Des châteaux et une coupe franche

Politique Culturelle | Un conseiller de l'ombre, des châteaux régionaux mis en lumière et une subvention revue à la baisse pour l'Opéra de Lyon : dernières nouvelles du front culturel à la Région.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Photo : Le Monastère de Brou © Benoît Prieur / Wikimedia Commons


D'abord, le Musée des Tissus, sauvé pour la com' mais pas vraiment dans les faits. Ensuite, la présentation du livre blanc pour une politique culturelle régionale, manquant de réelles propositions (d'ailleurs, Laurent Wauquiez ne s'est pas déplacé et a laissé sa vice-présidente Florence Verney-Carron s'en charger). Et dans la foulée, retour de Laurent Wauquiez en personne pour dévoiler devant la presse sa nouvelle marotte : un focus sur les 50 sites régionaux qui font l'Histoire de France.

Ou, vu autrement, une plongée dans la grande querelle actuelle de l'Histoire. M. Wauquiez a tranché, pour lui l'Histoire c'est le retour à Ernest Lavisse et son enseignement doit se conformer à un grand roman national au parfum identitaire, tel qu'une partie de la droite et de l'extrême-droite l'entendent : « Qu'est-ce que notre histoire ? S'interroger sur nos origines, notre identité, sur les moments qui ont fait la France et les lieux qui en incarnent son passé est devenu pour certains une transgression, presque un interdit. Cela doit cesser. »

On s'étonne ainsi moins du soutien appuyé de Stéphane Bern au sujet de Musée des Tissus : le très consensuel présenteur de télévision, devenu récemment le M. Patrimoine d'Emmanuel Macron, défend cette même idée orientée de l'Histoire, dénoncée par l'historien Nicolas Offenstadt : « [il se sert] de sa visibilité médiatique pour mettre en avant un discours politique clairement réactionnaire. »

Dans son communiqué, Laurent Wauquiez l'exprime tout aussi clairement : « Notre jeunesse mérite de savoir pour qui ses ancêtres se sont battus, pourquoi ils ont bâti ces églises, ces châteaux, ces viaducs et façonné ainsi nos vallées. Connaître son histoire, c'est marquer un premier pas, et non des moindres, vers la construction de l'identité de la région. » Concrètement, les habitants pourront voter pour choisir leurs lieux favoris (comme le Monastère de Brou, en photo) qui feront partie d'un circuit valorisé par la Région (quelques financements pour des projets éducatifs, un onglet sur l'appli régionale...).

Les vieilles pierres sont donc mises en avant, la création un peu moins : Le Progrès l'a révélé dans son édition du 25 octobre, l'Opéra de Lyon va de son côté voir sa subvention amputée de 294 000€, soit 10% de la somme accordée jusque-là, qui sera donc pour 2018 d'un montant de 2, 5M€. Comme d'habitude, peu d'explications et de dialogue suite à cette baisse brutale que le principal intéressé, Serge Dorny, a appris par voix de presse.

D'un côté, l'on se défend d'avoir voulu sanctionner le directeur pour ses notes de frais jugées exorbitantes (13 000€ par mois selon l'audit réalisé par la Ville de Lyon cet été, que le quotidien local s'est procuré). De l'autre, on glisse que si, bien sûr, c'est lié et c'est une sanction. Le conseil d'administration de l'Opéra continue de faire confiance à Serge Dorny, même si ses frais seront désormais plus soigneusement encadrés.

Enfin, grâce au site Les Jours qui a consacré ces derniers jours l'une de ses séries au candidat à la présidence du parti Les Républicains, on en sait un peu plus sur le fonctionnement parfois arbitraire ou flou des attributions de subventions dans le domaine culturel : où l'on apprend qu'Ange Sitbon, embauché par la Région en avril 2016 et « conseiller de l'ombre de Laurent Wauquiez » dixit le site, décide avec son propre cabinet des attributions de certaines subventions de festivals mais disposerait aussi d'un fond d'intervention culturelle doté d'un million d'euros, voté en mars dernier, afin d'arbitrer favorablement pour les manifestations n'entrant pas dans les critères définis, surtout celles organisées par les mairies amies du président. Rien à voir avec du clientélisme, bien entendu.

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Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Covid-19 | Laurent Wauquiez est passé à deux doigts de se remettre l'ensemble du monde culturel à dos. Il est retombé lundi, à peu près, sur ses pattes. Mais comment a-t-il fait pour glisser ainsi sur une peau de banane, après des semaines de mesures concrètes et de com' massive pour s'instaurer en "sauveur" du milieu culturel post-Covid ? On vous raconte.

Sébastien Broquet | Mercredi 9 septembre 2020

Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Dès le début du confinement, la vice-présidente à la Culture Florence Verney-Carron capte l'ampleur de la crise à venir dans son secteur et mobilise ses services. Son président joue le jeu et la com' se met en branle : étonnement dans les milieux culturels, mais c'est bel et bien la Région qui s'affirme comme moteur de l'aide au secteur — avec une communication au cordeau, comme tout au long de la crise. Début mai, Laurent Wauquiez annonce 32 M€ d’aides au secteur culturel. Une élue de gauche nous confie alors : « ça me fait mal de le dire, mais faut avouer qu'ils font le boulot. » C'est d'autant plus flagrant que l'État est alors à la ramasse sur le sujet. Tout n'est pas parfait, certains producteurs pointent la faiblesse du montant maximum de l'aide, mais d'autres lieux non subventionnés apprécient a contrario l'aide exceptionnelle. Sur

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Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 | Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Sébastien Broquet | Mercredi 8 juillet 2020

Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Avant l’effondrement Loïc Graber : Quand j’ai pris mon mandat en 2017, je l’ai dit à plusieurs acteurs culturels : j’espère qu’on n’aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d’entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu’adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu’ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l’époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n’ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public ! Impact dans… Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu’il faut fai

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Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Tomorrowland | Alors qu'une nouvelle tribune, initiée cette fois par les grands festivals de musiques électroniques de tout le pays, demande aux élus d'être plus attentifs à l'écosystème français, Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture de la Région, a tenu à s'exprimer au sujet de la fronde des acteurs culturels locaux face à la subvention accordée au festival belge Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Mardi 3 avril 2018

Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Au tour des festivals de musiques électroniques de l'ensemble du pays de réagir à l'arrivée de Tomorrowland à l'Alpe d'Huez. Une tribune est parue via le magazine Trax, signée par tous les grands acteurs de la techno et de ses dérivés, parmi lesquels Nuits sonores, Weather Festival, Astropolis, Positive Education à Saint-Étienne, Tapage Nocturne et bien sûr Holocène, directement impacté puisque se déroulant à Grenoble à la même période que l'événement hivernal de la franchise belge. « Si nous voulons faire face à l'hégémonie des multinationales du divertissement qui s'implantent en France et se livrent une guerre à coups de millions d'euros, et préserver notre patrimoine culturel, il serait judicieux que les institutions, au-delà de leurs engagements verbaux, soutiennent le développement de nos acteurs des musiques électroniques qui travaillent d’arrache-pied à créer de la valeur et n’ont pas pour seul objectif le profit et la sati

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Tomorrowland : Laurent Wauquiez rétropédale (en partie)

Toujours 400 000 euros, mais sur le budget tourisme | Les services culturels de la Région ont reçu hier les représentants du milieu de la culture pour déminer le front de protestation s'étant érigé face à l'annonce de Laurent Wauquiez de vouloir subventionner à hauteur de 400 000 euros le festival commercial Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Jeudi 22 mars 2018

Tomorrowland : Laurent Wauquiez rétropédale (en partie)

La mobilisation de plusieurs acteurs régionaux des musiques actuelles n'est pas restée lettre morte du côté de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les services de la Région ont annoncé hier à leurs représentants que le budget culture ne serait finalement pas impacté par l'arrivée du festival belge Tomorrowland : Notre région peut se réjouir d’avoir réussi à capter un évènement d’envergure internationale. C’est la raison pour laquelle ce festival sera porté sur les délégations tourisme et économie. Le budget culture ne sera pas impacté. a précisé aujourd'hui jeudi 22 mars la Région dans un nouveau communiqué, à rebours du précédent, envoyé le vendredi 9 mars, dans lequel le président était alors très clair sur "l'ambition culturelle" du projet : « Tomorrowland Winter sera un événement culturel majeur du ca

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Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Tribune Libre | Le vendredi 9 mars, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et son président Laurent Wauquiez ont annoncé fièrement que Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installerait du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez (Isère). Et ce avec 400 000 euros de subvention. Une décision politique à laquelle ont souhaité réagir de nombreux acteurs culturels régionaux évoluant dans les musiques actuelles par la tribune que voici.

La rédaction | Vendredi 16 mars 2018

Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Nous, acteurs culturels étiquetés "musiques actuelles" de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenons à réagir au communiqué de presse annonçant l’accueil de la première édition du Tomorrowland Winter 2019 à l’Alpe d’Huez, ainsi que la participation financière de la Région à ce projet, pour un montant de 400 000 €. Face aux difficultés rencontrées par un nombre croissant de structures de notre secteur depuis quelques années, nous sommes stupéfaits par cette annonce. Nombre d’équipes ont en effet vu diminuer voire disparaître leurs financements régionaux (essentiellement via la suppression des financements liés aux contrats de développement durable Rhône-Alpes), impactant leur activité, lorsque cela ne l’a pas stoppé net. Les conséquences économiques et culturelles sont lourdes, mais la Région n’a jusqu’alors pas réagi aux conséquences de ses décisions. Nous participons au rayonnement de notre région Parallèlement, nous voyons fleurir la communication autour de la « préférence régionale » partout sur no

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Wauquiez s'extasie pour Tomorrowland

400 000 euros pour le festival belge | Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installera du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez, largement subventionnée par la Région à hauteur de 400 000 euros.

Sébastien Broquet | Vendredi 9 mars 2018

Wauquiez s'extasie pour Tomorrowland

C'est par un communiqué de presse de la Région que l'on apprend ce vendredi 9 mars l'arrivée à l’Alpe d’Huez d'une version hivernale du festival Tomorrowland. Ce festival accueille chaque année depuis 2005 à Boom, dans la province d’Anvers en Belgique, plus de 400 000 festivaliers. À l'Alpe d'Huez, 30 000 personnes sont attendues. Laurent Wauquiez, qui rêvait de son grand festival (au départ, de rock, comme l'avaient révélé nos confrères de Lyon Capitale) accueille donc la grande foire de l'eurodance et ce en grande pompe : 400 000 euros de subvention vont être alloués à ce festival, ce qui fait de la Région son premier financeur public, « une participation inédite » dixit la Région elle-même. Ce qui démontre aussi l'incapacité du président de Région de monter ou de prendre part à un projet original, l'Alpe d'Huez s'étant portée candidate pour importer ce festival très commercial, qui avait déjà lancé des éditions au Brésil ou aux États-Unis en joint-venture avec des industriels américains du divertissement, SF

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Laurent Wauquiez veut sa photo

Région Auvergne-Rhône-Alpes | Laurent Wauquiez a décidemment bien du mal à initier un élan pour le destin national dont il rêve. Le président d’Auvergne-Rhône-Alpes, après avoir torpillé son image avec des propos tenus devant des étudiants de l’EM Lyon et enregistrés à son insu, tente maintenant de glisser sa photo sur des supports de communication des lieux culturels que la Région soutient en partie.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 6 mars 2018

Laurent Wauquiez veut sa photo

Les salles de spectacle ayant reçu le label « scène régionale Auvergne-Rhône-Alpes » (créé par la Région en 2017) ont reçu le 15 février de la part des services du conseil régional des éléments de communication, qu’ils sont priés d’intégrer en première page de leur programme culturel pour la saison à venir. De quoi s’agit-il ? D’éléments de langage destinés à produire un édito signé Laurent Wauquiez ainsi que de sa photo - c’est ce que nous rappelle le site d’info PlaceGrenet qui a révélé l'information. « Il n’y a rien de nouveau ou d’incroyable. C’est dans le règlement des subventions et d’obtention de ce label. Cela a été voté l’an dernier » a expliqué à Rue89Lyon le cabinet du président de Région. Pourtant, il n’y a pas trace de cette obligation dans le règlement des subventions, pas plu

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Laurent Wauquiez conserve l'ARALD mais lui retire une mission d’expertise

Politique Culturelle | L’agence Rhône-Alpes pour le Livre et la Documentation (ARALD), change de nom et devient Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture. C’est peut-être un détail pour vous mais ça n’est pas tout : cette association dédiée au réseau régional des libraires et maisons d’édition ne gèrera plus le porte-monnaie.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 23 janvier 2018

Laurent Wauquiez conserve l'ARALD mais lui retire une mission d’expertise

Dans le rapport présenté jeudi dernier en commission permanente aux élus régionaux, on en apprend un peu plus sur le sort de l’Arald. La Nacre, une autre agence régionale dédiée, elle, au spectacle vivant, était également sur la sellette. Le projet de la fusionner avec l’Arald avait été évoqué en début de mandat. Finalement, chacune garde son identité propre et son champ d’attributions. En totalité ? Pas vraiment. L’une des missions centrales de l’Arald était d’introduire les libraires, les maisons d’édition du territoire dans les événements professionnels, en leur payant des stands notamment. Le rapport pr

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La Région dévoile son livre blanc

Politique Culturelle | Après 22 mois, la Région a enfin fini de rencontrer les acteurs culturels et élaboré un "livre blanc" pour réfléchir aux orientations que compte suivre Laurent Wauquiez durant sa mandature.

Sébastien Broquet | Mardi 17 octobre 2017

La Région dévoile son livre blanc

Quand Laurent Wauquiez tweetait le 9 octobre dernier au sujet du Musée des Tissus que « la culture et le patrimoine ne peuvent pas uniquement se résumer à des frais et à des coûts », l'on ne pensait pas que les chiffres étaient à ce point occultés dès lors que l'on parlait de ce sujet à la Région. Car lors de la présentation le jeudi 12 octobre du "Livre blanc pour la construction d'un projet culturel régional", il fût bien difficile pour les journalistes présents face à Florence Verney-Carron, la vice-présidente à la Culture, et Anita Weber, vice-président de l'Observatoire des Politiques Culturelles qui était en charge de cette étude menée ces derniers mois, d'obtenir des précisions sur les 60M€ de budget alloués cette année au secteur (le même qu'en 2016, en baisse par rapport à la mandature socialiste). Comment sont répartis les arbitrages, au profit de quel secteur, de quel territoire ? Combien a coûté cette étude ? Ce fût longtemps le grand flou derrière les bonnes intentions, même si l'on apprendra finalement que le prix de l'étude est intégré à la subvention versée à l'Observatoire et que le budget cul

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Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

Politique Culturelle | Florence Verney-Carron, vice-présidente à la Culture, va dévoiler ce jeudi le programme culturel voulu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Sébastien Broquet | Mercredi 30 août 2017

Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

[Mise à jour : un communiqué de presse de la Région ce mercredi à 17h nous informe que la conférence de presse de Florence Verney-Carron prévue jeudi matin est repoussée à une date ultérieure, non communiquée, « en raison d’un contretemps de dernière minute. »] La Région Auvergne-Rhône-Alpes et la culture, c'est un long fleuve pas tranquille du tout depuis l'élection de Laurent Wauquiez. L'absence de dialogue lors des premiers mois, les coupes franches dans les associations (par exemple, les festivals de cinéma LGBT) sans explication, les soupçons de clientélisme avec l'augmentation des subventions pour les festivals des villes aux maires amis du président (Vienne, Chambéry) ont instillé le doute, voir

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Laurent Wauquiez dévoile ses cartes

Musée des Tissus | La Région a dessiné les contours d'un futur possible et désirable pour le Musée des Tissus et des Arts Décoratifs, et se montre prête à mettre la main au portefeuille de manière significative.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

Laurent Wauquiez dévoile ses cartes

Laurent Wauquiez semble avoir fait du Musée des Tissus et des Arts Décoratifs sa grande cause culturelle et patrimoniale, s'érigeant en moteur du projet de sauvegarde de ce lieu qui, on le rappelle, est menacé dans son existence par la volonté de la CCI Lyon Métropole de s'en séparer face aux coûts trop élevés pour en assurer le fonctionnement. La semaine dernière, la Région a lancé « l'opération sauvetage » en prenant directement les commandes : côté finances, la collectivité s'engage à verser chaque année à partir de 2018, un million d'euros en fonctionnement et à assurer la moitié du coût d'investissement, soit 10 millions d'euros, pour une refonte du projet. Mais Laurent Wauquiez pose ses conditions : « Ce sauvetage passera inéluctablement par un projet innovant qui devra redynamiser l’établissement, lui redonner les moyens de son excellence et d’une ambition nationale et internationale renouvelée. » Le projet que souhaite défendre la Région rejoint l'une des propositions dévoilée

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Cinémas de proximité : par ici la sortie ?

Ecrans à cran | Nouvelles concurrences, aides indirectes sabrées : la nouvelle année a un goût des plus saumâtres pour les cinémas indépendants. La fin d’une époque ? Espérons que non !

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Cinémas de proximité : par ici la sortie ?

Les excellents chiffres de la fréquentation pour 2016 (213 millions de spectateurs !) claironnés par la Fédération nationale des cinémas français, méritent d’être examinés avec attention : ce “deuxième meilleur résultat depuis 1966” a été conquis grâce à un nombre record de films (700 !!) projetés sur plus de 5 600 écrans, c’est-à-dire le parc le plus important d’Europe. Mais pour combien de temps encore ? Au pays de l’exception culturelle, et en particulier dans la Métropole lyonnaise, cette richesse globale d’équipements n’est pas uniforme : deux grands systèmes complémentaires d’exploitation cinématographique cohabitent. D’un côté, les réseaux (Gaumont-Pathé, UGC, CGR, Mégarama…), implantant depuis une vingtaine d'années force multiplexes dans les périphéries ou les zones commerciales ; de l’autre, des cinémas indépendants, vestiges des salles de patronage ou municipales, portés par de petits exploitants ou des associations, fédérés en regroupements (GRAC, Acrira…), partiellement subventionnés par l’Europe, l’État et les collectivités locales. Vecteurs d’une programmation volontiers alternative (mariant cinéma grand

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Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

Politique Culturelle | Ça coince. Depuis le changement d’exécutif à la tête de la Région en décembre, aucune ligne claire concernant la culture n'a été édictée. Pire : les budgets sont rabotés voire réduits à néant sans concertation. Le milieu culturel s'échauffe.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

La culture n'est pas une compétence obligatoire des Régions. Les lycées, la formation professionnelle et les transports régionaux sont bien évidemment des priorités (l'A45 aussi, manifestement). D'où, certainement, le fait que le Plateau, un espace dédié à l'art contemporain, soit aujourd'hui vide ; et que lors de sa conférence de presse sur le budget ce printemps, Laurent Wauquiez ait appris par notre question que la Région était présente au festival d'Avignon via la location d'une péniche où des débats devaient être organisés : location aussitôt annulée. Voilà pour la méthode : trancher dans le vif en une minute. Exit les commissions d'experts (bénévoles) chargés d'étudier des dossiers très complets de demande de subventions à l'attention des élus. Pourquoi ce système a disparu ? La vice-présidente en charge de la Culture, Florence Verney-Carron nous explique : « C'était un problème de délai sur ce budget : nous n'aurions pas pu réunir les commissions dans les temps. Mais tout a été étudié de très près par nos services et la direction de la culture. Pour l'avenir, nous all

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La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

ACTUS | C’est la compétence sur laquelle une gouvernance de droite est souvent soupçonnée des moins bonnes intentions et, par conséquent, sur laquelle elle n’a pas envie de se vautrer. En matière culturelle, Laurent Wauquiez entretient pour le moment un brouillard épais, promettant de le dissiper d’ici cet été.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 28 juin 2016

La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

Avec Rue89Lyon C’est un chiffre quasi officiel qui circule : on estime que la baisse prévue dans le budget dédié à la culture en Auvergne-Rhône-Alpes s’approche de 10%. L’explication générale, on la connaît : la Région se met à la diète et tous les domaines de compétences seront touchés (75 millions d’euros d’économies cette année, et 300 millions d’euros à la fin du mandat). Mais les premières décisions de l’exécutif concernant la culture n’ont pour autant pas toujours été comprises. Si Laurent Wauquiez n’a de cesse de fustiger son prédécesseur socialiste, parfois à raison, il sait que Jean-Jack Queyranne a été apprécié dans le milieu culturel où il a su mener sa barque, reconnu comme un amoureux des arts. Pour l’heure, les nouveaux locataires de la Confluence semblent quant à eux naviguer à vue. Une augmentation de subventions par ici, une coupe par là : les décisions tombent sans explication. Où est Florence ? Florence Verney-Carron, vice-présidente en charge de la Culture, a pris le parti de se taire. Aucune déclaration publ

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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