Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Photo : © Sébastien Broquet


Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tournées, avec quels artistes ? Auront-elles encore lieu si le pouvoir d'achat baisse suite à la crise économique, si la lutte contre le réchauffement climatique impose moins de mouvements de stars accompagnées de plusieurs semi-remorques remplis de matériel scénographique ? — même s'il vaut bien mieux que ce soit les artistes qui se déplacent vers leur public que l'inverse, n'en déplaise à certains élus écologistes...

Des questions qui ont dû faire cogiter Nathalie Perrin-Gilbert, l'adjointe à la Culture, qui se sait de plus fort attendue sur ce dossier emblématique — elle n'a pas encore fait de réel faux-pas depuis son arrivée sur ce portefeuille de la culture, et l'opposition guette le moment où elle pourra défourailler : que la Halle se mette à perdre de l'argent dans les six ans qui viennent, et c'est sur elle que s'abattront critiques et quolibets. Car du côté du centre-droit collombiste, on envisageait plutôt il y a quelques mois de sous-traiter l'utilisation de la salle à un opérateur privé de type Live Nation...

Un conseil d'administration rafraîchi, NPG présidente

D'autant plus que de la Halle, NPG en est désormais présidente depuis septembre. Succédant ainsi au volubile Jean-Yves Sécheresse, toujours proche de l'ex-maire Gérard Collomb, embarqué l'an dernier par ce dernier dans une candidature perdue pour la mairie du 7e arrondissement (où se trouve la Halle), assortie d'une alliance contre-nature avec la droite. Sécheresse, la Halle, c'était aussi un peu son bébé pour cet immense fan de rock et de musique au sens large. Il pourrait vite se transformer en sniper efficace si ça ne tournait pas dans le bon sens, même s'il fait toujours partie d'un conseil d'administration largement renouvelé. Car du côté du maire Grégory Doucet — épaulé par son cabinet de Lyonnais et de Lyonnaises, a contrario de celui de la Métropole —, la stratégie pour composer le conseil d'administration a été soigneusement réfléchie. Pas question de faire comme du côté de la rue du Lac où le président Bruno Bernard a choisi de placer deux fidèles militants (et ex-salariés) d'EELV à la tête des conseils d'administration d'institutions culturelles (Fanny Dubot pour le Musée des Confluences, Jérôme Bub pour les Nuits de Fourvière) au détriment en particulier de son vice-président à la Culture encarté au PS, Cédric Van Styvendael. Au détriment aussi des précédents élus : l'ancien président David Kimelfeld avait ainsi plaidé pour que Myriam Picot, ex vice-présidente à la Culture de la Métropole, mais aussi ex-présidente de ces deux conseils d'administration, conserve sa place de présidente à celui du Musée des Confluences. Nada pour les perdants, chez Bruno Bernard, même si l'ancienne avocate reste membre de ce conseil.

Son allié à la Ville, lui, a gardé une place pour M. Sécheresse, mais a aussi confié avec l'aval de Nathalie Perrin-Gilbert un fauteuil de vice-présidente du conseil d'administration de la Halle Tony Garnier à son adversaire de droite, Florence Verney-Carron la vice-présidente à la Culture de la Région dirigée par Laurent Wauquiez. Les deux autres vice-présidentes étant son adjointe aux Grands Événements et au Tourisme Responsable, Victoire Goust, et la maire du 7e, Fanny Dubot, formant pour le coup un conseil très féminin. Et équilibré.

De même, un rafraîchissement a été opéré au sein des huit membres de ce conseil d'administration non élus au conseil municipal — dénommés "personnalités qualifiées", des spécialistes des secteurs concernés par les activités du lieu —, de manière à limiter les conflits d'intérêt. Ainsi, exit Thierry Frémaux, juge et partie en tant qu'organisateur du Festival Lumière qui se déroule en partie dans la Halle. Ce dernier est remplacé pour le cinéma par l'estimé Thierry Rocourt, tout jeune retraité et ancien directeur des Pathé de la métropole lyonnaise. Sont aussi nommés : Catherine Chambon (directrice du Musée Urbain Tony Garnier), Olivier Frérot (fondateur de l'agence Philométis), Jean-Brice Lacombe (directeur de l'agence de tour AFX), Frédéric Blanc (référent santé au Synptac) ou encore Sakina Selmi (représentante des habitants et usagers). Valérie Disdier, salariée de l'École Urbaine de Lyon (et créatrice de la librairie spécialisée en architecture à l'Archipel CDCU), en fait également partie : confirmation que Michel Lussault, directeur de cette école et soutien durant la campagne, va être omniprésent dans le paysage Vert durant les six années à venir. Enfin, Pascale Bonniel-Chalier, militante et élue EELV historique, longtemps autoproclamée "voix de la culture" au sein du parti à Lyon, en fait également partie.

Cinq finalistes parmi 22 candidats

22 dossiers de candidature pour ce poste de direction ont été déposés courant octobre. À l'issue de leur examen, comme de la première audition en visio-conférence des huits candidats pré-sélectionnés fin novembre, cinq dossiers retenaient l'attention, dont deux pointant clairement les deux axes très différents entre lesquels il allait falloir choisir pour Nathalie Perrin-Gilbert, épaulée par le directeur des affaires culturelles de la Ville, Xavier Fourneyron. L'un était celui d'un producteur de grosses tournées venu de Belgique, pour un choix conservateur gardant la Halle sur les mêmes rails qu'elle chevauchait jusqu'ici. Conservateur, mais pas sans risque au vu des incertitudes entourant l'avenir de ce secteur — et la concurrence prochaine de l'Arena de Décines pour laquelle la Métropole a voté favorablement le mois dernier a forcément compliqué le choix de l'adjointe. Le second dossier bien accueilli lors de ce premier tour était porté par une directrice de tiers-lieux culturel, qui proposait une refonte du projet sans abandonner les gros concerts, mais privilégiait une ouverture vers le quartier, un lien avec la culture food et d'autres arts que la musique, un verdissement du parvis... Deux regards, deux ambitions différentes. Qui ont passé les étapes jusqu'à être dans les cinq derniers candidats retenus pour un entretien en présentiel, en compagnie d'un ancien de Fimalac (la société de Marc Ladreit de Lacharrière), qui avait aussi dirigé la U Arena lors de son ouverture — autant dire un profil qu'on imaginait mal victorieux, au vu des positions de NPG envers ces grands groupes financiers...

L'outsider venu de Saint-Étienne

Et il y avait un outsider, un cinquième larron qui a grillé tout le monde sur la ligne d'arrivée, après un ultime entretien avec le maire, Grégory Doucet, début janvier : Thierry Pilat. L'actuel directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne — en poste depuis septembre 2016, après en avoir été le programmateur dès septembre 2007. Qui sans bruit a fait son chemin, symbolisant une sorte de synthèse entre les deux projets suscités, avec en plus l'atout d'être le local de l'étape — donc de connaître déjà tout le monde dans le petit milieu des musiques actuelles lyonnaises. Car Thierry Pilat, né à Lyon, connaît bien la Halle Tony Garnier, mais aussi très bien l'arrondissement dans lequel il va évoluer : il a été de janvier 1999 à août 2007 le programmateur du Ninkasi à Gerland. Après avoir joué (guitare et chant) dans le groupe funk rock Electric Merguez dans sa jeunesse et monté une structure de management et de tour nommée Microcosmos, qu'il mena six ans durant.

Le nouveau directeur que nous avons pu joindre au téléphone nous a expliqué son projet : « premier point, partir de ce qui existe et fait ce lieu. Relancer la dynamique avec ce qui a fonctionné : des producteurs privés qui amènent les grosses tournées. C'est l'édifice. La Halle s'auto-finance à 100% : l'objectif est de retrouver ça pour financer ensuite le projet culturel. Second point : ouvrir le lieu pour qu'il soit plus accessible aux publics et aux acteurs culturels lyonnais. Faire des co-productions avec eux, amener de nouveaux concepts de soirées. Trouver une modularité pour accueillir des événements avec des concerts, des temps de rencontre, avec un peu un esprit de festival : que la Halle soit un lieu où l'on puisse se détendre, se restaurer, voir une expo — avec un esprit de découverte. On peut imaginer faire du cirque, du théâtre, des événements hybridant les esthétiques. Et aider les producteurs locaux : j'ai toujours eu l'envie de fédérer. Tout ça dans un esprit de culture populaire... Troisième point : s'ouvrir sur le quartier, les habitants, avec des temps de gratuité, dans un esprit d'animation de la ville, avec des dimanches sur le parvis par exemple. Et grande nouveauté : la Halle va produire en direct des spectacles, plutôt sur des jauges de 5000 personnes, avec des concepts de soirées se terminant avec un DJ, des espaces différents. J'espère que l'on va pouvoir articuler ça. »

C'est l'équilibre entre ces trois points qui a séduit le jury, équilibre incarné par Thierry Pilat que les autres finalistes n'avaient pas, penchant tous vers l'un ou l'autre de ces axes. Il ne faudra cependant pas pour l'exécutif regretter de ne pas être allé jusqu'au bout d'un projet de grand tiers-lieu pensé dès le départ comme tel — type de structure culturelle qui va faire la décennie à venir, succédant aux SMAC des vingts dernières années et aux MJC des vingt précédentes, deux modèles du passé — ou bien de ne pas avoir assumé le projet de maintenir cette Halle tel un grand Zénith remis au goût du jour par des travaux nécessaires pour accueillir les grosses tournées de demain. Ce choix d'un entre-deux hybride devra faire ses preuves dans un contexte très difficile plombé par les incertitudes et sera scruté de près par l'opposition.

« On aspire à une reprise à l'automne, nous dit le nouveau directeur, mais c'est clair qu'il y aura un avant et un après 2020. Il y aura peut-être moins de dates, mais les gros producteurs ont les reins solides. Il faudra aussi voir avec le Brexit et les problèmes de visas pour les artistes, un autre problème. Il faudra faire avec les contraintes sanitaires, avec les jauges probablement diminuées, comme le pouvoir d'achat du public également. Mais un lieu public se doit de trouver les solutions et d'être moteur : c'est ce que j'ai l'intention de faire. »

Thierry Pilat sera présenté à la presse le 1er février, en compagnie de son prédécesseur, du maire et de Nathalie Perrin-Gilbert. Il prendra ses fonctions début avril, accompagné jusqu'en juin par Thierry Téodori. Il va déjà devoir gérer les reports et annulations dûs à la Covid, avant de pouvoir commencer à imprimer sa marque en 2022. Avec une drôle de responsabilité sur les épaules.

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