Thaïs, pépite d'humour

Café-Théâtre | Elle est jeune, drôle et l’une des humoristes les plus douées de sa génération. Cinq soirs par semaine, sur la mini-scène du Boui-Boui, Thaïs déclame son Hymne à la joie avec verve et légèreté.

Julie Hainaut | Mardi 18 octobre 2016

Photo : © Robin Gervais


Elle porte toujours un jean, un t-shirt noir un peu ample et des baskets qu'elle « use jusqu'à la semelle ». Elle a une voix qui porte, un débit kalachnikov (mais ultra-limpide) et un charme qui opère très vite. Dès les premières minutes, les spectateurs ont les yeux braqués sur cette petite boule d'énergie de 24 ans qui enchaîne avec dérision des scènes de galères du quotidien. Le ton est vif, les répliques piquantes et l'humour décapant.

Thaïs prend des cuites, s'essaie aux sites de rencontre – mais refuse de mettre une photo duckface –, s'extirpe du lit d'un mec (moche) rencontré la veille et dont elle ne se rappelle même plus le prénom, n'aime pas aller chez sa gynéco et a déjà affronté le regard moralisateur de la pharmacienne – et des jeunes mamans en pénurie de lait maternel – à 6 heures du matin lorsqu'elle demande discrètement la pilule du lendemain.

Elle alterne avec une facilité déconcertante voix suave (dans le métro face au contrôleur) et criarde (quand elle campe Gisèle, une mère célibataire de sept enfants qui témoigne de son quotidien dans Confessions Intimes). Chaque geste est précis, chaque parole est maîtrisée.

Depuis une dizaine d'années, l'humoriste écume les scènes lyonnaises. Impro, danse, chant, théâtre… Elle s'essaie à tout. Jocelyn Flipo – aujourd'hui son manager – voit très vite son potentiel et lui conseille de se lancer et d'écrire ses premiers sketchs.

Elle collabore aujourd'hui avec Stéphane Casez – metteur en scène d'Alex Ramirès et qui a produit notamment Stéphane Guillon – qui la considère comme « l'une des artistes les plus douées qu'il m'ait été donné de rencontrer. Thaïs m'impressionne par sa qualité de jeu, son talent d'écriture et sa palette artistique : elle danse, elle chante, elle joue. Et il est pourtant très difficile de m'impressionner ! Elle a tout ce qu'il faut pour réussir » explique-t-il, avant de préciser que « rien n'est jamais gagné dans le métier du spectacle, véritable parcours d'obstacles. Il y a beaucoup d'appelés, peu d'élus. »

Hymne à la Joie
Au Boui Boui du mardi au samedi à 20h15 jusqu'au 30 décembre

Festivals Les Lions du Rire
Du 12 et 13 novembre


Thaïs

Hymne à la joie
Le Boui Boui 7 rue Mourguet Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Thaïs

Hymne à la joie
Le Boui Boui 7 rue Mourguet Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Hymne à la joie
Le Boui Boui 7 rue Mourguet Lyon 5e
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Au théâtre, on commence à rouvrir

Covid-19 | Dès le 2 juin, les théâtres pouvaient donc rouvrir, selon Édouard Philippe. Rien n'est moins sûr, après un si long arrêt. À l'heure où les lieux subventionnés présentent leur prochaine saison, certains dans le privé essayent d'accueillir, de nouveau, leur public.

Nadja Pobel | Dimanche 7 juin 2020

Au théâtre, on commence à rouvrir

Début mai, le rapport de l’infectiologue François Bricaire faisait l'effet d'une bombe dans le milieu du théâtre : il préconise alors des comédiens masqués et une distanciation d'1, 50m entre chaque personne dans le public, donc des taux de remplissage qui tomberaient à 30% de leur capacité initiale... Édouard Philippe a beau avoir annoncé, dans son allocution du 28 mai, l'ouverture possible des théâtres dès le 2 juin, c'est tout bonnement injouable : ce serait à perte. Du côté des théâtres subventionnés, les artistes ne sont pas prêts : il n'y a pas eu de répétitions pour les grosses productions. Les cafés-théâtres peuvent s’adapter plus facilement. Ainsi, le Rideau Rouge, qui accueille habituellement des spectacles de troupe, fera place à des one-man-show comme son cousin du Boui Boui dont c'est l'activité principale. Les deux salles de Stéphane Casez sont ouvertes depuis le 5 juin à 60% ou 70% de leur jauge. Car les conditions se sont considérablement assouplies dans le décret finalement paru le 31 mai :

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Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Mon bébé | Enfant de la balle dont les deux parents sont cinéastes, Thaïs Alessandrin est à la fois l’inspiratrice et l’interprète principale du nouveau film de sa mère Lisa Azuelos. Un premier “premier rôle“ dont elle s’acquitte avec un beau naturel. Normal : c’est le sien. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 13 mars 2019

Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Jade vous emprunte des traits personnels, notamment votre fascination pour Godard puisque vous rejouez l’ouverture du Mépris. Avez-vous cependant souhaité retrancher du scénario des éléments qui vous semblaient trop proches de vous ? Thaïs Alessandrin : Retranchés, non… Mais il y a une chose que j’aurais aimé davantage montrer : ma relation avec mon grand frère. On n’en montre qu’un aspect, alors qu’elle est beaucoup plus complète, plus intense et plus forte, du fait que l’on a peu d’écart. À part cela, il n’y a rien que j’aurais voulu changer. Quant à Godard, mais aussi tout le cinéma français des années 1960 jusqu’aux années 1980, ça a vraiment été une grande découverte pendant mon année de terminale. J’ai été émerveillée par ce monde, fascinée par les couleurs et les histoires de Godard en particulier dans Le Mépris. Faire ce clin d’œil à Godard et à Brigitte Bardot (pour qui j’éprouve également une grande admiration) était important pour moi. Je trouvais la scène assez drôle… Comment avez-vo

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Sandrine Kiberlain, les liens du sans : "Mon Bébé"

Comédie Dramatique | De Lisa Azuelos (Fr, 1h27) avec Sandrine Kiberlain, Thaïs Alessandrin, Victor Belmondo…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Sandrine Kiberlain, les liens du sans :

Jade va passer le bac. Et ensuite ? Direction le Canada pour ses études. Comme elle est la dernière des trois enfants à quitter la maison, sa mère Héloïse commence à angoisser à l’idée de la séparation. Et de la solitude : Héloïse vit sans mec, et a de surcroît un père en petite forme… Il aura fallu à Lisa Azuelos une tentative d’éloignement d’elle-même (le faux-pas Dalida) pour se rapprocher au plus près de ses inspirations, et signer ce qui est sans doute son meilleur film. En cherchant à exorciser son propre “syndrome du nid vide“, la cinéaste a conçu un portrait de parent — pas seulement de mère ni de femme — dans lequel beaucoup pourront se retrouver : égarée dans l’incertitude du quotidien, redoutant le lendemain, son héroïne tente d’emmagasiner (avec son téléphone) le plus d’images d’un présent qu’elle sait volatil. Dans le même temps, elle est gagnée par une tendre mélancolie : des souvenirs de Jade petite se surimprimant par bouffées soudaines sur sa grande ado. Grâce à ces flash-back doucement intrusifs, contaminant le présent

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Les café-théâtres fêtent le réveillon

Café-Théâtre | Comme chaque année, les café-théâtres lyonnais vous proposent de fêter le passage à la nouvelle année, avec toute la liesse et l’incertitude que cela comporte, sous le signe de l’humour.

Lisa Dumoulin | Mardi 11 décembre 2018

Les café-théâtres fêtent le réveillon

En ces temps troubles, les humoristes qui se révèlent parfois de fins observateurs de notre société sont peut-être le remède cathartique à ce rite de passage. Au Complexe du Rire, Et Dieu crée Naho, à l’affiche en ce moment, sera joué également le 31 ainsi que Bienvenue dans la coloc et Ça marche pour moi de Cécile Lopez. Chez les Tontons Flingueurs, Margot Winch et son Sens de l’humour et Didier Nathan et son Nous les hommes vous attendent. De l’autre côté de la Saône, à l’Espace Gerson, Lucie Chochoy jouera Petit tracas et grande tragédie et Benoît Turjman Le voisin, tandis que Délit de grossesse sera également à l’affiche. Au Rideau Rouge, la soirée commencera tôt, à 16h30, avec Couscous aux lardons suivi de À cause des garçons et Une très belle surprise de Kallagan. Tandis qu’au Boui Boui la soirée s’annonce dense avec six spectacles programmés : Moi beau et méchant de Jacques Henry Nader, Breton Futé de Félix le Braz, Y de Karim Duval, Véridiq

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Pour rire, suivez la femme

Café-Théâtre | Tour d'horizon des grands et petits noms du rire s'arrêtant en ville ces prochains mois.

Sébastien Broquet | Mardi 5 septembre 2017

Pour rire, suivez la femme

C'est l'Espace Gerson, solide comme un roc, qui lance classiquement la saison humoristique par son festival à peine ébranlé par la concurrence : la cinquième édition est sur les rails, du 25 au 30 septembre, parrainée par Jacques Chambon qui ouvre le festival le lundi 25 et le mardi 26, avec La Vie est une fête. Humour noir, of course, au fil de notre existence remixée de bout en bout par ce maître de l'écriture humoristique. Les trois jours suivants, nous serons toujours dans la petite salle de la place Gerson pour assister aux plateaux découverte (neuf artistes, dont Anaïs Tampère, Hassen, Biscotte, Mélodie Fontaine...) qui vont concourir pour différents prix et la possibilité d'ouvrir le samedi, au Radiant-Bellevue, pour Alex Vizorek qui assure la clôture du festival. C'est belge, et ça parle même de Henri Bergson. Le philosophe, oui. Autre date du côté de Caluire, la veille : Max Bird et Alex Ramires. La suite du semestre à Gerson est foisonnante, et l'on note le retour de L'Ascension, la pièce conçue par Antoine Demor et Victor Rossi,

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La politique, c'est du sérieux

La Présidentielle vue par les humoristes | À l'approche du premier tour de l'élection présidentielle, les humoristes s'en donnent à cœur joie pour tourner en dérision les déboires des partis. Entre humour noir, satire et travail quasi journalistique, le métier de comique a évolué ces dernières années. On peut rire de tout ; et souvent avec tout le monde.

Gabriel Cnudde | Mardi 14 février 2017

La politique, c'est du sérieux

Mensonges, emplois fictifs, détournements de fonds publics, magouilles et ragots... Personne ne peut s'y tromper : la France est bien en période électorale. Si cette campagne présidentielle s'annonce morose et met déjà en lumière des affaires qui font certainement rougir Marianne, elle est aussi une mine d'or pour les humoristes. À la radio, à la télévision, dans la presse et dans les salles de spectacle, on rigole quotidiennement des déboires de la vie politique française. L'humour est-il le meilleur remède quand une société s'effrite ? A-t-on seulement déjà autant ri de nos politiques ? Si oui, le faisions-nous de la même manière ? Autant de questions qu'il convient de se poser à l'heure où chroniques et one-man-show s'enchaînent à un débit impressionnant. Plus profond, le regard Selon Stéphane Casez, directeur du Boui Boui, du Rideau Rouge et des Tontons Flingueurs, « on ne parle pas plus de politique dans les cafés-théâtres, on en parle simplement différemment. » Adieu l'époque des chansonniers rois, des blagues sur tel homme politique ou telle actualité. La période est à un regard plus profond. « Jim, qui a fait un an au B

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Rires de gala

SCENES | Baffrer et se bidonner entre potes devant un spectacle bien rôdé, il y a pire comme façon de fêter la Saint-Sylvestre – par exemple se goinfrer et ricaner tout seul devant un bêtisier à peine remonté. Sélection. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Rires de gala

Fabien Olicard L'humour, comme le rap hardcore, est une question de contexte – à votre prochain rendez-vous galant, claquez un petit «J'vais me tatouer LOVE sur les phalanges pour te frapper avec amour», vous verrez. Dans celui d'un réveillon, nous n'avons aucun doute sur l'efficacité du spectacle de ce one-man-mentalist, quand bien même nous l'avions un peu égratigné fin octobre, désappointé que nous étions qu'il mette le supercalculateur qui lui sert de cerveau au service d'un "simple" exercice de manipulation, aussi bluffant et écrit soit-il. Oui, il nous arrive de pratiquer le coït anal avec des mouches. A la salle Rameau à 19h30   Trash Puisqu'on parle de coït, saluons la reprise pour un soir de ce qui reste à ce jour la pièce la plus couillue de Jocelyn Flipo. Dans tous les sens du terme, puisque cette romcom musicale au casting en forme de who's who du rire à crinièr

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Souriez, c'est l'été

SCENES | Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Souriez, c'est l'été

Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des papes, les pauvres drilles du café-théâtre, eux, assurent le service minimum. Le service strict minimum, même, la quasi-totalité des humoristes de France et de Navarre étant eux-mêmes bien occupés à brader leur amour-propre aux abords dudit Palais. Ce n'est pas le cas de Jefferey Jordan, qui passera toute la saison à affiner son déjà très solide one-man-show à triple malus – il est auvergnat, gay et violoniste – à l'Espace Gerson (jusqu'au 26 juillet) puis aux Tontons Flingueurs (du 13 au 31 août), ni celui de Mathieu Cohin qui, en attendant le retour du sémillant Alex Ramirès (à partir du 2 septembre) et que les corrosifs Antoine Demor et Victor Rossi récidivent au Repaire (du 1er au 29 août pour l'un, du 2 au 30 pour l'autre), présente au Boui-Boui (jusqu'au 26 juillet) un mignonnet seul-en-scène-avec-une-guitare-et-un-accordéon. Côté boulevard, deux auteurs feront tourner la boutique. D'un côté l'expert en disputes Pier

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Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

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A cause des garçons

SCENES | Sous couvert d'une empoignade girly, notre collaborateur Christophe Chabert signe avec sa deuxième pièce, "Ventes privées", un cinglant examen du monde. Et offre à Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières les rôles les plus décisifs de leur jeune carrière. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 13 mai 2014

A cause des garçons

«Un système de parenté est déjà une idéologie». L'affirmation est d'Emmanuel Todd et elle est une des deux clés de compréhension de cet impitoyable catfight rhétorique qu'est Ventes privées – à ce titre, on sait gré à son auteur et metteur en scène de conclure ses remerciements d'après représentation par un clin d’œil au plus iconoclaste des démographes français. L'autre est à chercher dans les écrits dont Christophe Chabert se fend chaque semaine pour Le Petit Bulletin depuis maintenant dix-sept ans, dans le souci de fluidité et de clarté dont il y charge la moindre tournure de phrase, le moindre choix de vocabulaire, la moindre référence. Ventes privées est chevillée par la même maniaquerie, tant dans ses dialogues (naturels, mordants et légèrement surannés) que dans sa narration (qui, au-delà de sa verve politique, réserve quelques twists pas piqués des hannetons) et sa scénographie (théâtrale au sens classique du terme). Il fallait bien cela pour rendre toute la noirceur et l'intensité de cette dispute au féminin, qui se vit comme on regarde une mèche d'explosif se consumer : avec autant d'appréhension

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Un rédacteur du PB au Boui Boui

SCENES | Les blondinettes à tablier ne sont pas les seules à savoir traverser les miroirs. C'est aussi le cas des rédacteurs du Petit Bulletin. Ainsi de Christophe (...)

Benjamin Mialot | Lundi 5 mai 2014

Un rédacteur du PB au Boui Boui

Les blondinettes à tablier ne sont pas les seules à savoir traverser les miroirs. C'est aussi le cas des rédacteurs du Petit Bulletin. Ainsi de Christophe Chabert qui, lorsqu'il ne dissèque pas l'actualité cinématographique dans les pages du journal, met en scène des pièces qui sentent bon le vitriol. La prochaine sera donnée au Boui Boui à partir de demain et jusqu'à la fin du mois et s’intitule Ventes privées, ou les petits brouilles et gros règlements de compte de deux copines de lycée (les délicieuses Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières, récemment à l'affiche du "Trash" de Jocelyn Flipo) que le capitalisme a dressé l'une contre l'autre. Infos et réservations : http://www.billetreduc.com/110371/evt.htm https://www.facebook.com/pages/Ventes-Privées/619099941506352?ref=br_tf

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Des rotatives aux planches

SCENES | «La critique est aisée, mais l'art est difficile». Au Petit Bulletin, nous avons évidemment peu de sympathie pour ce dicton et son auteur, l'oubliable (et (...)

Benjamin Mialot | Mardi 29 avril 2014

Des rotatives aux planches

«La critique est aisée, mais l'art est difficile». Au Petit Bulletin, nous avons évidemment peu de sympathie pour ce dicton et son auteur, l'oubliable (et oublié) dramaturge Philippe "Destouches" Néricault. Deux membres du journal l'ont toutefois pris au pied de la lettre : Christophe Chabert et Christian Jeulin. Le premier, critique cinéma de son état, s'est essayé à la mise en scène l'an passé avec Effraction, drôle de huis clos criminel qui sous son atmosphère électrique planquait un discours acéré sur les rapports de domination. Il récidive du 6 au 31 mai au Boui Boui avec Ventes privées, ou les petites mésententes et grosses querelles de copines de lycée devenues antagonistes sociaux, incarnées par les charmantes et épatantes Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières. Le second, head honcho de notre service commercial, mène de son côté une belle petite carrière de comédien sous la direction de Meissoune Majri-Pégeot. Après Variations sur M., qui revisitait sur un mode chic et décadent L'Homme à tête de chou de Gainsbourg, il sera cette saison à l'affiche de Canicule du 13

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Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Un casting cinq étoiles et une mise en scène pluridisciplinaire au service de la quête amoureuse d'une superstar du porno : Jocelyn Flipo signe avec "Trash" sa comédie romantique la plus ambitieuse et la plus aboutie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | Révélé par un premier one-man-show prodigieusement schizophrène dans lequel il racontait son dépucelage sur un texte de Jocelyn Flipo, Alex Ramirès revient avec Alex Ramirès est un grand garçon, "spectacle de la maturité" aussi jubilatoire qu'émouvant dont la construction ne doit (presque) rien à personne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin. Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui con

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Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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Le divin Comédie

SCENES | Le CNP Odéon est mort, vive le Comédie Odéon, café-théâtre de 300 places dont les portes s'ouvriront pour la première fois au public lundi 31 décembre. En attendant de pouvoir vérifier s'il fera honneur à son titre (auto-décerné) de «plus beau café-théâtre de France», petit tour des propriétaires. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 12 décembre 2012

Le divin Comédie

Les cafés-théâtres, c'est comme les bouchons, il y en a tellement qu'on a arrêté de les compter. Heureusement, d'autres le font à notre place. La Direction des affaires culturelles de la Ville de Lyon, notamment, en recense pas moins de treize. De quoi estimer la ville suffisamment équipée en la matière ? Ce n'est pas le constat dressé par Stéphane Cassez, Marion Gervais et Philippe Giangreco, les codirecteurs du tout nouveau tout beau Comédie-Odéon : «Lyon est très bien pourvu en cafés-théâtres d'une centaine de places. Mais il y a une pénurie criante de salles de 300 places, particulièrement en centre-ville, qui sont le chainon manquant entre les cafés-théâtres traditionnels et les grandes salles comme le Transbordeur, le Radiant, la Bourse du Travail... Nous avons voulu ouvrir avec le Comédie Odéon une salle dans la veine du Splendid, à Paris, c'est-à-dire combinant le confort et les standards techniques d'un théâtre, comme des sièges de cinéma ou un plateau de 40 m², avec l'esprit de convivialité et l'accessibilité tarifaire propres au café-théâtre».

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«Plus d’offre crée plus de public»

SCENES | Stéphane Casey, comédien, metteur en scène, producteur de spectacles, directeur du Boui Boui et du Rideau Rouge à Lyon et du Palace à Avignon s’apprête à prendre la direction du Comédie Odéon, un nouveau lieu de 300 places avec Marion Gervais et Philippe Giangreco. Rencontre. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 7 septembre 2012

«Plus d’offre crée plus de public»

L’ouverture de nouvelles salles de café-théâtre à Lyon répond-elle à une véritable demande du public ? Stéphane Casey : L’ouverture de nouvelles salles correspond, je pense, à une demande du public mais aussi à une demande de la production. Jusqu’à maintenant, les «gros» spectacles ne pouvaient pas venir à Lyon par manque de structures pour les accueillir. Certains spectacles ont besoin d’une grande salle. Disposer de salles de tailles différentes permet de proposer à la fois des artistes en développement et des artistes confirmés. Tous ne peuvent pas se produire dans la même salle. Le café-théâtre, c’est aussi du business, notre réflexion est forcément fondée sur la rentabilité car nous ne sommes pas subventionnés. Parallèlement à cela, à mon avis, plus il y a de restaurants et plus il y a de gens qui vont au restaurant. C’est un peu pareil pour les théâtres. Prenez par exemple les théâtres de Broadway : ils sont tous blindés ! Dans les limites de chaque ville évidemment, je pense que plus d’offre crée plus de public, c’est une spirale positive. Bien sûr, il y a une crise économique qui fait que les gen

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La vie est bulle

SCENES | Drôle, émouvant, remarquablement interprété, ambitieux, Dans ta bulle, librement inspiré des BD du Marseillais Domas, confirme que Jocelyn Flipo est un metteur en scène passionnant. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 2 février 2012

La vie est bulle

Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises bout à bout, parlaient de leur époque, des gens qui en formaient l’ordinaire, et savait les rendre extraordinaires et universelles. Aujourd’hui, en France, Domas, un dessinateur marseillais croque à son tour les anecdotes d’une vie et nous parle, sans identification forcée ou sociologie encombrante, de nous. Il s’est forgé un alter-ego, Max. Il vit en colocation avec Pierrot, lunaire et largué, ne pense qu’à faire le premier pas vers les autres et rêve de tomber amoureux. Domas découpe sa vie en planches, équivalents dessinés de la nouvelle, et les transforme en comédie humaine vibrante d’émotions où les petits riens se font grandes questions. De la planche aux planches Prolonger sur scène un tel matériau était ambitieux, surtout quand on a jusque-là fait ses armes dans le one-man-show comique et l’improvisation. Jocelyn Flipo, qui s’affirme ici comme un metteur en scène important, a donc bousculé les lignes, dans tous les sens du terme. D’abord en donnant à Max une incarnation fidèle : c’est

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L’humour sur son 31

SCENES | Ce 31 décembre 2011 ne verra pas que péter les bouchons de champagne ; il pètera aussi les records du nombre de spectacles comiques programmés dans les salles. Dans cette orgie, pointons nos coups de cœur, sorte de caviar de l’humour lyonnais. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 8 décembre 2011

L’humour sur son 31

Près de quarante spectacles programmés, une cinquantaine de représentations au total : le 31 décembre à Lyon, c’est la fête de l’humour. Il est vrai qu’en matière de théâtre, on n’a pas encore trouvé un programmateur suffisamment suicidaire pour proposer au public un Shakespeare de 3 heures ou un Sarah Kane par Claude Régy. Donc place à la comédie, même si heureusement, les spectacles à l’affiche ne font pas que dans le gros comique qui tâche (le vin rouge s’en chargera bien assez ce soir-là) et la rigolade façon otarie bourrée (le champagne s’occupera pour sa part de cette mission peu périlleuse). C’est plutôt un best of de la saison qui envahit les salles, ce qui permet aussi de constater que celle-ci a été riche et variée, avec des découvertes et des confirmations, des one man shows originaux et des pièces de qualité. Best of 2011 Honneur à notre découverte maison : le trublion Alex Ramirès et son one dans l’univers des séries (aux Tontons flingueurs à 18h). Comédien à l’élasticité proche d’un Jim Carrey évoluant dans un monde fait de références geeks habilement digérées, Ramirès fait partie des jeunes acteurs lyonnais sur lesquels il faut désormais compter.

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De Saison

SCENES | Mardi 19 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

De Saison

Comédien attachant, physiquement virtuose, d'une énergie débordante, capable en un battement de cil de changer de peau et de personnage, Alex Ramirès a fait sensation, à seulement 21 ans, dans le paysage du café-théâtre lyonnais cette saison. De saison, il est question avec son premier spectacle, puisqu'il décrit comment un post-ado féru de culture télé raconte sa vie et son entourage à la manière des séries cultes, de Prison Break à Desperate housewives. C'est drôle, rythmé, intelligent, et c'est au Boui-Boui pendant tout le mois de juillet. CC

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Serial comédien

SCENES | À tout juste 21 ans, Alex Ramirès se lance dans un one man show en forme de série télé, où, derrière les références générationnelles, perce la personnalité d’un comédien physique et virtuose, promis à un bel avenir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 janvier 2011

Serial comédien

Dans le laïus introductif au spectacle, le présentateur de la soirée nous avait prévenu : il «plait aux filles». Regard clair et sourire charmeur, avec cette légère cicatrice au-dessus de la pommette droite, Alex(andre) Ramirès est effectivement un "beau gosse". Mais quand il entre en scène, c’est en teenager ayant tout juste perdu son pucelage et proposant de le raconter à la manière d’une saison entière de série télé. Un personnage, bien sûr… Un fantasme de geek dont le canapé et la télécommande seraient comme des organes ayant poussé naturellement à l’adolescence. Sur un tel canevas, il y a un risque de dérapage dans le graveleux, la blague potache ou les références interdites aux plus de 25 ans ; Ramirès n’y tombera jamais, et on l’en remercie. À la place, c’est en pur comédien qu’il anime la scène, multipliant les personnages et les situations à une vitesse délirante, changeant de peau par une inflexion de voix, un simple raidissement ou un déhanché suggestif ; un véritable split screen humain. «Ne pas figer les choses» Flashback donc, mais sur Ramirès cette fois. À 9 ans, à Roussillon, pas loin de Vienne, celui que sa famille app

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