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Le ton monte au MAC

Deux inaugurations au Musée d’Art Contemporain ces derniers jours : l’exposition plutôt réussie dans son genre sur les liens entre Erik Satie et John Cage, et… une première grève du personnel. Jean-Emmanuel Denave
le Jeudi 27 septembre 2012 par

Le ton monte au MAC

Deux inaugurations au Musée d’Art Contemporain ces derniers jours : l’exposition plutôt réussie dans son genre sur les liens entre Erik Satie et John Cage, et… une première grève du personnel. Jean-Emmanuel Denave
le Jeudi 27 septembre 2012 par Jean-Emmanuel Denave

Le ton monte au MAC

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Satie en CageSatie en Cage

Happening ? Performance ? Non pas, mais une première grève du personnel (38 salariés sur 45, selon les grévistes) au Musée d’Art Contemporain réclamant de meilleures conditions de travail. Un petit comité d’accueil remettait des tracts à l’entrée du musée lors de la journée de visite presse et les grévistes décidaient de ne pas bloquer le MAC mais de manifester et d’informer. Le malaise dans la culture publique pose ici et là ses petits ou gros symptômes et, le même jour, le Musée des Beaux-Arts présentait un tableau d’Ingres avec souscription publique pour l’acquérir (lire ci-contre)…

Tout cela n’aurait certainement pas laissé John Cage (1912-1992) indifférent, lui que l’on considère comme l’un des inventeurs de la performance et (avec le mouvement Fluxus en général) comme un grand brouilleur de frontières entre la vie et l’art, le réel et la création. La nouvelle exposition du MAC se penche sur ses liens privilégiés avec le compositeur sarcastique Erik Satie (1866-1925), qu’il admira et dont il s’inspira autant voire plus que le beaucoup plus sérieux et âpre Anton Webern (1883-1945).

Excitations

Tout se joue au sens propre et figuré au premier étage du musée où l’exposition se veut d’abord et avant tout une installation sonore. Dans un même espace de 1000 m², plusieurs pièces de Cage sont diffusées mystérieusement et sans aucune cacophonie. Mystérieusement car l’on n'aperçoit aucune enceinte et que la musique provient effectivement d’une centaine "d’excitateurs" (procédé technique transformant tout surface en une sorte d’enceinte).

On découvre aussi des vidéos de chorégraphies de Merce Cunningham (complice de Cage dans la vie privée comme dans la vie artistique) et de nombreuses partitions et notations du compositeur. Nul besoin ici d’être grand musicologue pour saisir du premier regard que Cage n’écrivait pas sa musique de manière traditionnelle (rappelons ici brièvement l’utilisation par John Cage du hasard, de sources philosophiques zen, du silence, de notations graphiques, etc.). Et le dispositif fonctionne parfaitement.

Reste un bémol comme nous le confiait l’un des spécialistes français de la musique contemporaine américaine : «À partir des années 1950 et l'adoption du principe de composition aléatoire, Cage invente des méthodes de production de sons et explore de nouvelles manières d'écouter la musique, en s'interdisant tout travail de composition à proprement parler... Cage a sa place dans l'histoire, mais il a toujours privilégié l’originalité à la qualité, et il faut être un peu «dingue» pour écouter sa musique aujourd’hui !». À vous de choisir alors entre une déambulation courte et sympathique parmi l’univers de Cage ou un sit-in (chaises longues et gros poufs sont à disposition) plus long et plus risqué pour vos facultés mentales.

Satie’s Cage
Au Musée d’art contemporain, jusqu’au 30 décembre.

Tags  • John+Cage • Erik+Satie

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Tout cela n’aurait certainement pas laissé John Cage (1912-1992) indifférent, lui que l’on considère comme l’un des inventeurs de la performance et (avec le mouvement Fluxus en général) comme un grand brouilleur de frontières entre la vie et l’art, le réel et la création. La nouvelle exposition du MAC se penche sur ses liens privilégiés avec le compositeur sarcastique Erik Satie (1866-1925), qu’il admira et dont il s’inspira autant voire plus que le beaucoup plus sérieux et âpre Anton Webern (1883-1945).

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On découvre aussi des vidéos de chorégraphies de Merce Cunningham (complice de Cage dans la vie privée comme dans la vie artistique) et de nombreuses partitions et notations du compositeur. Nul besoin ici d’être grand musicologue pour saisir du premier regard que Cage n’écrivait pas sa musique de manière traditionnelle (rappelons ici brièvement l’utilisation par John Cage du hasard, de sources philosophiques zen, du silence, de notations graphiques, etc.). Et le dispositif fonctionne parfaitement.

Reste un bémol comme nous le confiait l’un des spécialistes français de la musique contemporaine américaine : «À partir des années 1950 et l'adoption du principe de composition aléatoire, Cage invente des méthodes de production de sons et explore de nouvelles manières d'écouter la musique, en s'interdisant tout travail de composition à proprement parler... Cage a sa place dans l'histoire, mais il a toujours privilégié l’originalité à la qualité, et il faut être un peu «dingue» pour écouter sa musique aujourd’hui !». À vous de choisir alors entre une déambulation courte et sympathique parmi l’univers de Cage ou un sit-in (chaises longues et gros poufs sont à disposition) plus long et plus risqué pour vos facultés mentales.

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Zoom sur Nicolas Habas, scénariste, réalisateur, membre du collectif Un Poil Court et auteur de la Web-série ancrée dans la danse, Le Corps dans la ville

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Elvis & Nixon

De Liza Johnson (ÉU, 1h26) avec Michael Shannon, Kevin Spacey...
La rencontre improbable et méconnue entre Elvis, la plus grande star de l’époque, et le Président Nixon l’homme le plus puissant du monde. Deux monuments que tout oppose. En 1970, Elvis Presley se rend à Washington dans le but de convaincre le président Nixon de le nommer agent fédéral. Se présentant à l'improviste à la Maison Blanche, la rock-star réussit à faire remettre une lettre en mains propres au président pour solliciter un rendez-vous secret. Conseillers de Nixon, Egil "Bud" Krogh et Dwight Chapin expliquent à leur patron qu'une rencontre avec Elvis au cours d'une année électorale peut améliorer son image. Mais Nixon n'est pas d'humeur à donner satisfaction à l'artiste. C'est sans compter sur la détermination d'Elvis ! Il propose un "contrat" à Krogh et Chapin : il signera un autographe pour la fille de Nixon en échange d'un tête-à-tête avec le président. À la très grande surprise de Nixon et de ses conseillers, l'homme politique et le chanteur se découvrent des affinités. À commencer par leur mépris affiché pour la contreculture …

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