «le premier film gay français».

Des hommes debout

Hormis cet événement, Écrans Mixtes propose un panorama du cinéma LGBT récent avec force inédits et avant-premières. La place manque pour parler de tout, on insistera donc sur deux très bons films : d'abord Love is Strange d'Ira Sachs — dimanche 8 mars à 18h30 au Comœdia. Inédit car victime de la pénurie actuelle d'écrans art et essai à Lyon intra-muros, ce superbe mélodrame ténu et pudique où deux sexagénaires new-yorkais se marient avant d'être rappelés, par la violence des rapports sociaux et économiques, à leur double minorité — seniors et gays — bouleverse sans forcer le pathos, par la force d'un regard toujours juste sur ses personnages — et ses acteurs : John Lithgow et Alfred Molina.

Ensuite, Stand de Jonathan Taïeb — samedi 7 mars à 19h30 au Comœdia en sa présence — film français indépendant tourné à la sauvage en Ukraine pour raconter la montée des crimes homophobes en Russie. Raconter, et pas seulement dénoncer : de sa narration à twists jusqu'à ses partis pris de mise en scène audacieux — au cœur du film, un spectaculaire plan-séquence à suspense où l'on passe sans coupe d'une vision objective à une vision subjective de l'action — Taïeb fait du vrai cinéma, intelligent, immersif et engagé, pour un des musts de cette édition.

Écrans mixtes
Du 4 au 10 mars
www.festival-em.org

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Bon ap' les petits : "La Chouette en toque"

Animation | Un programme de courts-métrages animés pour les touts-petits.

Vincent Raymond | Mercredi 14 octobre 2020

Bon ap' les petits :

On ne présente plus la Chouette du cinéma, introductrice ailée de courts-métrages animés pour les touts-petits livrant régulièrement le fruit de ses découvertes assemblées dans des programmes thématiques. Forcément plus appétissant que les précédents, celui-ci est voué à l’alimentation, qu’il décline en revisitant divers contes. De la belle ouvrage, laissant globalement songeur toutefois lorsque le Petit Poussin Roux obtient de sa mère un œuf pour faire un gâteau (genre : « j’peux manger mon frère ? ») et s’achève sur une version allégée en sucres de la chanson Dame Tartine (parce que mangez-bougez, les dents, toussa…) Si on se met à retoucher les chants traditionnels pour la bonne cause, Au clair de la Lune risque de ne pas faire long feu… La Chouette en toque ★★★☆☆ Un film d'animation de Arnaud Demuynck, Célia Tocco, Célia Tisserant, Frits Standaert & Pascale Hecquet (Bel-Fr, 0h52)…

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Placebo la vie : " Euforia"

Mélo | De Valeria Golino (It, 1h55) avec Riccardo Scamarcio, Valerio Mastandrea, Isabella Ferrari…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Placebo la vie :

Entrepreneur fortuné évoluant dans le milieu de l’art, Matteo mène une existence de plaisirs loin de son village d’origine. Lorsqu’il apprend que son frère est condamné par la maladie, il le fait venir chez lui et lui fait croire à un traitement miracle. Mais pour adoucir le moral de qui ? Préparez vos mouchoirs : voici un mélodrame d’amour. Mais d’un genre inhabituel, puisque le lien unissant les protagonistes est fraternel, au sens propre — au reste dans un mélo, il y a toujours un regard empli de désir émanant du ou de la cinéaste sur ses interprètes ; il suffit de se remémorer Sirk et Hudson. À l’instar de son premier long-métrage Miele, Valeria Golino se saisit de la maladie et de la mort pour, en creux, exalter l’intensité de la vie ; ses films agissent un peu comme des vanités, à l’envers ou à l’endroit. Ici, le personnage de Matteo va prendre conscience de son égoïsme de jouisseur en considérant ceux qu’il perd et auxquels il survit. Il faudra que son frère meure pour qu’il apprenne à vivre. Douloureuse leçon de philosophie, un peu trop démonstra

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Oiseau de modeste augure : "Les Ritournelles de la Chouette"

Animation - Dès 4 ans | de Anaïs Sorrentino, Célia Tisserant, Célia Tocco, Frits Standaert, Jérémie Mazurek & Arnaud Demuynck (Fr-Bel, 48mn)

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Oiseau de modeste augure :

On ne compte plus les apparitions de la Chouette du cinéma, oiseau bavard qui, une fois l’an, vient délivrer sa cargaison de films d’animation au jeune public. Des histoires inspirées de contes traditionnels ou d’historiettes folkloriques réarrangées par Arnaud Demuynck et son aréopage de graphistes et animateurs. Au menu de cette sélection, cinq variations autour de vertus ô combien essentielles et pourtant mises à mal par notre monde contemporain : modestie, frugalité, humilité. Si la qualité et la diversité plastique des films demeurent admirables, on regrette la monotonie des structures narratives : il ne s’agit en effet que de contes-randonnées — y compris la reprise de la chanson finale de Line Renaud, Où vas-tu Basile —, procédant par répétition et accumulation. Cela n’empêche pas de saluer la qualité poétique de deux films, La Tortue d’or et L’Humble Tailleur de pierre, ni de trouver l’ensemble diablement chouette.

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Démons d'or sort de sa boîte : la programmation dévoilée

Festival | Annoncé pour les 28 et 29 juin en son antre de Poleymieux-au-Mont-d'or, Démon d'or vient de dévoiler la programmation de ce qui sera sa quinzième édition. (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 janvier 2019

Démons d'or sort de sa boîte : la programmation dévoilée

Annoncé pour les 28 et 29 juin en son antre de Poleymieux-au-Mont-d'or, Démon d'or vient de dévoiler la programmation de ce qui sera sa quinzième édition. Fidèle aux canons esthétiques du festival, on y retrouvera les maîtres du dub Stand High Patrol en compagnie de Marina P pour leur album commun Summer on Mars, sorti en novembre dernier, et dans la même veine : Jahneration. Sur le front électro, on retrouve le très hype producteur Thylacine pour une version live de son album Roads. Contrefaçon (acid techno) et Columbine (rap) viennent compléter le tableau en compagnie des inclassables zinzins de Bagarre. À noter également deux cartes blanches à Hadra Records et EZ ! Sur la scène 2 dont la programmation tournée vers la trance et la bass music restent à définir, tout comme celle de la désormais traditionnel Dub Arena du Démon.

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Un café glaçant : "The Place"

Comédie Dramatique | De Paolo Genovese (It, 1h45) avec Valerio Mastandrea, Marco Giallini, Alba Rohrwacher…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Un café glaçant :

Perpétuellement vissé à la banquette du café The Place, un homme accueille celles et ceux qui recherchent conseils ou services particuliers. Consultant son grand agenda, il leur assigne alors d’étranges missions qui, miraculeusement règlent tous leurs soucis. Mais quid des siens ? Décor unique, personnage énigmatique dont on ne sait s’il est un mafieux, l’incarnation du fatum, ou un bienfaiteur pervers ; mises à l’épreuve générale, cas de consciences et réconciliations… The Place tient de la pièce métaphysique. Le problème, c’est que le concept itératif tourne hélas rapidement à vide, Genovese ne parvenant pas à transcender ni son argument théâtral, ni son huis clos en tournant le tout comme une suite d’épilogues de série télé. Dommage, car il avait de la matière et une fort jolie distribution. Dommage également pour lui de manquer son rendez-vous avec le public français, qui connaît indirectement le travail de cette star transalpine sans avoir vu sur les écrans jusqu’à présent la moindre de ses réalisations — c’était son Perfetti s

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"Fais de beaux rêves" : L’incompris et le non-dit

ECRANS | de Marco Bellocchio (It-Fr, 2h10) avec Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Guido Caprino…

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

En charge de la cession de l’appartement familial, Massimo, un journaliste, replonge dans son passé et notamment un événement le hantant depuis l’enfance : cette nuit fatale où sa mère mourut subitement, sans l’avoir bordé… Tout à la fois portrait psychologique empli de subtile délicatesse et traversée dans l’Italie des quarante dernières années, cette nouvelle réalisation de Marco Bellocchio témoigne de sa virtuosité tranquille comme de l’importance de ce mémorialiste discret. Si l’Histoire est une toile de fond (en plus d’être la “matière première” dont se nourrit le héros au quotidien), elle n’a rien d’une surface lisse : on y lit les soubresauts d’un État chahuté, marqué par les crises et les collusions entre sport, affaires, criminalité — est-ce d’ailleurs un hasard si un ancien Président du Conseil a brillé dans les trois catégories ? Alternant les séquences de passé(s) et de présent dans une construction “en lasagne”, Fais de beaux rêves accouche d’une vérité évidente pour tout spectateur, mais aussi sans doute pour Massimo : sa révélation tient de la délivrance. C’est contre ce silence qu’il a bâti son existe

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"La Chouette entre veille et sommeil" : chouette, des histoires !

ECRANS | de Arnaud Demuynck, Frits Standaert, Samuel Guénolé, Clementine Robach, Pascale Hecquet (Bel-Fr, 0h40) animation…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Une chouette affable s’en vient conter cinq historiettes ; cinq brèves amusettes inspirées de légendes d’ici ou de traditions de là, à écouter avant de faire dodo… Programme d’animation destiné au plus jeune des publics (dès 3 ans), cet assemblage de courts-métrages réalisé sous le patronage d’Arnaud Demuynck fait se succéder des talents aux parti-pris graphiques très variés : on peut apprécier chaque film pour des raisons différentes. La relecture de La Soupe au caillou installe un sympathique bestiaire bariolé dans une ambiance de fête de quartier, celle de La Moufle joue sur la quiétude de la neige et du rêve ; quant à La Galette court toujours, elle reprend le Bonhomme de pain d’épice. Parents et enfants partageront sûrement quelques regards complices pendant Une autre paire de manche illustrant habilement tous les impérieux contretemps empêchant le jeune Arthur de se préparer le matin pour aller à l’école — on sent le vécu. Et n’invoqueront certes plus d’ovin pour trouver le sommeil après avoir ri aux éclats devant Compte les mou

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"Brooklyn Village" : à la mode indé des 90's

ECRANS | de Ira Sachs (E-U, 1h25) avec Theo Taplitz, Michael Barbieri, Greg Kinnear…

Vincent Raymond | Mardi 20 septembre 2016

La mode est au vintage, et Ira Sachs y succombe à sa façon avec ce simulacre de film indépendant tel qu’on les faisait dans les années quatre-vingt-dix — avec une économie de moyen, une caméra 16mm et une poignée de trentenaires. Sauf qu’ici, ce sont des quinquas, et des ados, lesquels font la tête à leur parents parce que ceux-ci se chamaillent pour de méchantes histoires de sous. Un sujet minimal à périmètre familial, des lumières douces filtrées par le rideau, le son de la rue à peine étouffé… pourquoi pas ? Le souci, c’est que cela se complaît dans une prévisibilité et une désuétude assommantes. Hésitant à se faire l’épigone de Woody Allen pour les séquences avec les adultes, le Greg Araki ou le Gus Van Sant timoré pour les scènes entre les adolescents, Ira Sachs ne se retrouve finalement nulle part. Bien sûr, Greg Kinnear joue les Droopy avec beaucoup de conviction (il n’a que peu de mérite : sa paupière tombante lui est d’un précieux concours), mais cela ne suffit pas à justifier un Grand Prix à Deauville. Car après tout, ce court-métrage délayé ayant pour titr

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Dub à l'échelle télescopique

Dub Echo | Stand High Patrol, le trio breton le plus jamaïcain, a une capacité certaine à brouiller les cartes. Entre des lives enflammés et un dernier album très ouvert, le groupe possède ce petit plus qui accroche l'oreille.

Nicolas Bros | Mardi 20 septembre 2016

Dub à l'échelle télescopique

Si la révolution dub devait prendre une icône, Stand High Patrol ferait sans doute partie des potentielles figures de proue. Les trois dubadub musketeers ont surpris leur monde en 2015 lors de la sortie de leur deuxième album A Matter of Scale (Une Question d’échelle en français), où se mélangent allègrement sonorités dub, reggae, jazz et même blues. Il suffit de tendre le pavillon lors de l'intro du disque pour découvrir caresses de caisse claire, sourdines caractéristiques et saisir l'inspiration. Cet opus s'avère propice à une écoute "de salon" et ne correspond finalement que peu à une production calibrée pour la scène et son déchaînement de foule. Stand High Patrol a affirmé, s'il en était encore besoin, sa propension à transgresser les codes établis et à ouvrir son champ d'action dans un spectre aussi large qu'une autoroute à six voies : c'est la volonté de ce groupe ayant auto-baptisé son style dubadub. Si ces productions revêtent l'habit d'une révolution musicale parfois détonante, avant tout maîtrisée et très séduisante, leurs prestations live restent des invitations à titiller le pinacle : que les dub addicts se rassurent.

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Labeaume au cœur du monde

MUSIQUES | En Ardèche méridionale, Labeaume en Musique, c’est quatorze concerts dans la fraîcheur d’un théâtre de verdure, d’une plage ou d’une église. Un programme qui, (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Labeaume au cœur du monde

En Ardèche méridionale, Labeaume en Musique, c’est quatorze concerts dans la fraîcheur d’un théâtre de verdure, d’une plage ou d’une église. Un programme qui, cette année, a choisi de ne pas choisir entre le classique et la world. C'est d’ailleurs le versant métisse du festival qui retient toute notre attention, plus que l’honorable programme de musique de chambre, à l’image du concert de l’Orchestre Arabo-Andalou de Fès, porteur de la triple tradition chrétienne ibérique, afro-berbère du Maghreb et arabe. Un pont entre Fès et Grenade des plus émouvants, rarement invité par nos scènes. Souvent plébiscitée par notre rédaction, Rosemary Standley (la voix de Moriarty) présente de son côté Birds on a Wire, son duo avec la violoncelliste Dom La Nena qui réunit Purcell, Tom Waits, Lennon et Fairuz. Un tour de force vocal et musical qui est aussi un numéro de charme irrésistible. Autre star du violoncelle, Sonia Wieder-Atherton sera de la fête avec un récital de Bach à Nina Simone. Ajoutez à cela la venue du Grupo Compay Segundo et il ne vous reste qu’à prendre la route de

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Rosemary Standley, reine du baroque'n'folk

MUSIQUES | Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, Rosemary Standley change de peau musicale comme on change de costume – et ceci d'autant plus aisément (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Rosemary Standley, reine du baroque'n'folk

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, Rosemary Standley change de peau musicale comme on change de costume – et ceci d'autant plus aisément qu'elle change aussi de costume. Après Moriarty et le duo Birds on a Wire avec Dom la Nena, après A Queen of Heart, son spectacle de music hall, revoilà la chanteuse protée sous un nouvel avatar. A croire que là où beaucoup de musiciens ont un ou des projets parallèles, en sus de leur formation principale, Rosemary est son propre projet parallèle – une version chantante du Michael Keaton de Multiplicity. Certes, il s'agit toujours plus ou moins de décliner le même goût du partage et de profiter d'un palais bien formé aux mélanges folk / musique baroque – deux de ses amours – et à grands renforts de reprises – son péché mignon. Cette fois-ci, avec Love I Obey, la Standley se coltine à l'ensemble Helstroffer, qui donne dans l'instrument ancien (théorbe, clavecin, orgue, viole de gambe, serpent – l'instrument, pas la bête) et toute sa patine à un ensemble d'incunables du folk (Poor Wayfaring Stranger, Hush Bye, tiré des malles d'Alan Lomax), du baroque anglais (William Lawes, pr

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Des places à gagner pour "Birds on a Wire"

MUSIQUES | Ce fut notre premier PB Live, "Birds on a Wire", l'élégant et espiègle récital baroque pop de Rosemary Standley (Moriarty) et Dom la Nena, est à l'affiche (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 octobre 2014

Des places à gagner pour

Ce fut notre premier PB Live, "Birds on a Wire", l'élégant et espiègle récital baroque pop de Rosemary Standley (Moriarty) et Dom la Nena, est à l'affiche demain, samedi 4 octobre, du Toboggan. Une bonne nouvelle arrivant rarement seul, nous vous offrons une trentaine de places pour y assister. Comment les gagner ? Il vous suffit de téphoner au 04 72 93 30 14 ce vendredi de 17h30 à 17h45 et samedi de 15h30 à 15h45. Pour en savoir plus, direction ce lien.

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10 concerts à ne pas rater

MUSIQUES | Ils sont inclassables, inattendus et/ou trop beaux pour être vrais. Dans tous les cas, nonobstant toute comparaison avec ceux mentionnés par ailleurs dans ce dossier, ces dix concerts compteront à coup sûr parmi les plus mémorables de la saison. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

10 concerts à ne pas rater

Frànçois & the Atlas Mountains La Vérité, il était temps. Depuis la sortie du splendide Piano Ombre, leur sixième album (eh oui !) à classer tout en haut de la pile des réussites discographiques de l'année, toutes catégories, nationalités, poids, sexes et habitudes alimentaires confondus, Frànçois et ses Montagnes de l'Atlas n'avaient pas encore trouvé l'occasion de venir. Fort dommageable quand on sait à quel point on a aussi affaire là à un démentiel groupe de scène. Voilà la chose doublement réparée. D'abord à Just Rock?, qu'on ne remerciera jamais assez d'avoir dégainé le premier sur ce coup-là. Ensuite, un peu plus tard, à Nouvelles Voix. La Vérité, ça fait plaisir.Le 9 octobre au TransbordeurLe 22 novembre au Théâtre de Villefranche Morrissey

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Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Carrefour des inclassables

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie. Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood. Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, q

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PB Live : "Birds on a Wire" en trois extraits vidéo

MUSIQUES | Le 17 novembre dernier, Rosemary Standley, Dom La Nena et leur projet "Birds on a Wire" ont plongé la Chapelle de la Trinité dans un état de grâce absolu à l’occasion de la première de PB Live. En exclusivité mondiale, le Petit Bulletin et Rain Dog Production vous proposent de (re)vivre un peu de ces instants magiques avec trois extraits de ce concert éblouissant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 9 décembre 2013

PB Live :

Sambinha (Dom La Nena) Sambinha fut la seule composition originale de la soirée, délicieuse petite samba brésilienne signée Dom La Nena : une jeune fille qui ne sait pas danser y tente de séduire par… la danse. Une petite douceur pleine d’humour que Rosemary et Dom font joliment entrer en résonnance avec une ballade caribéenne signée Lord Burgess et popularisée par Harry Belafonte, Jamaïca Farewell. Enchassés l’un dans l’autre les deux morceaux se font ainsi écho, à mesure que les deux jeunes femmes se répondent en une irrésistible séance d’envoûtement. Oh my love (John Lennon/Yoko Ono) Classique secondaire de John Lennon, en témoignage de son amour éperdu pour Yoko Ono, Oh my love est aussi l’un des titres les plus repris de son répertoire (Jackson Browne, Martin Gore, Fredo Viola, Susheela Raman, The Wackers…). Il pouvait pas tomber mieux que dans l’escarcelle de chansons d’amour de Dom et Rosemary. Ici cajolé avec rondeur, dans le

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Le premier PB Live, un succès

MUSIQUES | Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux (...)

Benjamin Mialot | Lundi 18 novembre 2013

Le premier PB Live, un succès

Une Chapelle de la Trinité comble, deux interprètes en état de grâce, un accueil d'une rare ferveur... Notre premier Petit Bulletin Live ne pouvait pas mieux tourner. Merci à tous ceux qui ont passé leur dimanche soir en notre compagnie et celle de Rosemary Standley et Dom La Nena plutôt qu'en celle de Thomas Sotto. En attendant la disponibilité de la captation du concert (quelques extraits sur notre site, une diffusion sur TLM) et des informations sur notre prochaine date, voici de quoi vous remémorer cette belle soirée.

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Le petit oiseau va sortir

MUSIQUES | Pour la première édition de PB Live, Rosemary Standley et Dom La Nena se produiront à la Chapelle de la Trinité le 17 novembre en duo violoncelle-voix. Au menu : "Birds on a Wire", un répertoire de reprises surprenantes courant de Monteverdi à John Lennon, en passant par Leonard Cohen ou Purcell. La chanteuse de Moriarty revient pour nous sur la genèse de ce projet singulier. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 17 octobre 2013

Le petit oiseau va sortir

Comment est né le projet "Birds on a Wire" ? Rosemary Standley : Au départ c’est une initiative de Madame Lune [producteur de concerts et du festival Les Rendez-vous de la Lune, NdlR]. J’ai commencé avec la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton mais elle a dû arrêter et a pensé à Dom La Nena pour la remplacer. Notre première répétition a été déterminante. Dom vient du classique mais a accompagné beaucoup d’artistes pop en tant que violoncelliste : Piers Faccini, Jane Birkin, Camille… Son oreille et son ouverture dans sa façon de jouer laissaient enrevoir un très grand champ de possibilités. Vous semblez avoir une inclination particulière pour l’exercice de la reprise, que ce soit avec Moriarty [dont le récent album est un album de reprises et dont on se rappelle la version du Enjoy The Silence de Depeche Mode, NdlR] ou vos derniers spectacles [Queen of Heart à la Bastille, NdlR]... Oui, depuis toujours ça fait partie de moi. Je suis née dans une famil

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Le PB part en live

MUSIQUES | Des concerts d'artistes rares et singuliers, dans des lieux à taille humaine, et pensés comme autant d'occasions d'aller à votre rencontre, nous en avons rêvé, nous l'avons fait, avec le concours de Rain Dog Productions. Et nous vous devons quelques explications. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 17 septembre 2013

Le PB part en live

Après des semaines de teasing plus ou moins explicite, nous pouvons enfin vous l'avouer : le Petit Bulletin s'incarnera cette saison non seulement sur papier et en ligne, mais aussi dans un cycle de concerts. Nous nous sommes en effet associés à Rain Dog, une modeste et passionnée société de productions, avec laquelle nous avons imaginé une série de rendez-vous répondant aux critères suivants : rareté, originalité et intimisme. Notre idée n'était en effet pas tant d'organiser un coup promotionnel – sans quoi c'est d'une marque de parfum ou d'un opérateur téléphonique que nous nous serions rapprochés – que de vous proposer, comme nous le faisons par ailleurs avec nos Ciné Brunch, des temps d'échange. A ce titre, chacun de ces concerts sera assorti d'une discussion animée par un membre de la rédaction, d'un warm up et ou d'une after animé par nos soins et de divers autres à-côtés encore secrets.   Drôles de dames Si vous nous li

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L’amour fou

SCENES | Deux heures trente qui passent comme une lettre à la poste : le "Cyrano de Bergerac" mis en scène par Dominique Pitoiset et interprété par Philippe Torreton est une réussite éclatante, qui redonne ses lettres de noblesse au théâtre de répertoire. Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Jeudi 16 mai 2013

L’amour fou

Les plupart des grands textes, dont on nous assure à longueur de plaquette qu’ils sont toujours d’actualité (façon de justifier des choix souvent guidés par de simples soucis de remplissage – oui, Molière, Shakespeare & co déplacent encore les foules), sont de véritables machines à jouer. Les prendre tel quel aujourd’hui est une excellente manière de les transmettre au public. Le metteur en scène Dominique Pitoiset livre ainsi un Cyrano de Bergerac savoureux car défendu par des comédiens investis, avec au centre un Philippe Torreton royal et magistral. Refusant le grandiloquent auquel certains interprètes de Cyrano nous ont habitué (dont l’inoubliable Depardieu dans le film de Jean-Paul Rappeneau), il donne à son personnage, ce grand amoureux qui se sacrifiera justement par amour, une humanité touchante, tout en accentuant avec panache son côté cabotin lettré. Une performance captivante. Balcon 2.0 Car il y a dans ce spectacle une véritable envie d’attraper le public pour l’emmener dans les arcanes du très savoureux texte d’Ed

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Reda dans tous ses états

SCENES | Coincés dans l’antichambre du paradis (ou de l’enfer c’est selon), un homme et une femme évitent tout chabadabada. Mieux, elle, hétéro, lui, gay, ne vont même (...)

Nadja Pobel | Vendredi 16 décembre 2011

Reda dans tous ses états

Coincés dans l’antichambre du paradis (ou de l’enfer c’est selon), un homme et une femme évitent tout chabadabada. Mieux, elle, hétéro, lui, gay, ne vont même pas tomber dans les clichés qui parfois au café-théâtre frôlent une homophobie de circonstance "pour rire", mais jamais drôle. Dans Stand by, Reda Cheraitia et Gaelle Le Roy interprètent avec conviction et à bonne distance ces personnages qui, l’air de rien, suivent les pas d’un scénario très écrit, habile, plein d’imagination, toujours comique et souvent émouvant. La pièce se joue lle 31 décembre à la salle Victor Hugo puis de janvier à mars au Boui Boui. Reda Cheraitia est sur tous les fronts en cette fin d’année. Son one-man-show Deux ex Comica (à l’Âne rouge jusqu’au 14 janvier) lui permet de reprendre un exercice d’enchaînements de sketches dans lequel il ne se ménage pas. Enfin, avec son éternelle acolyte Gaelle Le Roy, il fait aussi sourire les enfants (dès 3 ans) avec Le Petit faiseur d’étoiles (au Repaire jusqu’au 30 décembre) dans lequel Balthazar cherche à décrocher les étoiles pour découvrir leur secret de fabrication et en faire à son tour.Nadja Pobel

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Pas de pause pour Stand-by

CONNAITRE | Créé l’an dernier, tourné à Avignon en juillet et programmé en France et même en Belgique, Stand by repasse par Lyon (au Rideau rouge jusqu’au 24 septembre). (...)

Nadja Pobel | Jeudi 8 septembre 2011

Pas de pause pour Stand-by

Créé l’an dernier, tourné à Avignon en juillet et programmé en France et même en Belgique, Stand by repasse par Lyon (au Rideau rouge jusqu’au 24 septembre). Si le café théâtre vous lasse à force de présenter les sempiternelles histoires de trio amoureux ou de vieux potes nostalgiques de leur adolescence, Reda Cheraitia est là. Il a écrit (et joue) un scénario surprenant (avec une audacieuse chute dont on ne dira rien) : un homme et une femme sont coincés dans un lieu sombre, une antichambre du paradis ou de l’enfer — et voilà comment l’absence d’un décor en carton-pâte tout pourri se justifie. Sur scène, pas de chabadabada mais une hétéro pouf et un gay instruit qui confrontent leurs différences sans ménagements. Et, last but not least, Stand-by n’oublie jamais d’être drôle.

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La Prima Cosa Bella

ECRANS | De Paolo Virzi (Ita, 1h51) avec Valério Mastandrea, Stefania Sandrelli…

Dorotée Aznar | Lundi 27 juin 2011

La Prima Cosa Bella

Sous la coupe d’un mari aussi violent que jaloux, Anna quitte le foyer familial avec pertes, fracas et ses deux gosses. Ces derniers, trente ans plus tard, ont beaucoup à gérer psychologiquement au moment où leur mère se meurt avec un surprenant aplomb… Sur une base plutôt préoccupante d’un point de vue psychanalytique (dans la moitié seventies du film, le rôle de la mère est tenu par la femme du réalisateur, lequel affirme avoir mis beaucoup de lui-même dans le scénario), La Prima Cosa Bella jongle élégamment entre les deux époques et cerne les tourments de ses personnages sans forcer le trait. Le mélange entre drame et comédie s’avère très bien dosé, et soutenu avec grâce par l’ensemble du casting, le placide Valério Mastandrea et la toujours rayonnante Stefania Sandrelli en tête. La légèreté du film, dans sa réalisation aérienne, ses partis pris artistiques gentiment foutraques (une scène de crise cardiaque rythmé par Born to be alive, vous en rêviez, la voilà) et sa tendresse à fleur de peau, est à même de séduire – mais lui garantit également son caractère plutôt anecdotique. FC

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